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	<title>l'Insomniaque &#187; Nietzsche</title>
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	<description>Quand on souffre d'insomnie, on n'est jamais vraiment endormi et on n'est jamais vraiment éveillé.</description>
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		<title>Quand le cinéma illustre la philosophie</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Apr 2010 23:17:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://insomniaque.files.wordpress.com/2010/04/montauk-sophocles.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1275" title="montauk-sophocles" src="http://insomniaque.files.wordpress.com/2010/04/montauk-sophocles.jpg?w=497" alt=""   /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Dernièrement, j&#8217;ai réécouté les deux volets du long-métrage <em>Kill Bill</em>, réalisé par Quentin Tarantino. Bien que je n&#8217;ai pas encore visionné ses deux plus récentes productions, je crois, a priori, qu&#8217;elles iraient rejoindre ses autres œuvres cinématographiques dans mon regroupement personnel et restreint de films que je peux visionner à maintes reprises sans jamais m&#8217;ennuyer.</p>
<p style="text-align:justify;">Écouter un film de Tarantino, c&#8217;est comme manger un plat réconfortant et préparé de la même façon depuis 25 ans par sa chère maman : il n&#8217;y a aucune surprise désagréable puisque nous savons à l&#8217;avance ce qui nous attend. Les tourtières préparées par ma mère sont excellentes et j&#8217;en mangerais  plusieurs fois par année, mais le fait d&#8217;en manger fréquemment ne me  permet pas de découvrir de nouvelles saveurs ou de nouveaux aliments.</p>
<p style="text-align:justify;">Le scénario des films de Tarantino est souvent rocambolesque et l&#8217;histoire se déroule toujours au sein d&#8217;univers qui  me sont très étrangers, à l&#8217;instar de celui du monde criminel. Tarantino est un grand réalisateur et un de mes cinéastes préférés, mais ses films ne me font pas réfléchir sur l&#8217;existence humaine. Ce ne sont pas des films philosophiques puisqu&#8217;ils exigent peu d&#8217;effort de réflexion de la part du spectateur.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette constatation n&#8217;enlève absolument rien à la qualité de ses longs-métrages, mon objectif étant simplement de souligner les différentes approches valorisées par un metteur en scène, certains choisissant le divertissement, d&#8217;autres la réflexion.</p>
<p style="text-align:justify;">Contrairement à la vision très répandue, notamment chez les individus qui sont d&#8217;avis que la philosophie est une discipline ennuyeuse, un film à propos philosophique n&#8217;est pas nécessairement une œuvre dite de répertoire, un chef d&#8217;œuvre de la cinémathèque ou bien encore un long-métrage dont la trame narrative est indéchiffrable, à l&#8217;instar de certains films réalisés par David Lynch.</p>
<p style="text-align:justify;">Certes, un film philosophique nous demande une plus grande réceptivité intellectuelle qui n&#8217;est pas nécessairement au rendez-vous le vendredi soir, après une dure semaine de travail.</p>
<p style="text-align:justify;">À mon avis, la caractéristique principale d&#8217;un film philosophique réside dans le fait que les réponses aux questions soulevées sont habituellement laissées en suspend lors de la conclusion du récit afin que le spectateur se forge sa propre interprétation.</p>
<h2 style="text-align:justify;">« Meet me&#8230; in Montauk&#8230; »</h2>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">[In the house on the beach]</p>
<p>Joël : I really should go! I&#8217;ve gotta catch my ride.</p>
<p>Clémentine : So go.</p>
<p>J : I did. I thought maybe you were a nut&#8230; but you were exciting.</p>
<p>C : I wish you had stayed.</p>
<p>J : I wish I had stayed to. NOW I wish I had stayed. I wish I had done a lot of things. I wish I had&#8230; I wish I had stayed. I do.</p>
<p>C : Well I came back downstairs and you were gone!</p>
<p>J : I walked out, I walked out the door!</p>
<p>C : Why?</p>
<p>J : I don&#8217;t know. I felt like I was a scared little kid, I was like&#8230; it was above my head, I don&#8217;t know.</p>
<p>C : You were scared?</p>
<p>J : Yeah. I thought you knew that about me. I ran back to the bonfire, trying to outrun my humiliation.</p>
<p>C : Was it something I said?</p>
<p>J : Yeah, you said &#8220;so go.&#8221; With such disdain, you know?</p>
<p>C : Oh, I&#8217;m sorry.</p>
<p>J : It&#8217;s okay.</p>
<p>[Walking Out]</p>
<p>C : Joel? What if you stayed this time?</p>
<p>J : I walked out the door. There&#8217;s no memory left.</p>
<p>C : Come back and make up a good-bye at least. Let&#8217;s pretend we had one.</p>
<p>[Joel comes back]</p>
<p>C : Bye Joel.</p>
<p>J : I love you&#8230;</p>
<p>C : Meet me&#8230; in Montauk&#8230;</p>
<p>(<a href="http://www.youtube.com/watch?v=FvUJ9zCmOIY#t=4m35s" target="_blank">Visionner ce dialogue</a>)</p></blockquote>
<p style="text-align:justify;">Long-métrage réalisé par Michel Gondry et sortie en 2004, <em>Eternal Sunshine of the Spotless Mind</em> raconte l&#8217;histoire d&#8217;un couple qui ne voit plus que les mauvais côtés de leur liaison. Clémentine décide alors d&#8217;effacer de sa mémoire toute trace de cette relation amoureuse. Effondré, Joël contacte l’inventeur du procédé Lacuna, le Docteur Howard Mierzwiak, pour qu’il extirpe également de sa mémoire tout ce qui le rattachait à Clémentine.</p>
<p style="text-align:justify;">Un comprimé pharmaceutique qui pourrait effacer la mémoire d’un individu fait encore partie du domaine de la science-fiction, mais, avouons-le, si nous avions la possibilité de bénéficier d&#8217;une telle pilule, il y a certains moments de notre existence que nous aimerions bien effacer de notre mémoire.</p>
<p style="text-align:justify;">En perpétuelle quête de perfectionnement et d&#8217;amélioration personnels, l&#8217;Homme souhaiterait que les gens de son entourage adhèrent à ses objectifs de vie. Dès qu&#8217;il s&#8217;engage dans une relation amoureuse, l&#8217;individu est porté à idéaliser la personne qu&#8217;il côtoie sur une base régulière. Cette idéalisation fait en sorte que l&#8217;individu amoureux se permet de croire que ses propres ambitions pourraient devenir les siennes et qu&#8217;à force de persuasion, il pourrait l&#8217;amener à envisager les choses telles qu&#8217;il les envisage. Sa partenaire deviendrait alors sa réciproque et non pas simplement son complément.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;être humain ne se contente pas d&#8217;aimer sans attente, mais il aime plutôt en fonction de ce que l&#8217;autre pourrait lui apporter en fonction des attentes et des objectifs qu&#8217;il s&#8217;est fixés. Plutôt que de considérer notre amoureux comme la personne qui pourrait donner de la consistance à notre être, la personne aimée est simplement subordonnée à notre désir de perfection.</p>
<p style="text-align:justify;">À l&#8217;instant où la relation ne progresse plus selon nos désirs et que l&#8217;autre ne se conforme plus à l&#8217;image idéalisée que nous nous étions construite lors des premiers matins d&#8217;amour, nous ressentons de la frustration et nous songeons parfois à mettre fin à la relation afin de poursuivre notre quête de l&#8217;âme sœur idéale. Pourtant, il faudrait toujours garder à l&#8217;esprit que les travers observés chez une personne en début de relation ne s&#8217;estomperont pas avec le temps. Nous oublions trop souvent que l&#8217;être humain est fait de contraste et ce qu&#8217;on considère comme un « défaut » peut s&#8217;avérer être un trait de sa personnalité qui le différencie de ses semblables.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est ce que Joël réalise lorsqu&#8217;il est en train de subir le procédé d&#8217;effacement de sa mémoire : ce sont les idiosyncrasies de Clémentine qui lui plaisaient, sa spontanéité, son impulsivité, sa loquacité, en somme, les caractéristiques de sa personnalité qui contrastent avec la sienne. Et c&#8217;est cette opposition entre leurs deux personnalités qui amènent d&#8217;abord des frictions au sein du couple, puis la rupture. Mais, ce sont aussi les contraires qui nous attirent.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://www.youtube.com/watch?v=FvUJ9zCmOIY#t=6m28s" target="_blank">La phrase « meet me&#8230; in Montauk&#8230; </a>» devrait avoir sa place au panthéon des meilleures citations de film au côté du célèbre «<a href="http://www.youtube.com/watch?v=cfxJCdBFuLk#t=59s" target="_blank"> We&#8217;ll have Paris » prononcé par Rick Blaine dans le film <em>Casablanca</em></a>.</p>
<p style="text-align:justify;">Les quatre petits mots prononcés par Clémentine, que l&#8217;on entend difficilement, comme si elle lui insufflait à travers son esprit, veulent indiquer à Joël de retourner à Montauk, le lieu de leur premier rendez-vous. À son réveil, Joël n&#8217;aura plus aucun souvenir de Clémentine. Ainsi, leur histoire d&#8217;amour devait disparaître à jamais de leur mémoire commune. Tel ne fut pas le cas, car en retournant à Montauk, les amoureux recommenceront leur histoire d&#8217;amour malgré le fait qu&#8217;ils sont conscients qu&#8217;un jour elle se terminera.</p>
<p style="text-align:justify;">Entre temps, que doivent-ils faire? <a href="http://www.youtube.com/watch?v=FvUJ9zCmOIY#t=1m54s" target="_blank">Simplement d&#8217;en profiter au maximum</a>!</p>
<p style="text-align:justify;">Ce film est une très belle métaphore du <a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2005/07/04/leternel-retour/" target="_blank">concept nietzschéen de l&#8217;éternel retour</a> de toute chose. D&#8217;ailleurs, une employée du Docteur Mierzwiak, Mary Svevo, récite à deux reprises un célèbre aphorisme de ce philosophe : « blessed are the forgetful, for they get the better even of their blunders ».</p>
<p style="text-align:justify;">La dernière scène du film m&#8217;apparaît comme étant une conclusion  empreinte de lucidité où aucune accolade et aucun baiser langoureux ne sont échangés. Les deux protagonistes prennent conscience de la réalité de leur situation, acceptent de recommencer leur cycle amoureux, d&#8217;oublier qu&#8217;ils avaient échoué à la première tentative, puisqu&#8217;ils sont d&#8217;avis que les bons moments qu&#8217;ils vivront supplanteront les moments de souffrance qu&#8217;ils subiront inévitablement. C&#8217;est une belle philosophie de vie qui peut avoir une résonance auprès de chacun d&#8217;entre nous!</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">J : I can&#8217;t see anything that I don&#8217;t like about you.</p>
<p>C : But you will! But you will. You know, you will think of  things. And I&#8217;ll get bored with you and feel trapped because that&#8217;s what  happens with me.</p>
<p>J : Okay.</p>
<p>C : [pauses] Okay.</p></blockquote>
<h2 style="text-align:justify;">« Échapper à la naissance, c&#8217;est sans doute la plus grande des chances. »</h2>
<blockquote>
<p style="text-align:left;">Nola : I don&#8217;t think this is a good idea. You shouldn&#8217;t have followed me here.</p>
<p>Christopher : Do you feel guilty?</p>
<p>Nola : Do you?</p>
<p>[They kiss]</p>
<p style="text-align:left;">(<a href="http://www.youtube.com/watch?v=qp_m-zeWioo#t=8s" target="_blank">Visionner ce dialogue</a>)</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Long-métrage réalisé par Woody Allen et sortie en 2005, <em>Match Point</em> est l&#8217;histoire de Chris Wilton, issu d&#8217;un milieu modeste, qui est amené, par un concours de circonstances, à fréquenter Tom Hewett, un jeune homme né au sein d&#8217;une famille bourgeoise. Chris se mariera avec Chloé, la soeur de Tom, mais éprouvera rapidement une passion pour Nola Rice, la copine de Tom. Jusqu&#8217;à la conclusion de ce film, ce dernier sera tiraillé entre, d&#8217;une part, son désir de demeurer au sein d&#8217;un milieu bourgeois et, d&#8217;autre part, sa passion pour Nola.</p>
<p style="text-align:justify;">Un jour ou l&#8217;autre, nous ferons tous face à une situation où nous serons confrontés à devoir prendre une décision entre deux options. Nous savons qu&#8217;une décision de notre part en faveur d&#8217;une option éliminera l&#8217;autre de l&#8217;équation. Notre sélection se fait habituellement de façon spontanée, notre choix s&#8217;arrêtant sur l&#8217;option qui nous plaît davantage. Cependant, à un certain moment, une situation inextricable survient et la seule issue possible réside dans le fait de comptabiliser les points positifs et les points négatifs de chaque option.</p>
<p style="text-align:justify;">Il arrive aussi que nous nous retrouvions, à l&#8217;instar de Chris, confrontés à un dilemme : nous sommes incapables de prendre une décision éclairée étant donné que nous ne pouvons faire un choix sans perdre quelque chose que nous considérons comme étant essentielle à notre existence.</p>
<p style="text-align:justify;">En économie, en prenant en considération le cas où les ressources ne sont pas illimitées, lorsqu&#8217;un agent décide de faire un choix en se procurant un bien de luxe, il se met dans une situation où il devra patienter avant d&#8217;acheter un autre bien. L&#8217;enfant de cinq ans comprend ce principe : « si maman t&#8217;achète ce jouet, elle ne pourra pas t&#8217;acheter celui que tu voulais la semaine dernière. »</p>
<p style="text-align:justify;">Un choix implique souvent une perte d&#8217;une jouissance quelconque puisqu&#8217;il y a toujours une ou plusieurs options qui seront écartées.</p>
<p style="text-align:justify;">Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n’a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix. J&#8217;ai abordé à maintes reprises la thématique de la chance : <a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2008/07/27/leurre-par-le-hasard/" target="_blank">nous sommes souvent leurrés par le hasard</a> et <a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2008/07/01/la-part-de-l%E2%80%99autre/" target="_blank">la part de l&#8217;autre, ce que nous aurions pu devenir</a>, doit être considérée lorsque nous réfléchissons sur notre existence.</p>
<p style="text-align:justify;">Dès la première scène de ce long-métrage, le réalisateur nous présente la thématique du hasard. Nous voyons une balle de tennis qui frappe le haut du filet et qui peut soit passer de l&#8217;autre côté, soit retomber en arrière : avec un peu de chance, la balle passe et le joueur remporte la partie. Cette séquence est décrite par Chris : « les gens n&#8217;osent pas admettre à quel point leur vie dépend de la chance : ça fait peur de penser que tant de choses échappent à notre contrôle. »</p>
<p style="text-align:justify;">Outre la thématique de la dichotomie entre choix et circonstances, il me semble que nous pouvons aussi relever l&#8217;influence du romancier Dostoïevski et du philosophe Nietzsche tout le long de ce long-métrage de Woody Allen.</p>
<p style="text-align:justify;">D&#8217;abord, au début du film, Chris lit le roman <em>Crime et Châtiment</em> de Dostoïevski où la théorie nihiliste du « tout est permis » est formulée sans ambiguïté par Raskolnikov, protagoniste principal du roman qui commet le meurtre prémédité d’une vieille prêteuse sur gages. C&#8217;est, ni plus ni moins, une vision exacerbée de la théorie du surhomme de Nietzsche : Raskolnikov pense être un « surhomme » et estime qu’il peut transcender les limites morales en tuant  l’usurière, en volant son argent et en l’utilisant pour faire le bien.</p>
<p style="text-align:justify;">Si à la fin de <em>Crime et Châtiment</em> le héros est condamné, celui de <em>Match Point</em> n&#8217;est pas puni pour son crime. Ce long-métrage ne condamne pas le nihilisme, il affirme plutôt, haut et fort, que la morale est une fabrication de l&#8217;Homme et que, dans les faits, elle n&#8217;existe pas. À la fin du récit, Chris déclare qu&#8217;il aurait aimé être appréhendé et puni. Ainsi, il aurait pu croire à une existence humaine significative, c&#8217;est-à-dire qui aurait un sens, un but quelconque, où la vertu triompherait du vice. Même chez les gens non-croyants, l&#8217;idée que le criminel doit payer pour ses crimes est ancrée profondément dans nos gênes.</p>
<p style="text-align:justify;">La scène finale ne répond pas à la question qu&#8217;elle soulève, laissant plutôt au spectateur le soin d&#8217;y réfléchir. Chris a sacrifié sa passion pour Nola et a décidé de demeurer avec Chloé, au sein d&#8217;un milieu bourgeois. Ce film nous fait réfléchir sur le concept de la  moralité. Certes, Chris n&#8217;est pas condamné, cependant nous présumons qu&#8217;il ressent du remord relativement au crime qu&#8217;il a commis.</p>
<p style="text-align:justify;">La conclusion du film ne nous laisse pas indifférents. Chris est toujours marié à Chloé, sa prospérité économique semble assurée et la naissance de son enfant devrait lui procurer de la joie. Pourtant, Chris évoque plutôt ce cruel aphorisme de Sophocle : « échapper à la naissance, c&#8217;est sans doute la plus grande des chances. »</p>
<br />Classé dans:<a href='http://jean-nicolaslacoste.com/category/film/'>Film</a>, <a href='http://jean-nicolaslacoste.com/category/philosophie/'>Philosophie</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/1175/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/1175/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/1175/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/1175/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/1175/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/1175/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/1175/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/1175/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/1175/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/1175/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/1175/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/1175/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/1175/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/1175/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=1175&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Le sentiment de l&#8217;absurde</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Feb 2008 00:54:46 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La vraie générosité envers l&#8217;avenir consiste à tout donner au présent. (A. Camus) Le jour de la marmotte est un excellent film. En fait, j&#8217;adore la prémisse du film, c&#8217;est-à-dire celle de mettre en scène les réactions d&#8217;un individu condamné à revivre éternellement la même journée. Plusieurs états psychologiques se succèdent dans la psyché de Phil [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=217&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<blockquote>
<p align="justify">La vraie générosité envers l&#8217;avenir consiste à tout donner au présent. (A. Camus)</p>
</blockquote>
<p></font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana"><a target="_blank" href="http://imdb.com/title/tt0107048/">Le jour de la marmotte</a> est un excellent film. En fait, j&#8217;adore la prémisse du film, c&#8217;est-à-dire celle de mettre en scène les réactions d&#8217;un individu condamné à revivre éternellement la même journée. Plusieurs états psychologiques se succèdent dans la psyché de Phil Connors, personnifié par <a target="_blank" href="http://imdb.com/name/nm0000195/">Bill Murray,</a> lorsqu&#8217;il comprend que demain sera inévitablement comme aujourd&#8217;hui : déni ou incrédulité, révolte contre sa condition, nihiliste du tout est permis (manger démesurément, mentir, voler et même se suicider), exploiter la situation pour séduire les femmes et finalement l&#8217;acceptation.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Cette fable moderne n&#8217;est ni plus moins qu&#8217;une illustration du concept de <a target="_blank" href="http://insomniaque.wordpress.com/2005/07/04/leternel-retour/">l&#8217;éternel retour</a> : chaque acte que tu poses durant ton existence terrestre, pose-le comme si tu devais le revire éternellement. Contrairement à l&#8217;idée de Nietzsche, dans ce long-métrage, les gens qui côtoient Phil Connors n&#8217;ont pas conscience qu&#8217;ils vivent eux aussi la même journée. Ainsi, le dernier stade à franchir, celui de l&#8217;acceptation, en est un à double niveau : d&#8217;abord, c&#8217;est d&#8217;accepter sa condition comme inévitable et puis c&#8217;est aussi d&#8217;accepter que nos actes n&#8217;auront aucun sens aux yeux des autres. </font></font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Phil me fait un peu  penser à Sisyphe, héros absurde de la mythologie grecque. Sisyphe sait qu’il n’arrivera jamais au sommet de la montagne, mais juste le fait de lutter, de pouvoir exister, lui donne une raison de recommencer l’ascension. Il aurait pu se suicider, mais Sisyphe n&#8217;a pas perdu espoir, il lutte contre sa condition, il se révolte. </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Est-ce que la vie vaut la peine d&#8217;être vécue? Le suicidé répond par la négative et embrasse dans sa totalité le non-sens de la vie humaine. Mais, l&#8217;absurde ne mène pas nécessairement au suicide puisque la plupart d&#8217;entre nous passons d&#8217;abord par le stade de la révolte. La révolte joue le même rôle que le cogito, elle est la première évidence : je pense donc je suis | l&#8217;existence humaine est absurde, je me révolte. Et ma révolte face au non-sens de la vie témoigne que, paradoxalement, la vie humaine a finalement un sens.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Pour Phil, vivre est absurde; il se révolte. C&#8217;est sa révolte qui donne un sens à sa vie : je répète peut-être inlassablement les mêmes ving-quatre heures, mais je vais faire en sorte de jouir pleinement de ce moment. Je vais notamment esseyer d&#8217;apprendre à connaître les particularités des gens que je côtoie régulièrement.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Nous sommes tous des êtres révoltés. L&#8217;absurde, disait Camus, naît de cette confrontation entre l&#8217;appel humain et le silence déraisonnable du monde. Deux forces qui s&#8217;opposent : l’appel humain à connaître sa raison d’être et l’absence de réponse du milieu où il se trouve. L’homme vivant dans un monde dont il ne comprend pas le sens, dont il ignore tout, jusqu’à sa raison d’être. L&#8217;absurde n&#8217;est pas dans l&#8217;homme, ni dans le monde, mais dans leur présence; l&#8217;absurde naît de l&#8217;antinomie entre ces deux entités.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Vivre, c&#8217;est faire vivre l&#8217;absurde. La seule façon cohérente d&#8217;y arriver, c&#8217;est par la révolte. Si le suicidé consent à l&#8217;absurdité de la vie, le condamné à mort (voir <em>l&#8217;Étranger</em>), lui, a à la fois la conscience de sa mort imminente, et le refus d&#8217;y consentir. C&#8217;est la révolte qui donne la grandeur à la vie, qui nous permet de garder notre lucidité;</font><font size="2" face="Verdana"> elle n&#8217;est pas nihiliste, mais constructive puisque c&#8217;est après avoir connu la révolte que l&#8217;on décide de créer. Mais avant de créer, il faut saisir sa liberté.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">La liberté, c&#8217;est de connaître lucidement sa condition, même si elle peut être sans espoir et sans lendemain (comme pour les condamnés de ce monde, qu&#8217;ils soient Sisyphe ou Phil Connors).</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Que ce soit le &#8220;projet&#8221; dans l&#8217;existentialisme sartrien ou la création sous sa forme artistique ou autre, la troisième étape d&#8217;un esprit libre et révolté, c&#8217;est la passion. Être passionné, c&#8217;est multiplier les expériences lucides : « Sentir sa vie, sa révolte, sa liberté, et le plus possible, c&#8217;est vivre et le plus possible. Là où la lucidité règne, l&#8217;échelle des valeurs devient inutile&#8230; Le présent et la succession des présents devant une âme sans cesse consciente, c&#8217;est l&#8217;idéal de l&#8217;homme absurde ».</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Vivre avec passion, c&#8217;est se dire comme le condamné à mort de Camus : j’avais vécu de telle façon et j’aurais pu vivre de telle autre; j’avais fait ceci et je n’avais pas fait cela; je n’avais pas fait telle chose alors que j’avais fait cette autre. Et après? C&#8217;est à l&#8217;intérieur du champ des possibles que s&#8217;exerce la liberté de l&#8217;homme absurde. </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Une fois qu&#8217;il se délie des règles communes et stériles de la vie, l&#8217;homme peut finalement vivre sans appel et accepter la tendre indifférence du monde.</font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/217/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/217/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/217/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/217/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/217/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/217/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/217/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/217/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/217/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/217/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/217/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/217/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/217/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/217/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/217/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/217/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=217&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Un pont à bâtir</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Aug 2007 23:47:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion personnelle]]></category>
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		<description><![CDATA[Retour sur l&#8217;éternel retour Il y a deux ans, je débutais l&#8217;écriture de ce blogue qui était alors hébergé sur la plateforme blogger de Google. Le premier texte que j&#8217;ai écris portait sur le concept de l&#8217;éternel retour de Nietzsche. J&#8217;ai aussi écris, il y a quelques mois, un texte sur la légèreté et la pesanteur. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=192&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana"><strong>Retour sur l&#8217;éternel retour</strong></font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Verdana">Il y a deux ans, je débutais l&#8217;écriture de ce blogue qui était alors hébergé sur la plateforme blogger de Google. Le premier texte que j&#8217;ai écris portait sur le concept de <a target="_blank" href="http://insomniaque.wordpress.com/2005/07/04/leternel-retour/">l&#8217;éternel retour</a> de Nietzsche. J&#8217;ai aussi écris, il y a quelques mois, un texte sur <a target="_blank" href="http://insomniaque.wordpress.com/2007/05/11/legerete-et-pesanteur/">la légèreté et la pesanteur</a>. Je reprends quelques passages de ces deux textes pour en réécrire un nouveau et, surtout, pour aboutir à une conclusion différente. </font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify"><strong>L’éternel retour</strong></p>
<p align="justify">Je suis loin d&#8217;être un expert en philosophie nietzschéenne ou en philosophie tout court. Mais d’après mes observations, je crois que plusieurs personnes n’ont compris que le sens premier des concepts nietzschéens au lieu de les analyser comme des métaphores ou même comme une éthique de vie.</p>
<p align="justify">D’après ce dont j’en sais, ce « mythe loufoque » qu’est l’éternel retour consiste, d’abord, à accepter tout ce que la vie nous offre, autant les bons que les mauvais côtés; un <em>amor fati</em>, comme l&#8217;appelaient les anciens, soit un amour du destin. Vivre l’<em>amor fati</em>, vivre cette « vie nouvelle », c’est affirmer pleinement et totalement notre adhésion à cette vie, en ce monde, avec ce qui comporte de bons, de biens et de bonheur, mais aussi de mauvais, d’immoral et de blessant. Abolir tout idéalisme et comme disait Nietzsche ne désire plus autre chose que ce que tu as présentement.</p>
<p align="justify">Puis, c’est d’accomplir chaque acte durant ton existence terrestre comme si tu devais le revivre éternellement. L’éternel retour restitue les conséquences à nos actes en nous obligeant à réfléchir avant d’agir puisque dans ce monde hypothétique les atrocités et les crimes pèsent davantage que dans celui que nous vivons où tout n’est qu’éphémère et rempli de légèreté.</p>
<p align="justify"><strong>Légèreté versus pesanteur</strong> </p>
<p align="justify">La légèreté nous propulse vers l&#8217;insouciance et la recherche des plaisirs éphémères comme le dicte cette formule connue « on ne vit qu’une seule fois, aussi bien vivre intensément et sans se soucier du lendemain » tandis que la pesanteur, ce lourd fardeau comme le disait Nietzsche, nous « encadre » dans notre prise de décision, en nous permettant de garder les deux pieds sur terre en suivant le seul guide qu&#8217;est la raison humaine.</p>
<p align="justify"><strong>Quelle voie doit-on suivre?</strong></p>
<p align="justify">Mais puisque nous ne vivons qu’une seule fois et que le monde de l’éternel retour n’est, jusqu’à preuve du contraire, qu’une fantasmagorie, la légèreté est-elle donc la seule voie qui nous permet d’être heureux?</p>
<p align="justify">La pesanteur est-elle réellement négative et belle la légèreté comme l’énonça Parménide (philosophe grec présocratique)? Et Nietzsche avait-il raison en disant qu&#8217;il fallait s&#8217;en tenir à un <em>amor fati</em> et de se contenter de ce qu&#8217;on a présentement? N&#8217;est-ce pas incompatible avec l&#8217;idée de dépassement?</p>
<p align="justify">Un « amour du destin », c&#8217;est simplement de ne pas s&#8217;occuper de ce qui est hors de notre contrôle, c&#8217;est de penser au-delà du bien et du mal pour qu&#8217;un jour survienne le Surhomme.</p>
<p align="justify">Le Surhomme c&#8217;est un être qui embrasse la totalité des aspects de la vie, qui accepte la souffrance, repense la morale et qui dépasse ainsi les caractéristiques du premier homme. L’Homme est un pont et non un terme nous dit Nietzsche.</p>
<p align="justify"><strong>Un funambule qui craint l’abîme</strong></p>
<p align="justify">Je crois qu&#8217;il faut simplement comprendre que nous existons (vivre simplement) avant d&#8217;Être. Être, c&#8217;est trouver son essence. Passer le pont signifie de construire son « projet ».</p>
<p align="justify">C&#8217;est bien beau de dire qu&#8217;il faut « vivre le moment présent », <em>carpe diem</em>, alléluia! Mais, en bon existentialiste que je suis, je crois que c’est ce que je suis, ici, maintenant, qui dépend de ce que je vais être et c’est lui, donc, l’avenir, qui donne au présent, et au passé, leur force, leur sens, leur saveur.</p>
<p align="justify">Ce qui compte c’est ce que je fais de ce que ce passé a fait de moi. Un être à en devenir. Une essence à produire. Un pont à bâtir.</p>
<p align="justify">Mais lorsque ce pont n&#8217;est pas bâti ou que les fondations sont peu solides, il n&#8217;y a que le néant et une mince corde est notre seul support.</p>
<p align="justify">Nous nous promenons chaque jour sur ce fil – le fil du questionnement, du doute, de la remise en question du « qu’est-ce que je vais faire de ma vie », du « ai-je fait le bon choix » – tel un funambule qui s&#8217;avance sur une corde tendue, tendue au-dessus du vide, en quête de son point d&#8217;ancrage pour ne pas basculer vers l&#8217;abîme. Parfois nous avançons, parfois nous reculons; on rajoute une pierre, on en perd deux et on se demande si notre projet arrivera un jour à sa conclusion.</p>
<p align="justify">Mais nous ne sommes pas seuls. Nous ne sommes pas seuls à chercher cette dernière pierre, cette ultime réponse.</p>
<p align="justify">Puisqu’il y a plusieurs cordes et plusieurs ponts. Nous sommes libres, condamnés à être libres, au-dessus de notre abîme, mais nous partageons cette absurdité avec tous et chacun.</p>
<p></font></font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/192/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/192/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/192/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=192&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;éloge à l&#8217;imperfection</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Aug 2007 11:24:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quelle chimère est-ce donc que l’homme? Quelle nouveauté, quel chaos, quel sujet de contradiction? Juge de toutes choses, imbécile ver de terre; dépositaire du vrai, amas d’incertitudes; gloire, et rebut de l’univers. S’il se vante, je l’abaisse; s’il s’abaisse, je le vante, et le contredits toujours, jusqu’à ce qu’il comprenne, qu’il est un monstre incompréhensible [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=190&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<blockquote>
<p align="justify">Quelle chimère est-ce donc que l’homme? Quelle nouveauté, quel chaos, quel sujet de contradiction? Juge de toutes choses, imbécile ver de terre; dépositaire du vrai, amas d’incertitudes; gloire, et rebut de l’univers. S’il se vante, je l’abaisse; s’il s’abaisse, je le vante, et le contredits toujours, jusqu’à ce qu’il comprenne, qu’il est un monstre incompréhensible</p>
</blockquote>
<p></font></font><font size="2"><font face="Verdana">Dans dix ans, les scientifiques vont peut-être en venir à la conclusion  que consommer de l’alcool plusieurs fois par semaine augmentait les capacités intellectuelles des individus. Ainsi donc, plusieurs textes que j’aurai écrits seront discrédités puisque les gens diront que j’étais sous l’influence d’une substance qui augmente mes aptitudes.</font></font><font size="2"><font face="Verdana"> </font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">Cessons de déconner, je sais bien que ce que je viens de dire ne risque pas d’arriver. Mais, pour aller à contre-courant (pour faire changement), je suis tanné d’entendre les gens huer les sportifs qui commettent des fautes ou encore n’importe quel individu de la sphère publique qui n’a pas un comportement exemplaire.</p>
<p align="justify">Barry Bonds vient d’égaler la marque de coup de circuit de Hank Aaron en frappant le 755e de sa carrière. Effectivement, en tant que personnalité, Bonds est un enfoiré. Est-ce qu’il a pris des stéroïdes ou autres substances qui peuvent augmenter ses performances durant sa carrière? Pour l’instant, je m’en tiens au fait qu’il est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire.</p>
<p align="justify">Doit-on mettre un astérisque à côté de son nom dans le livre des records? Si on le fait, on va devoir le faire pour tous les records qui vont être battus dans les prochaines années. Il n’en demeure pas moins que le commun des mortels, dopé ou pas, ne réussirait jamais à frapper 755 coups de circuits dans une carrière professionnelle.</p>
<p align="justify">Je suis tanné que l’on exige la perfection des gens qui nous entourent. On veut que nos politiciens ne commettent aucune bévue; ils s’en remettent donc à la langue de bois. On veut que nos héros (acteurs, sportifs, musiciens) se surpassent de plus en plus; mais on est scandalisé lorsque des scandales éclatent.</p>
<p align="justify">Moi je dis MERDE à la perfection. Une des personnes que j’admire le plus (et que beaucoup de gens ne comprendront jamais mes raisons) c’est Jean-Paul Sartre. Ce n’est pas tant pour sa philosophie ou son mode de vie, mais bien parce qu’il incarnait à merveille le 20e siècle. Il était imparfait. Il se contredisait. Il passait d’un extrême à l’autre. Il écrivit <em>La Nausée</em> et <em>L’Être et le Néant</em> pour rejeter ces œuvres à la fin de sa vie dans <em>Les Mots</em>. Tantôt existentialiste, tantôt communiste. Tantôt appuyant l’idée d’une subjectivité propre à chaque « en-soi », tantôt voguant vers l’idée que c’est les autres qui nous définissent comme nous-mêmes.</p>
<p align="justify">L’Histoire est remplie d’exemple : Voltaire, Céline (non, pas notre chanteuse nationale), Napoléon, Lénine… et j’en passe. Des êtres que l’on admire et que l’on déteste à la fois.</p>
<p align="justify">Quand j’avais environ seize ans et que je vivais intensément mes émotions amoureuses, ma mère m’acheta un livre que je relis souvent. <em>Homme et fier de l&#8217;être </em>fait l’éloge de la masculinité non pas en écrasant le féminin, mais en glorifiant l’homme dans son ensemble, avec ses défauts et ses qualités.</p>
<p align="justify">Depuis ce jour, je suis moins exigeant envers moi-même et envers les gens qui m’entourent et que j’admire. Je ne dis pas qu’il faut tout accepter. À chacun de tracer les limites qui lui semblent acceptables.</p>
<p align="justify">C’est peut-être un peu simpliste comme explication, j’en conviens, mais je crois qu’une des raisons qui expliquent le nombre élevé de divorces depuis les vingt dernières années c’est parce que les gens acceptent de moins en moins les « erreurs » de leur partenaire. Le Surhomme de Nietzsche ne signifie pas un homme surhumain. Trop de gens ont déformé ou mal compris ce concept.</p>
<p align="justify">C&#8217;est l’affirmation de l’existence, mais, et surtout, le consentement à la totalité des aspects de la vie tel que décrit dans l&#8217;expression « veux-tu cela encore une fois et une quantité innombrable de fois ». Mais, il y a plus et je ne vais pas m&#8217;étendre trop longtemps là-dessus puisque j&#8217;en aurais long à dire et le soleil est déjà levé.</p>
<p align="justify">Il y a le thymos qui, depuis Platon, en passant par Machiavel, Hobbes, Hegel, Kojève et Nietzsche signifie la lutte pour la reconnaissance. Pour Hegel, toute l&#8217;histoire humaine est une lutte pour la reconnaissance et que l&#8217;on peut traduire de nos jours par l&#8217;estime de soi. On veut être reconnu, on veut laisser notre trace dans l&#8217;histoire, et lorsque l&#8217;on n&#8217;y arrive pas, on s&#8217;attend que d&#8217;autres le fassent à notre place. On veut que les autres supportent la dignité commune et lorsqu&#8217;ils transgressent les règles nous sommes offusqués.</p>
<p align="justify">Mais je m&#8217;arrête ici.</p>
<p align="justify">Je ne sais pas exactement la ligne directrice de cet écrit. Mais, vous me pardonnerez : je suis moi aussi imparfait.</p>
<p></font></font></p>
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		<title>Légèreté et pesanteur</title>
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		<pubDate>Sat, 12 May 2007 03:55:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
				<category><![CDATA[Caractéristique humaine]]></category>
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		<description><![CDATA[Nous ne vivons qu’une seule fois On nous rappelle constamment qu’il faut « profiter du moment présent » (carpe diem) puisque nous ne pouvons prédire l’instant où le dernier grain de notre sablier s’écoulera. Il faut remonter à l’Antiquité pour trouver l’origine de cette philosophie. On doit la locution latine carpe diem (« cueille le [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=148&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana"><strong>Nous ne vivons qu’une seule fois</strong></font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">On nous rappelle constamment qu’il faut « profiter du moment présent » (<em>carpe diem</em>) puisque nous ne pouvons prédire l’instant où le dernier grain de notre sablier s’écoulera. Il faut remonter à l’Antiquité pour trouver l’origine de cette philosophie. </font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">On doit la locution latine <em>carpe diem</em> (« cueille le jour sans te soucier du lendemain ») au poète Horace. Si aujourd’hui on assimile souvent cette expression avec de l’hédonisme, Horace cherchait pourtant à persuader ses lecteurs que le bonheur réside dans un hédonisme d’ascèse, soit de bien savourer l&#8217;instant présent, mais sans toutefois récuser toute discipline de vie. Enfin, si cette locution est souvent citée de nos jours, c’est qu’on la retrouve dans le film La société des poètes disparus : <a target="_blank" href="http://www.afi.com/tvevents/100years/quotes.aspx">« Carpe diem. Seize the day, boys. Make your lives extraordinary. »</a></font></font><font size="2"><font face="Verdana"> </font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Verdana"><strong>Dualité</strong></font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">J’ai souvent réfléchi sur la dualité humaine raison/passion que j’ai appelée l’éternel balancier qui habite chacun de nous entre notre Descartes cérébral et notre Pascal émotif. Un autre clivage m’apparaît intéressant à examiner, soit celui entre légèreté et pesanteur que l’on retrouve brillamment exposé dans le roman <em>l’Insoutenable légèreté de l’être</em> de l&#8217;écrivain Milan Kundera.</p>
<p align="justify"><strong>Légèreté</strong></p>
<p align="justify">La légèreté nous propulse vers la cueillette des plaisirs spontanés : prenez un repas bien apprêté, rajoutez-y un peu de boisson alcoolisée et terminez votre quête par une nuit animée. C’est la formule de Chamfort : « Jouir et faire jouir sans faire de mal ni à toi ni à personne. » On vit qu’une seule fois, aussi bien vivre intensément et sans se soucier du lendemain! Voilà le côté hédonisme ou épicurien de la légèreté.</p>
<p align="justify">On remarque aussi que la légèreté peut parfois prendre le visage d’un manque absolu de responsabilité; la plupart des gens ne reconnaissent la nature de leur expérience qu’après-coup. Nos erreurs ne se répètent pas. Celles-ci ont des conséquences, parfois désastreuses, mais nous nous consolons en nous disant que ces désastres ne sont qu’éphémères. Un Hitler ou un Pol Pot ont commis des atrocités, mais ils sont morts et ils ne reviendront plus pour les commettre à nouveau.</p>
<p align="justify"><strong>Pesanteur</strong></p>
<p align="justify">La pesanteur nous « encadre » dans notre prise de décision : on s’attache à des êtres et non à une image de l’autre, on souscrit à des principes et on pense selon une morale. C’est un peu la méthode de Descartes : « Et j’avais toujours un extrême désir d’apprendre à distinguer le vrai d’avec le faux pour voir clair en mes actions et marcher avec assurance en cette vie. »</p>
<p align="justify"><strong>Parménide</strong></p>
<p align="justify">Au sixième siècle avant Jésus-Christ, Parménide croyait que l’Univers était divisé en couples de contraires : lumière/obscurité, fin/épais, chaud/froid, être/non-être. Selon ce dernier, un des pôles de ces dualités est positif (la lumière, le fin, le chaud et l’être) et l’autre négatif. Si cette division peut nous paraître facile, un cas pose problème : entre la légèreté et la pesanteur, qu’est-ce qui est positif? Parménide répondait que le léger est positif. Avait-il raison?</p>
<p align="justify"><strong>L’éternel retour</strong></p>
<blockquote>
<p align="justify">« Le poids formidable. &#8211; Que serait-ce si, de jour ou de nuit, un démon te suivait une fois dans la plus solitaire de tes solitudes et te disait : « Cette vie, telle que tu la vis actuellement, telle que tu l&#8217;as vécue, il faudra que tu la revives encore une fois, et une quantité innombrable de fois; et il n&#8217;y aura en elle rien de nouveau, au contraire! il faut que chaque douleur et chaque joie, chaque pensée et chaque soupir, tout l&#8217;infiniment grand et l&#8217;infiniment petit de ta vie reviennent pour toi, et tout cela dans la même suite et le même ordre &#8211; et aussi cette araignée et ce clair de lune entre les arbres, et aussi cet instant et moi-même. L&#8217;éternel sablier de l&#8217;existence sera retourné toujours à nouveau &#8211; et toi avec lui, poussière des poussières! » Ne te jetterais-tu pas contre terre en grinçant des dents et ne maudirais-tu pas le démon qui parlerait ainsi? Ou bien as-tu déjà vécu un instant prodigieux où tu lui répondrais : « Tu es un dieu, et jamais je n&#8217;ai entendu chose plus divine! » Si cette pensée prenait de la force sur toi, tel que tu es, elle te transformerait peut-être, mais peut-être t&#8217;anéantirait-elle aussi; la question « veux-tu cela encore une fois et une quantité innombrable de fois », cette question, en tout et pour tout, pèserait sur toutes tes actions d&#8217;un poids formidable! Ou alors combien il te faudrait aimer la vie, que tu t&#8217;aimes toi-même pour ne plus désirer autre chose que cette suprême et éternelle confirmation! » (<a target="_blank" href="http://zarathoustra.info/index.php?title=Le_Gai_Savoir_-_Livre_quatri%C3%A8me#341.">Friedrich Nietzsche, Le gai savoir - 341</a>)</p>
</blockquote>
<p align="justify">Dans le monde de l’éternel retour, nos vies perdent de leur légèreté. Nietzsche disait que c’était le plus lourd fardeau (ou pesanteur). En élaborant cette réalité éthique, le devenir devient un vaste cycle, tout étant également précieux, éternel et nécessaire : une guerre ou un génocide ont un poids beaucoup plus considérable que dans notre réalité quotidienne où les événements affreux nous semblent éphémères.</p>
<p align="justify">Si cette réalité n’est qu&#8217;une éthique et que, comme plusieurs le croient, nous ne vivons qu’une seule fois, la légèreté est donc la seule voie qui nous permet d’être heureux; la pesanteur est-elle réellement négative, comme l’énonça Parménide, et belle la légèreté?</p>
<p align="justify">La légèreté nous propulse dans les airs : libre de mouvements, libre de soucis et libre de responsabilités, notre vie se déroule comme un être humain ayant perdu la partie frontale de son cerveau, celle qui nous permet de planifier notre futur. La pesanteur nous retient vers la terre, nous oblige à forger des principes et à construire un temps futur qui n’arrivera peut-être jamais; et elle nous incite à réfléchir aux gestes que nous posons, comme si nous devions les revivre éternellement.</p>
<p></font></font></p>
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