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	<title>l'Insomniaque &#187; libre</title>
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	<description>Quand on souffre d'insomnie, on n'est jamais vraiment endormi et on n'est jamais vraiment éveillé.</description>
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		<title>10 décembre 1957</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Feb 2008 13:41:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sire, Madame, Altesses Royales, Mesdames, Messieurs, En recevant la distinction dont votre libre Académie a bien voulu m&#8217;honorer, ma gratitude était d&#8217;autant plus profonde que je mesurais à quel point cette récompense dépassait mes mérites personnels. Tout homme et, à plus forte raison, tout artiste, désire être reconnu. Je le désire aussi. Mais il ne [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=226&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"><font face="Verdana">Sire, Madame, Altesses Royales, Mesdames, Messieurs,</font></font><font size="2"><font face="Verdana"> </font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">En recevant la distinction dont votre libre Académie a bien voulu m&#8217;honorer, ma gratitude était d&#8217;autant plus profonde que je mesurais à quel point cette récompense dépassait mes mérites personnels. Tout homme et, à plus forte raison, tout artiste, désire être reconnu. Je le désire aussi. Mais il ne m&#8217;a pas été possible d&#8217;apprendre votre décision sans comparer son retentissement à ce que je suis réellement. Comment un homme presque jeune, riche de ses seuls doutes et d&#8217;une œuvre encore en chantier, habitué à vivre dans la solitude du travail ou dans les retraites de l&#8217;amitié, n&#8217;aurait-il pas appris avec une sorte de panique un arrêt qui le portait d&#8217;un coup, seul et réduit à lui-même, au centre d&#8217;une lumière crue ? De quel cœur aussi pouvait-il recevoir cet honneur à l&#8217;heure où, en Europe, d&#8217;autres écrivains, parmi les plus grands, sont réduits au silence, et dans le temps même où sa terre natale connaît un malheur incessant ?</p>
<p align="justify">J&#8217;ai connu ce désarroi et ce trouble intérieur. Pour retrouver la paix, il m&#8217;a fallu, en somme, me mettre en règle avec un sort trop généreux. Et, puisque je ne pouvais m&#8217;égaler à lui en m&#8217;appuyant sur mes seuls mérites, je n&#8217;ai rien trouvé d&#8217;autre pour m&#8217;aider que ce qui m&#8217;a soutenu tout au long de ma vie, et dans les circonstances les plus contraires : l&#8217;idée que je me fais de mon art et du rôle de l&#8217;écrivain. Permettez seulement que, dans un sentiment de reconnaissance et d&#8217;amitié, je vous dise, aussi simplement que je le pourrai, quelle est cette idée.</p>
<p align="justify">Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n&#8217;ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S&#8217;il m&#8217;est nécessaire au contraire, c&#8217;est qu&#8217;il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L&#8217;art n&#8217;est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d&#8217;émouvoir le plus grand nombre d&#8217;hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l&#8217;artiste à ne pas se séparer; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d&#8217;artiste parce qu&#8217;il se sentait différent apprend bien vite qu&#8217;il ne nourrira son art, et sa différence, qu&#8217;en avouant sa ressemblance avec tous. L&#8217;artiste se forge dans cet aller retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s&#8217;arracher. C&#8217;est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s&#8217;obligent à comprendre au lieu de juger. Et s&#8217;ils ont un parti à prendre en ce monde ce ne peut être que celui d&#8217;une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne règnera plus le juge, mais le créateur, qu&#8217;il soit travailleur ou intellectuel.</p>
<p align="justify">Le rôle de l&#8217;écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd&#8217;hui au service de ceux qui font l&#8217;histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d&#8217;hommes ne l&#8217;enlèveront pas à la solitude, même et surtout s&#8217;il consent à prendre leur pas. Mais le silence d&#8217;un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l&#8217;autre bout du monde, suffit à retirer l&#8217;écrivain de l&#8217;exil chaque fois, du moins, qu&#8217;il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence, et à le relayer pour le faire retentir par les moyens de l&#8217;art.</p>
<p align="justify">Aucun de nous n&#8217;est assez grand pour une pareille vocation. Mais dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s&#8217;exprimer, l&#8217;écrivain peut retrouver le sentiment d&#8217;une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu&#8217;il accepte, autant qu&#8217;il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d&#8217;hommes possible, elle ne peut s&#8217;accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s&#8217;enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l&#8217;on sait et la résistance à l&#8217;oppression.</p>
<p align="justify">Pendant plus de vingt ans d&#8217;une histoire démentielle, perdu sans secours, comme tous les hommes de mon âge, dans les convulsions du temps, j&#8217;ai été soutenu ainsi : par le sentiment obscur qu&#8217;écrire était aujourd&#8217;hui un honneur, parce que cet acte obligeait, et obligeait à ne pas écrire seulement. Il m&#8217;obligeait particulièrement à porter, tel que j&#8217;étais et selon mes forces, avec tous ceux qui vivaient la même histoire, le malheur et l&#8217;espérance que nous partagions. Ces hommes, nés au début de la première guerre mondiale, qui ont eu vingt ans au moment où s&#8217;installaient à la fois le pouvoir hitlérien et les premiers procès révolutionnaires, qui furent confrontés ensuite, pour parfaire leur éducation, à la guerre d&#8217;Espagne, à la deuxième guerre mondiale, à l&#8217;univers concentrationnaire, à l&#8217;Europe de la torture et des prisons, doivent aujourd&#8217;hui élever leurs fils et leurs œuvres dans un monde menacé de destruction nucléaire. Personne, je suppose, ne peut leur demander d&#8217;être optimistes. Et je suis même d&#8217;avis que nous devons comprendre, sans cesser de lutter contre eux, l&#8217;erreur de ceux qui, par une surenchère de désespoir, ont revendiqué le droit au déshonneur, et se sont rués dans les nihilismes de l&#8217;époque. Mais il reste que la plupart d&#8217;entre nous, dans mon pays et en Europe, ont refusé ce nihilisme et se sont mis à la recherche d&#8217;une légitimité. Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage découvert, contre l&#8217;instinct de mort à l&#8217;œuvre dans notre histoire.</p>
<p align="justify">Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu&#8217;elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d&#8217;une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd&#8217;hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l&#8217;intelligence s&#8217;est abaissée jusqu&#8217;à se faire la servante de la haine et de l&#8217;oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d&#8217;elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d&#8217;établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu&#8217;elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d&#8217;alliance. Il n&#8217;est pas sûr qu&#8217;elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l&#8217;occasion, sait mourir sans haine pour lui. C&#8217;est elle qui mérite d&#8217;être saluée et encouragée partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie. C&#8217;est sur elle, en tout cas, que, certain de votre accord profond, je voudrais reporter l&#8217;honneur que vous venez de me faire.</p>
<p align="justify">Du même coup, après avoir dit la noblesse du métier d&#8217;écrire, j&#8217;aurais remis l&#8217;écrivain à sa vraie place, n&#8217;ayant d&#8217;autres titres que ceux qu&#8217;il partage avec ses compagnons de lutte, vulnérable mais entêté, injuste et passionné de justice, construisant son œuvre sans honte ni orgueil à la vue de tous, sans cesse partagé entre la douleur et la beauté, et voué enfin à tirer de son être double les créations qu&#8217;il essaie obstinément d&#8217;édifier dans le mouvement destructeur de l&#8217;histoire. Qui, après cela, pourrait attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales ? La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu&#8217;exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d&#8217;avance de nos défaillances sur un si long chemin. Quel écrivain, dès lors oserait, dans la bonne conscience, se faire prêcheur de vertu ? Quant à moi, il me faut dire une fois de plus que je ne suis rien de tout cela. Je n&#8217;ai jamais pu renoncer à la lumière, au bonheur d&#8217;être, à la vie libre où j&#8217;ai grandi. Mais bien que cette nostalgie explique beaucoup de mes erreurs et de mes fautes, elle m&#8217;a aidé sans doute à mieux comprendre mon métier, elle m&#8217;aide encore à me tenir, aveuglément, auprès de tous ces hommes silencieux qui ne supportent, dans le monde, la vie qui leur est faite que par le souvenir ou le retour de brefs et libres bonheurs.</p>
<p align="justify">Ramené ainsi à ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer pour finir, l&#8217;étendue et la générosité de la distinction que vous venez de m&#8217;accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage rendu à tous ceux qui, partageant le même combat, n&#8217;en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution. Il me restera alors à vous en remercier, du fond du cœur, et à vous faire publiquement, en témoignage personnel de gratitude, la même et ancienne promesse de fidélité que chaque artiste vrai, chaque jour, se fait à lui-même, dans le silence.</p>
<p align="justify"><a target="_blank" href="http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1957/camus-speech-f.html">Discours d&#8217;Albert Camus lorsqu&#8217;il reçut le prix Nobel de littérature</a></p>
<p></font></font></p>
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		<title>Un pont à bâtir</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Aug 2007 23:47:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana"><strong>Retour sur l&#8217;éternel retour</strong></font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Verdana">Il y a deux ans, je débutais l&#8217;écriture de ce blogue qui était alors hébergé sur la plateforme blogger de Google. Le premier texte que j&#8217;ai écris portait sur le concept de <a target="_blank" href="http://insomniaque.wordpress.com/2005/07/04/leternel-retour/">l&#8217;éternel retour</a> de Nietzsche. J&#8217;ai aussi écris, il y a quelques mois, un texte sur <a target="_blank" href="http://insomniaque.wordpress.com/2007/05/11/legerete-et-pesanteur/">la légèreté et la pesanteur</a>. Je reprends quelques passages de ces deux textes pour en réécrire un nouveau et, surtout, pour aboutir à une conclusion différente. </font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify"><strong>L’éternel retour</strong></p>
<p align="justify">Je suis loin d&#8217;être un expert en philosophie nietzschéenne ou en philosophie tout court. Mais d’après mes observations, je crois que plusieurs personnes n’ont compris que le sens premier des concepts nietzschéens au lieu de les analyser comme des métaphores ou même comme une éthique de vie.</p>
<p align="justify">D’après ce dont j’en sais, ce « mythe loufoque » qu’est l’éternel retour consiste, d’abord, à accepter tout ce que la vie nous offre, autant les bons que les mauvais côtés; un <em>amor fati</em>, comme l&#8217;appelaient les anciens, soit un amour du destin. Vivre l’<em>amor fati</em>, vivre cette « vie nouvelle », c’est affirmer pleinement et totalement notre adhésion à cette vie, en ce monde, avec ce qui comporte de bons, de biens et de bonheur, mais aussi de mauvais, d’immoral et de blessant. Abolir tout idéalisme et comme disait Nietzsche ne désire plus autre chose que ce que tu as présentement.</p>
<p align="justify">Puis, c’est d’accomplir chaque acte durant ton existence terrestre comme si tu devais le revivre éternellement. L’éternel retour restitue les conséquences à nos actes en nous obligeant à réfléchir avant d’agir puisque dans ce monde hypothétique les atrocités et les crimes pèsent davantage que dans celui que nous vivons où tout n’est qu’éphémère et rempli de légèreté.</p>
<p align="justify"><strong>Légèreté versus pesanteur</strong> </p>
<p align="justify">La légèreté nous propulse vers l&#8217;insouciance et la recherche des plaisirs éphémères comme le dicte cette formule connue « on ne vit qu’une seule fois, aussi bien vivre intensément et sans se soucier du lendemain » tandis que la pesanteur, ce lourd fardeau comme le disait Nietzsche, nous « encadre » dans notre prise de décision, en nous permettant de garder les deux pieds sur terre en suivant le seul guide qu&#8217;est la raison humaine.</p>
<p align="justify"><strong>Quelle voie doit-on suivre?</strong></p>
<p align="justify">Mais puisque nous ne vivons qu’une seule fois et que le monde de l’éternel retour n’est, jusqu’à preuve du contraire, qu’une fantasmagorie, la légèreté est-elle donc la seule voie qui nous permet d’être heureux?</p>
<p align="justify">La pesanteur est-elle réellement négative et belle la légèreté comme l’énonça Parménide (philosophe grec présocratique)? Et Nietzsche avait-il raison en disant qu&#8217;il fallait s&#8217;en tenir à un <em>amor fati</em> et de se contenter de ce qu&#8217;on a présentement? N&#8217;est-ce pas incompatible avec l&#8217;idée de dépassement?</p>
<p align="justify">Un « amour du destin », c&#8217;est simplement de ne pas s&#8217;occuper de ce qui est hors de notre contrôle, c&#8217;est de penser au-delà du bien et du mal pour qu&#8217;un jour survienne le Surhomme.</p>
<p align="justify">Le Surhomme c&#8217;est un être qui embrasse la totalité des aspects de la vie, qui accepte la souffrance, repense la morale et qui dépasse ainsi les caractéristiques du premier homme. L’Homme est un pont et non un terme nous dit Nietzsche.</p>
<p align="justify"><strong>Un funambule qui craint l’abîme</strong></p>
<p align="justify">Je crois qu&#8217;il faut simplement comprendre que nous existons (vivre simplement) avant d&#8217;Être. Être, c&#8217;est trouver son essence. Passer le pont signifie de construire son « projet ».</p>
<p align="justify">C&#8217;est bien beau de dire qu&#8217;il faut « vivre le moment présent », <em>carpe diem</em>, alléluia! Mais, en bon existentialiste que je suis, je crois que c’est ce que je suis, ici, maintenant, qui dépend de ce que je vais être et c’est lui, donc, l’avenir, qui donne au présent, et au passé, leur force, leur sens, leur saveur.</p>
<p align="justify">Ce qui compte c’est ce que je fais de ce que ce passé a fait de moi. Un être à en devenir. Une essence à produire. Un pont à bâtir.</p>
<p align="justify">Mais lorsque ce pont n&#8217;est pas bâti ou que les fondations sont peu solides, il n&#8217;y a que le néant et une mince corde est notre seul support.</p>
<p align="justify">Nous nous promenons chaque jour sur ce fil – le fil du questionnement, du doute, de la remise en question du « qu’est-ce que je vais faire de ma vie », du « ai-je fait le bon choix » – tel un funambule qui s&#8217;avance sur une corde tendue, tendue au-dessus du vide, en quête de son point d&#8217;ancrage pour ne pas basculer vers l&#8217;abîme. Parfois nous avançons, parfois nous reculons; on rajoute une pierre, on en perd deux et on se demande si notre projet arrivera un jour à sa conclusion.</p>
<p align="justify">Mais nous ne sommes pas seuls. Nous ne sommes pas seuls à chercher cette dernière pierre, cette ultime réponse.</p>
<p align="justify">Puisqu’il y a plusieurs cordes et plusieurs ponts. Nous sommes libres, condamnés à être libres, au-dessus de notre abîme, mais nous partageons cette absurdité avec tous et chacun.</p>
<p></font></font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/192/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/192/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/192/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=192&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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		<title>Le prochain ou le lointain</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Mar 2007 05:00:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si Dieu n&#8217;existe pas, tout est-il pour autant permis? C’est une question omniprésente dans l’œuvre de Dostoïevski et en particulier dans le roman Crime et Châtiment. En voici un résumé disponible sur l’encyclopédie libre Wikipédia. Le roman dépeint le meurtre prémédité d’une vieille prêteuse sur gages et de sa sœur cadette par un ancien étudiant [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=123&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana"><a target="_blank" href="http://insomniaque.wordpress.com/2007/03/13/gott-ist-tot/">Si Dieu n&#8217;existe pas</a>, tout est-il pour autant permis?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">C’est une question omniprésente dans l’œuvre de <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dosto%C3%AFevski">Dostoïevski</a> et en particulier dans le roman <em><a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Crime_et_Ch%C3%A2timent_%28roman%29">Crime et Châtiment</a></em>. En voici un résumé disponible sur <a target="_blank" href="http://wikipedia.org/">l’encyclopédie libre Wikipédia</a>.</font></font></p>
<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<blockquote>
<p align="justify">Le roman dépeint le meurtre prémédité d’une vieille prêteuse sur gages et de sa sœur cadette par un ancien étudiant de Saint-Pétersbourg nommé Raskolnikov, et ainsi que ses conséquences émotionnelles, mentales, et physiques sur le meurtrier. Raskolnikov pense être un « Surhomme » et qu’avec une bonne raison, il pourrait exécuter un acte ignoble — le meurtre de l’usurière — si cela peut l’amener à faire le bien. Il cite souvent Napoléon, estimant qu’il a eu raison de répandre autant de sang : « Si un jour, Napoléon n’avait pas eu le courage de mitrailler une foule désarmée, nul n’aurait fait attention à lui et il serait demeuré un inconnu ».</p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Raskolnikov estime qu’il peut transcender les limites morales en tuant l’usurière, en volant son argent et en l’utilisant pour faire le bien. Il soutient que si Newton ou Kepler avaient dû tuer une ou même cent personnes pour éclairer l’humanité de leurs idées, cela en aurait valu la peine.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Le vrai châtiment de Raskolnikov n’est pas le camp de travail auquel il est condamné, mais le tourment qu’il endure tout au long du roman. Ce tourment se manifeste autant sous la forme d’une paranoïa que par la prise de conscience qu’il n’est pas un « Surhomme », puisqu’il est incapable de supporter ce qu&#8217;il a fait.</font></font></p>
</blockquote>
<p></font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Ce roman russe, le plus connu avec <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_et_Paix">Guerre et Paix</a>, dépeint à merveille le tiraillement d’un homme qui croyait en la justesse de son crime pour améliorer le sort de l’humanité, mais qui est finalement incapable de vivre avec le fardeau de sa culpabilité. Dans l’état d’esprit de Raskolnikov lorsqu’il commet son meurtre, le lointain est plus précieux que le prochain : un homme « extraordinaire » a le droit et même le devoir d’éliminer un être humain, si son action amène une amélioration de la société humaine. Dans cette perspective, on sort Dieu par la porte pour le réintroduire par la fenêtre! Dans l’idéologie chrétienne, c’est le lointain qui prime : le paradis, la vie après la mort, fais le bien et tu seras récompensé&#8230;</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Selon Dostoïevski l’homme est libre et sans Dieu, « tout est permis ». Entendons, à l’instar de <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sartre">Sartre</a>, que nos actes ne nous sont dictés par aucune force supérieure; nous sommes SEULS responsables de nos choix, nous ne disposons de RIEN au départ, tout reste à faire. L’homme absurde, l’existentialiste authentique, est « esclave » de sa propre liberté, pour reprendre une idée de Sartre. C’est à l’individu de bâtir sa propre éthique. Faire « le bien » ou faire « le mal » ne veut strictement rien dire. Dans l’absolu, personne n’est « coupable »! Le fameux « tout est permis » ne légitime pas pour autant tous les crimes. Il veut dire que tout acte implique des conséquences qu’il nous faut mesurer de par notre propre éthique; les remords ne servant à rien.</font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Verdana"><a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Camus">Camus</a> note que ce cri [le tout est permis] comporte plus d&#8217;amertume que de joie, car il n&#8217;y a plus de valeurs consacrées pour orienter notre choix : </font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<blockquote>
<p align="justify">« l&#8217;absurde, dit-il, ne délivre pas, il lie. Il n&#8217;autorise pas tous les actes. Tout est permis, ne signifie pas que rien n&#8217;est défendu. L&#8217;absurde rend seulement leur équivalence aux conséquences de ces actes. Il ne recommande pas le crime, ce serait puéril, mais il restitue au remords son inutilité. De même, si toutes les expériences sont indifférentes, celle du devoir est aussi légitime qu&#8217;une autre. »</p>
</blockquote>
<p align="justify">C&#8217;est justement dans le champ des possibles et avec ses limites que s&#8217;exerce la liberté de l&#8217;homme absurde. L&#8217;homme est sa propre fin et il est sa seule fin, mais parmi ses actes il en est qui servent ou desservent l&#8217;humanité; tuer la dernière des créatures, fut-elle la plus vile qui soit, ne dessert pas l&#8217;humanité. Rien d&#8217;extraordinaire et d&#8217;une répercussion mondiale n&#8217;en résulte.</p>
<p></font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Dans l&#8217;esprit de Raskolnikov, au nom de la grandeur du Surhomme, au nom du bonheur d&#8217;une humanité future, lointaine, au nom de la révolution universelle, au nom de la liberté illimitée pour un seul, ou de l&#8217;égalité illimitée pour tous, il est permis de torturer ou de tuer un homme, une quantité d&#8217;hommes, de transformer tout être en simple moyen devant servir à une grande idée, à un but élevé. </font></font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Mais c&#8217;est l&#8217;utilisation du libre arbitre qui élève l&#8217;homme au rang de sage en lui permettant de SE déterminer, d&#8217;agir et de penser librement. Tandis que, dénaturée par Raskolnikov et transformée par celle d&#8217;« homme extraordinaire », l&#8217;idée du Surhomme éloigne l&#8217;homme de l&#8217;humanité en lui préférant un lointain, à en devenir, et en le jugeant à l&#8217;aide d&#8217;un arbitraire qui se donne le droit d&#8217;estimer lui-même la valeur de la vie humaine, et d&#8217;en disposer selon ses désirs.</font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/123/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/123/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/123/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/123/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/123/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/123/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/123/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/123/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/123/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/123/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/123/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/123/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=123&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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		<title>La poursuite du bonheur 2.</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Feb 2007 07:13:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour faire suite à ce texte sur la poursuite du bonheur, abordons maintenant cette question selon la pensée de deux philosophes modernes.  L’utilitarisme a comme souverain bien le plaisir mais, en opposition avec l’épicurisme, il conçoit plutôt un plaisir universel qu’individuel. John Stuart Mill, un philosophe utilitariste, privilégie donc le plaisir universel au plaisir individuel et l’idéal, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=97&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Pour faire suite à ce texte sur <a target="_blank" href="http://insomniaque.wordpress.com/2007/02/07/la-poursuite-du-bonheur-1/">la poursuite du bonheur</a>, abordons maintenant cette question selon la pensée de deux philosophes modernes. </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">L</font><font size="2" face="Verdana">’<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Utilitarisme">utilitarisme</a> a comme souverain bien le plaisir mais, en opposition avec l’<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89picurisme">épicurisme</a>, il conçoit plutôt un plaisir universel qu’individuel. <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Stuart_Mill">John Stuart Mill</a>, un philosophe utilitariste, privilégie donc le plaisir universel au plaisir individuel et l’idéal, selon cette philosophie, est le bonheur général et non le bonheur personnel. Contrairement à ses opposants qui croient que sa philosophie privilégie l’expédiant, soit l’intérêt particulier de l’agent, Mill avance plutôt qu’il faut agir en tenant compte de l’intérêt général, c’est-à-dire de ce qui est utile à la plus grande masse possible de gens.  </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Il croit ainsi que l’agent produira un effet-retour sur lui-même en mettant l’accent sur le bonheur d’autrui et le bonheur se propagera de plus en plus autour de la collectivité. Ainsi, le bonheur est une fin morale acceptable pour les utilitaristes si les effets de l’action ont résulté en une augmentation de la quantité de bonheur dans la collectivité. </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Contrairement aux <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9doniste">hédonistes</a> et <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Eud%C3%A9moniste">eudémonistes</a>, la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Kant">morale kantienne</a> n’est pas liée au bonheur, mais c’est plutôt elle qui nous dit comment faire pour bien agir. Kant croit aussi que le bonheur est une considération d’ordre psychologique et ce n’est pas à l’éthique ou à la morale de se pencher sur cette question. Ainsi, lorsque nous agissons bien (i.e. agir moralement), nous ne sommes pas nécessairement heureux, mais plutôt dignes d’être heureux, c’est-à-dire que nous méritons le bonheur car nous avons utilisé la morale pour bien agir.  </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Par cette conception, Kant s’oppose aux morales eudémonistes qui avaient le bonheur comme souverain bien; pour bien agir, il faut utiliser notre bonne volonté, le souverain bien chez Kant et c’est un bien qui ne supporte aucune volonté. La valeur morale d’une action tient donc à la bonne volonté de l’action et la volonté, c’est notre capacité de prendre des décisions, de faire des choix.  </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">De plus, la loi morale nous dicte de toujours agir de telle façon que nos actions soient faites par devoir. Ainsi, l’individu qui désire agir moralement doit réaliser une action librement et user de la loi morale qu’il fait sienne, puisqu’elle correspond à la maxime qu’il s’est donné dans cette circonstance. Voilà donc en quoi la morale de Kant, chez qui la poursuite du bonheur n’est pas une fin morale acceptable, se distingue des morales épicurienne, stoïcienne et utilitariste.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">À la suite des positions contradictoires précédentes, je m’efforce de donner, à présent, un point de vue personnel.  </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Tout d’abord, la philosophie hédoniste d’Épicure m’apparaît trop égoïste et égocentrique, principalement quand ce dernier énonce que le plaisir individuel et l’isolement du milieu de vie doivent prévaloir pour que l’individu ne soit pas troublé par les forces extérieures. Tout comme dans l’approche épicurienne, je crois que la poursuite du bonheur est un souverain bien acceptable, mais je partage cependant bien plus le point de vue des utilitaristes et des stoïciens.  </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Je suis en faveur du principe de plaisir universel et du bonheur collectif que les utilitaristes considèrent, car j’estime que l’effet-retour sur l’agent et le bonheur contagieux sont deux principes facilement observables de nos jours. De plus, même si cela ne s’avère pas toujours évident, je crois que l’homme doit se bâtir une carapace pour devenir imperturbable et impassible comme les stoïciens le prescrivent; ainsi, les hauts et les bas de la vie que l’individu doit affronter sont alors plus facilement surmontables.  </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">C’est en suivant la règle stoïcienne qui stipule de ne pas se laisser affecter par ce qui vient de l’extérieur que l’individu supprime tout événement hors de son contrôle et développe ainsi ses actions selon un seul guide, soit la raison.  </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Je ne me considère pas comme étant un kantien puisque je ne crois pas que seulement la bonne volonté peut être une fin morale acceptable. Je pense que de toujours accomplir nos actions conformément au devoir et par devoir pour qu’on soit désigné comme étant un être raisonnable, est une tâche trop ardue pour l’humain du 21e siècle. Par contre, il m’apparaît plus simple et plus avantageux de suivre la philosophie utilitariste et de rendre, quotidiennement, moins malheureux quelqu’un autour de soi.  </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Pour ma part, une de mes sources de bonheur est de réussir à rendre les gens de ma collectivité plus heureux et de cette façon, je ressens parfaitement l’effet-retour sur l’agent qui est élaboré dans la philosophie de J. Stuart Mill.  </font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/97/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/97/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/97/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/97/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/97/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/97/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/97/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/97/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/97/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/97/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/97/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/97/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=97&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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		<title>Entre déterminisme et libre arbitre</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Nov 2006 05:32:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Lorsque je fais bouillir du lait, il déborde. Je n’ai pas eu à faire l’expérience pour m’en assurer, mes nombreux talents culinaires me l’ont démontré maintes fois. Si vous en avez envie, vous pouvez recommencer plusieurs fois cette expérience pour vous rendre compte que vous obtiendrez toujours la même conséquence. C’est le principe de causalité [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=89&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">Lorsque je fais bouillir du lait, il déborde. Je n’ai pas eu à faire l’expérience pour m’en assurer, mes nombreux talents culinaires me l’ont démontré maintes fois. Si vous en avez envie, vous pouvez recommencer plusieurs fois cette expérience pour vous rendre compte que vous obtiendrez toujours la même conséquence. C’est le principe de causalité : tout phénomène a une cause et si les mêmes conditions sont respectées, le même effet se reproduira. Le lait n’a pas de libre arbitre, il ne peut pas se déterminer librement. Qu’en est-il alors des êtres humains?</p>
<p align="justify">Les philosophies que sont le marxisme et l&#8217;hégélianisme présentent les actions humaines comme étant « déterminer » par des conditions hors de leur contrôle : « Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas de leur propre mouvement, ni dans des conditions choisies par eux seuls, mais bien dans les conditions qu&#8217;ils trouvent directement et qui leur sont données et transmises. » Certes, nous en conviendrons que nous n’agissons pas toujours de notre plein gré : que ce soit par pression sociale, lois, conditionnement, etc. Par contre, cette philosophie est inacceptable, car son explication des actions humaines en termes de causalité implique que les hommes ne jouissent pas de leur libre arbitre; il n’existe pas de « séquence inévitable » dans l’histoire.</p>
<p align="justify">Mais laissons les théories et rentrons dans le concret. Dans la vie de tous les jours, est-ce que nos actions sont davantage conditionnées (ou déterminées) ou empreints de libre arbitre? Tous les actes humains sont à la fois libres et déterminés selon le point de vue sous lequel on les envisage. Pour ma part, j’utilise mon libre arbitre le plus souvent possible. Certaines personnes de mon entourage me disent que j’agis de cette façon dans le but d’être à contre-courant, différent ou « rebelle ». Ils ont tort. J’utilise mon libre arbitre enfin d’avoir une pensé et un mode vie conforme à mes valeurs.</p>
<p align="justify">Je fais telle action pas parce qu’il FAUT le faire, mais parce que je VEUX le faire. La différence tient entre le falloir et le vouloir. Le libre arbitre décrit la propriété qu’aurait la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Volonté">volonté</a> humaine de se déterminer librement.</p>
<p></font></font></p>
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