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	<title>l'Insomniaque &#187; liberté</title>
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	<description>Quand on souffre d'insomnie, on n'est jamais vraiment endormi et on n'est jamais vraiment éveillé.</description>
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		<title>Que restera-t-il de nous?</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Oct 2008 18:57:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En mars 1907, le New York Times publiait un article intitulé « Soul has weight, physician thinks » et basé sur les recherches du docteur Duncan MacDougall. Ce dernier cherchait à savoir si les fonctions psychiques du cerveau (esprit) continuaient à fonctionner en tant qu&#8217;individualité séparée du corps après la mort du cerveau (death of [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=425&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">En mars 1907, le <a href="http://www.nytimes.com/" target="_blank">New York Times</a> publiait un article intitulé <em><a href="http://query.nytimes.com/mem/archive-free/pdf?_r=1&amp;res=9D07E5DC123EE033A25752C1A9659C946697D6CF&amp;oref=slogin" target="_blank">« Soul has weight, physician thinks »</a></em> et basé sur les recherches du docteur <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Duncan_MacDougall_(doctor)" target="_blank">Duncan MacDougall</a>. Ce dernier cherchait à savoir si les fonctions psychiques du cerveau (esprit) continuaient à fonctionner en tant qu&#8217;individualité séparée du corps après la mort du cerveau (<em>death of brain and body</em>). En d&#8217;autres mots, MacDougall voulait affirmer ou infirmer de manière scientifique l&#8217;existence de l&#8217;âme humaine.</p>
<p style="text-align:justify;">Les fondateurs du site Web <a href="http://www.snopes.com" target="_blank">Snopes</a> &#8211; immense site où sont répertoriées plus de 1000 rumeurs et autres légendes contemporaines &#8211; <a href="http://www.snopes.com/religion/soulweight.asp" target="_blank">Barbara Mikkelson et David P. Mikkelson</a> sont d&#8217;avis que les résultats de l&#8217;expérience doivent être rejetés :</p>
<p style="text-align:justify;">« MacDougall&#8217;s [...] methodology [...] was suspect, [his] sample size [was] far too small, and [his] ability to measure changes in weight imprecise. For this reason, credence should not be given to the idea his experiments proved something, let alone that they measured the weight of the soul [...] His postulations on this topic are a curiosity, but nothing more. »</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, malgré le fait que les scientifiques s&#8217;entendent pour dire qu&#8217;il n&#8217;y aucune certitude sur l&#8217;existence de l&#8217;âme humaine, le résultat de cette recherche, c&#8217;est-à-dire le poids de 21 grammes qu&#8217;aurait l&#8217;âme humaine, est toujours d&#8217;actualité au sein des mythes populaires. Un film a même été réalisé en 2003 par Alejandro González Iñárritu ayant comme titre <a href="http://www.imdb.com/title/tt0315733/" target="_blank">21 grams</a>.</p>
<p style="text-align:justify;">Des individus qui n&#8217;ont pas de croyance religieuse particulière, qui se disent non-pratiquants dans les sondages et qui admettent l&#8217;existence de Dieu, mais s&#8217;en s&#8217;attarder plus qu&#8217;il faut à cette question dans leur vie quotidiennes, prennent tout de même pour acquis le principe religieux de la séparation en deux entités distinctes du corps et de l&#8217;esprit (âme). Ils rejettent l&#8217;interprétation purement matérialiste et, s&#8217;ils ne sont pas nécessairement en mesure de l&#8217;exprimer clairement, ils sont plutôt d&#8217;avis que l&#8217;essence humaine se situe à un niveau supérieur de ce qui est palpable, soit l&#8217;enveloppe corporelle. Il y a quelque chose de «  plus », disent-ils, qui nous distingue des autres espèces animales.</p>
<p style="text-align:justify;">Ainsi, le concept de l&#8217;âme humaine et, plus récemment au 20e siècle, l&#8217;expression « 21 grammes » sont devenus un mème. Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un mène (de l&#8217;anglais <em>meme</em> ainsi que du français même)? C&#8217;est un élément culturel transmis inconsciemment et de manière non génétique.</p>
<p style="text-align:justify;">Le terme a été proposé pour la première fois par <a href="http://richarddawkins.net/" target="_blank">Richard Dawkins</a> dans son ouvrage le <em><a href="http://www.amazon.fr/G%C3%A8ne-%C3%A9go%C3%AFste-Richard-Dawkins/dp/2738112439/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1224592172&amp;sr=8-1" target="_blank">Gène égoïste</a></em> publié originalement en 1976. La définition que donne Dawkins du mème correspond à une « unité d&#8217;information contenue dans un cerveau, échangeable au sein d&#8217;une société ». Il résulte d&#8217;une hypothèse selon laquelle les cultures évolueraient comme les êtres vivants, par variations et sélection naturelle. À l&#8217;instar du gène, le mème serait l&#8217;unité de base dans cette évolution.</p>
<p style="text-align:justify;">Les mèmes englobent donc tous comportements ou connaissances non transmis par les gènes et, par conséquent, on parle ici de transmission orale, gestuelle ou écrite. Par contre, les mèmes évoluent de la même façon que les gènes, par réplication, et sont soumis à la compétition darwinienne au sein du bassin mémétique (au lieu du bassin génétique).</p>
<p style="text-align:justify;">La reproduction permet la perpétuation de l&#8217;espèce humaine dans le temps. Il y a de fortes chances que nos gènes survivent à notre mort en évoluant dans le corps d&#8217;un autre être vivant &#8211; il est à noter que malgré le fait qu&#8217;un individu n&#8217;ait aucun descendant lors de son existence, ses gènes peuvent continuer à exister, par exemple, au sein d&#8217;un neveu ou d&#8217;une nièce; on oublie trop souvent que le bagage génétique entre un frère et une sœur est le même qu&#8217;entre un parent et son enfant (soit 50%).</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, après quelques générations, nos gènes risquent de disparaître ou, a tout de moins, de se retrouver en quantité minime à l&#8217;intérieur d&#8217;individus de notre lignée &#8211; je ne crois pas qu&#8217;il y ait beaucoup de gènes en commun entre Élizabeth II, la reine actuelle de l&#8217;Angleterre, et George Ier, premier roi de la Maison de Hanovre (1714-1727).</p>
<p style="text-align:justify;">Voici un extrait de l&#8217;ouvrage le gène égoïste où Dawkins donne des exemples de mèmes, notamment l&#8217;idée de l&#8217;existence de Dieu et de la notion de la vie après la mort :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Examples of memes are tunes, ideas, catch-phrases, clothes fashions, ways of making pots or of building arches. Just as genes propagate themselves in the gene pool by leaping from body to body via sperms or eggs, so memes propagate themselves in the meme pool by leaping from brain to brain via a process which, in the broad sense, can be called imitation. If a scientist hears, or reads about, a good idea, he passed it on to his colleagues and students. He mentions it in his articles and his lectures. If the idea catches on, it can be said to propagate itself, spreading from brain to brain. As my colleague N.K. Humphrey neatly summed up an earlier draft of this chapter: &#8220;memes should be regarded as living structures, not just metaphorically but technically. When you plant a fertile meme in my mind you literally parasitize my brain, turning it into a vehicle for the meme&#8217;s propagation in just the way that a virus may parasitize the genetic mechanism of a host cell. And this isn&#8217;t just a way of talking &#8211; the meme for, say, &#8220;belief in life after death&#8221; is actually realized physically, millions of times over, as a structure in the nervous systems of individual men the world over.&#8221;</p>
<p style="text-align:justify;">Consider the idea of God. We do not know how it arose in the meme pool. Probably it originated many times by independent &#8220;mutation&#8221;. In any case, it is very old indeed. How does it replicate itself? By the spoken and written word, aided by great music and great art. Why does it have such high survival value? Remember that &#8220;survival value&#8221; here does not mean value for a gene in a gene pool, but value for a meme in a meme pool. The question really means: What is it about the idea of a god that gives it its stability and penetrance in the cultural environment? The survival value of the god meme in the meme pool results from its great psychological appeal. It provides a superficially plausible answer to deep and troubling questions about existence. It suggests that injustices in this world may be recified in the next. The &#8220;everlasting arms&#8221; hold out a cushion against our own inadequacies which, like a doctor&#8217;s placebo, is none the less effective for being imaginary. These are some of the reasons why the idea of God is copied so readily by successive generations of individual brains. God exists, if only in the form of a meme with high survival value, or infective power, in the environment provided by human culture. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Lorsqu&#8217;on considère l&#8217;existence humaine du point de vue mémétique, la vie perd de son absurdité.</p>
<p style="text-align:justify;">La première étape que doit franchir l&#8217;homme absurde, selon Camus, c&#8217;est celle de la révolte. La révolte joue le même rôle que le cogito de Descartes au niveau de la pensée, elle est la première évidence : je pense donc je suis&#8230; l’existence humaine est absurde, je me révolte. Et ma révolte face au non-sens de la vie témoigne que, paradoxalement, la vie humaine a finalement un sens.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;homme révolté devient alors l&#8217;homme libéré. Au « je me révolte donc nous sommes » nous devons rajouter le « nous sommes seuls ». « Dieu est mort » et tout est donc permis au sens où nous pouvons épuiser la vie dans toutes ses possibilités. Ce fameux « tout est permis » ne légitime pas pour autant tous les crimes. Il veut dire que tout acte implique des conséquences qu’il nous faut mesurer de par notre propre éthique. Nous sommes les seuls responsables de nos actes.</p>
<p style="text-align:justify;">Finalement, l&#8217;homme révolté conscient de sa liberté doit ultimement faire vivre « sa passion ». Être passionné, selon Camus, c’est multiplier les expériences lucides (éthique de la quantité) : « Sentir sa vie, sa révolte, sa liberté, et le plus possible, c’est vivre et le plus possible. Là où la lucidité règne, l’échelle des valeurs devient inutile&#8230; Le présent et la succession des présents devant une âme sans cesse consciente, c’est l’idéal de l’homme absurde ».</p>
<p style="text-align:justify;">Et c&#8217;est à cette étape que les mèmes prennent tout leur sens : vivre passionnément, en propageant ses idées et en influençant positivement les gens qui nous entourent. Après trois générations, il y a peu de chance que les gens se souviennent de nous. Mon enfant et mes petits-enfants vont probablement avoir quelques traits physiques en commun avec les miens, peut-être aussi vont-ils avoir certains de mes talents; mais, à chaque génération, mes gènes diminuent de moitié et cela ne prend pas beaucoup de temps, seulement quelques générations, avant que les proportions ne soient négligeables.</p>
<p style="text-align:justify;">Alors, que restera-t-il de nous? (et non de nos amours comme le chante Charles Trenet).</p>
<p style="text-align:justify;">Il restera nos mènes, c&#8217;est-à-dire tous ce que l&#8217;on transmet aux gens que l&#8217;on côtoie. Nous contribuons, tous, à notre manière à l&#8217;enrichissement de la culture mondiale. Les gènes de Socrate, Beethoven, Davinchi et Copernic sont disparus de la surface de la Terre. Pourtant, leur présence est toujours vivante au sein de notre culture.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais, ce n&#8217;est pas seulement les mènes des personnages historiques qui sont transmis et qui perdurent dans le temps. Tout est précieux. Nous ne pouvons jamais mesurer précisément l’influence de nos actions sur l’existence humaine. La plupart de nos gestes et/ou paroles demeurent incrustés à jamais dans les souvenirs de gens sans que nous en soyons conscients. L’effet généré par vos gestes quotidiens, le plus petit qui soit, peut engendrer des conséquences considérables&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Je conclus mon propos sur une note positive. Comme Dawkins l&#8217;énonce, au lieu d&#8217;examiner l&#8217;évolution de l&#8217;Homme au niveau de l&#8217;espèce comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Darwin" target="_blank">Charles Darwin</a> l&#8217;énonça en 1859 dans l&#8217;ouvrage <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Origine_des_esp%C3%A8ces" target="_blank"><em>l&#8217;origine des espèces</em></a>, il faut étudier la sélection naturelle en fonction des gènes de l&#8217;espèce. Alors, ce n&#8217;est pas l&#8217;espèce qui est égoïste, mais ses gènes.</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, l&#8217;espèce humaine a la possibilité d&#8217;outrepasser les directives biologiques de son organisme. L&#8217;être humain est la seule espèce qui refuse d&#8217;être ce qu&#8217;elle est, mais aussi la seule qui peut être autre chose que son code génétique lui dicte!</p>
<p style="text-align:justify;">Je vous laisse sur la conclusion optimiste du livre le gène égoïste de Richard Dawkins :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« It is possible that yet another unique quality of man is a capacity for genuine, desinterested, true altruism. I hope so, but I am not going to argue the case one way or another, nor to speculate over its possible memic evolution. The point I am making now is that, even if we look on the dark side and assume that individual man is fundamentally selfish, our conscious foresight &#8211; our capacity to simulate the future in imagination &#8211; could save us from the worst selfish excesses of the blind replicators. We have at least the mental equipment to foster our long-term selfish interests rather than merely our short-term selfish interests.</p>
<p style="text-align:justify;">We can see the long-term benefits of participating in a &#8220;conspiracy of doves&#8221;, and we can sit down together to discuss ways of making the conspiracy work. We have the power to defy the selfish genes of our birth and, if necessary, the selfish memes of our indoctrination. We can even discuss ways of deliberately cultivating and nurturing pure, disinterested altruism &#8211; something that has no place in nature, something that has never existed before in the whole history of the world.</p>
<p style="text-align:justify;">We are built as gene machines and cultured as meme machines, but we have the power to turn against our own creators. We, alone on earth, can rebel against the tyranny of the selfish replicators. »</p>
</blockquote>
<br />Publié dans Caractéristique humaine, Philosophie, Religion, Uncategorized  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/425/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/425/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/425/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/425/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/425/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/425/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/425/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/425/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/425/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/425/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/425/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/425/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/425/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/425/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=425&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Aug 2008 23:00:02 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Dieu nous a surtout fait présent d&#8217;une sagesse ferme, mais simple et populaire, qui n&#8217;a rien de royal ni d&#8217;éclatant, et qui, sachant que la vie des hommes est sujette à un nombre infini de vicissitudes et de changements, ne nous permet, ni de nous glorifier des biens dont nous jouissons nous-mêmes, ni d&#8217;admirer dans les autres une félicité qui peut n&#8217;être que passagère et n&#8217;avoir rien de réel.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;avenir est pour chaque homme un tissu d&#8217;accidents tous divers qui ne peut être prévu. Celui-là nous paraît seul heureux de qui Dieu a continué la félicité jusqu&#8217;au dernier moment de sa vie; mais, pour celui qui vit encore, et qui flotte, au milieu des écueils, sur cette mer orageuse, son bonheur nous paraît aussi incertain et aussi mal assuré que la couronne pour celui qui combat encore et qui n&#8217;a pas encore vaincu. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Plus de deux millénaires après que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Solon" target="_blank">Solon</a> ait donné, selon la légende, cet avertissement à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9sus" target="_blank">Crésus</a> il m&#8217;apparaît que la sagesse de ce législateur athénien nous est encore aujourd&#8217;hui fort utile. N&#8217;en déplaise aux astrologues et aux tenants d&#8217;un déterminisme religieux de ce monde, notre vie est imprévisible. Rien n&#8217;est décidé à l&#8217;avance ou, comme le disait <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Pascal" target="_blank">Pascal</a>,  il n&#8217;est pas certain que tout soit certain. Il nous est, par conséquent, impossible de prédire quoique ce soit et d&#8217;extrapoler sur notre situation présente.</p>
<p style="text-align:justify;">Contrairement au proverbe allemand, une fois ne compte pas, une fois c&#8217;est jamais (<em>einmal ist keinmal</em>) &#8211; ne pouvoir vivre qu&#8217;une vie, c&#8217;est comme ne pas vivre du tout, et qui résume la réflexion métaphysique de Tomas, personnage principal du roman de Kundera, je crois que la beauté de la vie humaine réside dans le fait que l&#8217;on ne vit qu&#8217;une seule vie :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« L&#8217;homme ne peut jamais savoir ce qu&#8217;il faut vouloir, car il n&#8217;a qu&#8217;une vie et il ne peut ni la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieures. Il n&#8217;existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne, car il n&#8217;existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation. » (Milan Kundera &#8211; <em>L&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être</em>)</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Entre la légèreté et la pesanteur, qu’est-ce qui est positif? Parménide répondait que le léger est positif. Et je crois, aujourd&#8217;hui, qu&#8217;il avait raison.</p>
<p style="text-align:justify;">« L&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être,  est-ce cela le but à atteindre? » Mais, lorsque rien n&#8217;est significatif et essentiel, la vie ne perd-elle pas ses repères et ne devient-elle pas insignifiante? Puisque l&#8217;on vit qu&#8217;une seule fois, ne risque-t-on pas de vivre sans souci de responsabilités? </p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;envisage l&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être non pas comme une négation de toutes responsabilités, mais plutôt comme une expression signifiant que rien n&#8217;est joué à l&#8217;avance. Nous sommes les seuls responsables de nos choix, nous ne disposons de rien au départ et tout reste à faire.  C&#8217;est seulement lorsqu&#8217;une vie humaine est libérée de toute emprise déterministe, à l&#8217;instar des contraintes que l&#8217;on s&#8217;impose au quotidien et qui nous poussent à faire quelque chose par nécessité, que l&#8217;on peut vraiment trouver un sens à ce que l&#8217;on fait.</p>
<p style="text-align:justify;">Il faut envisager la vie dans toute sa légèreté, dans toute sa fugacité. Inspirons-nous des paroles de Tyler Durden dans le film <em>Fight Club</em> : nous ne sommes pas notre travail, nous ne sommes pas notre compte de banque, nous ne sommes pas l&#8217;image véhiculée par les publicitaires. Nous ne sommes rien.</p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est seulement lorsqu&#8217;aucun élément nous apparaît comme étant nécessaire  que nous pouvons appréhender le moment présent dans sa plénitude. C&#8217;est nous qui devons construire notre propre éthique de vie en fonction de la vision que nous avons de notre vie d&#8217;individu particulier. Je crois que la vie serait merveilleuse sans contrainte, sans barrière déterministe, sans principes rigides et sans notion que l&#8217;on jugerait comme éternellement vrai.</p>
<p style="text-align:justify;">Chacun d&#8217;entre vous a la possibilité d&#8217;envisager le devenir comme un vaste jardin dont la tâche de le cultiver vous appartient à vous et à vous seul. De ce vide ontologique, les possibilités futures sont incommensurables et inimaginables. L&#8217;unicité de l&#8217;existence et le fait que des hasards inexplicables nous percutent constamment nous font apprécier toutes les infimes particules de vie dont nous avons la certitude qu&#8217;elles ne reviendront jamais.  </p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Après son retour de Zurich à Prague, Tomas fut pris de malaise à l&#8217;idée que sa rencontre avec Tereza avait été le résultat de six improbables hasards. Mais, un événement n&#8217;est-il pas au contraire d&#8217;autant plus important et chargé de signification qu&#8217;il dépend d&#8217;un plus grand nombre de hasards? Seul le hasard peut nous apparaître comme un message. Ce qui arrive par nécessité, ce qui est attendu et se répète quotidiennement n&#8217;est que chose muette. Seul le hasard est parlant. » (Milan Kundera &#8211; <em>L&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être</em>)</p>
</blockquote>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/254/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/254/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/254/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/254/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/254/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/254/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/254/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/254/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/254/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/254/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/254/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/254/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/254/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/254/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/254/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/254/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=254&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>La part de l’autre</title>
		<link>http://jean-nicolaslacoste.com/2008/07/01/la-part-de-l%e2%80%99autre/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Jul 2008 06:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
				<category><![CDATA[Caractéristique humaine]]></category>
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		<description><![CDATA[Idéalement, il faudrait se garder d’avoir des a priori. Mais, étant donné que peu de choses se conçoivent indépendamment de l’expérience, nous attribuons des jugements sur certains éléments de la vie sans y avoir participé directement, en se référant, par exemple, à l’argument ou l’expérience d’autrui. Cependant, nous aurions intérêt à faire preuve de discernement [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=250&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Idéalement, il faudrait se garder d’avoir des a priori. Mais, étant donné que peu de choses se conçoivent indépendamment de l’expérience, nous attribuons des jugements sur certains éléments de la vie sans y avoir participé directement, en se référant, par exemple, à l’argument ou l’expérience d’autrui.</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, nous aurions intérêt à faire preuve de discernement lorsque notre réflexion se porte sur un événement quelconque. Je ne m’intéresse pas ici aux nuances, soit le fait d&#8217;utiliser un discours qui manie avec brio les différentes teintes et tonalités du langage afin d&#8217;atténuer nos propos, mais bien à la mince ligne de démarcation qui existe entre la personne que nous sommes aujourd&#8217;hui et celle que nous aurions pu devenir si les circonstances avaient été différentes.</p>
<p style="text-align:justify;">À mon avis, les subtilités de la vie s’apprécient davantage lorsqu’on tient compte de la part de l’autre, soit ce qui aurait pu nous arriver si la conjoncture ou le contexte ambiant avait été différent.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2005/08/15/que-se-serait-il-passe-si/" target="_blank">Bien que j’aie déjà écrit le contraire</a>, je crois, aujourd’hui, que la part de l’autre nous permet de relativiser notre vie en nous remémorant que notre existence ne tient pas simplement aux choix que nous prenons en toute liberté de cause.</p>
<p style="text-align:justify;">La part de l’autre, c’est toutes les particules de vie qui auraient pu nous arriver, mais qui sont, finalement, demeurées à l’état de néant. Si le 8 octobre 1908 Adolf Hitler avait été accepté à l’École des Beaux-arts de Vienne et non refusé, le cours d’une vie aurait été changé, mais aussi celle du monde. Évidemment, tout bon historien vous dira que l&#8217;on étudie ce qui s&#8217;est réellement passé. Des faits. Seulement les faits nous importent.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais, nous avons tous, au fond de nous, une petite créature que nous tenons en laisse pour par qu’elle s’échappe et que soit révélé au monde entier ce que nous aurions pu devenir. « Depuis ce jour, l’enfant a peur de lui-même, il sait qu’il cohabite avec une bête violente et sanguinaire, il souhaite la tenir toute sa vie dans sa cage. » (Eric-Emmanuel Schmitt, <em>La part de l’autre</em>) </p>
<p style="text-align:justify;">Cet homuncule, cet être abject, nous rappelle, notamment, qu’entre un état de satisfaction, de contentement, et un état de désespoir, il n’y a souvent qu’un pas à franchir.</p>
<p style="text-align:justify;">Lorsque Saku Koivu, un athlète multi-millionnaire, a reçu les résultats de son dernier examen médical de dépistage du cancer afin de s&#8217;assurer que sa rémission était bel et bien terminée, il a ressenti du contentement. Il s’est dit : « enfin, c’est terminé, j&#8217;ai vaincu la maladie. » Mais, Saku vivra jusqu’à la fin de ses jours avec la part de l’autre, ce petit homoncule cancéreux, qui lui rappellera, à chaque rendez-vous annuel chez le médecin, qu’il aurait pu mourir.</p>
<p style="text-align:justify;">Certains vont louanger la chance ou la bonne fortune et d’autres, les rationnels, vont remercier le travail des médecins et la grande forme physique de l’athlète. Mais, Saku, lui, est le seul qui peut savoir et comprendre que l&#8217;être qu&#8217;il est aujourd’hui n’est pas seulement lié à ce qu’il a été, mais aussi à ce qui aurait pu lui arriver dans une éventualité où on lui aurait annoncé, par exemple, qu’il lui restait qu’une seule année à vivre.</p>
<p style="text-align:justify;">Est-ce que c’est la rémission de son cancer ou le fait qu’il doit constamment vivre avec l’appel de la mort en dedans de lui qui l’a influencé davantage dans la poursuite de sa carrière de joueur de hockey et dans sa vie de tous les jours? Probablement un peu des deux.</p>
<p style="text-align:justify;">Quittons le monde du hockey et examinons deux exemples de scènes finales tirées de chefs-d&#8217;oeuvre du cinéma. C’est l’état psychologique dans lequel ces deux personnages se retrouvent à la fin de leur périple qui importe ici.</p>
<p><a href="http://insomniaque.files.wordpress.com/2008/06/american-beauty-last-scene.jpg"></a></p>
<p><a href="http://insomniaque.files.wordpress.com/2008/06/once-upon-a-time-in-america-last-scene.jpg"></a></p>
<p style="text-align:justify;">Dans ce premier extrait, on y voit Lester, personnage principal du film <em>Beauté américaine et</em> interprété sublimement par Kevin Spacey, qui tient ce discours à sa mort : « Bien sûr je pourrais être aigri de ce qui m’est arrivé, mais c’est inutile. Il y a tant de beauté dans le monde. » Après avoir connu plusieurs épreuves, on peut dire qu’il connaît enfin le contentement. Au début du récit, il était un homme malheureux et il meurt en étant en paix avec lui-même (j’y vois même un sourire sur son visage ensanglanté) ayant entrepris de modifier sa façon de vivre.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2008/07/01/la-part-de-l%e2%80%99autre/"><img src="http://img.youtube.com/vi/fS1CficTMws/2.jpg" alt="" /></a></span></p>
<p style="text-align:justify;">Quant à cette scène finale, elle met en action David « Noodles » Aaronson, personnage du long-métrage <em>Il était une fois en Amérique </em>et interprété admirablement par l’acteur Robert De Niro. La dernière image nous montre un flashback du jeune Noodles qui sourit. Les plus machiavéliens diront que son sourire est attribuable à l’opium qu’il vient d’inhaler, mais, à mon avis, ce sourire témoigne d’un homme qui se sent soulagé d’être enfin libéré de sa vie de criminel.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2008/07/01/la-part-de-l%e2%80%99autre/"><img src="http://img.youtube.com/vi/tGhuVedHqsU/2.jpg" alt="" /></a></span></p>
<p style="text-align:justify;">La vie de Lester aurait pu connaître un dénouement différent s’il avait décidé de ne pas changer sa vie de fond en comble. Pourtant, il ne ressent pas de l’amertume au moment de sa mort puisqu’il accepte son sort (on peut même dire qu&#8217;il meurt heureux), il est conscient que la cessation de la vie humaine fait parti des circonstances incontrôlables. En ce qui a trait à Noodles, il sait que son existence aurait pu être différente si Deborah, son amour d’enfance, avait décidé de rester auprès de lui au lieu de poursuivre sa carrière d’actrice. Par contre, au moment de la scène finale, il est heureux car il a fait le choix de quitter sa profession de truand.</p>
<p style="text-align:justify;">Quelle conclusion doit-on dégager de la lecture de ce texte?</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;Homme est fait de deux choses, soit de choix et de circonstances. Si nous avons le contrôle sur les premiers au sens où nous les choisissons en toute liberté, les circonstances, elles, échappent à notre contrôle. On dit que l&#8217;être humain est la somme de ses expériences (de ses choix), que ce que nous sommes, aujourd’hui, dépend de ce que nous avons été et que c’est lui, le passé, qui module le développement de notre être. Mais, nous sommes aussi la soustraction (les circonstances) de ce que nous aurions pu devenir&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Nul besoin d’être mélancolique. Il faut simplement être conscient que, parfois, il s’agit de peu de choses pour faire basculer notre existence d’un bord ou de l’autre. Si l&#8217;on considère l&#8217;amour et la haine ou le bonheur et le malheur comme étant des émotions qui s&#8217;opposent par nature entre elles, il faut pourtant reconnaître que entre l&#8217;une et l&#8217;autre il n&#8217;y a souvent qu&#8217;une question de degré. Et c&#8217;est la même chose entre ce que nous sommes et que nous aurions pu devenir.</p>
<p style="text-align:justify;">Je vous entends déjà avec vos mots à la bouche, notamment celui du mérite. Il est évident que je mérite le milieu dans lequel je suis né; je mérite tout autant la famille merveilleuse qui a su m&#8217;élever et m&#8217;éduquer convenablement; tout le crédit de mon intelligence me revient, c&#8217;est ce qui m&#8217;a permis, entre autre, d&#8217;étudier à l&#8217;université; et je peux me considèrer comme étant un être astucieux puisque j&#8217;ai su faire les bons choix au moment opportun.</p>
<p style="text-align:justify;">Ne suis-je pas le seul et unique responsable de ma situation actuelle?</p>
<p style="text-align:justify;">Bien sûr, je fais de l&#8217;ironie! Mais, lorsque vous serez porté à juger l’autre en vous glorifiant d’être comme ceci et de croire en votre supériorité, rappelez-vous que vous cohabitez avec une créature qui porte en elle les circonstances qui auraient pu faire de vous un être tout a fait différent.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/250/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/250/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=250&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Le regard d’autrui</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jun 2008 04:02:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Nous ne sommes nous qu’aux yeux des autres et c’est à partir du regard des autres que nous nous assumons comme nous-mêmes. » (Sartre) « La possibilité de vivre commence dans le regard de l&#8217;autre. » (Houellebecq) C’est dans l’ouvrage l’Être et le Néant que Sartre développe les principaux concepts de sa philosophie d’ontologie [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=242&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p align="justify">« Nous ne sommes nous qu’aux yeux des autres et c’est à partir du regard des autres que nous nous assumons comme nous-mêmes. » (Sartre)</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p align="justify">« La possibilité de vivre commence dans le regard de l&#8217;autre. » (Houellebecq)</p>
</blockquote>
<p align="justify">C’est dans l’ouvrage <em>l’Être et le Néant</em> que Sartre développe les principaux concepts de sa philosophie d’ontologie phénoménologique tels que l’« en-soi », le « pour-soi » et le « pour-autrui ». L’« en-soi » et le « pour soi » sont en perpétuel état d’opposition, le premier désignant toute chose, toute réalité qui existe sans avoir la conscience d’exister et le second désigne « l’être de l’homme » conscient de ce qu’il est et des possibilités infinies de choisir d’être autre chose.</p>
<p align="justify">La roche (« en-soi ») existe de manière passive, sans avoir la liberté d’être autre chose que ce qu’elle est, mais l’Homme, lui, a une liberté absolue. Si le caractère solipsiste du cogito vouait l’être à une solitude absolue puisque la seule chose, selon Descartes, qu’on est certain c’est la conscience de notre propre réalité, le « pour-soi » postule la liberté de tous les hommes. Pour reprendre une formule de Heidegger « l’homme ne possède pas la liberté, mais c’est la liberté qui possède l’homme. »</p>
<p align="justify">La liberté nous possède et si celle-ci est absolue, elle est limitée par la responsabilité que nous avons envers autrui; et c’est ce concept, celui de « pour-autrui », que je voudrais aborder.</p>
<p align="justify">À force d’interagir avec ma famille, mes amis et les gens que je côtoie régulièrement, je peux deviner leurs comportements, leurs pensées, leurs idiosyncrasies, mais la relation que j’entretiens avec eux n’est pas contingente, essentielle, mais accidentelle.</p>
<p align="justify">L’autre, c’est la personne que j’ai en face de moi qui me ressemble, mais qui m’est étranger.  Mais cet autre appartient à mon « pour-soi ». Je peux me faire une représentation de l’autre, en faire un « pour-moi » (un être que je donne un sens), mais en définitive la nature première de l’autre, c’est <em>d’être autre</em>.</p>
<p align="justify">C’est le regard d’autrui qui donne tout son sens à nos réactions émotives telles que la honte, la fierté, la jalousie et l’amour. C’est cette intersubjectivité, soit ce moment de flottement où chacun construit sa réflexion sur l’autre qu’il a en face de lui, qui, pour reprendre les termes de Sartre, précipite « notre chute » et « l’éclatement de moi-même » : chacun nie l’autre pour être lui-même.</p>
<p align="justify">De mon néant – soit le vertige que l’on ressent face à ce sentiment de liberté absolue et des possibilités qui s’offrent à nous – je peux devenir ce que je veux. Mais, en définitive, suis-je réellement ce que suis? (celui fabriqué par ma conscience que j’ai d’être)? Ou suis-je la construction du regard d’autrui? Ma liberté et mon intentionnalité sont sans cesse remises en question par le regard que l’autre porte sur moi.</p>
<p align="justify">J’aime les hommes, mais je déteste l’autre. Il m’est insupportable. Cet être échappe à mon entendement puisque je ne suis pas en mesure de saisir avec certitude sa pensée profonde. Si ce ramassis de particules élémentaires n’était qu’un objet inerte, je pourrais certes continuer à exister sans m’en soucier. Mais, mes actes prennent une tout autre signification lorsqu’ils sont portés à la psyché d’autrui.</p>
<p align="justify">L’autre, dit-on, permet de mieux nous connaître. Je crois que l’autre nous empêche plutôt d’être qui nous sommes réellement. La plupart du temps, nous agissons non pas en fonction de qui nous sommes véritablement, mais plutôt en jonglant entre qui nous désirons être et l’image de qui nous voulons projeter à ceux qui nous côtoie.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« On se trompe avant même de rencontrer les gens, quand on imagine la rencontre avec eux; on se trompe quand on est avec eux; et puis quand on rentre chez soi, et qu’on raconte la rencontre à quelqu’un d’autre, on se trompe de nouveau. Or, comme la réciproque est généralement vraie, personne n’y voit que du feu, ce n’est qu’illusion, malentendu qui confine à la farce. Pourtant, comment s’y prendre dans cette affaire si importante – <em>les autres</em> – qui se vide de toute la signification que nous lui supposons et sombre dans le ridicule, tant nous sommes mal équipés pour nous représenter le fonctionnement intérieur d’autrui et  ses mobiles cachés? » (Philipe Roth – <em>Pastorale américaine</em>)</p>
</blockquote>
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		<title>10 décembre 1957</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Feb 2008 13:41:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"><font face="Verdana">Sire, Madame, Altesses Royales, Mesdames, Messieurs,</font></font><font size="2"><font face="Verdana"> </font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">En recevant la distinction dont votre libre Académie a bien voulu m&#8217;honorer, ma gratitude était d&#8217;autant plus profonde que je mesurais à quel point cette récompense dépassait mes mérites personnels. Tout homme et, à plus forte raison, tout artiste, désire être reconnu. Je le désire aussi. Mais il ne m&#8217;a pas été possible d&#8217;apprendre votre décision sans comparer son retentissement à ce que je suis réellement. Comment un homme presque jeune, riche de ses seuls doutes et d&#8217;une œuvre encore en chantier, habitué à vivre dans la solitude du travail ou dans les retraites de l&#8217;amitié, n&#8217;aurait-il pas appris avec une sorte de panique un arrêt qui le portait d&#8217;un coup, seul et réduit à lui-même, au centre d&#8217;une lumière crue ? De quel cœur aussi pouvait-il recevoir cet honneur à l&#8217;heure où, en Europe, d&#8217;autres écrivains, parmi les plus grands, sont réduits au silence, et dans le temps même où sa terre natale connaît un malheur incessant ?</p>
<p align="justify">J&#8217;ai connu ce désarroi et ce trouble intérieur. Pour retrouver la paix, il m&#8217;a fallu, en somme, me mettre en règle avec un sort trop généreux. Et, puisque je ne pouvais m&#8217;égaler à lui en m&#8217;appuyant sur mes seuls mérites, je n&#8217;ai rien trouvé d&#8217;autre pour m&#8217;aider que ce qui m&#8217;a soutenu tout au long de ma vie, et dans les circonstances les plus contraires : l&#8217;idée que je me fais de mon art et du rôle de l&#8217;écrivain. Permettez seulement que, dans un sentiment de reconnaissance et d&#8217;amitié, je vous dise, aussi simplement que je le pourrai, quelle est cette idée.</p>
<p align="justify">Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n&#8217;ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S&#8217;il m&#8217;est nécessaire au contraire, c&#8217;est qu&#8217;il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L&#8217;art n&#8217;est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d&#8217;émouvoir le plus grand nombre d&#8217;hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l&#8217;artiste à ne pas se séparer; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d&#8217;artiste parce qu&#8217;il se sentait différent apprend bien vite qu&#8217;il ne nourrira son art, et sa différence, qu&#8217;en avouant sa ressemblance avec tous. L&#8217;artiste se forge dans cet aller retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s&#8217;arracher. C&#8217;est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s&#8217;obligent à comprendre au lieu de juger. Et s&#8217;ils ont un parti à prendre en ce monde ce ne peut être que celui d&#8217;une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne règnera plus le juge, mais le créateur, qu&#8217;il soit travailleur ou intellectuel.</p>
<p align="justify">Le rôle de l&#8217;écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd&#8217;hui au service de ceux qui font l&#8217;histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d&#8217;hommes ne l&#8217;enlèveront pas à la solitude, même et surtout s&#8217;il consent à prendre leur pas. Mais le silence d&#8217;un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l&#8217;autre bout du monde, suffit à retirer l&#8217;écrivain de l&#8217;exil chaque fois, du moins, qu&#8217;il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence, et à le relayer pour le faire retentir par les moyens de l&#8217;art.</p>
<p align="justify">Aucun de nous n&#8217;est assez grand pour une pareille vocation. Mais dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s&#8217;exprimer, l&#8217;écrivain peut retrouver le sentiment d&#8217;une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu&#8217;il accepte, autant qu&#8217;il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d&#8217;hommes possible, elle ne peut s&#8217;accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s&#8217;enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l&#8217;on sait et la résistance à l&#8217;oppression.</p>
<p align="justify">Pendant plus de vingt ans d&#8217;une histoire démentielle, perdu sans secours, comme tous les hommes de mon âge, dans les convulsions du temps, j&#8217;ai été soutenu ainsi : par le sentiment obscur qu&#8217;écrire était aujourd&#8217;hui un honneur, parce que cet acte obligeait, et obligeait à ne pas écrire seulement. Il m&#8217;obligeait particulièrement à porter, tel que j&#8217;étais et selon mes forces, avec tous ceux qui vivaient la même histoire, le malheur et l&#8217;espérance que nous partagions. Ces hommes, nés au début de la première guerre mondiale, qui ont eu vingt ans au moment où s&#8217;installaient à la fois le pouvoir hitlérien et les premiers procès révolutionnaires, qui furent confrontés ensuite, pour parfaire leur éducation, à la guerre d&#8217;Espagne, à la deuxième guerre mondiale, à l&#8217;univers concentrationnaire, à l&#8217;Europe de la torture et des prisons, doivent aujourd&#8217;hui élever leurs fils et leurs œuvres dans un monde menacé de destruction nucléaire. Personne, je suppose, ne peut leur demander d&#8217;être optimistes. Et je suis même d&#8217;avis que nous devons comprendre, sans cesser de lutter contre eux, l&#8217;erreur de ceux qui, par une surenchère de désespoir, ont revendiqué le droit au déshonneur, et se sont rués dans les nihilismes de l&#8217;époque. Mais il reste que la plupart d&#8217;entre nous, dans mon pays et en Europe, ont refusé ce nihilisme et se sont mis à la recherche d&#8217;une légitimité. Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage découvert, contre l&#8217;instinct de mort à l&#8217;œuvre dans notre histoire.</p>
<p align="justify">Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu&#8217;elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d&#8217;une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd&#8217;hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l&#8217;intelligence s&#8217;est abaissée jusqu&#8217;à se faire la servante de la haine et de l&#8217;oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d&#8217;elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d&#8217;établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu&#8217;elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d&#8217;alliance. Il n&#8217;est pas sûr qu&#8217;elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l&#8217;occasion, sait mourir sans haine pour lui. C&#8217;est elle qui mérite d&#8217;être saluée et encouragée partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie. C&#8217;est sur elle, en tout cas, que, certain de votre accord profond, je voudrais reporter l&#8217;honneur que vous venez de me faire.</p>
<p align="justify">Du même coup, après avoir dit la noblesse du métier d&#8217;écrire, j&#8217;aurais remis l&#8217;écrivain à sa vraie place, n&#8217;ayant d&#8217;autres titres que ceux qu&#8217;il partage avec ses compagnons de lutte, vulnérable mais entêté, injuste et passionné de justice, construisant son œuvre sans honte ni orgueil à la vue de tous, sans cesse partagé entre la douleur et la beauté, et voué enfin à tirer de son être double les créations qu&#8217;il essaie obstinément d&#8217;édifier dans le mouvement destructeur de l&#8217;histoire. Qui, après cela, pourrait attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales ? La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu&#8217;exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d&#8217;avance de nos défaillances sur un si long chemin. Quel écrivain, dès lors oserait, dans la bonne conscience, se faire prêcheur de vertu ? Quant à moi, il me faut dire une fois de plus que je ne suis rien de tout cela. Je n&#8217;ai jamais pu renoncer à la lumière, au bonheur d&#8217;être, à la vie libre où j&#8217;ai grandi. Mais bien que cette nostalgie explique beaucoup de mes erreurs et de mes fautes, elle m&#8217;a aidé sans doute à mieux comprendre mon métier, elle m&#8217;aide encore à me tenir, aveuglément, auprès de tous ces hommes silencieux qui ne supportent, dans le monde, la vie qui leur est faite que par le souvenir ou le retour de brefs et libres bonheurs.</p>
<p align="justify">Ramené ainsi à ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer pour finir, l&#8217;étendue et la générosité de la distinction que vous venez de m&#8217;accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage rendu à tous ceux qui, partageant le même combat, n&#8217;en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution. Il me restera alors à vous en remercier, du fond du cœur, et à vous faire publiquement, en témoignage personnel de gratitude, la même et ancienne promesse de fidélité que chaque artiste vrai, chaque jour, se fait à lui-même, dans le silence.</p>
<p align="justify"><a target="_blank" href="http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1957/camus-speech-f.html">Discours d&#8217;Albert Camus lorsqu&#8217;il reçut le prix Nobel de littérature</a></p>
<p></font></font></p>
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