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	<title>l'Insomniaque &#187; expérience</title>
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	<description>Quand on souffre d'insomnie, on n'est jamais vraiment endormi et on n'est jamais vraiment éveillé.</description>
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		<title>l'Insomniaque &#187; expérience</title>
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		<title>Fixer le temps perdu</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 01:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
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		<description><![CDATA[« [La durée est] mémoire, mais non pas mémoire personnelle, extérieure à ce qu&#8217;elle retient, distincte d&#8217;un passé dont elle assurerait la conservation; c&#8217;est une mémoire intérieure au changement lui-même, mémoire qui prolonge « l&#8217;avant » dans « l&#8217;après » et les empêche d&#8217;être de purs instantanés apparaissant et disparaissant dans un présent qui renaîtrait [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=1031&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« [La durée est] mémoire, mais non pas mémoire personnelle, extérieure à ce qu&#8217;elle retient, distincte d&#8217;un passé dont elle assurerait la conservation; c&#8217;est une mémoire intérieure au changement lui-même, mémoire qui prolonge « l&#8217;avant » dans « l&#8217;après » et les empêche d&#8217;être de purs instantanés apparaissant et disparaissant dans un présent qui renaîtrait sans cesse. » Extrait de l&#8217;ouvrage <em>Durée et simultanéité</em> d&#8217;Henri Bergson.</p>
<p style="text-align:justify;">« Quand nous écoutons une mélodie, nous avons la plus pure impression de succession que nous puissions avoir – une impression aussi éloignée que possible de celle de la simultanéité – et pourtant c&#8217;est la continuité même de la mélodie et l&#8217;impossibilité de la décomposer qui font sur nous cette impression. Si nous la découpons en notes distinctes, en autant « d&#8217;avant » et « d&#8217;après » qu&#8217;il nous plaît, c&#8217;est que nous y mêlons des images spatiales et que nous imprégnons la succession de simultanéité : dans l&#8217;espace et dans l&#8217;espace seulement, il y a distinction nette de parties extérieures les unes aux autres. Je reconnais d&#8217;ailleurs que c&#8217;est dans le temps spatialisé que nous nous plaçons d&#8217;ordinaire. Nous n&#8217;avons aucun intérêt à écouter le bourdonnement de la vie profonde. Et pourtant, la durée réelle est là. » Extrait de l&#8217;ouvrage <em>La pensée et le mouvant</em> d&#8217;Henri Bergson.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Les actions de l&#8217;être humain sont élaborées en fonction d&#8217;une trame existentielle spatialisée : le calendrier et l&#8217;horloge permettent de planifier le déroulement d&#8217;une journée selon le schéma tripartite passé/présent/futur et en y découpant le temps en plusieurs fragments. La vie est ainsi envisagée en terme de ruptures où des stations de correspondance entre différents points de départ et d&#8217;arrivée – à l&#8217;instar des dates d&#8217;anniversaire et des événements tels que le début de l&#8217;adolescence et de l&#8217;âge adulte – nous font croire que le temps s&#8217;apparente à une succession ordonnée d&#8217;événements.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette impression de succession est notamment influencée par la vision scientifique du temps, représentée de manière spatialisée  et objective, à l&#8217;instar de la distance parcourue par les aiguilles d&#8217;une  horloge. Au cours d&#8217;une journée, la mesure du temps est omniprésente dans chacun de nos gestes. C&#8217;est elle qui nous fournit des points de repère clairement délimités et partagés par un ensemble d&#8217;individus.</p>
<p style="text-align:justify;">Le temps scientifique est aussi considéré comme étant le « grand égalisateur », c&#8217;est-à-dire qu&#8217;il agit indépendamment de l&#8217;existence que nous menons puisque le temps qui  nous est alloué ne dépend pas de notre libre arbitre, mais est  déterminé par les circonstances fortuites de la vie et les contraintes  extérieures à notre personne. L&#8217;Homme naît et meurt sans qu&#8217;il ait besoin de donner son consentement. Entre ces deux événements inévitables, il y a un espace-temps indéterminé, une durée, qui nous offre la possibilité de fixer le temps perdu.</p>
<p style="text-align:justify;">Philosophe français dont les travaux ont grandement inspiré la pensée et  l&#8217;œuvre de Marcel Proust, Henri Bergson s&#8217;est d&#8217;abord intéressé à  l&#8217;analyse du temps après avoir observé que les équations mathématiques  exécutent un calcul du temps qui passe sans s&#8217;attarder à la durée  éprouvée par chacun d&#8217;entre nous. Le temps calculé de manière scientifique est, dixit Bergson, une pure  abstraction, une tentative pour rendre le monde prévisible, qui n&#8217;est pas à même de déterminer la valeur réelle du temps. Dans<em> Le Temps retrouvé</em>, dernier tome de l&#8217;œuvre <em>À la recherche du temps  perdu</em> de Proust, le narrateur en vient à la conclusion que c&#8217;est en devenant écrivain qu&#8217;il peut retrouver le temps perdu :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Si du moins il m&#8217;était laissé assez de temps pour accomplir mon œuvre, je ne manquerais pas de la marquer au sceau de ce Temps dont l&#8217;idée s&#8217;imposait à moi avec tant de force aujourd&#8217;hui, et j&#8217;y décrirais les hommes, cela dût-il les faire ressembler à des êtres monstrueux, comme occupant dans le Temps une place autrement considérable que celle si restreinte qui leur est réservée dans l&#8217;espace, une place, au contraire, prolongée sans mesure, puisqu&#8217;ils touchent simultanément, comme des géants, plongés dans les années, à des époques vécues par eux, si distantes, – entre lesquelles tant de jours sont venus se placer – dans le Temps. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Selon Bergson, le temps subjectif, mesuré en terme de durée, est le temps réel, celui qui peut rendre compte du rôle joué par la conscience humaine. C&#8217;est la notion de durée qui nous permet de comprendre la différence de  perception qui existe entre les individus. La durée du temps échappe à tout calcul  scientifique, ce dernier  n&#8217;étant qu&#8217;une intellectualisation réductrice  de la réalité du temps.  Cette vision du temps doit être rejetée au  profit d&#8217;une vision  subjective du temps en tant  qu&#8217;écoulement  perpétuel de la durée et lié à  la conscience intime de chaque sujet.</p>
<p style="text-align:justify;">Le cogito cartésien suppose que la pensée de chaque sujet est une chose permanente, celle-ci nous permettant ensuite de conclure de la réalité de l&#8217;existence humaine : je pense donc je suis. La pensée de Bergson nous amène plutôt à penser le moi comme une chose qui dure et qui se modifie avec l&#8217;écoulement du temps. La métaphore de la madeleine de Proust – le gâteau, trempé dans une tasse de thé, permet au narrateur de revivre l&#8217;espace de quelques instants un souvenir de son enfance – illustre bien l&#8217;idée voulant qu&#8217;il est possible de revivre au temps présent une expérience passée grâce à la mémoire involontaire. Bien que la vie sociale nous impose plusieurs moi – le moi des conventions, le moi des habitudes, bref un moi superficiel – qui divisent notre être en plusieurs parties, dissemblables au tout, la vie réelle se compose d&#8217;un seul moi, le moi intérieur, le moi profond, celui qui est intimement lié à la notion de durée et de temps réel.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;expérience nous montre que toutes les choses durent et qu&#8217;il existe  une profonde dichotomie entre leur durée réelle et leur durée éprouvée.  C&#8217;est l&#8217;intimité de notre conscience qui peut nous aider à saisir  l&#8217;essence du temps et, par le fait même, de nous guider dans la quête de  notre identité personnelle. Arriver à être soi-même lorsque le temps  perdu s&#8217;empare de nos vies, ce n&#8217;est pas une tâche facile.  Progressivement, nous oublions notre nature première, nous oublions la durée réelle du temps, et nous devenons  quelqu&#8217;un d&#8217;autre en fonction de diverses circonstances de la vie.  Derrière chaque visage, derrière chaque image et chaque regard qui se  posent sur ce visage, il y a un secret caché, une énigme à déchiffrer.</p>
<p style="text-align:justify;">Penser le temps en terme de durée, nous amène à revoir notre vision traditionnelle entre passé, présent et futur afin de considérer le temps comme un tout indivisible. La conscience humaine serait donc formée d&#8217;une mémoire intégrale qui, dans le processus de l&#8217;écoulement du temps, conserverait la totalité des instants passés. Conscience et mémoire seraient donc intimement liées et un individu qui ignore le passé pour ne garder que l&#8217;inaltérabilité du temps présent vivrait dans l&#8217;inconscience puisque l&#8217;instant présent occupe une place minime au sein de l&#8217;édifice immense du temps aux prises avec la durée.</p>
<p style="text-align:justify;">Regardez en arrière, dans votre pensée, et saisissez votre passé. C&#8217;est un peu ce que vous faites lorsque vous rêvez la nuit ou bien lorsque vos rêves éveillés vous transportent vers un temps révolu, la nostalgie de votre passé, ou vers un temps imaginaire, celui qui aurait pu arriver si les choses s&#8217;étaient passées autrement. Nous vivons dans une société où la réminiscence du passé est une chose proscrite. Saisir le jour, en oubliant le passé et en reléguant l&#8217;avenir dans une durée éloignée de nos occupations quotidiennes, voilà une philosophie très répandue.</p>
<p style="text-align:justify;">Le temps réel ne peut pas être divisé et comptabilisé en instants. Comparées l&#8217;une par rapport à l&#8217;autre, deux heures occuperont toujours le même espace-temps, mais leur durée variera selon la perception de l&#8217;expérience vécue. Autrement dit, le temps réel est intimement lié à notre monde intérieur, à nos états d&#8217;âme, et c&#8217;est uniquement notre conscience intuitive, la perception que nous avons de nous-mêmes, qui nous permet de relater la durée du temps qui passe. Fixer le temps perdu, c&#8217;est écouter le « bourdonnement de la vie profonde ». La durée réelle du temps, c&#8217;est l&#8217;intégration par la conscience humaine en un tout indivisible entre passé, présent et futur.</p>
<p style="text-align:justify;">Tout comme l&#8217;eau qui se déplace sur un fleuve n&#8217;a pas de point de départ ni de point d&#8217;arrêt, le temps a un flux continu qui se retrouve au dedans de nous et qui est notre vie :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« J&#8217;éprouvais un sentiment de fatigue profonde à sentir que tout ce temps si long non seulement avait sans une interruption été vécu, pensé, sécrété par moi, qu&#8217;il était ma vie, qu&#8217;il était moi-même, mais encore que j&#8217;avais à toute minute à le maintenir attaché à moi, qu&#8217;il me supportait, que j&#8217;étais juché à son sommet vertigineux, que je ne pouvais me mouvoir, sans le déplacer avec moi. » Extrait du roman <em>Le</em> <em>Temps retrouvé</em>, dernier tome de l&#8217;œuvre <em>À la recherche du temps perdu</em> de Marcel Proust.</p>
</blockquote>
<br />Classé dans:<a href='http://jean-nicolaslacoste.com/category/philosophie/'>Philosophie</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/1031/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/1031/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/1031/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/1031/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/1031/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/1031/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/1031/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/1031/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/1031/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/1031/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/1031/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/1031/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/1031/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/1031/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=1031&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Un passé qui ne veut pas passer</title>
		<link>http://jean-nicolaslacoste.com/2009/02/20/un-passe-qui-ne-veut-pas-passer/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Feb 2009 22:30:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
				<category><![CDATA[Caractéristique humaine]]></category>
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		<description><![CDATA[« D&#8217;une certaine façon, ce maintenant dont tu parles existe à peine. On le sent, mais il est impossible à mesurer. Le passé est toujours en train de manger le présent. C&#8217;est pour ça que j&#8217;ai toujours aimé la peinture. Quelqu&#8217;un peint un tableau dans le temps, mais, une fois qu&#8217;il est peint, le tableau reste [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=635&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« D&#8217;une certaine façon, ce <em>maintenant </em>dont tu parles existe à peine. On le sent, mais il est impossible à mesurer. Le passé est toujours en train de manger le présent. C&#8217;est pour ça que j&#8217;ai toujours aimé la peinture. Quelqu&#8217;un peint un tableau dans le temps, mais, une fois qu&#8217;il est peint, le tableau reste au présent. »</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait du roman <em><a href="http://www.amazon.fr/Tout-que-jaimais-Siri-Hustvedt/dp/2742755403" target="_blank">Tout ce que j&#8217;aimais</a></em> de l&#8217;écrivaine <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Siri_Hustvedt" target="_blank">Siri Hustvedt</a>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Depuis quelques mois, je m&#8217;interroge sur la notion que nous avons du passé et de son pouvoir de réminiscence qui influe sur la conduite de nos actions quotidiennes. Contrairement à l&#8217;idée voulant que nous soyons la somme de nos expériences, je suis plutôt d&#8217;avis que c&#8217;est le futur, et non le passé, qui devrait moduler le développement de notre être. Nous avons la possibilité et la faculté de nous « projeter dans le temps », de construire notre propre voie particulière vers une existence heureuse et, au gré de nos découvertes, de changer de direction et ainsi de transcender ce passé.</p>
<p style="text-align:justify;">Deux analogies s&#8217;imposent. Premièrement, c&#8217;est la vérité qui devrait être au début de toutes observations du monde extérieur ainsi que de chacune de nos introspections. L&#8217;être humain, en tant que sujet pensant, se doit d&#8217;agir à la manière d&#8217;un scientifique qui entame ses recherches avec la vérité comme point de départ. Certaines de ses hypothèses seront invalidées et il devra approfondir une bonne partie de ses présupposées initiaux.</p>
<p style="text-align:justify;">Une proposition scientifique n&#8217;est donc pas une proposition vérifiée &#8211; ni même vérifiable par l&#8217;expérience -, mais une proposition réfutable (ou falsifiable) dont on ne peut affirmer qu&#8217;elle ne sera jamais réfutée. Paradoxalement, une vérité se doit de posséder les germes de sa réfutabilité future. « Dieu existe », n&#8217;est pas une proposition scientifique puisqu&#8217;elle n&#8217;est pas réfutable. La théorie du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9ocentrisme" target="_blank">géocentrisme</a> était une théorie scientifique lorsqu&#8217;elle était défendue par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aristote" target="_blank">Aristote</a> du fait qu&#8217;il était possible de mener une expérience qui démontrerait que l&#8217;affirmation était fausse (comme le démontra <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Copernic" target="_blank">Copernic</a> au XVIe siècle avec la théorie de l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9liocentrisme" target="_blank">héliocentrisme</a>).</p>
<p style="text-align:justify;">Citons à ce sujet les mots trop souvent oubliés de la philosophe <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hannah_Arendt" target="_blank">Hannah Arendt</a> dans sa <a href="http://www.amazon.fr/Between-Friends-Correspondence-McCarthy-1949-1975/dp/0156002507/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1234830760&amp;sr=8-1" target="_blank">correspondance</a> avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mary_McCarthy" target="_blank">Mary McCarthy</a> : « la vérité n&#8217;est pas dans la pensée, mais, elle est la condition de possibilité de la pensée. » À l&#8217;instar de la conception que nous avons de l&#8217;avenir, la vérité du penseur va varier au rythme de ses découvertes ainsi que de celles de son domaine d&#8217;étude. La vérité n&#8217;est pas permanente et c&#8217;est grâce au travail continu des scientifiques que nous pouvons aujourd&#8217;hui bénéficier d&#8217;un perfectionnement constant du savoir humain.</p>
<p style="text-align:justify;">La vérité est au début de toute démarche intellectuelle. Une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_ouverte" target="_blank">société ouverte</a> &#8211; concept développé par le philosophe <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bergson" target="_blank">Henri Bergson</a> et repris en particulier par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper" target="_blank">Karl Popper</a> dans <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Soci%C3%A9t%C3%A9_ouverte_et_ses_ennemis" target="_blank">La Société ouverte et ses ennemis</a></em> &#8211; ne devrait jamais permettre la conception d&#8217;une vérité immuable et permanente. C&#8217;est une des idées exprimées par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Stuart_Mill" target="_blank">John Stuart Mill</a> dans l&#8217;ouvrage <a href="http://en.wikisource.org/wiki/On_Liberty/Chapter_2" target="_blank">De la liberté</a> : « But the peculiar evil of silencing the expression of an opinion is, that it is robbing the human race; posterity as well as the existing generation; those who dissent from the opinion, still more than those who hold it. If the opinion is right, they are deprived of the opportunity of exchanging error for truth: if wrong, they lose, what is almost as great a benefit, the clearer perception and livelier impression of truth, produced by its collision with error. »</p>
<p style="text-align:justify;">Pourrions-nous alors envisager la conception de notre devenir à la manière de Popper, à savoir de nous interdire le fait d&#8217;avoir une vision déterminée de notre avenir et de toujours se permettre de modifier notre vie au gré des événements?</p>
<p style="text-align:justify;">Une deuxième analogie me semble pertinente. Bien que notre bagage génétique ait une grande influence sur le développement physique et psychologique de notre être, il est possible d’outrepasser les directives biologiques de notre organisme. L’être humain est la seule espèce qui refuse d’être ce qu’elle est, mais aussi la seule qui peut être autre chose que son code génétique lui dicte.</p>
<p style="text-align:justify;">Si nous adoptons fréquemment des comportements altruistes qui vont à l&#8217;encontre de nos <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A8ne_%C3%A9go%C3%AFste" target="_blank">gènes égoïstes</a>, serait-il alors possible de nous « projeter dans le temps » et ainsi d&#8217;aller à l&#8217;encontre de notre tendance à vivre au temps présent en étant soumis au diktat de nos expériences passées?</p>
<p style="text-align:justify;">Les expériences du passé ne se répéteront jamais selon les mêmes paramètres. La place que le passé occupe dans nos vies est beaucoup plus grande que celle occupée par le futur. Certes, notre point de référence étant le présent, le futur moi ne verra peut-être pas le monde comme je le vois en ce moment. Cependant, en débutant notre analyse en fonction « de ce qui est » et non « de ce qui fut », nous pouvons donner un sens à cet avenir. Le terme « avenir » doit être envisagé sans aucune limite temporelle précise, le temps futur englobe autant la prochaine heure, la journée de demain et l&#8217;année suivante.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;avenir doit être au commencement de toute réflexion humaine, l&#8217;Homme étant la seule espèce animale qui a une conscience élargie du temps et de sa condition humaine de finitude - pour les autres espèces animales, la perception du temps est limitée aux rythmes biologiques et à leur conscience instinctive de leur environnement. C&#8217;est en partant de l&#8217;existence, du présent, que nous pouvons construire notre projet de vie.</p>
<p style="text-align:justify;">Les événements de la vie se déroulent sur un espace temporel continu et ceux-ci trouvent leur signification &#8211; tel un cinéphile qui visionne un long-métrage une seconde fois - lorsqu&#8217;on les examine en sens inverse. Mais, cette signification n&#8217;a plus sa place au présent si ce n&#8217;est qu&#8217;elle nous permet de constater l&#8217;état des choses.</p>
<p style="text-align:justify;">Le passé est un temps fini où rien ne pourra être modifié tandis que nous nous devons d&#8217;envisager l&#8217;avenir comme un vaste champ d&#8217;opportunités où rien n&#8217;est déterminé à l&#8217;avance. Une fois que nous avons franchi cette limite &#8211; cet état de fait - le passé se doit de passer.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Le temps n&#8217;existe pas pour l&#8217;animal, c&#8217;est-à-dire pour un être qui vit tout entier dans le moment présent; car ses réminiscences elles-mêmes, évoquées par l&#8217;intérêt actuel, s&#8217;effacent avec lui, et s&#8217;y absorbent sans laisser le souvenir ou conscience de l&#8217;existence passée. L&#8217;homme, au contraire, porte en lui la notion du temps, comme passé, présent et avenir. Il peut sortir du présent, se transporter dans le passé, reprendre chacun de ses souvenirs, ou anticiper sur une suite d&#8217;événements futurs. Maître en quelque sorte de son existence, planant au dessus d&#8217;elle, appréciant la solidarité des moments qui se succèdent, il est mis en demeure de rendre cette solidarité heureuse ou malheureuse; et tandis que l&#8217;animal ne se soucie pas du moment futur, l&#8217;homme le devance de ses désirs, de ses pensées, de ses espérances, et la notion du temps fait de lui un être avide d&#8217;immortalité. »</p>
<p style="text-align:justify;">Discours qu&#8217;a tenu, en 1863, devant l&#8217;Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, le docteur <a href="http://char-fr.net/SITE/CYPRIEN-ORE-DECOUVERTE-DE-L.html" target="_blank">Pierre-Cyprien Oré</a>, professeur adjoint à l&#8217;École préparatoire de Médecine et de Pharmacie, sur <em><a href="http://books.google.ca/books?id=sUYtAAAAYAAJ&amp;pg=PA522&amp;lpg=PA522&amp;dq=%22le+temps+n'existe+pas+pour+l'animal%22&amp;source=web&amp;ots=8rbAz2iEWm&amp;sig=jAmg5O1qN1PhLUiwwihr7-bkD6I&amp;hl=fr&amp;ei=BmOdSdOlGtKgtwfUl9TcBA&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;resnum=4&amp;ct=result#PPA523,M1" target="_blank">l&#8217;importance de l&#8217;expérimentation en physiologie</a></em>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:center;"><strong>La « querelle des historiens »</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Le titre de mon billet, « un passé qui ne veut pas passer », fait référence au <a href="http://cd94-upbc.creteil.iufm.fr/Histoire-geographie_cycle3/HG/faitevenement/Interpret_03.htm#Nolte" target="_blank">célèbre article</a> (traduction en langue française par Brigitte Vergne-Cain et publiée dans l&#8217;ouvrage <em><a href="http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=4621" target="_blank">Devant l&#8217;histoire : Les documents de la controverse sur la singularité de l&#8217;extermination des Juifs par le régime nazi</a>)</em> rédigé par l&#8217;historien <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Nolte" target="_blank">Ernst Nolte</a> et publié originalement le 6 juin 1986 dans le <a href="http://www.faz.net/s/homepage.html" target="_blank"><em>Frankfurter Allgemeine Zeitung</em></a>.</p>
<p style="text-align:justify;">Cet écrit est considéré comme l&#8217;élément déclencheur de l&#8217;<em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Historikerstreit" target="_blank">Historikerstreit</a></em> (la « querelle des historiens »), à savoir une controverse historiographique et politique qu&#8217;a connue l&#8217;Allemagne de l&#8217;Ouest à la fin des années 1980. Cette controverse a pour objet la place à accorder à la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Shoah" target="_blank">Shoah</a> dans l&#8217;histoire de l&#8217;Allemagne et a opposé des historiens conservateurs, en particulier <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Nolte" target="_blank">Ernst Nolte</a>, soutenu par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Klaus_Hildebrand" target="_blank">Klaus Hildebrand</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_St%C3%BCrmer" target="_blank">Michael Stürmer</a>, à des intellectuels « de gauche », parmi lesquels <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%BCrgen_Habermas" target="_blank">Jürgen Habermas</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Mommsen" target="_blank">Hans Mommsen</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Broszat" target="_blank">Martin Broszat</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Eberhard_J%C3%A4ckel" target="_blank">Eberhard Jäckel</a>.</p>
<p style="text-align:justify;">À l&#8217;instar de l&#8217;historien américain <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Daniel_Goldhagen" target="_blank">Daniel Goldhagen</a> dans son ouvrage controversé, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Hitler%27s_Willing_Executioners" target="_blank"><em>Les bourreaux volontaires de Hitler</em></a>, où l&#8217;auteur analyse la responsabilité de l&#8217;Allemand ordinaire en fonction des crimes perpétrés par le régime hitlérien, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Nolte" target="_blank">Nolte</a> rédige une interprétation polémique des crimes nazis en soutenant qu&#8217;ils auraient été commis en réaction aux crimes soviétiques sous le régime stalinien.</p>
<p style="text-align:justify;">D&#8217;autres questionnements ont aussi été soulevés durant l&#8217;<em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Querelle_des_historiens" target="_blank">Historikerstreit</a></em> et en voici quelques-unes : les crimes de l’Allemagne nazie incarnent-ils le mal absolu dans l’Histoire? Les crimes de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Staline" target="_blank">Joseph Staline</a> en Union soviétique sont-ils équivalents, sinon pires, à ceux commis par le régime hitlérien? L’histoire allemande a-t-elle suivi un <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sonderweg" target="_blank">Sonderweg</a></em> (une « voie spéciale ») conduisant inévitablement au nazisme? D’autres génocides, dont le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_des_Hereros" target="_blank">génocide des Hereros</a>, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_arm%C3%A9nien" target="_blank">génocide arménien</a> et le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Khmers_rouges" target="_blank">génocide des Khmers rouges</a> au Cambodge, sont-ils comparables à celui de l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Holocauste" target="_blank">Holocauste</a>? Le peuple allemand devrait-il supporter un fardeau de culpabilité pour les crimes nazis? Les nouvelles générations d’Allemands pourraient-elles trouver des sources de fierté dans leur histoire?</p>
<p style="text-align:justify;">Si vous voulez en apprendre davantage sur ce débat historiographique et sur la période hitlérienne, je vous invite à consulter deux billets que j&#8217;ai publiés sur le sujet, soit <a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2008/02/28/analyse-historiographique/" target="_blank">« Une analyse historiographique »</a> et <a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2005/10/29/quest-ce-que-le-nazisme" target="_blank">« Qu’est-ce que le nazisme? »</a>.</p>
<p style="text-align:center;"><strong>La subjectivité</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Les débats historiographiques, comme celui de la querelle des historiens, illustrent bien les multiples interprétations du passé. En soutenant l&#8217;idée que l&#8217;Humain se doit de se libérer de son passé, mon objectif n&#8217;est pas de faire la promotion d&#8217;une<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Contre-utopie" target="_blank"> « philosophie dysutopique »</a>, à l&#8217;instar de celle que l&#8217;on retrouve dans <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_des_Mondes" target="_blank">Le meilleur des mondes</a> d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aldous_Huxley" target="_blank">Aldous Huxley</a>, qui ferait abstraction du passé et interdirait certains ouvrages (dans le roman d&#8217;Huxley, les livres de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Shakespeare" target="_blank">William Shakespeare</a> ont été retirés des bibliothèques), ni que cette remise en question du passé allemand fut inutile. Je suis d&#8217;avis que les débats d&#8217;idées sont nécessaires et qu&#8217;ils témoignent de l&#8217;état de la démocratie au sein d&#8217;une société &#8211; un régime totalitaire ne tolère pas la pluralité des opinions.</p>
<p style="text-align:justify;">Le passé qui m&#8217;intéresse ici est celui qui est propre à chacun d&#8217;entre-nous.</p>
<p style="text-align:justify;">Les diverses interprétations d&#8217;un événement historique nous portent à croire qu&#8217;il est pratiquement impossible d&#8217;arriver à une vision commune du passé. Comme le dit Kierkegaard, père de l’existentialisme, qu’est-ce que la vérité, sinon la subjectivité? La « subjectivité est vérité » et la « vérité est subjectivité ». Ce paradoxe kierkegaardien fait la distinction entre ce qui est objectivement vrai et la relation de subjectivité qu’entretient un individu avec cette vérité. Contrairement à l&#8217;objet d&#8217;étude du spécialiste des sciences naturelles, pour l&#8217;historien ainsi que tous individus qui étudient l&#8217;être humain dans ses agissements particuliers, il n&#8217;existe aucune séparation entre le sujet étudié et le sujet pensant.</p>
<p style="text-align:justify;">Bien que l&#8217;objectivité soit un but vers lequel nous aspirons, dans le domaine des sciences humaines il est impossible de l&#8217;atteindre. En étudiant les Hommes dans le temps, l&#8217;histoire peut éclairer les choix du temps présent, si et seulement si, nous ne lui accordons aucune valeur normative. Selon <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Duhamel" target="_blank">Georges Duhamel</a>, « le romancier est l&#8217;historien du présent, alors que l&#8217;historien est le romancier du passé. »</p>
<p style="text-align:justify;">En plaçant le romancier et l&#8217;historien sur le même niveau, Duhamel introduit l&#8217;idée de subjectivité inhérente à tout intellectuel, et ce, qu&#8217;il soit écrivain ou historien. Le romancier croit posséder la vérité du temps présent. L&#8217;historien croit décrire avec justesse les événements passés, à savoir tels qu&#8217;ils se sont réellement passés.</p>
<p style="text-align:center;"><strong>La présence de l&#8217;absence</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Malgré ces aperçus momentanés d&#8217;une vie, ces toiles et ces matériaux avaient un caractère abstrait, une inexpressivité ultime qui suggérait la précarité de toute chose, l&#8217;idée que même si l&#8217;on pouvait sauver toutes les miettes d&#8217;une existence, en faire un tas géant et puis les passer soigneusement au crible afin d&#8217;en extraire tout le sens possible, le total n&#8217;en ferait pas une vie. »</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait du roman <em><a href="http://www.amazon.fr/Tout-que-jaimais-Siri-Hustvedt/dp/2742755403" target="_blank">Tout ce que j&#8217;aimais</a></em> de l&#8217;écrivaine <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Siri_Hustvedt" target="_blank">Siri Hustvedt</a>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Le regard que les gens posent sur le temps passé est souvent inexact. De nombreuses expressions de la langue française &#8211; à savoir « si le passé est garant de l&#8217;avenir&#8230; », « les leçons du passé », « démystifier le passé », etc. &#8211; devraient être utilisées avec précaution étant donné qu&#8217;elles décrivent une vision téléologique et déterministe du passé, comme si le passé portait en lui les germes de ses aboutissements.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Ricoeur" target="_blank">Paul Ricoeur</a>, philosophe français, a formulé une aporie &#8211; on nomme aporie (en grec <em>aporia</em>, soit une absence de passage, une difficulté ou un embarras) une difficulté à résoudre un problème; pour Aristote, c&#8217;est une question qui place le lecteur ou l&#8217;auditeur dans l&#8217;embarras pour trancher entre deux affirmations &#8211; qui résume bien notre situation face au temps passé en décrivant la mémoire en tant que « présence de l’absence ».</p>
<p style="text-align:justify;">Il faut cesser de se glorifier de ses expériences passées en les quantifiant et en les mesurant par rapport à celles des autres, tout en leur accordant une valeur normative (une expérience heureuse, une expérience malheureuse, une expérience à oublier, une expérience enrichissante, etc.).</p>
<p style="text-align:justify;">Une de mes convictions au sujet de la vie, c&#8217;est que nous ne sommes pas uniquement la somme de nos expériences. Si je supprimais toutes mes expériences, je ne disparaitrais pas pour autant dans le néant; je serais peut-être un être différent, mais je serais toujours moi. J&#8217;ai une série de conditionnements, mais je ne restitue pas la totalité de ce que j&#8217;ai reçu.</p>
<p style="text-align:justify;">Une trace, c&#8217;est la seule chose que vous avez de votre passé. Vous aurez toujours une « présence de l’absence » sommeillant à quelque part au sein des méandres de votre esprit. Mais, votre passé n&#8217;est plus rien; il est un temps mort qui ne compte plus.</p>
<p style="text-align:justify;">Tournez-vous vers l&#8217;avenir, vers ce que vous pourriez devenir! Puisque c&#8217;est lui, l&#8217;avenir, qui donnera un sens à l&#8217;être que vous êtes présentement.</p>
<br />Publié dans Caractéristique humaine, Histoire, Philosophie  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/635/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/635/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/635/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/635/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/635/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/635/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/635/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/635/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/635/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/635/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/635/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/635/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/635/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/635/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=635&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Penser différemment</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 03:16:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le problème de l&#8217;induction L&#8217;induction est un raisonnement où l’individu s&#8217;appuie sur un ou des cas particuliers pour tirer une conclusion générale. Cette démarche intellectuelle consiste à procéder par inférence probable, c&#8217;est-à-dire à déduire des lois par généralisation des observations. L&#8217;induction peut s&#8217;avérer utile comme méthodologie dans le domaine des sciences naturelles lorsqu&#8217;on rédige des hypothèses afin de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=310&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Le problème de l&#8217;induction</strong></p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;induction est un raisonnement où l’individu s&#8217;appuie sur un ou des cas particuliers pour tirer une conclusion générale. Cette démarche intellectuelle consiste à procéder par inférence probable, c&#8217;est-à-dire à déduire des lois par généralisation des observations.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;induction peut s&#8217;avérer utile comme méthodologie dans le domaine des sciences naturelles lorsqu&#8217;on rédige des hypothèses afin de tenter de prévoir les conclusions d&#8217;une expérience en se basant sur sa validité lors d&#8217;une expérience passée. Par exemple, l&#8217;eau bout à 100 degrés Celsius est un fait établi et prédictible.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais, lorsque nous faisons face à une situation quelconque, nous n&#8217;avons pas le contrôle sur tous les paramètres.</p>
<p style="text-align:justify;">Le monde est irrégulier et chaotique. Faites preuve de scepticisme lorsqu&#8217;un individu vous énonce une théorie basée sur une ou des observations passées. Comme le disait <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper" target="_blank">Karl Popper</a>, c&#8217;est une démarche qui allie conjectures et réfutations qui amène un accroissement des connaissances scientifiques; donc, l&#8217;avancement de la science est souvent dû à la réfutation d&#8217;une théorie, comme ce fut le cas pour la théorie du géocentrisme qui perdura jusqu&#8217;à la fin du 16e siècle.</p>
<p style="text-align:justify;">On parle alors de corroboration au lieu de vérification d&#8217;une hypothèse : si 999 répétitions d&#8217;une expérience aboutissent au même résultat, une seule et unique observation peut invalider cette expérience. C&#8217;est ce que le philosophe <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Russell" target="_blank">Bertrand Russell</a> a appelé le paradoxe de la « dinde inductive » :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Pendant 364 jours, une dinde est nourrie par son maître et plus les mois avancent, plus elle reçoit davantage de nourriture. Arrive le 365e jour, la dinde est tuée afin de préparer le festin de l&#8217;action de grâce. Durant 364 jours, elle est convaincue de l&#8217;universalité du phénomène « on m&#8217;apporte à manger tous les soirs.  »</p>
<p style="text-align:justify;">Ainsi, 99% du temps (364 jours sur 365) sa conjecture était exacte &#8211; elle gagnait aussi en confiance vis-à-vis de son maître - et il a fallu une seule donnée pour annihiler complètement son raisonnement et lui faire perdre la tête (sans vouloir faire un jeu de mots de mauvais goût!)</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Pourtant, il existe un bon nombre de professions qui tentent de nous faire croire le contraire &#8211; c&#8217;est-à-dire, qu&#8217;il est possible de  tirer des lois générales à partir de phénomènes isolés - notamment la météorologie, l&#8217;économie et l&#8217;astrologie. La plupart des prédictions émises par les gens de ces domaines ne sont que des impressions basées sur aucune notion empirique. Mais, ce ne sont pas les seules coupables, puisque la même erreur est commise par la plupart d&#8217;entre nous.</p>
<p style="text-align:justify;">Afin d&#8217;approfondir davantage le problème de l&#8217;induction, je vous propose d&#8217;examiner certaines situations où l&#8217;esprit humain fait défaut.</p>
<p><strong>La fin surpasse le processus</strong></p>
<p style="text-align:justify;">D&#8217;abord, nous percevons uniquement le résultat final d&#8217;un événement en y oubliant le processus qui l&#8217;a généré. En percevant uniquement la finalité, nous énonçons alors des conclusions déterministes, qui ne tiennent pas compte de faits qui ont influencé la trame générale de l&#8217;événement, et auxquels les hommes qui ont fait l&#8217;histoire n&#8217;ont pas reconnu leur importance.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans l&#8217;ouvrage <em>Une histoire populaire des États-Unis</em>, l&#8217;écrivain gauchiste américain Howard Zinn présente l&#8217;histoire américaine du point de vue des vaincus, ou des laissés pour compte de l&#8217;histoire, tels que les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile et les GI du Vietnam. C&#8217;est une perspective différente de l&#8217;histoire américaine que l&#8217;auteur nous propose.</p>
<p style="text-align:justify;">Bien sûr, la thèse de l&#8217;auteur est très anti-élitiste et il ne se gêne pas pour varloper les gens dont les manuels d&#8217;histoire américaine considèrent traditionnellement comme des héros. Au-delà des propos de l&#8217;auteur, ce qui a suscité mon intérêt au terme de la lecture de cet ouvrage c&#8217;est la méthodologie qu&#8217;Howard Zinn a utilisée, soit celle de présenter l&#8217;histoire, lorsqu&#8217;elle se fait au moment présent, comme un processus imprévisible.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette autre vision de l&#8217;Amérique, c&#8217;est l&#8217;histoire du peuple. C&#8217;est un contre-modèle que nous propose Zinn, une antidote à l&#8217;histoire traditionnelle rédigée du point vue des dominants :</p>
<p style="text-align:justify;">
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Zinn ne tient pour histoire que l’histoire du plus grand nombre. Il prend acte du fait que seule la mémoire des défaites (souvent) et des victoires (rares) des dominés nous enseignent correctement le monde tel qu’il va. Au contraire de la mémoire des États, qui n’est qu’une mémoire déformée selon les exigences idéologiques (ou les modes publicitaires), version aplatie d’un présent toujours renouvelé qui nie l’impact du passé sur le présent et le futur, Zinn propose de rendre à l’histoire son potentiel de subversion, forçant le lecteur à tirer les leçons du passé.</p>
<p style="text-align:justify;">Pour croire qu’un autre monde est possible, ça aide bien de savoir que d’autres en ont rêvé avant, et que leur échec n’a rien d’inéluctable, mais, au contraire, qu&#8217;il fut l’objet d’une mobilisation de tous les instants. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Dans notre vie quotidienne, lorsqu&#8217;on analyse un événement quelconque, on oublie parfois d&#8217;examiner le processus général qui a mené à son aboutissement final et nos conclusions sont ainsi construites seulement à partir du résultat final. L&#8217;histoire des hommes ainsi que notre vie d&#8217;individu particulier paraissent toujours beaucoup plus simple et aisément compréhensible lorsqu&#8217;on l&#8217;analyse rétrospectivement.</p>
<p><strong>Biais rétrospectif</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Le grand défaut des historiens &#8211; ou plutôt de leur domaine d&#8217;étude -, et de tous les êtres humains en général, c&#8217;est d&#8217;analyser un événement a posteriori comme étant probable et prévisible. L&#8217;histoire semble inévitable lorsque nous l&#8217;analysons après-coup : Hitler, les crises économiques et les guerres n&#8217;étaient pas des événements prévisibles pour les gens qui ont fait l&#8217;histoire.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>L&#8217;Étrange défaite</em> de Marc Bloch est probablement l&#8217;un des livres d&#8217;histoire les plus crédibles sur la défaite française lors de l&#8217;invasion allemande en 1940. Bloch, officier français et historien réputé, rédige son récit sur le moment, alors qu&#8217;il se cache de l&#8217;armée allemande. Malgré le manque d&#8217;informations à sa disposition et le désavantage de l&#8217;analyse au moment présent, Marc Bloch fait une analyse des causes de la défaite de 1940 qui n&#8217;a pas été profondément remise en cause à ce jour.</p>
<p style="text-align:justify;">On nous dit souvent qu&#8217;il est préférable d&#8217;analyser un événement avec un certain recul. Cependant, lorsqu&#8217;on procède de cette façon, on tente de trouver des causes pouvant corroborer notre propos. Bloch a évité le piège de la trame narrative. Il ne nous raconte pas une histoire a posteriori, mais l&#8217;histoire telle qu&#8217;elle se jouait au moment présent : il décrivait ce qu&#8217;il venait de vivre. Point final.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;être humain aime bien se raconter une histoire, lorsque les causes s&#8217;enchaînent l&#8217;une après l&#8217;autre pour aboutir à une conséquence inéluctable. Des psychologues vont souvent suggérer aux gens qui ont un problème quelconque - allant de la dépression passagère, au burn-out, au choc post-traumatisme - d&#8217;écrire tout ce qui leur vient à l&#8217;esprit.</p>
<p style="text-align:justify;">Peu de gens sont capables d&#8217;analyser les choses en évitant de leur accorder une aura déterministe.</p>
<p><strong>Une question de perception</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Si le 11 septembre 2000, un zélé de la sécurité avait réussi à convaincre les dirigeants des compagnies aériennes d&#8217;installer des vitres pare-balles, entre le cockpit du pilote et le reste de l&#8217;avion, le 11 septembre 2001 serait considéré de la même manière que le 10 septembre 2001, soit une journée parmi tant d&#8217;autres dans l&#8217;histoire de l&#8217;Homme (supposons ici que le fait d&#8217;installer cette mesure de sécurité aurait incité les terroristes d&#8217;Al-Quaeda à ne pas attaquer les États-Unis par voie aérienne).</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;individu serait considéré aujourd&#8217;hui, à nos yeux, comme un héros, mais dans cette histoire alternative, il est simplement un homme ordinaire qui a fait son boulot. (Je m&#8217;en voudrais de m&#8217;approprier le mérite d&#8217;avoir trouvé cet exemple. Il est tiré du livre <em>Black Swan</em> de Nassim Nicholas Taleb.)</p>
<p style="text-align:justify;">Après avoir analysé, d&#8217;une part, l&#8217;événement dans son ensemble en tenant compte du processus global et, d&#8217;autre part, en évitant le piège du biais rétrospectif ainsi que celui de la création d&#8217;une trame narrative où les faits s&#8217;enchaînent entre eux de manière prévisible, il importe d&#8217;être réceptif par rapport aux éléments considérés, généralement, non significatifs étant donné qu&#8217;ils ne génèrent, a priori, aucune conséquence visible.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;Homme a la fâcheuse habitude d&#8217;analyser le monde de façon linéaire et d&#8217;établir une analyse de causalité en débutant par la fin, soit de la conséquence; il est ainsi aisé de trouver une ou des causes qui corroborent la conséquence. Le 11 septembre 2001 nous apparaît beaucoup moins inévitable lorsqu&#8217;on y introduit l&#8217;exemple décrit plus haut.</p>
<p style="text-align:justify;">Je crois que notre perception des choses pourrait être améliorée si on faisait preuve d&#8217;ouverture d&#8217;esprit. De petits gestes peuvent parfois avoir des conséquences gigantesques sans qu&#8217;ils soient nécessairement comptabilisés.</p>
<p style="text-align:justify;">Les statistiques sont parfois trompeuses puisqu&#8217;on ne peut jamais prendre en considération ce qui n&#8217;a pas eu lieu. Prenons deux exemples tirés de sports professionnels qui peuvent nous induire en erreur lorsqu&#8217;on analyse simplement le sommaire final.</p>
<p style="text-align:justify;">Au hockey, un lancer frappé qui atteint le poteau n&#8217;est pas considéré comme un tir au but puisque le poteau est considéré comme faisant parti de l&#8217;extérieur du but. Au baseball, un but sur balles n&#8217;est pas considéré comme une présence au bâton.</p>
<p style="text-align:justify;">Alors, théoriquement, après une période de hockey, une équipe pourrait totaliser 20 tirs au but, tous dirigés à partir du centre de la patinoire tandis que son adversaire pourrait avoir aucun tir au but, mais 20 tirs ayant touché le poteau. En regardant la feuille de pointage, on serait porté à croire que la première équipe a dominé outrageusement la deuxième.  Un tir sur le poteau est considéré comme un non-événement dans les statistiques et, pourtant, tout amateur de hockey retient son souffle lorsque le pointage est serré et que l&#8217;adversaire fait résonner une des trois barres métalliques du filet.</p>
<p style="text-align:justify;">Au baseball, une équipe pourrait avoir 7 coups sûrs après 3 manches de jeu et avoir 0 point au tableau indicateur et son opposant pourrait totaliser aucun coup sûr et avoir marqué 4 points. Le but sur balles, au baseball, n&#8217;est pas comptabilisé comme une présence au bâton puisque le joueur n&#8217;a pas réussi à mettre la balle en jeu, mais cela permet à l&#8217;équipe qui est à l&#8217;offensive de poursuivre la manche.</p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;utilise ces deux exemples sportifs pour illustrer le fait que ce qui est considéré comme un non-événement, soit quelque chose que l&#8217;on ne comptabilise pas, peut avoir un impact important sur la suite des événements.</p>
<p style="text-align:justify;">Il serait possible de trouver des exemples dans d&#8217;autres domaines.</p>
<p style="text-align:justify;">Par exemple, on dépense des millions dans la recherche scientifique et on n&#8217;arrive pas toujours à des résultats concluants. Mais, pour un scientifique, un non-événement comme le fait qu&#8217;un microbe ne réagisse pas avec tel élément est un avancement puisqu&#8217;il permet d&#8217;infirmer ou d&#8217;affirmer une hypothèse.</p>
<p style="text-align:justify;">Pour exprimer à merveille le fait qu&#8217;un événement non perceptible aux yeux de plusieurs peut être révélateur lorsqu&#8217;on prend le temps de s&#8217;y attarder, je me range du côté de la sagesse du célèbre détective Sherlock Holmes. Cet extrait est, par ailleurs, tiré du récit <a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Silver_Blaze" target="_blank">l&#8217;Étoile d&#8217;argent</a> :</p>
<blockquote><p>Le colonel témoignait clairement par l’expression de son visage de la pauvre opinion que les talents de mon compagnon continuaient à lui produire; mais je vis, à la figure de l’inspecteur, que cette dernière observation l’avait sérieusement intrigué.</p>
<p>— Vous considérez cela comme une chose importante? demanda-t-il.</p>
<p>— Très importante.</p>
<p>— Y a-t-il quelque autre point sur lequel vous désireriez attirer mon attention?</p>
<p>— Sur la manière étrange dont le chien s’est comporté la nuit du meurtre.</p>
<p>— Mais le chien n’a rien fait.</p>
<p>— C’est précisément là ce qui est étrange, répondit Holmes.</p></blockquote>
<p><strong>Penser les choses différemment</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Au tournant des années 2000, William Lamar &#8220;Billy&#8221; Beane, le gérant des As d&#8217;Oakland, a dû trouver une nouvelle façon d&#8217;analyser les performances des joueurs de Baseball, les nouveaux propriétaires de l&#8217;équipe voulant que leur investissement soit rentable à long terme. Le gérant général devait alors respecter un plafond salarial d&#8217;environ 40 millions de dollars tout en ayant une équipe compétitive pouvant rivaliser avec les puissants Yankees de New York avec leur masse salariale de plusieurs centaines de millions de dollars.</p>
<p style="text-align:justify;">Sans entrer dans les détails, &#8211; vous pouvez consulter l&#8217;ouvrage <em>Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game</em> rédigé par Michael  Lewis pour en apprendre davantage &#8211; Billy Beane a utilisé de nouvelles méthodes d&#8217;analyse (comme celle de la moyenne de présence sur les buts qui n&#8217;était pas utilisée par les autres gérants généraux) qui lui permit de dénicher des joueurs performants et sous-évalués selon les critères du baseball majeur.</p>
<p style="text-align:justify;">En 2001, les As terminèrent au 1er rang de leur division, mais furent éliminés au cours de la 5e et ultime partie de la série de division par leurs rivaux new-yorkais. Cependant, une seule victoire différenciait les deux équipes, malgré le fait que la masse salariale des Yankees était beaucoup plus élevée que celle des As.</p>
<p style="text-align:justify;">Billy Beane est un innovateur : sa philosophie n&#8217;est pas ancrée dans les dogmes traditionnels du baseball majeur ce qui lui a permis d&#8217;instaurer une nouvelle perception des choses.</p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est grâce à des individus comme Nicolas Copernic, Charles Darwin, Martin Luther King, qui ont su penser les choses autrement et faire fi des critiques, que les connaissances en astronomie, en biologie et dans le domaine des droits humains ont pu être révisé.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Le but premier de cet article était de vous mettre en garde contre le <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Problem_of_induction" target="_blank">problème de l&#8217;induction</a> énoncé au 16e siècle par l&#8217;écossais <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Hume" target="_blank">David Hume</a>. L&#8217;induction, c&#8217;est de croire que le passé sera un guide utile pour le futur et de tirer des conclusions à partir de faits isolés. Il est préférable de dire « je ne sais pas » plutôt que de tenter de trouver des causes à des phénomènes que nous analysons une fois qu&#8217;ils ont eu lieu.</p>
<p style="text-align:justify;">Le conseil que je donnerais à tous, c&#8217;est de toujours douter et d&#8217;incliner, si cela est possible, votre esprit à faire preuve de scepticisme.</p>
<p style="text-align:justify;">Nietzsche disait qu&#8217;il fallait renverser les anciennes valeurs, penser au-delà du bien et du mal, bref de faire table rase sur l&#8217;homme actuel afin de bâtir l&#8217;homme nouveau, le surhomme&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Pour ma part, je crois qu&#8217;il ne faut pas s&#8217;empêcher d&#8217;opter pour une nouvelle perspective d&#8217;analyse. La langue anglaise a une expression que j&#8217;aime bien utiliser : « thinking outside the box », c&#8217;est-à-dire aborder les choses de manière non-conventionnelle.</p>
<p style="text-align:justify;">Allez n&#8217;ayez pas peur de penser les choses différemment, puisque le monde progresse quand il s’efforce d’être conforme à ce qu’il n’est pas, mais qu’il pourrait devenir, et non quand il est banalement conforme à ce qu’il est!</p>
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		<title>La part de l’autre</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Jul 2008 06:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Idéalement, il faudrait se garder d’avoir des a priori. Mais, étant donné que peu de choses se conçoivent indépendamment de l’expérience, nous attribuons des jugements sur certains éléments de la vie sans y avoir participé directement, en se référant, par exemple, à l’argument ou l’expérience d’autrui. Cependant, nous aurions intérêt à faire preuve de discernement [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=250&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Idéalement, il faudrait se garder d’avoir des a priori. Mais, étant donné que peu de choses se conçoivent indépendamment de l’expérience, nous attribuons des jugements sur certains éléments de la vie sans y avoir participé directement, en se référant, par exemple, à l’argument ou l’expérience d’autrui.</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, nous aurions intérêt à faire preuve de discernement lorsque notre réflexion se porte sur un événement quelconque. Je ne m’intéresse pas ici aux nuances, soit le fait d&#8217;utiliser un discours qui manie avec brio les différentes teintes et tonalités du langage afin d&#8217;atténuer nos propos, mais bien à la mince ligne de démarcation qui existe entre la personne que nous sommes aujourd&#8217;hui et celle que nous aurions pu devenir si les circonstances avaient été différentes.</p>
<p style="text-align:justify;">À mon avis, les subtilités de la vie s’apprécient davantage lorsqu’on tient compte de la part de l’autre, soit ce qui aurait pu nous arriver si la conjoncture ou le contexte ambiant avait été différent.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2005/08/15/que-se-serait-il-passe-si/" target="_blank">Bien que j’aie déjà écrit le contraire</a>, je crois, aujourd’hui, que la part de l’autre nous permet de relativiser notre vie en nous remémorant que notre existence ne tient pas simplement aux choix que nous prenons en toute liberté de cause.</p>
<p style="text-align:justify;">La part de l’autre, c’est toutes les particules de vie qui auraient pu nous arriver, mais qui sont, finalement, demeurées à l’état de néant. Si le 8 octobre 1908 Adolf Hitler avait été accepté à l’École des Beaux-arts de Vienne et non refusé, le cours d’une vie aurait été changé, mais aussi celle du monde. Évidemment, tout bon historien vous dira que l&#8217;on étudie ce qui s&#8217;est réellement passé. Des faits. Seulement les faits nous importent.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais, nous avons tous, au fond de nous, une petite créature que nous tenons en laisse pour par qu’elle s’échappe et que soit révélé au monde entier ce que nous aurions pu devenir. « Depuis ce jour, l’enfant a peur de lui-même, il sait qu’il cohabite avec une bête violente et sanguinaire, il souhaite la tenir toute sa vie dans sa cage. » (Eric-Emmanuel Schmitt, <em>La part de l’autre</em>) </p>
<p style="text-align:justify;">Cet homuncule, cet être abject, nous rappelle, notamment, qu’entre un état de satisfaction, de contentement, et un état de désespoir, il n’y a souvent qu’un pas à franchir.</p>
<p style="text-align:justify;">Lorsque Saku Koivu, un athlète multi-millionnaire, a reçu les résultats de son dernier examen médical de dépistage du cancer afin de s&#8217;assurer que sa rémission était bel et bien terminée, il a ressenti du contentement. Il s’est dit : « enfin, c’est terminé, j&#8217;ai vaincu la maladie. » Mais, Saku vivra jusqu’à la fin de ses jours avec la part de l’autre, ce petit homoncule cancéreux, qui lui rappellera, à chaque rendez-vous annuel chez le médecin, qu’il aurait pu mourir.</p>
<p style="text-align:justify;">Certains vont louanger la chance ou la bonne fortune et d’autres, les rationnels, vont remercier le travail des médecins et la grande forme physique de l’athlète. Mais, Saku, lui, est le seul qui peut savoir et comprendre que l&#8217;être qu&#8217;il est aujourd’hui n’est pas seulement lié à ce qu’il a été, mais aussi à ce qui aurait pu lui arriver dans une éventualité où on lui aurait annoncé, par exemple, qu’il lui restait qu’une seule année à vivre.</p>
<p style="text-align:justify;">Est-ce que c’est la rémission de son cancer ou le fait qu’il doit constamment vivre avec l’appel de la mort en dedans de lui qui l’a influencé davantage dans la poursuite de sa carrière de joueur de hockey et dans sa vie de tous les jours? Probablement un peu des deux.</p>
<p style="text-align:justify;">Quittons le monde du hockey et examinons deux exemples de scènes finales tirées de chefs-d&#8217;oeuvre du cinéma. C’est l’état psychologique dans lequel ces deux personnages se retrouvent à la fin de leur périple qui importe ici.</p>
<p><a href="http://insomniaque.files.wordpress.com/2008/06/american-beauty-last-scene.jpg"></a></p>
<p><a href="http://insomniaque.files.wordpress.com/2008/06/once-upon-a-time-in-america-last-scene.jpg"></a></p>
<p style="text-align:justify;">Dans ce premier extrait, on y voit Lester, personnage principal du film <em>Beauté américaine et</em> interprété sublimement par Kevin Spacey, qui tient ce discours à sa mort : « Bien sûr je pourrais être aigri de ce qui m’est arrivé, mais c’est inutile. Il y a tant de beauté dans le monde. » Après avoir connu plusieurs épreuves, on peut dire qu’il connaît enfin le contentement. Au début du récit, il était un homme malheureux et il meurt en étant en paix avec lui-même (j’y vois même un sourire sur son visage ensanglanté) ayant entrepris de modifier sa façon de vivre.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2008/07/01/la-part-de-l%e2%80%99autre/"><img src="http://img.youtube.com/vi/fS1CficTMws/2.jpg" alt="" /></a></span></p>
<p style="text-align:justify;">Quant à cette scène finale, elle met en action David « Noodles » Aaronson, personnage du long-métrage <em>Il était une fois en Amérique </em>et interprété admirablement par l’acteur Robert De Niro. La dernière image nous montre un flashback du jeune Noodles qui sourit. Les plus machiavéliens diront que son sourire est attribuable à l’opium qu’il vient d’inhaler, mais, à mon avis, ce sourire témoigne d’un homme qui se sent soulagé d’être enfin libéré de sa vie de criminel.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2008/07/01/la-part-de-l%e2%80%99autre/"><img src="http://img.youtube.com/vi/tGhuVedHqsU/2.jpg" alt="" /></a></span></p>
<p style="text-align:justify;">La vie de Lester aurait pu connaître un dénouement différent s’il avait décidé de ne pas changer sa vie de fond en comble. Pourtant, il ne ressent pas de l’amertume au moment de sa mort puisqu’il accepte son sort (on peut même dire qu&#8217;il meurt heureux), il est conscient que la cessation de la vie humaine fait parti des circonstances incontrôlables. En ce qui a trait à Noodles, il sait que son existence aurait pu être différente si Deborah, son amour d’enfance, avait décidé de rester auprès de lui au lieu de poursuivre sa carrière d’actrice. Par contre, au moment de la scène finale, il est heureux car il a fait le choix de quitter sa profession de truand.</p>
<p style="text-align:justify;">Quelle conclusion doit-on dégager de la lecture de ce texte?</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;Homme est fait de deux choses, soit de choix et de circonstances. Si nous avons le contrôle sur les premiers au sens où nous les choisissons en toute liberté, les circonstances, elles, échappent à notre contrôle. On dit que l&#8217;être humain est la somme de ses expériences (de ses choix), que ce que nous sommes, aujourd’hui, dépend de ce que nous avons été et que c’est lui, le passé, qui module le développement de notre être. Mais, nous sommes aussi la soustraction (les circonstances) de ce que nous aurions pu devenir&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Nul besoin d’être mélancolique. Il faut simplement être conscient que, parfois, il s’agit de peu de choses pour faire basculer notre existence d’un bord ou de l’autre. Si l&#8217;on considère l&#8217;amour et la haine ou le bonheur et le malheur comme étant des émotions qui s&#8217;opposent par nature entre elles, il faut pourtant reconnaître que entre l&#8217;une et l&#8217;autre il n&#8217;y a souvent qu&#8217;une question de degré. Et c&#8217;est la même chose entre ce que nous sommes et que nous aurions pu devenir.</p>
<p style="text-align:justify;">Je vous entends déjà avec vos mots à la bouche, notamment celui du mérite. Il est évident que je mérite le milieu dans lequel je suis né; je mérite tout autant la famille merveilleuse qui a su m&#8217;élever et m&#8217;éduquer convenablement; tout le crédit de mon intelligence me revient, c&#8217;est ce qui m&#8217;a permis, entre autre, d&#8217;étudier à l&#8217;université; et je peux me considèrer comme étant un être astucieux puisque j&#8217;ai su faire les bons choix au moment opportun.</p>
<p style="text-align:justify;">Ne suis-je pas le seul et unique responsable de ma situation actuelle?</p>
<p style="text-align:justify;">Bien sûr, je fais de l&#8217;ironie! Mais, lorsque vous serez porté à juger l’autre en vous glorifiant d’être comme ceci et de croire en votre supériorité, rappelez-vous que vous cohabitez avec une créature qui porte en elle les circonstances qui auraient pu faire de vous un être tout a fait différent.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/250/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/250/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/250/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/250/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=250&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Les premières impressions</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Jan 2008 08:45:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
				<category><![CDATA[Caractéristique humaine]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a quelques années, lors de mes études collégiales, j&#8217;ai eu une discussion avec mon ami P. Entre deux cours, on s&#8217;assoyait presque toujours sur un banc au 4e étage de notre établissement collégial et on examinait les gens qui circulaient dans le corridor. Un jour, P. me fit la remarque suivante : « [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=213&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Il y a quelques années, lors de mes études collégiales, j&#8217;ai eu une discussion avec mon ami P. Entre deux cours, on s&#8217;assoyait presque toujours sur un banc au 4e étage de notre établissement collégial et on examinait les gens qui circulaient dans le corridor. Un jour, P. me fit la remarque suivante : « la première impression que nous avons d&#8217;une personne est toujours la bonne. » Je n&#8217;étais pas tout a fait d&#8217;accord avec cette affirmation puisqu&#8217;il me semblait que notre jugement pouvait souvent être faussé par plusieurs facteurs, notamment par nos expériences passées.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Les premières impressions nous en apprennent beaucoup sur une personne si, et seulement si, nous savons faire bon usage de notre faculté de « cognition rapide ». Le métier de policier comprend plusieurs situations où cette propriété est mise à l&#8217;épreuve : un policier se doit d&#8217;agir rapidement, mais il arrive que les actions de ce dernier soient conditionnées à outrance par sa subjectivité et ses expériences passées; il pourrait alors tirer plus rapidement sur une personne de couleur noire que sur un Blanc sans que le Noir soit responsable d&#8217;un crime, mais bien parce que l&#8217;agent de police aurait, a priori, une grande méfiance vis-à-vis des personnes de race noire. Jusqu&#8217;à tout récemment, aux États-Unis, la plupart des gens pensaient et agissaient avec des présuppositions raciales de la sorte.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Les mentalités collectives n&#8217;évoluent pas rapidement et il est difficile de faire abstraction de notre mode de pensée façonné depuis la période de l&#8217;enfance. Cependant, si nous nous devons de faire preuve de logique, plusieurs situations se présentent à nous où il nous faut réagir rapidement. L&#8217;exemple du policier se retrouve dans le livre <em>Blink</em>, le plus récent ouvrage de Malcom Gladwell, journaliste au New Yorker. « Blink » signifie penser sans penser, soit ces courts moments qui durent à peine deux secondes où notre cerveau doit traiter rapidement l&#8217;information et nous fournir des conclusions sur la façon dont on doit conduire nos actions. Gladwell invente un nouveau terme pour définir ce procédé, soit celui du « thin slicing », c&#8217;est-à-dire notre capacité à donner un sens à des situations fondées sur un minimum de connaissances et d&#8217;expériences. Pratiquement chaque jour de notre vie, nous sommes confrontés à ces deux premières secondes : lorsque nous rencontrons quelqu&#8217;un pour la première fois, lorsque nous lisons les premières lignes d&#8217;un livre ou lorsqu&#8217;un employeur fait passer des gens en entrevue.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">La cognition rapide, argue M. Gladwell, est très rationnelle : on réfléchit, mais plus rapidement qu&#8217;en temps normal. Un urgentologue se doit d&#8217;utiliser constamment cette faculté puisqu&#8217;il ne peut exiger que tous les patients reçoivent un examen complet; il doit reconnaître rapidement la condition médicale de l&#8217;individu avec le peu de connaissances qu&#8217;il possède.</font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana">
<p align="justify">Voici un exemple où notre cognition rapide fait défaut : un individu de grande taille a davantage de chance d&#8217;être engagé lorsqu&#8217;il postule pour un nouvel emploi.</font></font><font size="2"><font face="Verdana"> </font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<blockquote>
<p align="justify">I called up several hundred of the Fortune 500 companies in the U.S. and asked them how tall their CEOs were. And the answer is that they are almost all tall. Now that&#8217;s weird. There is no correlation between height and intelligence, or height and judgment, or height and the ability to motivate and lead people. But for some reason corporations overwhelmingly choose tall people for leadership roles. I think that&#8217;s an example of bad rapid cognition: there is something going on in the first few seconds of meeting a tall person which makes us predisposed toward thinking of that person as an effective leader. (<a target="_blank" href="http://www.gladwell.com/blink/index.html">Malcom Gladwell</a>)</p>
</blockquote>
<p align="justify">Je crois que cette faculté est très utile puisqu’il se présente souvent des situations où nous n’avons pas le temps de réfléchir longuement. Cependant, et bien que nos premières impressions peuvent se rapprocher de la réalité, est-ce que l&#8217;essence d&#8217;un individu peut se résumer en deux secondes? Sommes-nous l&#8217;addition cumulée des premières impressions des gens qui nous côtoient? Peut-être que nous vivons désormais dans un monde où l’idée de « seconde chance » est abolie et que nous préférons suivre l’adage du « nous n’avons jamais une deuxième chance de faire une bonne première impression ».</p>
<p align="justify">D’un côté nous avons de la difficulté à répondre à la question du « qui je suis » et nous remettons souvent en question notre existence et nos choix de vie, mais d’un autre côté nous jugeons rapidement l’être en face de nous; on lui accole une étiquette, on le classe dans une filière et on l’abandonne. Mais, je crois que nous y gagnerions peut-être à examiner un individu dans sa totalité, dans son intégrité. Je ne suis pas la somme de mes expériences passées et je ne suis pas le peu de choses que vous savez de moi.</p>
<blockquote>
<p align="justify">À dire « il est de notoriété publique que », on ne fait qu&#8217;invoquer un cliché, que commencer à banaliser l&#8217;expérience, et ce qui est insupportable, c&#8217;est l&#8217;autorité sentencieuse des gens quand ils répètent ce cliché. Ce que nous savons, hors clichés, c&#8217;est que personne ne sait rien. On ne peut rien savoir. Même les choses que l&#8217;on sait, on ne les sait pas. Les intentions, les mobiles, la logique interne, le sens des actes? C&#8217;est stupéfiant, ce que nous ne savons pas. Et plus stupéfiant encore, ce qui passe pour savoir. (<strong><em>Philip Roth &#8211; La tache</em></strong>)</p>
</blockquote>
<p></font></font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/213/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/213/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/213/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/213/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/213/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/213/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/213/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/213/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/213/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/213/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/213/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/213/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/213/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/213/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/213/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/213/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=213&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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