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	<title>l'Insomniaque &#187; esprit</title>
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	<description>Quand on souffre d'insomnie, on n'est jamais vraiment endormi et on n'est jamais vraiment éveillé.</description>
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		<title>La mémoire des choses et la conscience du temps sont au coeur de la complexité humaine</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Mar 2009 04:17:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Comme la vue est un sens trompeur, un corps humain, même aimé, comme était celui d’Albertine, nous semble, à quelques mètres, à quelques centimètres, distant de nous. Et l’âme qui est à lui de même. Seulement, que quelque chose change violemment la place de cette âme par rapport à nous, nous montre qu’elle aime d’autres êtres et pas nous, alors, aux battements de notre cœur disloqué, nous sentons que c’est, non pas à quelques pas de nous, mais en nous, qu’était la créature chérie. En nous, dans des régions plus ou moins superficielles. »</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait du récit <a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Sodome_et_Gomorrhe" target="_blank"><em>Sodome et Gomorrhe</em></a> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Proust" target="_blank">Marcel Proust</a>, <a href="http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%80_la_recherche_du_temps_perdu" target="_blank">quatrième volume</a> du roman <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_la_recherche_du_temps_perdu" target="_blank">À la recherche du temps perdu</a>.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;"><strong>La dichotomie entre la rationalité et les émotions</strong></p>
<p style="text-align:justify;">À mon avis, l&#8217;opposition traditionnelle entre la pensée cartésienne et pascalienne ne permet pas de bien saisir la nature humaine dans toute sa complexité. La dualité entre le « corps et l&#8217;esprit » est galvaudée et surfaite. Cette dualité est souvent décrite comme étant un choix délibéré qui s&#8217;offre à nous entre la voie de la réflexion et celle de la spontanéité.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;être humain est en mesure de produire une réflexion rationnelle sans qu&#8217;il en ait réellement conscience. La « cognition rapide », terme inventé par le journaliste et auteur populaire <a href="http://www.gladwell.com/" target="_blank">Malcolm Gladwell</a> dans son ouvrage <a href="http://www.gladwell.com/blink/index.html" target="_blank"><em>Blink</em></a>, facilite un traitement rapide de l&#8217;information afin de nous fournir des conclusions sur la façon dont il faut conduire nos actions, et ce, avec le peu de connaissances en notre possession.</p>
<p style="text-align:justify;">Un urgentologue qui se doit de décider lequel parmi ses patients est dans une situation critique et doit être opéré en priorité, un policier qui se retrouve dans une situation où l&#8217;utilisation de son arme à feu semble justifiée et tout individu qui rencontre quelqu&#8217;un pour la première fois, sont des exemples où la cognition rapide est sollicitée. Si l&#8217;être humain était dépourvu de sa faculté de « cognition rapide », il lui serait impossible d&#8217;agir lorsque la situation demande une réponse quasi-instantanée.</p>
<p style="text-align:justify;">Le cas célèbre de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Phineas_Gage" target="_blank">Phineas P. Gage</a>, contremaître des chemins de fer, mérite d&#8217;être mentionné. Le 13 septembre 1848, Gage travaille au dynamitage de rochers lorsqu&#8217;une barre de fer lui traverse le crâne et provoque des dommages aux lobes frontaux de son cerveau. Phineas survit à ce traumatisme crânien, mais la partie émotionnelle de son cerveau est affectée, causant dès lors des effets négatifs sur son comportement social et personnel et le laissant dans un état instable et asocial.</p>
<p style="text-align:justify;">Si l&#8217;état post-traumatique de Gage démontre que le rôle des émotions chez l&#8217;Homme va au-delà d&#8217;une simple réaction à des stimuli de l&#8217;environnement immédiat, un individu qui subit un traumatisme crânien causant des lésions à son cortex cérébral, section de notre cerveau qui affecte la rationalité, subira différents troubles neurologiques qui auront des effets tout autant dévastateurs que ceux ressentis par Gage. Notons simplement qu&#8217;une des formes courantes de dégénérescence des cellules neurales est celle de la maladie d&#8217;alzheimer où l&#8217;on observe une diminution des capacités cognitives du sujet.</p>
<p style="text-align:justify;">Selon <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Damasio" target="_blank">Antonio Damasio</a>, spécialiste en neurologie, l&#8217;être humain ne peut pas prendre une décision sans le « module » émotionnel de son cerveau. Aux yeux de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Descartes" target="_blank">René Descartes</a>, penseur qui a ouvert la grande aventure de la pensée moderne, l&#8217;Homme peut atteindre la vérité à condition qu&#8217;il utilise sa raison et les préceptes avancés par la philosophie cartésienne du doute méthodique. Dans son ouvrage <em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Descartes%27_Error:_Emotion,_Reason,_and_the_Human_Brain" target="_blank">L&#8217;Erreur de Descartes</a></em>, Damasio va à l&#8217;encontre de l&#8217;idée cartésienne du dualisme entre raison et émotions en présentant plutôt ses deux identités comme étant interreliées.</p>
<p style="text-align:justify;">Il existe néanmoins une dualité qui est rarement abordée dans les discussions, soit celle qui a lieu dans notre esprit entre la mémoire volontaire et la mémoire involontaire.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La mémoire </strong><strong>de l&#8217;intelligence</strong></p>
<p><strong></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Regardez la réalité : qui parle d&#8217;âme ou de profondeur psychologique aujourd&#8217;hui? Le XXe siècle, c&#8217;est le triomphe d&#8217;une explication scientifique du monde, le triomphe d&#8217;une ontologie matérialiste et du déterminisme local. Dorénavant, pour expliquer un comportement humain, on dresse la liste d&#8217;un certain nombre de paramètres numériques : hormones, neuromédiateurs&#8230; et puis voilà. »</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait d&#8217;une entrevue accordée en 1998 par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Houellebecq" target="_blank">Michel Houellebecq</a> au magazine <a href="http://www.lire.fr/" target="_blank"><em>Lire</em></a>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Considéré comme le père de la sociologie, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_Comte" target="_blank">Auguste Comte</a> est surtout reconnu en tant que fondateur du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Positivisme" target="_blank">positivisme</a> et partisan du triomphe de la raison sur les autres facultés de l&#8217;esprit humain. Philosophie qui s&#8217;appuie sur les sciences dites positives, aujourd&#8217;hui appelées sciences exactes, le positivisme postule que le scientifique doit renoncer à la question du « pourquoi » et se limiter au « comment » afin que la progression des connaissances humaines ne soit pas tributaire des croyances théologiques et des explications métaphysiques.</p>
<p style="text-align:justify;">Les partisans de cette philosophie estiment que pour expliquer la réalité des faits, il faut utiliser les méthodes scientifiques que sont notamment l&#8217;observation et l&#8217;expérimentation. Aujourd&#8217;hui, le néopositivisme n&#8217;a conservé des théories de Comte que le recours aux faits. Une idée qui n&#8217;est pas basée sur des faits et réductible à un processus de réflexion rationnelle doit être rejetée.</p>
<p style="text-align:justify;">Michel Houellebecq est l&#8217;un des écrivains dont la pensée positiviste influence les écrits et c&#8217;est notamment le cas dans l&#8217;ouvrage <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Particules_%C3%A9l%C3%A9mentaires" target="_blank"><em>Les particules élémentaires</em></a> où nous retrouvons plusieurs citations d&#8217;Auguste Comte placées en exergue en début de chapitre. Houellebecq &#8211; qui me semble être un partisan du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Scientisme" target="_blank">scientisme</a>, théorie selon laquelle la connaissance scientifique permettrait d&#8217;échapper à l&#8217;ignorance dans tous les domaines &#8211; est d&#8217;avis que le roman doit constituer un témoignage sur la condition psychologique de l&#8217;Homme contemporain. L&#8217;écrivain se doit alors d&#8217;intégrer l&#8217;état actuel des connaissances humaines afin d’éviter que l&#8217;art romanesque devienne purement et simplement un processus de « l&#8217;écriture pour l&#8217;écriture ».</p>
<p style="text-align:justify;">Pour ce faire, il doit s&#8217;affranchir d&#8217;une écriture personnelle et éviter une ligne directrice en fonction de ses désirs intimes. L&#8217;art romanesque, selon Houellebecq, ne doit plus se limiter à un rôle de simple divertissement. Le roman doit avoir une fonction informationnelle au même titre qu&#8217;un ouvrage scientifique. En lisant les ouvrages de cet écrivain français, on se rend compte que la science, la technologie et l&#8217;histoire se côtoient et que leur amalgame tend à vouloir créer une vision objective de la réalité.</p>
<p style="text-align:justify;">Les procédés littéraires employés par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Umberto_Eco" target="_blank">Umberto Eco</a> ont des similitudes avec celles d&#8217;Houellebecq. On retrouve dans les romans d&#8217;Eco, notamment <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Nom_de_la_rose" target="_blank">Le Nom de la rose</a></em> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Pendule_de_Foucault" target="_blank">Le</a><em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Pendule_de_Foucault" target="_blank"> Pendule de Foucault</a>, </em>une multitude de références philosophiques et historiques et à partir desquelles le lecteur n&#8217;est pas toujours en mesure de départager la fiction de la réalité et l&#8217;opinion de l&#8217;auteur des faits historiques établis. Les deux auteurs s&#8217;interrogent sur la démarche scientifique de leur monde immédiat et si l&#8217;on peut considérer la « méthode houellebecquienne » comme étant moralisatrice, l&#8217;érudition d&#8217;Eco &#8211; il est notamment spécialiste en sémiologie et en esthétique médiévale tout en ayant une formation académique en philosophie &#8211; vise à « débusquer du sens là où on serait porté à ne voir que des faits ».</p>
<p style="text-align:justify;">La similarité épistémologique que nous retrouvons entre les écrivains Auguste Comte, Michel Houellebecq et Umberto Eco se situe au niveau de leur perception des connaissances humaines, emmagasinées grâce à la mémoire de l&#8217;intelligence, qui seraient en mesure de restituer la réalité humaine dans son intégralité.</p>
<p style="text-align:justify;">La mémoire des choses &#8211; ou la mémoire volontaire de l&#8217;intelligence - s&#8217;apparente à la photographie, à savoir qu&#8217;elle est figée dans le temps et qu&#8217;elle ne donne qu&#8217;une parcelle de la réalité, unilatérale et momentanée. Grâce à notre intelligence, nous pouvons nous rappeler une sélection d&#8217;événements passés, mais ceux-ci demeureront toujours fragmentés.</p>
<p style="text-align:justify;">Une analyse exhaustive de l&#8217;oeuvre d&#8217;un écrivain et une reconstitution du passé d&#8217;un être humain seront toujours inachevées. Nous ne sommes pas uniquement la somme de nos expériences; nous ne sommes pas la somme de ce que nous écrivons. Il y a une « chose » qui demeure insaisissable à notre intellect et que la mémoire volontaire ne sera jamais à même de décrire. Marcel Proust, dont la philosophie bergsonienne a influencé sa pensée, a fait de cette « chose » la thématique principale de l&#8217;oeuvre de sa vie.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La réminiscence des souvenirs</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« J&#8217;ai vraiment perdu la notion du temps. Si on n&#8217;a plus de centre émotionnel&#8230; <em>elle s&#8217;interrompit, fit un effort, et reprit d&#8217;une voix rauque</em> &#8230;c&#8217;est ce qui arrive. Des éternités&#8230; des fractions de secondes&#8230; ça revient au même. On n&#8217;a plus le sens ordinaire des mesures. »</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait du récit <em><a href="http://www.amazon.fr/Jour-enseveli-Rosamond-Lehmann/dp/2859408630" target="_blank">Le Jour enseveli</a></em> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosamond_Lehmann" target="_blank">Rosamond Lehmann</a>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Dans ce XIXe siècle marqué par la théorie positiviste d&#8217;Auguste Comte et la prééminence de la raison en tant que seul instrument valable de la connaissance humaine, une voix dissidente émerge. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bergson" target="_blank">Henri Bergson</a> sera le premier à remettre en question la philosophie positiviste en démontrant qu&#8217;il y a une « chose » qui échappe à la science et qui ne peut être saisie par la mémoire de l&#8217;intelligence. Cette « chose », c&#8217;est l&#8217;esprit humain au prise avec sa conscience du temps. Pour Bergson, la durée du temps mesurée par le scientifique n&#8217;est pas la même chose que le temps vécu par chaque être humain ayant leur propre individualité.</p>
<p style="text-align:justify;">La thématique du temps au sein de la philosophie bergsonienne a profondément influencé Marcel Proust. <em>À la recherche du temps perdu</em> est une réflexion majeure sur l&#8217;existence même du temps, sur sa relativité et sur l&#8217;incapacité de le saisir au temps présent. La méthode positiviste de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Augustin_Sainte-Beuve" target="_blank">Charles Augustin Sainte-Beuve</a>, critique littéraire et écrivain français, où seule l&#8217;intelligence humaine serait en mesure de découvrir les intentions qui se cachent derrière l&#8217;oeuvre d&#8217;un auteur, est remise en question par Marcel Proust dans son ouvrage <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Contre_Sainte-Beuve" target="_blank">Contre Sainte-Beuve.</a></em></p>
<p style="text-align:justify;">Dans l’univers proustien, l’édifice immense du souvenir est fréquemment ébranlé par les réveils involontaires de la mémoire. Cette mémoire échappe à l’intelligence et elle ne se cache pas dans les intentions de l’auteur; elle est nulle part et partout, hors et en nous; elle peut être retrouvée, ressaisie, mais elle part et revient sans préavis.</p>
<p style="text-align:justify;">En consultant les cahiers de rédaction de Proust, nous apprenons que le premier titre envisagé était « les intermittences du cœur ». Bien que Proust ait finalement intitulé son œuvre « à la recherche du temps perdu », cette métaphore nous permet de saisir le sens de cette quête du « moi profond » à travers le temps perdu. « L&#8217;intermittence du cœur », c&#8217;est la temporalité discontinue qui existe entre le moment où notre sensibilité est vécue et celui où nous la reconstruisons et que nous comprenons sa signification.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Les réveils imprévisibles de la mémoire</strong></p>
<p><strong></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Aux troubles de la mémoire sont liées les intermittences du coeur.</p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est sans doute l&#8217;existence de notre corps, semblable pour nous à un vase où notre spiritualité serait enclose, qui nous induit à supposer que tous nos biens intérieurs, nos joies passées, toutes nos douleurs sont perpétuellement en notre possession. Peut-être est-il aussi inexact de croire qu&#8217;elles s&#8217;échappent ou reviennent.</p>
<p style="text-align:justify;">En tout cas, si elles restent en nous c&#8217;est, la plupart du temps, dans un domaine inconnu où elles ne sont de nul service pour nous, et où même les plus usuelles sont refoulées par des souvenirs d&#8217;ordre différent et qui excluent toute simultanéité avec elles dans la conscience. Mais si le cadre de sensations où elles sont conservées est ressaisi, elles ont à leur tour ce même pouvoir d&#8217;expulser tout ce qui leur est incompatible, d&#8217;installer seul en nous, le moi qui les vécut. »</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait du récit <em>Sodome et Gomorrhe</em> de Marcel Proust, quatrième volume du roman <em>À la recherche du temps perdu.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Dans l&#8217;ouvrage <em>À la recherche du temps perdu</em>, un des thèmes évoqués est l&#8217;opposition entre la mémoire volontaire (celle de l&#8217;intelligence) et les réminiscences de la mémoire involontaire (celle du subconscient). Une odeur, un bruit, et tout le décor passé peut être retrouvé. Cette mémoire nous submerge comme la vague. Il est impossible de la saisir par la voie de la raison et d&#8217;arriver à la reconstruire dans sa totalité. Cependant, elle retrouve en quelque sorte une part de vécu, fait de sensations éprouvées dans le passé. Une mémoire vivante en soi, et ce, même après de longues périodes d&#8217;hibernation.</p>
<p style="text-align:justify;">Tout ce qui fait parti du subconscient ne peut pas être retrouvé dans les écrits d&#8217;un romancier. « L&#8217;homme qui fait des vers et qui cause dans un salon n&#8217;est pas la même personne » nous rappelle Proust. Mais les réveils imprévus de la mémoire nous permettent de ressentir à nouveau cette sensibilité que l&#8217;on croyait perdue à jamais.</p>
<p style="text-align:justify;">Vos photographies, vos écrits et toutes autres formes de traces concrètes d&#8217;intelligence volontaire ne pourront pas résumer dans sa totalité votre passage sur cette Terre. S&#8217;il vous était possible de reconstruire votre existence à partir de fragments du passé, votre création ne représenterait pas le reflet de votre vie puisque, en définitive, le réel ne sera jamais en mesure de transcender « les intermittences du cœur ».</p>
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		<title>Que restera-t-il de nous?</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Oct 2008 18:57:38 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[En mars 1907, le New York Times publiait un article intitulé « Soul has weight, physician thinks » et basé sur les recherches du docteur Duncan MacDougall. Ce dernier cherchait à savoir si les fonctions psychiques du cerveau (esprit) continuaient à fonctionner en tant qu&#8217;individualité séparée du corps après la mort du cerveau (death of [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=425&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">En mars 1907, le <a href="http://www.nytimes.com/" target="_blank">New York Times</a> publiait un article intitulé <em><a href="http://query.nytimes.com/mem/archive-free/pdf?_r=1&amp;res=9D07E5DC123EE033A25752C1A9659C946697D6CF&amp;oref=slogin" target="_blank">« Soul has weight, physician thinks »</a></em> et basé sur les recherches du docteur <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Duncan_MacDougall_(doctor)" target="_blank">Duncan MacDougall</a>. Ce dernier cherchait à savoir si les fonctions psychiques du cerveau (esprit) continuaient à fonctionner en tant qu&#8217;individualité séparée du corps après la mort du cerveau (<em>death of brain and body</em>). En d&#8217;autres mots, MacDougall voulait affirmer ou infirmer de manière scientifique l&#8217;existence de l&#8217;âme humaine.</p>
<p style="text-align:justify;">Les fondateurs du site Web <a href="http://www.snopes.com" target="_blank">Snopes</a> &#8211; immense site où sont répertoriées plus de 1000 rumeurs et autres légendes contemporaines &#8211; <a href="http://www.snopes.com/religion/soulweight.asp" target="_blank">Barbara Mikkelson et David P. Mikkelson</a> sont d&#8217;avis que les résultats de l&#8217;expérience doivent être rejetés :</p>
<p style="text-align:justify;">« MacDougall&#8217;s [...] methodology [...] was suspect, [his] sample size [was] far too small, and [his] ability to measure changes in weight imprecise. For this reason, credence should not be given to the idea his experiments proved something, let alone that they measured the weight of the soul [...] His postulations on this topic are a curiosity, but nothing more. »</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, malgré le fait que les scientifiques s&#8217;entendent pour dire qu&#8217;il n&#8217;y aucune certitude sur l&#8217;existence de l&#8217;âme humaine, le résultat de cette recherche, c&#8217;est-à-dire le poids de 21 grammes qu&#8217;aurait l&#8217;âme humaine, est toujours d&#8217;actualité au sein des mythes populaires. Un film a même été réalisé en 2003 par Alejandro González Iñárritu ayant comme titre <a href="http://www.imdb.com/title/tt0315733/" target="_blank">21 grams</a>.</p>
<p style="text-align:justify;">Des individus qui n&#8217;ont pas de croyance religieuse particulière, qui se disent non-pratiquants dans les sondages et qui admettent l&#8217;existence de Dieu, mais s&#8217;en s&#8217;attarder plus qu&#8217;il faut à cette question dans leur vie quotidiennes, prennent tout de même pour acquis le principe religieux de la séparation en deux entités distinctes du corps et de l&#8217;esprit (âme). Ils rejettent l&#8217;interprétation purement matérialiste et, s&#8217;ils ne sont pas nécessairement en mesure de l&#8217;exprimer clairement, ils sont plutôt d&#8217;avis que l&#8217;essence humaine se situe à un niveau supérieur de ce qui est palpable, soit l&#8217;enveloppe corporelle. Il y a quelque chose de «  plus », disent-ils, qui nous distingue des autres espèces animales.</p>
<p style="text-align:justify;">Ainsi, le concept de l&#8217;âme humaine et, plus récemment au 20e siècle, l&#8217;expression « 21 grammes » sont devenus un mème. Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un mène (de l&#8217;anglais <em>meme</em> ainsi que du français même)? C&#8217;est un élément culturel transmis inconsciemment et de manière non génétique.</p>
<p style="text-align:justify;">Le terme a été proposé pour la première fois par <a href="http://richarddawkins.net/" target="_blank">Richard Dawkins</a> dans son ouvrage le <em><a href="http://www.amazon.fr/G%C3%A8ne-%C3%A9go%C3%AFste-Richard-Dawkins/dp/2738112439/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1224592172&amp;sr=8-1" target="_blank">Gène égoïste</a></em> publié originalement en 1976. La définition que donne Dawkins du mème correspond à une « unité d&#8217;information contenue dans un cerveau, échangeable au sein d&#8217;une société ». Il résulte d&#8217;une hypothèse selon laquelle les cultures évolueraient comme les êtres vivants, par variations et sélection naturelle. À l&#8217;instar du gène, le mème serait l&#8217;unité de base dans cette évolution.</p>
<p style="text-align:justify;">Les mèmes englobent donc tous comportements ou connaissances non transmis par les gènes et, par conséquent, on parle ici de transmission orale, gestuelle ou écrite. Par contre, les mèmes évoluent de la même façon que les gènes, par réplication, et sont soumis à la compétition darwinienne au sein du bassin mémétique (au lieu du bassin génétique).</p>
<p style="text-align:justify;">La reproduction permet la perpétuation de l&#8217;espèce humaine dans le temps. Il y a de fortes chances que nos gènes survivent à notre mort en évoluant dans le corps d&#8217;un autre être vivant &#8211; il est à noter que malgré le fait qu&#8217;un individu n&#8217;ait aucun descendant lors de son existence, ses gènes peuvent continuer à exister, par exemple, au sein d&#8217;un neveu ou d&#8217;une nièce; on oublie trop souvent que le bagage génétique entre un frère et une sœur est le même qu&#8217;entre un parent et son enfant (soit 50%).</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, après quelques générations, nos gènes risquent de disparaître ou, a tout de moins, de se retrouver en quantité minime à l&#8217;intérieur d&#8217;individus de notre lignée &#8211; je ne crois pas qu&#8217;il y ait beaucoup de gènes en commun entre Élizabeth II, la reine actuelle de l&#8217;Angleterre, et George Ier, premier roi de la Maison de Hanovre (1714-1727).</p>
<p style="text-align:justify;">Voici un extrait de l&#8217;ouvrage le gène égoïste où Dawkins donne des exemples de mèmes, notamment l&#8217;idée de l&#8217;existence de Dieu et de la notion de la vie après la mort :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Examples of memes are tunes, ideas, catch-phrases, clothes fashions, ways of making pots or of building arches. Just as genes propagate themselves in the gene pool by leaping from body to body via sperms or eggs, so memes propagate themselves in the meme pool by leaping from brain to brain via a process which, in the broad sense, can be called imitation. If a scientist hears, or reads about, a good idea, he passed it on to his colleagues and students. He mentions it in his articles and his lectures. If the idea catches on, it can be said to propagate itself, spreading from brain to brain. As my colleague N.K. Humphrey neatly summed up an earlier draft of this chapter: &#8220;memes should be regarded as living structures, not just metaphorically but technically. When you plant a fertile meme in my mind you literally parasitize my brain, turning it into a vehicle for the meme&#8217;s propagation in just the way that a virus may parasitize the genetic mechanism of a host cell. And this isn&#8217;t just a way of talking &#8211; the meme for, say, &#8220;belief in life after death&#8221; is actually realized physically, millions of times over, as a structure in the nervous systems of individual men the world over.&#8221;</p>
<p style="text-align:justify;">Consider the idea of God. We do not know how it arose in the meme pool. Probably it originated many times by independent &#8220;mutation&#8221;. In any case, it is very old indeed. How does it replicate itself? By the spoken and written word, aided by great music and great art. Why does it have such high survival value? Remember that &#8220;survival value&#8221; here does not mean value for a gene in a gene pool, but value for a meme in a meme pool. The question really means: What is it about the idea of a god that gives it its stability and penetrance in the cultural environment? The survival value of the god meme in the meme pool results from its great psychological appeal. It provides a superficially plausible answer to deep and troubling questions about existence. It suggests that injustices in this world may be recified in the next. The &#8220;everlasting arms&#8221; hold out a cushion against our own inadequacies which, like a doctor&#8217;s placebo, is none the less effective for being imaginary. These are some of the reasons why the idea of God is copied so readily by successive generations of individual brains. God exists, if only in the form of a meme with high survival value, or infective power, in the environment provided by human culture. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Lorsqu&#8217;on considère l&#8217;existence humaine du point de vue mémétique, la vie perd de son absurdité.</p>
<p style="text-align:justify;">La première étape que doit franchir l&#8217;homme absurde, selon Camus, c&#8217;est celle de la révolte. La révolte joue le même rôle que le cogito de Descartes au niveau de la pensée, elle est la première évidence : je pense donc je suis&#8230; l’existence humaine est absurde, je me révolte. Et ma révolte face au non-sens de la vie témoigne que, paradoxalement, la vie humaine a finalement un sens.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;homme révolté devient alors l&#8217;homme libéré. Au « je me révolte donc nous sommes » nous devons rajouter le « nous sommes seuls ». « Dieu est mort » et tout est donc permis au sens où nous pouvons épuiser la vie dans toutes ses possibilités. Ce fameux « tout est permis » ne légitime pas pour autant tous les crimes. Il veut dire que tout acte implique des conséquences qu’il nous faut mesurer de par notre propre éthique. Nous sommes les seuls responsables de nos actes.</p>
<p style="text-align:justify;">Finalement, l&#8217;homme révolté conscient de sa liberté doit ultimement faire vivre « sa passion ». Être passionné, selon Camus, c’est multiplier les expériences lucides (éthique de la quantité) : « Sentir sa vie, sa révolte, sa liberté, et le plus possible, c’est vivre et le plus possible. Là où la lucidité règne, l’échelle des valeurs devient inutile&#8230; Le présent et la succession des présents devant une âme sans cesse consciente, c’est l’idéal de l’homme absurde ».</p>
<p style="text-align:justify;">Et c&#8217;est à cette étape que les mèmes prennent tout leur sens : vivre passionnément, en propageant ses idées et en influençant positivement les gens qui nous entourent. Après trois générations, il y a peu de chance que les gens se souviennent de nous. Mon enfant et mes petits-enfants vont probablement avoir quelques traits physiques en commun avec les miens, peut-être aussi vont-ils avoir certains de mes talents; mais, à chaque génération, mes gènes diminuent de moitié et cela ne prend pas beaucoup de temps, seulement quelques générations, avant que les proportions ne soient négligeables.</p>
<p style="text-align:justify;">Alors, que restera-t-il de nous? (et non de nos amours comme le chante Charles Trenet).</p>
<p style="text-align:justify;">Il restera nos mènes, c&#8217;est-à-dire tous ce que l&#8217;on transmet aux gens que l&#8217;on côtoie. Nous contribuons, tous, à notre manière à l&#8217;enrichissement de la culture mondiale. Les gènes de Socrate, Beethoven, Davinchi et Copernic sont disparus de la surface de la Terre. Pourtant, leur présence est toujours vivante au sein de notre culture.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais, ce n&#8217;est pas seulement les mènes des personnages historiques qui sont transmis et qui perdurent dans le temps. Tout est précieux. Nous ne pouvons jamais mesurer précisément l’influence de nos actions sur l’existence humaine. La plupart de nos gestes et/ou paroles demeurent incrustés à jamais dans les souvenirs de gens sans que nous en soyons conscients. L’effet généré par vos gestes quotidiens, le plus petit qui soit, peut engendrer des conséquences considérables&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Je conclus mon propos sur une note positive. Comme Dawkins l&#8217;énonce, au lieu d&#8217;examiner l&#8217;évolution de l&#8217;Homme au niveau de l&#8217;espèce comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Darwin" target="_blank">Charles Darwin</a> l&#8217;énonça en 1859 dans l&#8217;ouvrage <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Origine_des_esp%C3%A8ces" target="_blank"><em>l&#8217;origine des espèces</em></a>, il faut étudier la sélection naturelle en fonction des gènes de l&#8217;espèce. Alors, ce n&#8217;est pas l&#8217;espèce qui est égoïste, mais ses gènes.</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, l&#8217;espèce humaine a la possibilité d&#8217;outrepasser les directives biologiques de son organisme. L&#8217;être humain est la seule espèce qui refuse d&#8217;être ce qu&#8217;elle est, mais aussi la seule qui peut être autre chose que son code génétique lui dicte!</p>
<p style="text-align:justify;">Je vous laisse sur la conclusion optimiste du livre le gène égoïste de Richard Dawkins :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« It is possible that yet another unique quality of man is a capacity for genuine, desinterested, true altruism. I hope so, but I am not going to argue the case one way or another, nor to speculate over its possible memic evolution. The point I am making now is that, even if we look on the dark side and assume that individual man is fundamentally selfish, our conscious foresight &#8211; our capacity to simulate the future in imagination &#8211; could save us from the worst selfish excesses of the blind replicators. We have at least the mental equipment to foster our long-term selfish interests rather than merely our short-term selfish interests.</p>
<p style="text-align:justify;">We can see the long-term benefits of participating in a &#8220;conspiracy of doves&#8221;, and we can sit down together to discuss ways of making the conspiracy work. We have the power to defy the selfish genes of our birth and, if necessary, the selfish memes of our indoctrination. We can even discuss ways of deliberately cultivating and nurturing pure, disinterested altruism &#8211; something that has no place in nature, something that has never existed before in the whole history of the world.</p>
<p style="text-align:justify;">We are built as gene machines and cultured as meme machines, but we have the power to turn against our own creators. We, alone on earth, can rebel against the tyranny of the selfish replicators. »</p>
</blockquote>
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		<title>Le point d&#8217;équilibre</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Oct 2007 00:42:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
				<category><![CDATA[Caractéristique humaine]]></category>
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		<description><![CDATA[En microéconomie, on décrit le point d&#8217;équilibre comme étant la rencontre entre les courbes de l&#8217;offre et de la demande sur un graphique donné. C&#8217;est une stabilité théorique où les producteurs sont prêts à vendre la même quantité de biens que les consommateurs veulent en acheter. Pour que cette théorie soit toujours valable, il faut [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=199&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">En microéconomie, on décrit le point d&#8217;équilibre comme étant la rencontre entre les courbes de l&#8217;offre et de la demande sur un graphique donné. C&#8217;est une stabilité théorique où les producteurs sont prêts à vendre la même quantité de biens que les consommateurs veulent en acheter. Pour que cette théorie soit toujours valable, il faut que deux prémisses soient toujours respectées.</p>
<p align="justify">D&#8217;abord, nous devons être en présence d&#8217;une concurrence parfaite entre les agents économiques et de plus, l&#8217;<em>homo œconomicus</em> (terme créé par le sociologue Pareto), soit l&#8217;homme en tant qu&#8217;agent économique, doit se conduire comme un être parfaitement rationnel agissant toujours en fonction de la maximisation de sa satisfaction.</p>
<p align="justify">Dans les cas où ces ceux prémisses ne sont pas respectées, on parle d&#8217;une approximation du fonctionnement des marchés.</p>
<p align="justify">Le sociologue français Pierre Bourdieu a critiqué cette théorie de Pareto dans l&#8217;ouvrage <em>les structures sociales de l&#8217;économie</em> : « le mythe de l&#8217;<em>homo œconomicus</em> et de la <em>rational action theory</em> sont des formes paradigmatiques de l&#8217;illusion scolastique qui portent le savant à mettre sa pensée pensante dans la tête des agents agissants et à placer au principe de leurs pratiques, c&#8217;est-à-dire dans leur « conscience », ses propres représentations spontanées ou élaborées ou, au pire, les modèles qu&#8217;il a dû construire pour rendre raison de leurs pratiques. »</p>
<p align="justify">Ce que dit Bourdieu, en somme, c&#8217;est que la théorie de Pareto repose sur des hypothèses comportementales, alors que nous savons fort bien que les gens ont tous leurs petites habitudes liées à leur passé et à leur milieu environnant. Les individus recherchent peut-être dans l&#8217;idéal à maximiser leurs intérêts, mais ce n&#8217;est pas toujours selon des critères rationnels explicites, d’autant plus qu’au niveau biologique, la rationalité n’est pas la seule composante qui nous influence.</p>
<p align="justify">Notre cerveau est divisé en trois parties : le cortex (hémisphère cérébral) nous permet, notamment de raisonner, le système limbique (l&#8217;hippocampe, le complexe amygdalien et l&#8217;hypothalamus) joue un rôle très important dans diverses émotions et finalement, la partie reptilienne agit sur nos instincts les plus primitifs comme la survie de l&#8217;espèce et la reproduction.</p>
<p align="justify">Chaque fois que nous devons prendre une décision, une ou plusieurs de ces parties de notre cerveau est sollicitées. Ainsi, que ce soit en économie ou dans la vie de tous les jours, l&#8217;équilibre est une approximation. On souhaite mener une vie équilibrée, avoir une alimentation équilibrée et avoir une santé mentale équilibrée… mais nous ne pouvons pas définir clairement ce que signifie le terme « équilibré » qui varie par ailleurs pour chaque sujet. L&#8217;équilibre est donc toujours relatif.</p>
<p align="justify">Si nous recherchons constamment à redéfinir notre point d&#8217;équilibre, vivre signifie pourtant, et paradoxalement, être en état de tension entre deux éléments : tels le yin et le yang, le blanc et le noir, l&#8217;amour et la haine, la vie est faite de contraste et nous ne pouvons pas connaître l&#8217;un sans avoir connu l&#8217;autre. Pour apprécier le plaisir, il faut avoir connu la souffrance de même que la tristesse nous fait apprécier nos moments de joie et de bonheur.</p>
<p align="justify">En fait, ce que nous expérimentons au cours de notre vie se situe sur un axe entre deux extrêmes et tout n&#8217;est qu&#8217;une question de degrés : petit plaisir, grande souffrance, tristesse passagère, etc. Notre équilibre, l’état de stabilité du corps et de l&#8217;esprit, est menacé par la tension inhérente à la vie.</p>
<p align="justify">Certaines interrogations s’imposent donc :</p>
<ol>
<li>
<p align="justify">Peut-on, parfois, outrepasser les dissonances cognitives?</p>
</li>
<li>
<p align="justify">Est-il possible de concilier notre désir immédiat avec notre ambition future?</p>
</li>
<li>
<p align="justify">Sommes-nous condamnés à être désillusionnés par le clivage entre notre monde imaginaire (celui de la pensée) et celui de notre existence et perçu à l&#8217;aide de nos sens?</p>
</li>
</ol>
<p align="justify">Bonne lecture!</p>
<p align="justify"><strong>Encore ces satanées dissonances cognitives</strong></p>
<p align="justify">En juin dernier, je rédigeai un texte où je donnai mes impressions sur la dissonance cognitive. Bien que je ne sois pas un expert dans le domaine de la psychologie, je crois avoir réussi à résumer le concept, et ce, autant par des termes théoriques qu’en exemples pratiques qui s’appliquent dans la vie de tous les jours.</p>
<p align="justify">Je concluais mon texte par une observation personnelle : l’inconsistance est, à certains égards, l’une des particularités qui fait partie de la beauté de l’être humain puisque, après tout, c’est ce qui nous distingue, d’une part, des autres espèces animales qui réagissent en suivant leur instinct et, d’autre part, des machines que nous avons programmées pour qu&#8217;elles répètent le même procédé indéfiniment.</p>
<p align="justify">Rappelons brièvement en quoi consiste la dissonance cognitive.</p>
<p align="justify">On utilise ce concept chaque fois qu&#8217;un individu est en présence de deux cognitions incompatibles. L’individu prend alors conscience que la nouvelle cognition qui affecte son cerveau s&#8217;avère être la bonne (c’est-à-dire celle à suivre en toute logique), mais il préfère appliquer un principe de réduction et faire abstraction de cette nouvelle information.</p>
<p align="justify">Par exemple, peu importe comment vous nuancez vos propos, fumer est nocif pour votre santé. Si vous décidez, en toute connaissance de cause, de continuer à fumer, vous allez utiliser des stratégies qui visent à rétablir un équilibre cognitif dans votre cerveau.</p>
<p align="justify">Fréquemment, notre cerveau est la proie de cognitions incompatibles entre elles et je me rends compte qu&#8217;il est parfois (pour ne pas dire souvent) difficile d&#8217;être toujours logique; même lorsque nous savons que nous ne devons pas faire tel geste, il arrive que nous le fassions tout de même.</p>
<p align="justify">Comme je l’écrivais aussi dans mon texte sur la dissonance cognitive, je crois que lorsque nous sommes, par exemple, en état d’ébriété, nous devons tendre le plus possible vers une logique absolue et, de ce fait, « nous montrer plus fort que la dissonance ».</p>
<p align="justify">Puisque même si notre désir immédiat (continuer à boire, se rendre à la maison le plus rapidement possible et par nos propres moyens ou bien ne pas dépenser de l&#8217;argent pour un trajet en taxi) est celui qui nous vient souvent en premier à l&#8217;esprit, il faut utiliser notre logique et se montrer « raisonnable ».</p>
<p align="justify">Je crois que nous pouvons arriver à vivre avec les cognitions contradictoires qui nous influencent quotidiennement en trouvant un juste milieu, soit un équilibre, entre une idiosyncrasie et une cohérence cognitive : comme le scientifique qui tend vers l’objectivité, il faut, en tant qu’être humain, tendre vers un niveau de rationalité élevé sans toutefois perdre de vue que ce sont parfois les petits détails insignifiants de notre vie qui nous permettent de nous définir dans notre manière d’être et de nous différencier de tous et chacun.</p>
<p align="justify"><strong>I want or I should</strong></p>
<p align="justify">Dans le cerveau humain, il y a constamment une tension entre ce que l’on veut faire et ce que l’on devrait faire. En tant qu&#8217;individu, nous vivons dans un état de conflit quotidien entre notre désir présent et notre ambition future. Dans leur ouvrage collectif <em>Negociating with Yourself and Losing</em>, Bazerman, Tenbrunsel et Wade expliquent que ce conflit domine toujours le processus de prise de décision chez l&#8217;être humain.</p>
<p align="justify">Regardez attentivement votre vie de tous les jours. Des résolutions délaissées à la mi-janvier, un programme de conditionnement physique abandonné après quelques semaines ou encore une promesse de cesser les excès d’alcool après avoir eu la tête dans l’évier de la cuisine durant toute la soirée!</p>
<p align="justify">Nous vivons en état continu de légèreté. Après tout, puisque notre vie est éphémère et ne se répète pas, aussi bien la vivre intensément et sans se soucier du lendemain! Et s&#8217;il s’avère que nous avons commis une erreur, nous aimons bien utiliser cette phrase clichée « si j’avais su ». Nous sommes en quelque sorte tous des petits historiens puisque nous préférons vivre d&#8217;abord, et ensuite analyser et reconnaître la nature de nos expériences.</p>
<p align="justify">Nous sommes aussi incapables d&#8217;imaginer le futur correctement étant donné que notre point de référence est le présent et qu’une fois arrivé à ce « futur» nos émotions ne seront pas les mêmes que lorsqu&#8217;on les imaginait. Comme l’a écrit Daniel Gilbert dans son ouvrage <em>Stumbling on Happiness</em>, « bad things feel not so bad as they are imagined to feel. » Nous analysons le futur avec notre vision du présent; mais, le futur moi ne verra pas le monde comme je le vois en ce moment. Et, paradoxalement, nous travaillons quotidiennement pour embellir un être et pour devenir quelqu’un que nous allons peut-être détester!</p>
<p align="justify">Parfois, nous avons l&#8217;impression de mener un combat entre une bonne et une mauvaise conscience (comme si un ange et un démon se chamaillaient). On pourrait dire que la bonne conscience c&#8217;est le <em>should-self</em> et la mauvaise c&#8217;est le <em>want-self</em>. Je m&#8217;explique.</p>
<p align="justify">Le premier (le <em>want-self</em> ou le désir immédiat) veut des résultats rapidement : lorsque j&#8217;ai une fringale, j&#8217;ouvre un sac de chips plutôt qu&#8217;un sac de légumes puisque je veux atteindre un état satiété et je ne pense pas aux bénéfices futurs d&#8217;une bonne alimentation. Tandis que l&#8217;autre partie, le <em>should-self</em> ou l&#8217;idéal à atteindre, veut maximiser la satisfaction sur le long terme : j&#8217;investis mon argent dans des placements financiers même si je ne connais pas ce que demain me réserve.</p>
<p align="justify">Inconsciemment, dans le processus de décision, nous comparons toujours nos désirs immédiats versus nos projections futures. Cette théorie des « multiples moi » est intéressante puisqu&#8217;elle fait un contre poids à la théorie de Pareto qui conçoit l&#8217;humain comme un acteur purement rationnel et équilibré.</p>
<p align="justify">Si la théorie de Pareto s&#8217;appliquait toujours, l&#8217;être humain devrait privilégier chaque jour de l&#8217;année une alimentation saine et équilibrée. Mais, une étude de la <em>Harvard Business School</em> a démontré que ce n&#8217;est pas le cas.</p>
<p align="justify">Après avoir analysé pendant une année les produits alimentaires que les gens ont achetés sur un site de distribution en ligne, l&#8217;étude conclut qu&#8217;il existe un rapport de corrélation entre le type de produits achetés et le délai de la commande. Plus les gens achètent à l&#8217;avance plus ils ont tendance à privilégier des produits nutritifs comme des fruits et légumes, tandis que lorsqu&#8217;ils souhaitent recevoir leur commande dans un futur immédiat (demain) et combler rapidement un désir, la crème glacée et autres gâteries sont davantage achetées.</p>
<p align="justify">Mais, un équilibre intrapersonnel est possible : si la plupart des gens ne mangent pas du <em>fast-food</em> sept jours par semaine (bonne conscience), ils choisissent pourtant de se faire plaisir en s&#8217;offrant une poutine graisseuse (mauvaise conscience) tout en privilégiant un entraînement physique sporadique (bonne conscience). Ceci permet de trouver un point d&#8217;équilibre entre notre désir immédiat et l&#8217;image future que l&#8217;on voudrait projeter.</p>
<p align="justify"><strong>Monde réel/sensible versus monde imaginaire/idéationnel</strong></p>
<p align="justify">Pouvons-nous trouver le moyen de faire coexister le monde des idées avec celui des sens? C’est une question qui ne se répond pas simplement par l’affirmatif ou le négatif. Ce conflit métaphysique est au cœur même de la nature de l’être humain.</p>
<p align="justify">Tout a commencé par un cri : notre premier contact avec le monde réel en est un de type sensoriel. La suite en est une de construction et de déconstruction entre les images formées dans notre imaginaire et celles transmises par le monde extérieur.</p>
<p align="justify">Lorsque je pense au mot « pomme », plusieurs concepts me viennent spontanément à l’esprit : fruit, rouge ou vert, sucré, pommier, etc. Mais, c’est seulement l’image d’une pomme et non pas la pomme en elle-même, comme l’indique le célèbre tableau du peintre Magrite où est représentée une pomme avec comme texte « ceci n’est pas une pomme ».</p>
<p align="justify">J&#8217;ai aussi une image d&#8217;Hitler en mémoire, mais je ne l&#8217;ai jamais côtoyé. J&#8217;ai lu abondamment sur la Shoah, mais je n&#8217;ai jamais ressenti la souffrance d&#8217;un juif enfermé et torturé dans un camp de concentration durant la Seconde Guerre mondiale, malgré le fait que connaisse une certaine perception de la souffrance.</p>
<p align="justify">Le conflit entre le monde imaginaire et celui sensoriel s&#8217;opère à deux niveaux.</p>
<p align="justify">D&#8217;abord, au niveau intrapersonnel, nous sommes tiraillés entre notre idéal que nous construisons dans notre imagination et la réalité perceptible. Plusieurs personnes de mon entourage souhaitent voyager en Europe puisque ce continent semble renfermer de multiples lieux touristiques. Certains seront peut-être déçus lors de leur voyage puisque le plaisir qu&#8217;il croyait ressentir était plus grand dans leur construction imaginaire que le plaisir réel et vécu par leurs sens.</p>
<p align="justify">Puis, au niveau interpersonnel, nous sommes en opposition constante entre nos perceptions et celles des autres. Même si nous sommes tous dotés des mêmes capacités sensorielles, nos référentiels sont différents. Nous connaissons tous le bonheur, l&#8217;amour, la joie, mais nous ne les ressentons pas de la même manière puisque chacun a son propre monde idéationnel ancré dans son esprit. Parfois, ces visions se recoupent et d’autres fois, elles sont irréconciliables.</p>
<p align="justify">Les grands archétypes de l’esprit, les idées pures, sont usurpées par de simples images sensorielles. C’est David Lurie, professeur de communication, de poésie romantique et personnage principal du roman <em>Disgrâce</em> de J.M. Coetzee qui émet cette idée. Nos idées, notre façon de penser et d’envisager le monde sont en perpétuelle confrontation avec l’image que nos sens nous renvois. C’est inévitable : nous ne pouvons pas vivre dans un abri nucléaire à l’abri du monde sensoriel.</p>
<p align="justify">Utilisons un exemple universel comme l’amour. Nous ne pouvons pas ressentir de l’amour pour quelqu’un les yeux fermés et, pour ce faire, nous devons l&#8217;éprouver avec nos sens. Mais, après la rencontre entre nos sens et ceux de l&#8217;autre, il y a un moment de flottement dans notre esprit et on se demande si ce que l&#8217;on ressent convient à l&#8217;image idéalisée que nous avions de l&#8217;amour. Ainsi, un point de rencontre se forme entre d&#8217;une part notre vision de l’amour que nos idées (notre imaginaire) projettent sur notre rétine et d&#8217;autre part, notre perception réelle vécue par nos sens.</p>
<p align="justify">Ce point de rencontre, c’est la fracture entre le monde imaginaire et le monde sensible. Mais, le monde sensoriel a ses limites.</p>
<p align="justify">Même si nous savons qu’il y a quelqu’un derrière cette porte, notre vision ne peut nous l’indiquer. Notre ouïe ne perçoit pas non plus le contraste entre, d’une part, le silence de la nuit où un être est étendu seul sur son lit froid et vide et, d’autre part, l’absence de parole, lorsque le regard prend toute la place entre deux êtres qui se sentent seuls au monde. Puisque même si dans les deux cas il n&#8217;y a aucun bruit et que le silence y est maître, le monde imaginaire, lui, est en mesure de saisir la différence entre la mélancolie suscitée au sein de notre âme par la solitude d&#8217;une nuit et le bonheur ressenti lorsque l’on est en bonne compagnie.</p>
<p align="justify">Je crois que l’être humain préfère l’un ou l’autre des deux mondes, mais rarement la cohabitation entre les deux. Parfois, nous vivons dans un monde très idéalisé grâce à la force de notre imaginaire, comme c’est le cas avec l’amour. Nous voulons tomber en amour pour nous délecter du penchant que cet être a pour nous et non pas pour simplement « se sentir bien », sans se poser trop de questions et de profiter du contact réciproque que nous procure cette relation. Nous recherchons quelque chose qui serait en conformité avec notre désir et non pas avec la réalité.</p>
<p align="justify">À d’autres occasions, nous sommes très enclins vers le sensoriel. Comme le disait Yvon Deschamps, « on ne veut pas le savoir, on veut le voir ». Une semaine de vacances ne serait pas une vraie semaine de vacances si on n’en profitait pas pour explorer le monde qui nous entoure : voyages, expéditions, croisières, etc.</p>
<p align="justify">Et pourtant, un équilibre est possible, voire souhaitable. Puisque sans notre système sensoriel, l’amour et tout le reste perdent toute signification, mais pour connaître des moments pareils, notre œil se doit de se tourner à demi vers les grands archétypes de l’imagination que nous portons tous en nous!</p>
<p></font></font></p>
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		<title>Rien de neuf sous le soleil</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Jun 2007 05:26:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En ce début du mois de juin, le temps est maussade : le ciel est gris et il pleut par intermittence. Mais, la température est tout de même confortable et il annonce des éclaircies pour la journée. En fin de compte, ça pourrait être pire, ça pourrait être mieux, mais c’est tout de même acceptable. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=176&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">En ce début du mois de juin, le temps est maussade : le ciel est gris et il pleut par intermittence. Mais, la température est tout de même confortable et il annonce des éclaircies pour la journée. En fin de compte, ça pourrait être pire, ça pourrait être mieux, mais c’est tout de même acceptable.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">La température ressemble à s’y méprendre à mon état d’esprit : je vais bien, je n’ai pas à me plaindre, mais rien d’extraordinaire ne se pointe le bout du nez. Les semaines se suivent et se ressemblent. Toujours les mêmes visages et les mêmes personnes que j’aime côtoyer, mais ils me connaissent parfois mieux que moi-même et on dirait que je n’ai rien de nouveau à leur apporter.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Un projet, de nouvelles rencontres ou créer quelque chose, telles sont quelques idées que j’aimerais bien exécuter d&#8217;ici la fin de l’année 2007.</font></font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/176/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/176/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/176/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/176/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/176/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/176/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/176/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/176/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/176/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/176/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/176/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/176/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/176/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/176/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/176/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/176/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=176&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Penser</title>
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		<pubDate>Tue, 29 May 2007 00:53:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion personnelle]]></category>
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		<description><![CDATA[Entre sociabilité et solitude  Le beau temps est arrivé! C’est tellement plaisant de pouvoir marcher sur la piste cyclable en ressentant une petite brise qui nous frôle la peau de nos avant-bras dénudés. Les journées ensoleillées amènent aussi les gens à pratiquer des activités solitaires telles que le cyclisme, la marche et la lecture. L’Homme est-il un [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&#038;blog=741093&#038;post=168&#038;subd=insomniaque&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana"><strong>Entre sociabilité et solitude</strong> </font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Le beau temps est arrivé! C’est tellement plaisant de pouvoir marcher sur la piste cyclable en ressentant une petite brise qui nous frôle la peau de nos avant-bras dénudés. Les journées ensoleillées amènent aussi les gens à pratiquer des activités solitaires telles que le cyclisme, la marche et la lecture.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">L’Homme est-il un animal social ou solitaire? <a target="_blank" href="http://imdb.com/title/tt0246578/">Donnie Darko</a> rapportant les paroles de Roberta Sparow : « toute créature terrestre est appelée à mourir seule. » Au moins dix heures par jour sont allouées à des activités en solo. Ce constat n’est pas pessimiste, mais réaliste. En fait, nous sommes à la fois être social et être solitaire! Nous aimons aller au cinéma en groupe pour pouvoir commenter cette expérience; la nourriture au restaurant nous semble tellement meilleure lorsque nous la consommons en bonne compagnie. Cependant, je ne crois pas que la question soit bien posée.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana"><strong>Bête pensante </strong></font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">L&#8217;Homme est un animal qui PENSE à sociabiliser; l&#8217;Homme est un animal qui PENSE à choisir ses moments de solitude. Tout est dans la pensée. Être qui raisonne sur son temps présent, être qui relativise son temps avec celui passé, mais surtout être qui pense surtout en fonction d&#8217;un temps futur.</font></p>
<blockquote>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">C&#8217;est pis que le reste parce que je me sens responsable et complice. Par exemple, cette espèce de rumination douloureuse : j&#8217;existe, c&#8217;est moi qui l&#8217;entretiens. Moi. Le corps, ça vit tout seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c&#8217;est moi qui la continue, qui la déroule. J&#8217;existe. Je pense que j&#8217;existe. Oh! le long serpentin, ce sentiment d&#8217;exister; et je le déroule, tout doucement&#8230; Si je pouvais m&#8217;empêcher de penser! </font></font><font size="2"><font face="Verdana"><br />
(Jean-Paul Sartre, <em>La nausée</em>)</font></font></p></blockquote>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Penser, toujours penser. Lorsque nos pensées nous empêchent de dormir et dès l&#8217;instant où une idée tourne sans cesse dans notre esprit sans que nous puissions y trouver une réponse convenable, on s&#8217;enrage contre nous-mêmes et on souhaiterait pouvoir mettre notre cerveau à <em>off</em>.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Nous voulons l&#8217;amour sans la souffrance; la vie sans la mort. Cependant, la souffrance et la mort font partie de la vie, au même titre que le bonheur et l&#8217;existence. On ne doit pas les rejeter du revers de la main, ils jouent un rôle important dans nos vies.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana"><strong>Les larmes sont nécessaires</strong></font></p>
<blockquote>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Le monde est stable à présent. Les gens sont heureux; ils obtiennent ce qu&#8217;ils veulent, et ils ne veulent jamais ce qu&#8217;ils ne peuvent obtenir. Ils sont conditionnés de telle sorte que, pratiquement, ils ne peuvent s&#8217;empêcher de se conduire comme ils le doivent. [...] Mais, vous vous êtes débarrassés de tout ce qui est désagréable, au lieu d&#8217;apprendre à s&#8217;en accommoder.<br />
(Aldous Huxley, <em>Le meilleur des mondes</em>)</font></p></blockquote>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Que serait une vie sans souffrance? À première vue, le bonheur! Dans le roman <em>Le meilleur des mondes</em> d&#8217;Aldous Huxley, la société futuriste qui y est représentée semble dépourvue de mécanismes qui engendrent la souffrance. Pourtant, les gens ont fréquemment recourt à la pilule du bonheur, le soma. La dystopie d&#8217;Huxley - s&#8217;oppose à l&#8217;utopie en ce qu&#8217;au lieu de présenter un monde parfait, elle propose le pire qui soit &#8211; est fondée, entre autres, sur un système qui écrase systématiquement tout ce qui est humain. (passion, liberté, bonté, péché, etc.)</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Certes, je ne suis pas de ceux qui croient que la souffrance de l&#8217;enfant est utile : elle ne participe pas au développement d&#8217;un plan providentiel; rien ne grandiose ne surgit de cette expérience, ici ou dans un « ailleurs » comme certaines personnes le proposent. Les larmes sont nécessaires pas parce qu&#8217;il faut obligatoirement passer par la tristesse pour atteindre le bonheur, mais bien en raison du fait que les larmes sont humaines. Tout comme on ne rejette pas le mal en disant qu&#8217;il est « inhumain » puisque ceux qui tuent sont des hommes, comme ceux qui sont tués, on ne peut se contenter de dissimuler la souffrance de notre vue, sans rechercher de solution pour s&#8217;accommoder de cette condition humaine.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">L&#8217;Humain n&#8217;est pas qu&#8217;un animal jouisseur. La société d&#8217;abondance dans laquelle nous vivons nous promet constamment qu&#8217;elle a la solution pour éliminer les désagréments de la vie : pilules pour vos enfants trop hyperactifs, pilules pour votre mari qui manque de vigueur sexuelle, pilules pour grand-père qui souffre de trouble de mémoire et pilule pour vous mesdames qui êtes trop stressées! J</font><font size="2" face="Verdana">e ne dis pas qu&#8217;il ne faut pas rechercher ce qui peut améliorer notre condition humaine et que tous les bénéfices de la société moderne doivent être rejetés.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Cependant, la valeur d&#8217;une chose se mesure souvent par son contraire. Nonobstant le fait que ces termes soient subjectifs, comment connaîtrions-nous l&#8217;amour ou le bonheur si nous ne l&#8217;avons jamais mesuré par son absence? C&#8217;est souvent lorsque quelque chose nous manque que nous nous rendons compte de toute son importance; la valeur d&#8217;une vie perd tous ses repères pour un être qui est condamné à l&#8217;immortalité.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana"><strong>Rien à espérer</strong></font></p>
<blockquote>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Quand Antoine plongeait dans un lac, quand il montait le premier à l&#8217;assaut, je l&#8217;admirais parce qu&#8217;il risquait sa vie; mais vous, qu&#8217;est-ce que votre courage? J&#8217;aimais sa générosité : vous donnez sans compter vos richesses, votre temps, vos peines, mais vous avez tant de millions de vies à vivre que ce vous sacrifiez n&#8217;est jamais rien. J&#8217;aimais aussi sa fierté; un homme pareil à tous les autres, et qui choisit d&#8217;être lui-même, c&#8217;est beau; vous, vous êtes un être exceptionnel, et vous le savez; cela ne me touche pas.<br />
(Simone de Beauvoir, <em>Tous les hommes sont mortels</em>)</font></p></blockquote>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Que serait la vie sans la mort? De prime abord, le plus beau cadeau que l&#8217;on puisse imaginer.  N&#8217;est-ce pas le souhait de tous de pouvoir vivre éternellement? On connaît surtout l&#8217;écrivaine Simone de Beauvoir pour ses romans dits féministes. Mais, on oublie souvent que l&#8217;une (selon moi) de ses oeuvres les plus fondamentales est un roman philosophique intitulé <em>Tous les hommes sont mortels</em> : en 1311, Raymond Fosca boit un élixir d&#8217;immortalité et vivra ainsi à travers les âges. Progressivement, il réalisera qu&#8217;il est inhumain de vivre ainsi quand la durée de la vie des autres hommes est comptée; une vie humaine perd de son sens lorsqu&#8217;elle ne peut pas être mesurée par rapport à un espace-temps. </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Si l’on nous offrait l’immortalité sur la terre, qui est-ce qui voudrait accepter ce triste présent? C&#8217;est une des questions posées par Rousseau <em>dans l&#8217;Émile ou de l&#8217;éducation</em>. Rien n&#8217;est à espérer d&#8217;une vie où la mesure de toute chose est perdue; rien n&#8217;est à souhaiter d&#8217;une existence immortelle au sein d&#8217;êtres mortels. L&#8217;inévitabilité de la mort nous force à tout donner à la vie que nous vivons quotidiennement.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana"><strong>Notre seul guide : la raison</strong></font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Comme je l&#8217;ai déjà dit auparavant, je crois que l&#8217;existence humaine précède l&#8217;essence humaine. Nous existons avant de nous définir en tant que sujet pensant. C&#8217;est notre pensée qui nous définit et qui nous permet de nous construire un « projet d&#8217;avenir ». Notre raison et notre obsession à diriger nos pensées nous distinguent des autres espèces animales qui sont condamnées à suivre leurs instincts.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Parfois, lorsque l&#8217;on a souffert, on se met à vouloir rejeter pour toujours l&#8217;amour passionnel. Et, si notre raison nous a mal servi dans une situation précise, on voudrait retourner au monde des instincts où tout semble plus facile puisqu&#8217;on peut agir spontanément sans ce satané guide qu&#8217;est la raison humaine. Une citation d&#8217;Othello, personnage de Shakespeare, me fait frissonner chaque fois que je la lis : « Si, après toute tempête, il advient de tels calmes, alors, que les vents soufflent jusqu&#8217;à ce qu&#8217;ils aient réveillé la mort! »</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Ô toi Homme, monstre incompréhensible et sujet de contradiction, pourquoi ne te contentes-tu pas de ce que tu as? Parce que je ne suis pas un but, mais un pont; parce que je ne recherche pas la stabilité, mais le dépassement! Mais, recherche-je vraiment le dépassement ou suis-je encore tiraillé par une dualité?</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana"><strong>Le tiraillement entre <em>amor fati </em>et « accroissement de puissance »</strong></font></p>
<blockquote>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Je veux apprendre toujours davantage à considérer comme la beauté ce qu&#8217;il y a de nécessaire dans les choses : c&#8217;est ainsi que je serai de ceux qui rendent belles les choses. Amor fati : que cela soit dorénavant mon amour. Je ne veux pas entrer en guerre contre la laideur. Je ne veux pas accuser, je ne veux même pas accuser les accusateurs. Détourner mon regard, que ce soit là ma seule négation! Et, somme toute, pour voir grand : je veux, quelle que soit la circonstance, n&#8217;être une fois qu&#8217;affirmateur!<br />
(Friedrich Nietzsche, <em>Le gai savoir</em>)</font></p></blockquote>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Phrase latine qui, mot pour mot, signifie « amour du destin », l&#8217;<em>amor fati</em> traduit simplement l&#8217;idée d&#8217;accepter tout ce que la vie nous offre, autant les bons que les mauvais côtés. Plus facile à dire qu&#8217;à faire ou davantage une éthique qu&#8217;une réalité me rétorquerez-vous.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">L&#8217;homme ne recherche pourtant pas toujours le plaisir ou le bonheur comme les philosophes de l&#8217;Antiquité &#8211; Épicure, Zénon de Citium, Marc Aurèle, Épictète et autres &#8211; le croyaient, mais bien, pour reprendre un terme nietzschéen, un « accroissement de puissance » (ne pas prendre le sens classique du terme). </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Être « volonté de puissance », c&#8217;est devenir plus; ne jamais se satisfaire de ce que l&#8217;on est présentement et toujours être porté au-delà de soi. Cette idée de dépassement permet d&#8217;éliminer les anciennes valeurs (penser au-delà du bien et du mal) qui dictaient à l&#8217;homme un devenir meilleur et une vie nouvelle à venir. </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Vivre l&#8217;<em>amor fati</em>, vivre cette « vie nouvelle », c&#8217;est affirmer pleinement et totalement notre adhésion à cette vie en ce monde avec ce qui comporte de bons, de biens et de bonheur, mais aussi de mauvais, d&#8217;immoral et de blessant. Abolir tout idéaliste, ne désire plus autre chose que ce que tu as présentement.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana"><strong>Trouver son point d&#8217;ancrage</strong></font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Doit-on se satisfaire de ce que nous possédons ou devons-nous toujours tenter d&#8217;accroître notre dépassement? Raison/passion, être/néant, légèreté/pesanteur, prochain/lointain&#8230; Acceptation ou dépassement? Cette dualité, comme plusieurs autres, me porte à croire que l&#8217;homme, comme disait Nietzsche, est une corde tendue; tendue entre deux pôles, où il cherche, et cherchera, sans cesse à redéfinir son point d&#8217;ancrage, telle l&#8217;alpiniste qui veut progresser vers le haut et échapper à la descente vers l&#8217;abîme.</font></p>
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