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	<title>l'Insomniaque &#187; émotion</title>
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	<description>Quand on souffre d'insomnie, on n'est jamais vraiment endormi et on n'est jamais vraiment éveillé.</description>
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		<title>La mémoire des choses et la conscience du temps sont au coeur de la complexité humaine</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Mar 2009 04:17:39 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Comme la vue est un sens trompeur, un corps humain, même aimé, comme était celui d’Albertine, nous semble, à quelques mètres, à quelques centimètres, distant de nous. Et l’âme qui est à lui de même. Seulement, que quelque chose change violemment la place de cette âme par rapport à nous, nous montre qu’elle aime d’autres êtres et pas nous, alors, aux battements de notre cœur disloqué, nous sentons que c’est, non pas à quelques pas de nous, mais en nous, qu’était la créature chérie. En nous, dans des régions plus ou moins superficielles. »</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait du récit <a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Sodome_et_Gomorrhe" target="_blank"><em>Sodome et Gomorrhe</em></a> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Proust" target="_blank">Marcel Proust</a>, <a href="http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%80_la_recherche_du_temps_perdu" target="_blank">quatrième volume</a> du roman <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_la_recherche_du_temps_perdu" target="_blank">À la recherche du temps perdu</a>.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;"><strong>La dichotomie entre la rationalité et les émotions</strong></p>
<p style="text-align:justify;">À mon avis, l&#8217;opposition traditionnelle entre la pensée cartésienne et pascalienne ne permet pas de bien saisir la nature humaine dans toute sa complexité. La dualité entre le « corps et l&#8217;esprit » est galvaudée et surfaite. Cette dualité est souvent décrite comme étant un choix délibéré qui s&#8217;offre à nous entre la voie de la réflexion et celle de la spontanéité.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;être humain est en mesure de produire une réflexion rationnelle sans qu&#8217;il en ait réellement conscience. La « cognition rapide », terme inventé par le journaliste et auteur populaire <a href="http://www.gladwell.com/" target="_blank">Malcolm Gladwell</a> dans son ouvrage <a href="http://www.gladwell.com/blink/index.html" target="_blank"><em>Blink</em></a>, facilite un traitement rapide de l&#8217;information afin de nous fournir des conclusions sur la façon dont il faut conduire nos actions, et ce, avec le peu de connaissances en notre possession.</p>
<p style="text-align:justify;">Un urgentologue qui se doit de décider lequel parmi ses patients est dans une situation critique et doit être opéré en priorité, un policier qui se retrouve dans une situation où l&#8217;utilisation de son arme à feu semble justifiée et tout individu qui rencontre quelqu&#8217;un pour la première fois, sont des exemples où la cognition rapide est sollicitée. Si l&#8217;être humain était dépourvu de sa faculté de « cognition rapide », il lui serait impossible d&#8217;agir lorsque la situation demande une réponse quasi-instantanée.</p>
<p style="text-align:justify;">Le cas célèbre de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Phineas_Gage" target="_blank">Phineas P. Gage</a>, contremaître des chemins de fer, mérite d&#8217;être mentionné. Le 13 septembre 1848, Gage travaille au dynamitage de rochers lorsqu&#8217;une barre de fer lui traverse le crâne et provoque des dommages aux lobes frontaux de son cerveau. Phineas survit à ce traumatisme crânien, mais la partie émotionnelle de son cerveau est affectée, causant dès lors des effets négatifs sur son comportement social et personnel et le laissant dans un état instable et asocial.</p>
<p style="text-align:justify;">Si l&#8217;état post-traumatique de Gage démontre que le rôle des émotions chez l&#8217;Homme va au-delà d&#8217;une simple réaction à des stimuli de l&#8217;environnement immédiat, un individu qui subit un traumatisme crânien causant des lésions à son cortex cérébral, section de notre cerveau qui affecte la rationalité, subira différents troubles neurologiques qui auront des effets tout autant dévastateurs que ceux ressentis par Gage. Notons simplement qu&#8217;une des formes courantes de dégénérescence des cellules neurales est celle de la maladie d&#8217;alzheimer où l&#8217;on observe une diminution des capacités cognitives du sujet.</p>
<p style="text-align:justify;">Selon <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Damasio" target="_blank">Antonio Damasio</a>, spécialiste en neurologie, l&#8217;être humain ne peut pas prendre une décision sans le « module » émotionnel de son cerveau. Aux yeux de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Descartes" target="_blank">René Descartes</a>, penseur qui a ouvert la grande aventure de la pensée moderne, l&#8217;Homme peut atteindre la vérité à condition qu&#8217;il utilise sa raison et les préceptes avancés par la philosophie cartésienne du doute méthodique. Dans son ouvrage <em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Descartes%27_Error:_Emotion,_Reason,_and_the_Human_Brain" target="_blank">L&#8217;Erreur de Descartes</a></em>, Damasio va à l&#8217;encontre de l&#8217;idée cartésienne du dualisme entre raison et émotions en présentant plutôt ses deux identités comme étant interreliées.</p>
<p style="text-align:justify;">Il existe néanmoins une dualité qui est rarement abordée dans les discussions, soit celle qui a lieu dans notre esprit entre la mémoire volontaire et la mémoire involontaire.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La mémoire </strong><strong>de l&#8217;intelligence</strong></p>
<p><strong></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Regardez la réalité : qui parle d&#8217;âme ou de profondeur psychologique aujourd&#8217;hui? Le XXe siècle, c&#8217;est le triomphe d&#8217;une explication scientifique du monde, le triomphe d&#8217;une ontologie matérialiste et du déterminisme local. Dorénavant, pour expliquer un comportement humain, on dresse la liste d&#8217;un certain nombre de paramètres numériques : hormones, neuromédiateurs&#8230; et puis voilà. »</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait d&#8217;une entrevue accordée en 1998 par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Houellebecq" target="_blank">Michel Houellebecq</a> au magazine <a href="http://www.lire.fr/" target="_blank"><em>Lire</em></a>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Considéré comme le père de la sociologie, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_Comte" target="_blank">Auguste Comte</a> est surtout reconnu en tant que fondateur du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Positivisme" target="_blank">positivisme</a> et partisan du triomphe de la raison sur les autres facultés de l&#8217;esprit humain. Philosophie qui s&#8217;appuie sur les sciences dites positives, aujourd&#8217;hui appelées sciences exactes, le positivisme postule que le scientifique doit renoncer à la question du « pourquoi » et se limiter au « comment » afin que la progression des connaissances humaines ne soit pas tributaire des croyances théologiques et des explications métaphysiques.</p>
<p style="text-align:justify;">Les partisans de cette philosophie estiment que pour expliquer la réalité des faits, il faut utiliser les méthodes scientifiques que sont notamment l&#8217;observation et l&#8217;expérimentation. Aujourd&#8217;hui, le néopositivisme n&#8217;a conservé des théories de Comte que le recours aux faits. Une idée qui n&#8217;est pas basée sur des faits et réductible à un processus de réflexion rationnelle doit être rejetée.</p>
<p style="text-align:justify;">Michel Houellebecq est l&#8217;un des écrivains dont la pensée positiviste influence les écrits et c&#8217;est notamment le cas dans l&#8217;ouvrage <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Particules_%C3%A9l%C3%A9mentaires" target="_blank"><em>Les particules élémentaires</em></a> où nous retrouvons plusieurs citations d&#8217;Auguste Comte placées en exergue en début de chapitre. Houellebecq &#8211; qui me semble être un partisan du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Scientisme" target="_blank">scientisme</a>, théorie selon laquelle la connaissance scientifique permettrait d&#8217;échapper à l&#8217;ignorance dans tous les domaines &#8211; est d&#8217;avis que le roman doit constituer un témoignage sur la condition psychologique de l&#8217;Homme contemporain. L&#8217;écrivain se doit alors d&#8217;intégrer l&#8217;état actuel des connaissances humaines afin d’éviter que l&#8217;art romanesque devienne purement et simplement un processus de « l&#8217;écriture pour l&#8217;écriture ».</p>
<p style="text-align:justify;">Pour ce faire, il doit s&#8217;affranchir d&#8217;une écriture personnelle et éviter une ligne directrice en fonction de ses désirs intimes. L&#8217;art romanesque, selon Houellebecq, ne doit plus se limiter à un rôle de simple divertissement. Le roman doit avoir une fonction informationnelle au même titre qu&#8217;un ouvrage scientifique. En lisant les ouvrages de cet écrivain français, on se rend compte que la science, la technologie et l&#8217;histoire se côtoient et que leur amalgame tend à vouloir créer une vision objective de la réalité.</p>
<p style="text-align:justify;">Les procédés littéraires employés par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Umberto_Eco" target="_blank">Umberto Eco</a> ont des similitudes avec celles d&#8217;Houellebecq. On retrouve dans les romans d&#8217;Eco, notamment <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Nom_de_la_rose" target="_blank">Le Nom de la rose</a></em> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Pendule_de_Foucault" target="_blank">Le</a><em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Pendule_de_Foucault" target="_blank"> Pendule de Foucault</a>, </em>une multitude de références philosophiques et historiques et à partir desquelles le lecteur n&#8217;est pas toujours en mesure de départager la fiction de la réalité et l&#8217;opinion de l&#8217;auteur des faits historiques établis. Les deux auteurs s&#8217;interrogent sur la démarche scientifique de leur monde immédiat et si l&#8217;on peut considérer la « méthode houellebecquienne » comme étant moralisatrice, l&#8217;érudition d&#8217;Eco &#8211; il est notamment spécialiste en sémiologie et en esthétique médiévale tout en ayant une formation académique en philosophie &#8211; vise à « débusquer du sens là où on serait porté à ne voir que des faits ».</p>
<p style="text-align:justify;">La similarité épistémologique que nous retrouvons entre les écrivains Auguste Comte, Michel Houellebecq et Umberto Eco se situe au niveau de leur perception des connaissances humaines, emmagasinées grâce à la mémoire de l&#8217;intelligence, qui seraient en mesure de restituer la réalité humaine dans son intégralité.</p>
<p style="text-align:justify;">La mémoire des choses &#8211; ou la mémoire volontaire de l&#8217;intelligence - s&#8217;apparente à la photographie, à savoir qu&#8217;elle est figée dans le temps et qu&#8217;elle ne donne qu&#8217;une parcelle de la réalité, unilatérale et momentanée. Grâce à notre intelligence, nous pouvons nous rappeler une sélection d&#8217;événements passés, mais ceux-ci demeureront toujours fragmentés.</p>
<p style="text-align:justify;">Une analyse exhaustive de l&#8217;oeuvre d&#8217;un écrivain et une reconstitution du passé d&#8217;un être humain seront toujours inachevées. Nous ne sommes pas uniquement la somme de nos expériences; nous ne sommes pas la somme de ce que nous écrivons. Il y a une « chose » qui demeure insaisissable à notre intellect et que la mémoire volontaire ne sera jamais à même de décrire. Marcel Proust, dont la philosophie bergsonienne a influencé sa pensée, a fait de cette « chose » la thématique principale de l&#8217;oeuvre de sa vie.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La réminiscence des souvenirs</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« J&#8217;ai vraiment perdu la notion du temps. Si on n&#8217;a plus de centre émotionnel&#8230; <em>elle s&#8217;interrompit, fit un effort, et reprit d&#8217;une voix rauque</em> &#8230;c&#8217;est ce qui arrive. Des éternités&#8230; des fractions de secondes&#8230; ça revient au même. On n&#8217;a plus le sens ordinaire des mesures. »</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait du récit <em><a href="http://www.amazon.fr/Jour-enseveli-Rosamond-Lehmann/dp/2859408630" target="_blank">Le Jour enseveli</a></em> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosamond_Lehmann" target="_blank">Rosamond Lehmann</a>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Dans ce XIXe siècle marqué par la théorie positiviste d&#8217;Auguste Comte et la prééminence de la raison en tant que seul instrument valable de la connaissance humaine, une voix dissidente émerge. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bergson" target="_blank">Henri Bergson</a> sera le premier à remettre en question la philosophie positiviste en démontrant qu&#8217;il y a une « chose » qui échappe à la science et qui ne peut être saisie par la mémoire de l&#8217;intelligence. Cette « chose », c&#8217;est l&#8217;esprit humain au prise avec sa conscience du temps. Pour Bergson, la durée du temps mesurée par le scientifique n&#8217;est pas la même chose que le temps vécu par chaque être humain ayant leur propre individualité.</p>
<p style="text-align:justify;">La thématique du temps au sein de la philosophie bergsonienne a profondément influencé Marcel Proust. <em>À la recherche du temps perdu</em> est une réflexion majeure sur l&#8217;existence même du temps, sur sa relativité et sur l&#8217;incapacité de le saisir au temps présent. La méthode positiviste de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Augustin_Sainte-Beuve" target="_blank">Charles Augustin Sainte-Beuve</a>, critique littéraire et écrivain français, où seule l&#8217;intelligence humaine serait en mesure de découvrir les intentions qui se cachent derrière l&#8217;oeuvre d&#8217;un auteur, est remise en question par Marcel Proust dans son ouvrage <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Contre_Sainte-Beuve" target="_blank">Contre Sainte-Beuve.</a></em></p>
<p style="text-align:justify;">Dans l’univers proustien, l’édifice immense du souvenir est fréquemment ébranlé par les réveils involontaires de la mémoire. Cette mémoire échappe à l’intelligence et elle ne se cache pas dans les intentions de l’auteur; elle est nulle part et partout, hors et en nous; elle peut être retrouvée, ressaisie, mais elle part et revient sans préavis.</p>
<p style="text-align:justify;">En consultant les cahiers de rédaction de Proust, nous apprenons que le premier titre envisagé était « les intermittences du cœur ». Bien que Proust ait finalement intitulé son œuvre « à la recherche du temps perdu », cette métaphore nous permet de saisir le sens de cette quête du « moi profond » à travers le temps perdu. « L&#8217;intermittence du cœur », c&#8217;est la temporalité discontinue qui existe entre le moment où notre sensibilité est vécue et celui où nous la reconstruisons et que nous comprenons sa signification.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Les réveils imprévisibles de la mémoire</strong></p>
<p><strong></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Aux troubles de la mémoire sont liées les intermittences du coeur.</p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est sans doute l&#8217;existence de notre corps, semblable pour nous à un vase où notre spiritualité serait enclose, qui nous induit à supposer que tous nos biens intérieurs, nos joies passées, toutes nos douleurs sont perpétuellement en notre possession. Peut-être est-il aussi inexact de croire qu&#8217;elles s&#8217;échappent ou reviennent.</p>
<p style="text-align:justify;">En tout cas, si elles restent en nous c&#8217;est, la plupart du temps, dans un domaine inconnu où elles ne sont de nul service pour nous, et où même les plus usuelles sont refoulées par des souvenirs d&#8217;ordre différent et qui excluent toute simultanéité avec elles dans la conscience. Mais si le cadre de sensations où elles sont conservées est ressaisi, elles ont à leur tour ce même pouvoir d&#8217;expulser tout ce qui leur est incompatible, d&#8217;installer seul en nous, le moi qui les vécut. »</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait du récit <em>Sodome et Gomorrhe</em> de Marcel Proust, quatrième volume du roman <em>À la recherche du temps perdu.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Dans l&#8217;ouvrage <em>À la recherche du temps perdu</em>, un des thèmes évoqués est l&#8217;opposition entre la mémoire volontaire (celle de l&#8217;intelligence) et les réminiscences de la mémoire involontaire (celle du subconscient). Une odeur, un bruit, et tout le décor passé peut être retrouvé. Cette mémoire nous submerge comme la vague. Il est impossible de la saisir par la voie de la raison et d&#8217;arriver à la reconstruire dans sa totalité. Cependant, elle retrouve en quelque sorte une part de vécu, fait de sensations éprouvées dans le passé. Une mémoire vivante en soi, et ce, même après de longues périodes d&#8217;hibernation.</p>
<p style="text-align:justify;">Tout ce qui fait parti du subconscient ne peut pas être retrouvé dans les écrits d&#8217;un romancier. « L&#8217;homme qui fait des vers et qui cause dans un salon n&#8217;est pas la même personne » nous rappelle Proust. Mais les réveils imprévus de la mémoire nous permettent de ressentir à nouveau cette sensibilité que l&#8217;on croyait perdue à jamais.</p>
<p style="text-align:justify;">Vos photographies, vos écrits et toutes autres formes de traces concrètes d&#8217;intelligence volontaire ne pourront pas résumer dans sa totalité votre passage sur cette Terre. S&#8217;il vous était possible de reconstruire votre existence à partir de fragments du passé, votre création ne représenterait pas le reflet de votre vie puisque, en définitive, le réel ne sera jamais en mesure de transcender « les intermittences du cœur ».</p>
<br />Publié dans Caractéristique humaine, Livre, Philosophie, Uncategorized  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/730/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/730/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/730/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/730/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/730/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/730/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/730/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/730/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/730/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/730/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/730/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/730/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/730/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/730/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=730&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Le regard d’autrui</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jun 2008 04:02:24 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[« Nous ne sommes nous qu’aux yeux des autres et c’est à partir du regard des autres que nous nous assumons comme nous-mêmes. » (Sartre) « La possibilité de vivre commence dans le regard de l&#8217;autre. » (Houellebecq) C’est dans l’ouvrage l’Être et le Néant que Sartre développe les principaux concepts de sa philosophie d’ontologie [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=242&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p align="justify">« Nous ne sommes nous qu’aux yeux des autres et c’est à partir du regard des autres que nous nous assumons comme nous-mêmes. » (Sartre)</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p align="justify">« La possibilité de vivre commence dans le regard de l&#8217;autre. » (Houellebecq)</p>
</blockquote>
<p align="justify">C’est dans l’ouvrage <em>l’Être et le Néant</em> que Sartre développe les principaux concepts de sa philosophie d’ontologie phénoménologique tels que l’« en-soi », le « pour-soi » et le « pour-autrui ». L’« en-soi » et le « pour soi » sont en perpétuel état d’opposition, le premier désignant toute chose, toute réalité qui existe sans avoir la conscience d’exister et le second désigne « l’être de l’homme » conscient de ce qu’il est et des possibilités infinies de choisir d’être autre chose.</p>
<p align="justify">La roche (« en-soi ») existe de manière passive, sans avoir la liberté d’être autre chose que ce qu’elle est, mais l’Homme, lui, a une liberté absolue. Si le caractère solipsiste du cogito vouait l’être à une solitude absolue puisque la seule chose, selon Descartes, qu’on est certain c’est la conscience de notre propre réalité, le « pour-soi » postule la liberté de tous les hommes. Pour reprendre une formule de Heidegger « l’homme ne possède pas la liberté, mais c’est la liberté qui possède l’homme. »</p>
<p align="justify">La liberté nous possède et si celle-ci est absolue, elle est limitée par la responsabilité que nous avons envers autrui; et c’est ce concept, celui de « pour-autrui », que je voudrais aborder.</p>
<p align="justify">À force d’interagir avec ma famille, mes amis et les gens que je côtoie régulièrement, je peux deviner leurs comportements, leurs pensées, leurs idiosyncrasies, mais la relation que j’entretiens avec eux n’est pas contingente, essentielle, mais accidentelle.</p>
<p align="justify">L’autre, c’est la personne que j’ai en face de moi qui me ressemble, mais qui m’est étranger.  Mais cet autre appartient à mon « pour-soi ». Je peux me faire une représentation de l’autre, en faire un « pour-moi » (un être que je donne un sens), mais en définitive la nature première de l’autre, c’est <em>d’être autre</em>.</p>
<p align="justify">C’est le regard d’autrui qui donne tout son sens à nos réactions émotives telles que la honte, la fierté, la jalousie et l’amour. C’est cette intersubjectivité, soit ce moment de flottement où chacun construit sa réflexion sur l’autre qu’il a en face de lui, qui, pour reprendre les termes de Sartre, précipite « notre chute » et « l’éclatement de moi-même » : chacun nie l’autre pour être lui-même.</p>
<p align="justify">De mon néant – soit le vertige que l’on ressent face à ce sentiment de liberté absolue et des possibilités qui s’offrent à nous – je peux devenir ce que je veux. Mais, en définitive, suis-je réellement ce que suis? (celui fabriqué par ma conscience que j’ai d’être)? Ou suis-je la construction du regard d’autrui? Ma liberté et mon intentionnalité sont sans cesse remises en question par le regard que l’autre porte sur moi.</p>
<p align="justify">J’aime les hommes, mais je déteste l’autre. Il m’est insupportable. Cet être échappe à mon entendement puisque je ne suis pas en mesure de saisir avec certitude sa pensée profonde. Si ce ramassis de particules élémentaires n’était qu’un objet inerte, je pourrais certes continuer à exister sans m’en soucier. Mais, mes actes prennent une tout autre signification lorsqu’ils sont portés à la psyché d’autrui.</p>
<p align="justify">L’autre, dit-on, permet de mieux nous connaître. Je crois que l’autre nous empêche plutôt d’être qui nous sommes réellement. La plupart du temps, nous agissons non pas en fonction de qui nous sommes véritablement, mais plutôt en jonglant entre qui nous désirons être et l’image de qui nous voulons projeter à ceux qui nous côtoie.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« On se trompe avant même de rencontrer les gens, quand on imagine la rencontre avec eux; on se trompe quand on est avec eux; et puis quand on rentre chez soi, et qu’on raconte la rencontre à quelqu’un d’autre, on se trompe de nouveau. Or, comme la réciproque est généralement vraie, personne n’y voit que du feu, ce n’est qu’illusion, malentendu qui confine à la farce. Pourtant, comment s’y prendre dans cette affaire si importante – <em>les autres</em> – qui se vide de toute la signification que nous lui supposons et sombre dans le ridicule, tant nous sommes mal équipés pour nous représenter le fonctionnement intérieur d’autrui et  ses mobiles cachés? » (Philipe Roth – <em>Pastorale américaine</em>)</p>
</blockquote>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/242/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/242/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/242/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/242/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/242/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/242/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/insomniaque.wordpress.com/242/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/insomniaque.wordpress.com/242/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/insomniaque.wordpress.com/242/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/insomniaque.wordpress.com/242/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/242/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/242/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/242/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/242/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/242/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/242/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=242&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Pensées disparates 1.</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Jan 2008 07:53:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En y réfléchissant quelque peu, il est aberrant que nous pleurons davantage la mort d’un jeune enfant, qu’elle soit tragique ou non, que celle d’un vieillard. Lorsqu’un individu décède en bas âge, tout le monde s’exclame avec émotion, « il était si jeune, il a eu à peine le temps de découvrir ce monde; esseyer d&#8217;imaginer ce [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&amp;blog=741093&amp;post=209&amp;subd=insomniaque&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">En y réfléchissant quelque peu, il est aberrant que nous pleurons davantage la mort d’un jeune enfant, qu’elle soit tragique ou non, que celle d’un vieillard. Lorsqu’un individu décède en bas âge, tout le monde s’exclame avec émotion, « il était si jeune, il a eu à peine le temps de découvrir ce monde; esseyer d&#8217;imaginer ce qu’il aurait pu accomplir! » Les gens sont peut-être aussi tristes lorsqu’une personne âgée décède, mais on a l’habitude d’utiliser des clichés tels qu’« il a eu une belle vie » ou encore « son heure était venue ». Est-ce à dire que l’on valorise davantage les possibilités qu’un individu pourrait accomplir (comme dans l’argument « ça aurait pu être un futur Beethoven » utilisé par le mouvement pro-vie) au détriment de ce qui est attesté, c’est-à-dire les réalisations et l’expérience d’une vieille personne?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">On est porté à dire que mourir jeune et heureux est plus souhaitable que mourir vieux et malheureux. L’est-ce vraiment? Dans le film <em>American Beauty</em>, Lester, interprété sublimement par Kevin Spacey, tient ce discours à sa mort : « Bien sûr je pourrais être aigri de ce qui m’est arrivé, mais c’est inutile. Il y a tant de beauté dans le monde. Parfois, j’ai l’impression qu’elle me submerge de partout en même temps et c’en est trop, mon cœur se remplit comme un ballon prêt à exploser. » Au début du récit, il détestait son existence (sa femme, son travail, sa vie, etc.) et il entreprend graduellement de modifier sa situation. À la fin, il est mort heureux. « Il était tombé la tête en avant, étendu sur le sol, comme s’il dormait. Lorsqu’on le retourna, on vit qu’il n’avait pas dû souffrir longtemps. Son visage était calme et exprimait comme un contentement de ce que cela s’était ainsi terminé. » Ce sont les derniers mots du roman <em>À l’Ouest rien de nouveau</em> qui sont aussi utilisés à la fin de la télésérie québécoise <em>Minuit, le soir</em>. Que ce soit le <em>bouncer</em> de cette série ou le soldat de ce roman, cette phrase démontre que malgré la souffrance de leur vie, ces individus sont morts heureux. Peut-on affirmer que ce ne sont ni les souffrances inhérentes à la vie, ni la quantité de bonheur vécu et ni à l&#8217;âge à laquelle nous mourons qui importe à la fin de notre périple, mais bien l’état psychologique dans lequel l’individu se trouve lors de sa mort?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">La respiration et les petites manies d’un individu peuvent en révéler davantage sur sa personnalité qu’une séance de psychanalyse. Lorsque je fais mon entraînement musculaire, j’ai remarqué que je n’emploie pas la bonne méthode, soit celle d’expirer lorsque notre muscle se relâche et d’inspirer lorsqu’il se contracte. Doit-on en conclure que je suis un individu qui conserve toutes ses émotions à l’intérieur de son corps et qui évacue rarement le « méchant »?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Pour cette question-ci, puisque je crois être un bon juge de ma propre personne, je vais y répondre. Je suis effectivement quelqu’un de plutôt introverti. Je vais vous en donner un exemple concret (Oh l’insomniaque parle de son vécu, ça n’arrive pas souvent!) La dernière fois que j’ai pleuré, c’est lorsque mon grand-père est rentré à l’hôpital (il y a plus de 2 ans). J’étais chez ma copine et il était 4 heures du matin et nous revenions d’un bar (au <em>Big cheez</em> devenu maintenant <em>Le rockette</em>, près de l&#8217;intersection des rues Mont-Royal et St-Denis à Montréal) et j&#8217;étais plutôt émeché. Je m’assis sur son lit et je pleure. Ma copine ne comprend absolument rien : nous venions de passer une superbe belle soirée et tout allait bien; je ne montrais aucun signe de tristesse. Son premier réflexe a été de croire que ma réaction la concernait. Réaction commune, mais très égocentrique. </font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Verdana">
<p align="justify">Je lui explique donc que c’est à cause de mon grand-père. « Tu es triste parce qu’il est malade » me demande t-elle. Je lui dis alors que ce n’est pas cette raison qui justifie mes pleures, mais bien parce que je n’ai pas vraiment de peine et que je ne me sens pas normal de ne pas en avoir. Je lui dis aussi que je l’ai connu lorsqu’il était en pleine forme et que j’en garde de très bons souvenirs. Qu’est-ce que cela signifie? D’abord, j’ai dû utiliser un psychotrope, l’alcool, pour déclencher mes larmes. Puis, ça l’a sorti de « nulle part ». Et finalement, je crois que j’ai besoin de garder le contrôle sur mon existence pour « garder une emprise sur le réel ». Je suis au courant que les émotions sont essentielles, lesquelles contribuent au bon fonctionnement de l’organisme. Je travaille pour améliorer cet aspect de ma personnalité.</font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">Je pourrais vous donner d’autres exemples de ce genre, mais on n’a pas toute la soirée!</p>
<p align="justify">Par contre, cela me permet d&#8217;en profiter pour souligner que de nouvelles catégories de textes risquent de faire leur apparition sur ce site. D’abord, celui de « pensées disparates » comme le titre de ce billet l’indique et aussi un autre intitulé « feeling ».</p>
<p align="justify">Être insomniaque ne signifie pas seulement dans mon jargon personnel souffrir d’insomnie, mais bien être constamment éveillé afin d’être à l&#8217;affût de nouvelles connaissances et sensations. J’ai consciemment utilisé à trois reprises le mot « être » dans la phrase précédente pour illustrer une nouvelle approche que je vais tenter de mettre de l’avant pour la nouvelle année qui vient de débuter. La plupart des textes que j’ai écrits, l’année dernière, traitaient surtout de l’être pensant et, de ce fait, ne suivaient pas la ligne éditoriale adoptée par la plupart des blogueurs, soit des textes personnels centrés sur le vécu quotidien. En 2008, je vais davantage parler de ce que je ressens, c’est-à-dire de mes « feelings », pour reprendre l’expression anglaise qui n’a pas vraiment son pareil en français.</p>
<p align="justify">Ce site ne deviendra pas pour autant un journal personnel, mais vous allez (du moins, je l’espère) en apprendre davantage sur mon vécu; je vais devoir conjuguer les réflexions métaphysiques avec celles des passions. Le Descartes solitaire qui sommeille en moi prend beaucoup trop de place. Il est temps de lui trouver un nouvel allié!</p>
<p></font></font></p>
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		<title>Le point d&#8217;équilibre</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Oct 2007 00:42:06 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></font></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">En microéconomie, on décrit le point d&#8217;équilibre comme étant la rencontre entre les courbes de l&#8217;offre et de la demande sur un graphique donné. C&#8217;est une stabilité théorique où les producteurs sont prêts à vendre la même quantité de biens que les consommateurs veulent en acheter. Pour que cette théorie soit toujours valable, il faut que deux prémisses soient toujours respectées.</p>
<p align="justify">D&#8217;abord, nous devons être en présence d&#8217;une concurrence parfaite entre les agents économiques et de plus, l&#8217;<em>homo œconomicus</em> (terme créé par le sociologue Pareto), soit l&#8217;homme en tant qu&#8217;agent économique, doit se conduire comme un être parfaitement rationnel agissant toujours en fonction de la maximisation de sa satisfaction.</p>
<p align="justify">Dans les cas où ces ceux prémisses ne sont pas respectées, on parle d&#8217;une approximation du fonctionnement des marchés.</p>
<p align="justify">Le sociologue français Pierre Bourdieu a critiqué cette théorie de Pareto dans l&#8217;ouvrage <em>les structures sociales de l&#8217;économie</em> : « le mythe de l&#8217;<em>homo œconomicus</em> et de la <em>rational action theory</em> sont des formes paradigmatiques de l&#8217;illusion scolastique qui portent le savant à mettre sa pensée pensante dans la tête des agents agissants et à placer au principe de leurs pratiques, c&#8217;est-à-dire dans leur « conscience », ses propres représentations spontanées ou élaborées ou, au pire, les modèles qu&#8217;il a dû construire pour rendre raison de leurs pratiques. »</p>
<p align="justify">Ce que dit Bourdieu, en somme, c&#8217;est que la théorie de Pareto repose sur des hypothèses comportementales, alors que nous savons fort bien que les gens ont tous leurs petites habitudes liées à leur passé et à leur milieu environnant. Les individus recherchent peut-être dans l&#8217;idéal à maximiser leurs intérêts, mais ce n&#8217;est pas toujours selon des critères rationnels explicites, d’autant plus qu’au niveau biologique, la rationalité n’est pas la seule composante qui nous influence.</p>
<p align="justify">Notre cerveau est divisé en trois parties : le cortex (hémisphère cérébral) nous permet, notamment de raisonner, le système limbique (l&#8217;hippocampe, le complexe amygdalien et l&#8217;hypothalamus) joue un rôle très important dans diverses émotions et finalement, la partie reptilienne agit sur nos instincts les plus primitifs comme la survie de l&#8217;espèce et la reproduction.</p>
<p align="justify">Chaque fois que nous devons prendre une décision, une ou plusieurs de ces parties de notre cerveau est sollicitées. Ainsi, que ce soit en économie ou dans la vie de tous les jours, l&#8217;équilibre est une approximation. On souhaite mener une vie équilibrée, avoir une alimentation équilibrée et avoir une santé mentale équilibrée… mais nous ne pouvons pas définir clairement ce que signifie le terme « équilibré » qui varie par ailleurs pour chaque sujet. L&#8217;équilibre est donc toujours relatif.</p>
<p align="justify">Si nous recherchons constamment à redéfinir notre point d&#8217;équilibre, vivre signifie pourtant, et paradoxalement, être en état de tension entre deux éléments : tels le yin et le yang, le blanc et le noir, l&#8217;amour et la haine, la vie est faite de contraste et nous ne pouvons pas connaître l&#8217;un sans avoir connu l&#8217;autre. Pour apprécier le plaisir, il faut avoir connu la souffrance de même que la tristesse nous fait apprécier nos moments de joie et de bonheur.</p>
<p align="justify">En fait, ce que nous expérimentons au cours de notre vie se situe sur un axe entre deux extrêmes et tout n&#8217;est qu&#8217;une question de degrés : petit plaisir, grande souffrance, tristesse passagère, etc. Notre équilibre, l’état de stabilité du corps et de l&#8217;esprit, est menacé par la tension inhérente à la vie.</p>
<p align="justify">Certaines interrogations s’imposent donc :</p>
<ol>
<li>
<p align="justify">Peut-on, parfois, outrepasser les dissonances cognitives?</p>
</li>
<li>
<p align="justify">Est-il possible de concilier notre désir immédiat avec notre ambition future?</p>
</li>
<li>
<p align="justify">Sommes-nous condamnés à être désillusionnés par le clivage entre notre monde imaginaire (celui de la pensée) et celui de notre existence et perçu à l&#8217;aide de nos sens?</p>
</li>
</ol>
<p align="justify">Bonne lecture!</p>
<p align="justify"><strong>Encore ces satanées dissonances cognitives</strong></p>
<p align="justify">En juin dernier, je rédigeai un texte où je donnai mes impressions sur la dissonance cognitive. Bien que je ne sois pas un expert dans le domaine de la psychologie, je crois avoir réussi à résumer le concept, et ce, autant par des termes théoriques qu’en exemples pratiques qui s’appliquent dans la vie de tous les jours.</p>
<p align="justify">Je concluais mon texte par une observation personnelle : l’inconsistance est, à certains égards, l’une des particularités qui fait partie de la beauté de l’être humain puisque, après tout, c’est ce qui nous distingue, d’une part, des autres espèces animales qui réagissent en suivant leur instinct et, d’autre part, des machines que nous avons programmées pour qu&#8217;elles répètent le même procédé indéfiniment.</p>
<p align="justify">Rappelons brièvement en quoi consiste la dissonance cognitive.</p>
<p align="justify">On utilise ce concept chaque fois qu&#8217;un individu est en présence de deux cognitions incompatibles. L’individu prend alors conscience que la nouvelle cognition qui affecte son cerveau s&#8217;avère être la bonne (c’est-à-dire celle à suivre en toute logique), mais il préfère appliquer un principe de réduction et faire abstraction de cette nouvelle information.</p>
<p align="justify">Par exemple, peu importe comment vous nuancez vos propos, fumer est nocif pour votre santé. Si vous décidez, en toute connaissance de cause, de continuer à fumer, vous allez utiliser des stratégies qui visent à rétablir un équilibre cognitif dans votre cerveau.</p>
<p align="justify">Fréquemment, notre cerveau est la proie de cognitions incompatibles entre elles et je me rends compte qu&#8217;il est parfois (pour ne pas dire souvent) difficile d&#8217;être toujours logique; même lorsque nous savons que nous ne devons pas faire tel geste, il arrive que nous le fassions tout de même.</p>
<p align="justify">Comme je l’écrivais aussi dans mon texte sur la dissonance cognitive, je crois que lorsque nous sommes, par exemple, en état d’ébriété, nous devons tendre le plus possible vers une logique absolue et, de ce fait, « nous montrer plus fort que la dissonance ».</p>
<p align="justify">Puisque même si notre désir immédiat (continuer à boire, se rendre à la maison le plus rapidement possible et par nos propres moyens ou bien ne pas dépenser de l&#8217;argent pour un trajet en taxi) est celui qui nous vient souvent en premier à l&#8217;esprit, il faut utiliser notre logique et se montrer « raisonnable ».</p>
<p align="justify">Je crois que nous pouvons arriver à vivre avec les cognitions contradictoires qui nous influencent quotidiennement en trouvant un juste milieu, soit un équilibre, entre une idiosyncrasie et une cohérence cognitive : comme le scientifique qui tend vers l’objectivité, il faut, en tant qu’être humain, tendre vers un niveau de rationalité élevé sans toutefois perdre de vue que ce sont parfois les petits détails insignifiants de notre vie qui nous permettent de nous définir dans notre manière d’être et de nous différencier de tous et chacun.</p>
<p align="justify"><strong>I want or I should</strong></p>
<p align="justify">Dans le cerveau humain, il y a constamment une tension entre ce que l’on veut faire et ce que l’on devrait faire. En tant qu&#8217;individu, nous vivons dans un état de conflit quotidien entre notre désir présent et notre ambition future. Dans leur ouvrage collectif <em>Negociating with Yourself and Losing</em>, Bazerman, Tenbrunsel et Wade expliquent que ce conflit domine toujours le processus de prise de décision chez l&#8217;être humain.</p>
<p align="justify">Regardez attentivement votre vie de tous les jours. Des résolutions délaissées à la mi-janvier, un programme de conditionnement physique abandonné après quelques semaines ou encore une promesse de cesser les excès d’alcool après avoir eu la tête dans l’évier de la cuisine durant toute la soirée!</p>
<p align="justify">Nous vivons en état continu de légèreté. Après tout, puisque notre vie est éphémère et ne se répète pas, aussi bien la vivre intensément et sans se soucier du lendemain! Et s&#8217;il s’avère que nous avons commis une erreur, nous aimons bien utiliser cette phrase clichée « si j’avais su ». Nous sommes en quelque sorte tous des petits historiens puisque nous préférons vivre d&#8217;abord, et ensuite analyser et reconnaître la nature de nos expériences.</p>
<p align="justify">Nous sommes aussi incapables d&#8217;imaginer le futur correctement étant donné que notre point de référence est le présent et qu’une fois arrivé à ce « futur» nos émotions ne seront pas les mêmes que lorsqu&#8217;on les imaginait. Comme l’a écrit Daniel Gilbert dans son ouvrage <em>Stumbling on Happiness</em>, « bad things feel not so bad as they are imagined to feel. » Nous analysons le futur avec notre vision du présent; mais, le futur moi ne verra pas le monde comme je le vois en ce moment. Et, paradoxalement, nous travaillons quotidiennement pour embellir un être et pour devenir quelqu’un que nous allons peut-être détester!</p>
<p align="justify">Parfois, nous avons l&#8217;impression de mener un combat entre une bonne et une mauvaise conscience (comme si un ange et un démon se chamaillaient). On pourrait dire que la bonne conscience c&#8217;est le <em>should-self</em> et la mauvaise c&#8217;est le <em>want-self</em>. Je m&#8217;explique.</p>
<p align="justify">Le premier (le <em>want-self</em> ou le désir immédiat) veut des résultats rapidement : lorsque j&#8217;ai une fringale, j&#8217;ouvre un sac de chips plutôt qu&#8217;un sac de légumes puisque je veux atteindre un état satiété et je ne pense pas aux bénéfices futurs d&#8217;une bonne alimentation. Tandis que l&#8217;autre partie, le <em>should-self</em> ou l&#8217;idéal à atteindre, veut maximiser la satisfaction sur le long terme : j&#8217;investis mon argent dans des placements financiers même si je ne connais pas ce que demain me réserve.</p>
<p align="justify">Inconsciemment, dans le processus de décision, nous comparons toujours nos désirs immédiats versus nos projections futures. Cette théorie des « multiples moi » est intéressante puisqu&#8217;elle fait un contre poids à la théorie de Pareto qui conçoit l&#8217;humain comme un acteur purement rationnel et équilibré.</p>
<p align="justify">Si la théorie de Pareto s&#8217;appliquait toujours, l&#8217;être humain devrait privilégier chaque jour de l&#8217;année une alimentation saine et équilibrée. Mais, une étude de la <em>Harvard Business School</em> a démontré que ce n&#8217;est pas le cas.</p>
<p align="justify">Après avoir analysé pendant une année les produits alimentaires que les gens ont achetés sur un site de distribution en ligne, l&#8217;étude conclut qu&#8217;il existe un rapport de corrélation entre le type de produits achetés et le délai de la commande. Plus les gens achètent à l&#8217;avance plus ils ont tendance à privilégier des produits nutritifs comme des fruits et légumes, tandis que lorsqu&#8217;ils souhaitent recevoir leur commande dans un futur immédiat (demain) et combler rapidement un désir, la crème glacée et autres gâteries sont davantage achetées.</p>
<p align="justify">Mais, un équilibre intrapersonnel est possible : si la plupart des gens ne mangent pas du <em>fast-food</em> sept jours par semaine (bonne conscience), ils choisissent pourtant de se faire plaisir en s&#8217;offrant une poutine graisseuse (mauvaise conscience) tout en privilégiant un entraînement physique sporadique (bonne conscience). Ceci permet de trouver un point d&#8217;équilibre entre notre désir immédiat et l&#8217;image future que l&#8217;on voudrait projeter.</p>
<p align="justify"><strong>Monde réel/sensible versus monde imaginaire/idéationnel</strong></p>
<p align="justify">Pouvons-nous trouver le moyen de faire coexister le monde des idées avec celui des sens? C’est une question qui ne se répond pas simplement par l’affirmatif ou le négatif. Ce conflit métaphysique est au cœur même de la nature de l’être humain.</p>
<p align="justify">Tout a commencé par un cri : notre premier contact avec le monde réel en est un de type sensoriel. La suite en est une de construction et de déconstruction entre les images formées dans notre imaginaire et celles transmises par le monde extérieur.</p>
<p align="justify">Lorsque je pense au mot « pomme », plusieurs concepts me viennent spontanément à l’esprit : fruit, rouge ou vert, sucré, pommier, etc. Mais, c’est seulement l’image d’une pomme et non pas la pomme en elle-même, comme l’indique le célèbre tableau du peintre Magrite où est représentée une pomme avec comme texte « ceci n’est pas une pomme ».</p>
<p align="justify">J&#8217;ai aussi une image d&#8217;Hitler en mémoire, mais je ne l&#8217;ai jamais côtoyé. J&#8217;ai lu abondamment sur la Shoah, mais je n&#8217;ai jamais ressenti la souffrance d&#8217;un juif enfermé et torturé dans un camp de concentration durant la Seconde Guerre mondiale, malgré le fait que connaisse une certaine perception de la souffrance.</p>
<p align="justify">Le conflit entre le monde imaginaire et celui sensoriel s&#8217;opère à deux niveaux.</p>
<p align="justify">D&#8217;abord, au niveau intrapersonnel, nous sommes tiraillés entre notre idéal que nous construisons dans notre imagination et la réalité perceptible. Plusieurs personnes de mon entourage souhaitent voyager en Europe puisque ce continent semble renfermer de multiples lieux touristiques. Certains seront peut-être déçus lors de leur voyage puisque le plaisir qu&#8217;il croyait ressentir était plus grand dans leur construction imaginaire que le plaisir réel et vécu par leurs sens.</p>
<p align="justify">Puis, au niveau interpersonnel, nous sommes en opposition constante entre nos perceptions et celles des autres. Même si nous sommes tous dotés des mêmes capacités sensorielles, nos référentiels sont différents. Nous connaissons tous le bonheur, l&#8217;amour, la joie, mais nous ne les ressentons pas de la même manière puisque chacun a son propre monde idéationnel ancré dans son esprit. Parfois, ces visions se recoupent et d’autres fois, elles sont irréconciliables.</p>
<p align="justify">Les grands archétypes de l’esprit, les idées pures, sont usurpées par de simples images sensorielles. C’est David Lurie, professeur de communication, de poésie romantique et personnage principal du roman <em>Disgrâce</em> de J.M. Coetzee qui émet cette idée. Nos idées, notre façon de penser et d’envisager le monde sont en perpétuelle confrontation avec l’image que nos sens nous renvois. C’est inévitable : nous ne pouvons pas vivre dans un abri nucléaire à l’abri du monde sensoriel.</p>
<p align="justify">Utilisons un exemple universel comme l’amour. Nous ne pouvons pas ressentir de l’amour pour quelqu’un les yeux fermés et, pour ce faire, nous devons l&#8217;éprouver avec nos sens. Mais, après la rencontre entre nos sens et ceux de l&#8217;autre, il y a un moment de flottement dans notre esprit et on se demande si ce que l&#8217;on ressent convient à l&#8217;image idéalisée que nous avions de l&#8217;amour. Ainsi, un point de rencontre se forme entre d&#8217;une part notre vision de l’amour que nos idées (notre imaginaire) projettent sur notre rétine et d&#8217;autre part, notre perception réelle vécue par nos sens.</p>
<p align="justify">Ce point de rencontre, c’est la fracture entre le monde imaginaire et le monde sensible. Mais, le monde sensoriel a ses limites.</p>
<p align="justify">Même si nous savons qu’il y a quelqu’un derrière cette porte, notre vision ne peut nous l’indiquer. Notre ouïe ne perçoit pas non plus le contraste entre, d’une part, le silence de la nuit où un être est étendu seul sur son lit froid et vide et, d’autre part, l’absence de parole, lorsque le regard prend toute la place entre deux êtres qui se sentent seuls au monde. Puisque même si dans les deux cas il n&#8217;y a aucun bruit et que le silence y est maître, le monde imaginaire, lui, est en mesure de saisir la différence entre la mélancolie suscitée au sein de notre âme par la solitude d&#8217;une nuit et le bonheur ressenti lorsque l’on est en bonne compagnie.</p>
<p align="justify">Je crois que l’être humain préfère l’un ou l’autre des deux mondes, mais rarement la cohabitation entre les deux. Parfois, nous vivons dans un monde très idéalisé grâce à la force de notre imaginaire, comme c’est le cas avec l’amour. Nous voulons tomber en amour pour nous délecter du penchant que cet être a pour nous et non pas pour simplement « se sentir bien », sans se poser trop de questions et de profiter du contact réciproque que nous procure cette relation. Nous recherchons quelque chose qui serait en conformité avec notre désir et non pas avec la réalité.</p>
<p align="justify">À d’autres occasions, nous sommes très enclins vers le sensoriel. Comme le disait Yvon Deschamps, « on ne veut pas le savoir, on veut le voir ». Une semaine de vacances ne serait pas une vraie semaine de vacances si on n’en profitait pas pour explorer le monde qui nous entoure : voyages, expéditions, croisières, etc.</p>
<p align="justify">Et pourtant, un équilibre est possible, voire souhaitable. Puisque sans notre système sensoriel, l’amour et tout le reste perdent toute signification, mais pour connaître des moments pareils, notre œil se doit de se tourner à demi vers les grands archétypes de l’imagination que nous portons tous en nous!</p>
<p></font></font></p>
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		<title>Lettre à Marjolaine</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Sep 2007 22:01:37 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2" face="Verdana">Dans quelques mois, tout commencera par un cri&#8230; mais avant de songer au temps à venir, laisse-moi retourner dans le passé, notre passé commun.</font><font size="2" face="Verdana"></p>
<p align="justify">Je ne crois pas me tromper en disant que je suis cartésien et toi émotionnelle. Tu es aussi plus impulsive que moi, étant quelqu&#8217;un de plus posé. On ne pourrait pas non plus mentir et dire aux gens que nous sommes jumeaux et certaines personnes ne pourraient pas se douter que nous avons un lien de sang. Tu as les yeux et les cheveux de couleur foncée et dans mon cas ils sont plutôt de couleur pâle.</p>
<p align="justify">En fait, si l&#8217;on regarde plusieurs aspects qui nous définissent en tant qu&#8217;être, on ne se ressemble pas beaucoup. Tu te rappelles que je pouvais facilement me faire passer pour ton chum lorsque j&#8217;étais adolescent!</p>
<p align="justify">Par contre, on a toujours été très proche l&#8217;un de l&#8217;autre même si l&#8217;on n&#8217;utilisait pas nécessairement des mots pour le démontrer. Les paroles s&#8217;envolent, mais les gestes et les attentions demeurent gravés dans notre mémoire. </p>
<p align="justify">Enfant, tu m&#8217;apportas de la soupe <em>lipton </em>et me donnas un bain d&#8217;eau froide lorsque j&#8217;étais malade et que je faisais de la fièvre; tu me consolas aussi lorsque je fus retranché de l&#8217;équipe régionale de baseball; et, adolescent, tu ne te mêlais pas trop de mes histoires, même si, toi, tu n&#8217;avais pas passé par les mêmes épreuves.</p>
<p align="justify">Tu m&#8217;as toujours laissé vivre ma vie tout en étant là pour moi lorsque j&#8217;en ai eu besoin. C&#8217;est ça aimer quelqu&#8217;un pour ce qu&#8217;il est et non pas pour ce qu&#8217;il fait ou pour ce qu&#8217;il peut nous apporter.</p>
<p align="justify">Un de tes projets arrive à sa conclusion ou plutôt à son éclosion&#8230; et je sais que tu en prendras soin et que tu sauras y donner ton amour. Tu n&#8217;as pas à t&#8217;inquiéter tu as trouvé ton île, un endroit où tu te sens bien. </p>
<p align="justify">Arrivé aux abords de la trentaine, le trépas n&#8217;est pas le premier de tes soucis. Je te souhaite tout de même de savourer chaque instant de ta vie, puisqu&#8217;un instant qui s&#8217;envole ne peut jamais être récupéré. La vie c&#8217;est maintenant!</p>
<p align="justify">Je crois que tu le sais autant que moi, on n&#8217;a pas besoin de se dire CE mot. Pour nous, les mots ne sont pas importants; on les laisse aux autres personnes qui les utilisent afin de se rassurer. Nous on le sait.</p>
<p align="justify">Mais aujourd&#8217;hui, je vais le dire CE mot : je t&#8217;aime ma sœur et je suis très heureux pour le futur Samuel, Laurence, Rémi ou quel que soit son nom&#8230; parce que je sais que tu feras une très bonne maman.</p>
<p align="justify">Jn, le pit et futur mo&#8217;oncle</p>
<p></font></p>
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