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	<title>l'Insomniaque &#187; Allemagne</title>
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	<description>Quand on souffre d'insomnie, on n'est jamais vraiment endormi et on n'est jamais vraiment éveillé.</description>
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		<title>l'Insomniaque &#187; Allemagne</title>
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		<title>Un passé qui ne veut pas passer</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Feb 2009 22:30:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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« D&#8217;une certaine façon, ce maintenant dont tu parles existe à peine. On le sent, mais il est impossible à mesurer. Le passé est toujours en train de manger le présent. C&#8217;est pour ça que j&#8217;ai toujours aimé la peinture. Quelqu&#8217;un peint un tableau dans le temps, mais, une fois qu&#8217;il est peint, le tableau reste [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=635&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« D&#8217;une certaine façon, ce <em>maintenant </em>dont tu parles existe à peine. On le sent, mais il est impossible à mesurer. Le passé est toujours en train de manger le présent. C&#8217;est pour ça que j&#8217;ai toujours aimé la peinture. Quelqu&#8217;un peint un tableau dans le temps, mais, une fois qu&#8217;il est peint, le tableau reste au présent. »</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait du roman <em><a href="http://www.amazon.fr/Tout-que-jaimais-Siri-Hustvedt/dp/2742755403" target="_blank">Tout ce que j&#8217;aimais</a></em> de l&#8217;écrivaine <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Siri_Hustvedt" target="_blank">Siri Hustvedt</a>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Depuis quelques mois, je m&#8217;interroge sur la notion que nous avons du passé et de son pouvoir de réminiscence qui influe sur la conduite de nos actions quotidiennes. Contrairement à l&#8217;idée voulant que nous soyons la somme de nos expériences, je suis plutôt d&#8217;avis que c&#8217;est le futur, et non le passé, qui devrait moduler le développement de notre être. Nous avons la possibilité et la faculté de nous « projeter dans le temps », de construire notre propre voie particulière vers une existence heureuse et, au gré de nos découvertes, de changer de direction et ainsi de transcender ce passé.</p>
<p style="text-align:justify;">Deux analogies s&#8217;imposent. Premièrement, c&#8217;est la vérité qui devrait être au début de toutes observations du monde extérieur ainsi que de chacune de nos introspections. L&#8217;être humain, en tant que sujet pensant, se doit d&#8217;agir à la manière d&#8217;un scientifique qui entame ses recherches avec la vérité comme point de départ. Certaines de ses hypothèses seront invalidées et il devra approfondir une bonne partie de ses présupposées initiaux.</p>
<p style="text-align:justify;">Une proposition scientifique n&#8217;est donc pas une proposition vérifiée &#8211; ni même vérifiable par l&#8217;expérience -, mais une proposition réfutable (ou falsifiable) dont on ne peut affirmer qu&#8217;elle ne sera jamais réfutée. Paradoxalement, une vérité se doit de posséder les germes de sa réfutabilité future. « Dieu existe », n&#8217;est pas une proposition scientifique puisqu&#8217;elle n&#8217;est pas réfutable. La théorie du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9ocentrisme" target="_blank">géocentrisme</a> était une théorie scientifique lorsqu&#8217;elle était défendue par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aristote" target="_blank">Aristote</a> du fait qu&#8217;il était possible de mener une expérience qui démontrerait que l&#8217;affirmation était fausse (comme le démontra <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Copernic" target="_blank">Copernic</a> au XVIe siècle avec la théorie de l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9liocentrisme" target="_blank">héliocentrisme</a>).</p>
<p style="text-align:justify;">Citons à ce sujet les mots trop souvent oubliés de la philosophe <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hannah_Arendt" target="_blank">Hannah Arendt</a> dans sa <a href="http://www.amazon.fr/Between-Friends-Correspondence-McCarthy-1949-1975/dp/0156002507/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1234830760&amp;sr=8-1" target="_blank">correspondance</a> avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mary_McCarthy" target="_blank">Mary McCarthy</a> : « la vérité n&#8217;est pas dans la pensée, mais, elle est la condition de possibilité de la pensée. » À l&#8217;instar de la conception que nous avons de l&#8217;avenir, la vérité du penseur va varier au rythme de ses découvertes ainsi que de celles de son domaine d&#8217;étude. La vérité n&#8217;est pas permanente et c&#8217;est grâce au travail continu des scientifiques que nous pouvons aujourd&#8217;hui bénéficier d&#8217;un perfectionnement constant du savoir humain.</p>
<p style="text-align:justify;">La vérité est au début de toute démarche intellectuelle. Une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_ouverte" target="_blank">société ouverte</a> &#8211; concept développé par le philosophe <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bergson" target="_blank">Henri Bergson</a> et repris en particulier par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper" target="_blank">Karl Popper</a> dans <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Soci%C3%A9t%C3%A9_ouverte_et_ses_ennemis" target="_blank">La Société ouverte et ses ennemis</a></em> &#8211; ne devrait jamais permettre la conception d&#8217;une vérité immuable et permanente. C&#8217;est une des idées exprimées par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Stuart_Mill" target="_blank">John Stuart Mill</a> dans l&#8217;ouvrage <a href="http://en.wikisource.org/wiki/On_Liberty/Chapter_2" target="_blank">De la liberté</a> : « But the peculiar evil of silencing the expression of an opinion is, that it is robbing the human race; posterity as well as the existing generation; those who dissent from the opinion, still more than those who hold it. If the opinion is right, they are deprived of the opportunity of exchanging error for truth: if wrong, they lose, what is almost as great a benefit, the clearer perception and livelier impression of truth, produced by its collision with error. »</p>
<p style="text-align:justify;">Pourrions-nous alors envisager la conception de notre devenir à la manière de Popper, à savoir de nous interdire le fait d&#8217;avoir une vision déterminée de notre avenir et de toujours se permettre de modifier notre vie au gré des événements?</p>
<p style="text-align:justify;">Une deuxième analogie me semble pertinente. Bien que notre bagage génétique ait une grande influence sur le développement physique et psychologique de notre être, il est possible d’outrepasser les directives biologiques de notre organisme. L’être humain est la seule espèce qui refuse d’être ce qu’elle est, mais aussi la seule qui peut être autre chose que son code génétique lui dicte.</p>
<p style="text-align:justify;">Si nous adoptons fréquemment des comportements altruistes qui vont à l&#8217;encontre de nos <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A8ne_%C3%A9go%C3%AFste" target="_blank">gènes égoïstes</a>, serait-il alors possible de nous « projeter dans le temps » et ainsi d&#8217;aller à l&#8217;encontre de notre tendance à vivre au temps présent en étant soumis au diktat de nos expériences passées?</p>
<p style="text-align:justify;">Les expériences du passé ne se répéteront jamais selon les mêmes paramètres. La place que le passé occupe dans nos vies est beaucoup plus grande que celle occupée par le futur. Certes, notre point de référence étant le présent, le futur moi ne verra peut-être pas le monde comme je le vois en ce moment. Cependant, en débutant notre analyse en fonction « de ce qui est » et non « de ce qui fut », nous pouvons donner un sens à cet avenir. Le terme « avenir » doit être envisagé sans aucune limite temporelle précise, le temps futur englobe autant la prochaine heure, la journée de demain et l&#8217;année suivante.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;avenir doit être au commencement de toute réflexion humaine, l&#8217;Homme étant la seule espèce animale qui a une conscience élargie du temps et de sa condition humaine de finitude - pour les autres espèces animales, la perception du temps est limitée aux rythmes biologiques et à leur conscience instinctive de leur environnement. C&#8217;est en partant de l&#8217;existence, du présent, que nous pouvons construire notre projet de vie.</p>
<p style="text-align:justify;">Les événements de la vie se déroulent sur un espace temporel continu et ceux-ci trouvent leur signification &#8211; tel un cinéphile qui visionne un long-métrage une seconde fois - lorsqu&#8217;on les examine en sens inverse. Mais, cette signification n&#8217;a plus sa place au présent si ce n&#8217;est qu&#8217;elle nous permet de constater l&#8217;état des choses.</p>
<p style="text-align:justify;">Le passé est un temps fini où rien ne pourra être modifié tandis que nous nous devons d&#8217;envisager l&#8217;avenir comme un vaste champ d&#8217;opportunités où rien n&#8217;est déterminé à l&#8217;avance. Une fois que nous avons franchi cette limite &#8211; cet état de fait - le passé se doit de passer.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Le temps n&#8217;existe pas pour l&#8217;animal, c&#8217;est-à-dire pour un être qui vit tout entier dans le moment présent; car ses réminiscences elles-mêmes, évoquées par l&#8217;intérêt actuel, s&#8217;effacent avec lui, et s&#8217;y absorbent sans laisser le souvenir ou conscience de l&#8217;existence passée. L&#8217;homme, au contraire, porte en lui la notion du temps, comme passé, présent et avenir. Il peut sortir du présent, se transporter dans le passé, reprendre chacun de ses souvenirs, ou anticiper sur une suite d&#8217;événements futurs. Maître en quelque sorte de son existence, planant au dessus d&#8217;elle, appréciant la solidarité des moments qui se succèdent, il est mis en demeure de rendre cette solidarité heureuse ou malheureuse; et tandis que l&#8217;animal ne se soucie pas du moment futur, l&#8217;homme le devance de ses désirs, de ses pensées, de ses espérances, et la notion du temps fait de lui un être avide d&#8217;immortalité. »</p>
<p style="text-align:justify;">Discours qu&#8217;a tenu, en 1863, devant l&#8217;Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, le docteur <a href="http://char-fr.net/SITE/CYPRIEN-ORE-DECOUVERTE-DE-L.html" target="_blank">Pierre-Cyprien Oré</a>, professeur adjoint à l&#8217;École préparatoire de Médecine et de Pharmacie, sur <em><a href="http://books.google.ca/books?id=sUYtAAAAYAAJ&amp;pg=PA522&amp;lpg=PA522&amp;dq=%22le+temps+n'existe+pas+pour+l'animal%22&amp;source=web&amp;ots=8rbAz2iEWm&amp;sig=jAmg5O1qN1PhLUiwwihr7-bkD6I&amp;hl=fr&amp;ei=BmOdSdOlGtKgtwfUl9TcBA&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;resnum=4&amp;ct=result#PPA523,M1" target="_blank">l&#8217;importance de l&#8217;expérimentation en physiologie</a></em>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:center;"><strong>La « querelle des historiens »</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Le titre de mon billet, « un passé qui ne veut pas passer », fait référence au <a href="http://cd94-upbc.creteil.iufm.fr/Histoire-geographie_cycle3/HG/faitevenement/Interpret_03.htm#Nolte" target="_blank">célèbre article</a> (traduction en langue française par Brigitte Vergne-Cain et publiée dans l&#8217;ouvrage <em><a href="http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=4621" target="_blank">Devant l&#8217;histoire : Les documents de la controverse sur la singularité de l&#8217;extermination des Juifs par le régime nazi</a>)</em> rédigé par l&#8217;historien <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Nolte" target="_blank">Ernst Nolte</a> et publié originalement le 6 juin 1986 dans le <a href="http://www.faz.net/s/homepage.html" target="_blank"><em>Frankfurter Allgemeine Zeitung</em></a>.</p>
<p style="text-align:justify;">Cet écrit est considéré comme l&#8217;élément déclencheur de l&#8217;<em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Historikerstreit" target="_blank">Historikerstreit</a></em> (la « querelle des historiens »), à savoir une controverse historiographique et politique qu&#8217;a connue l&#8217;Allemagne de l&#8217;Ouest à la fin des années 1980. Cette controverse a pour objet la place à accorder à la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Shoah" target="_blank">Shoah</a> dans l&#8217;histoire de l&#8217;Allemagne et a opposé des historiens conservateurs, en particulier <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Nolte" target="_blank">Ernst Nolte</a>, soutenu par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Klaus_Hildebrand" target="_blank">Klaus Hildebrand</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_St%C3%BCrmer" target="_blank">Michael Stürmer</a>, à des intellectuels « de gauche », parmi lesquels <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%BCrgen_Habermas" target="_blank">Jürgen Habermas</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Mommsen" target="_blank">Hans Mommsen</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Broszat" target="_blank">Martin Broszat</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Eberhard_J%C3%A4ckel" target="_blank">Eberhard Jäckel</a>.</p>
<p style="text-align:justify;">À l&#8217;instar de l&#8217;historien américain <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Daniel_Goldhagen" target="_blank">Daniel Goldhagen</a> dans son ouvrage controversé, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Hitler%27s_Willing_Executioners" target="_blank"><em>Les bourreaux volontaires de Hitler</em></a>, où l&#8217;auteur analyse la responsabilité de l&#8217;Allemand ordinaire en fonction des crimes perpétrés par le régime hitlérien, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Nolte" target="_blank">Nolte</a> rédige une interprétation polémique des crimes nazis en soutenant qu&#8217;ils auraient été commis en réaction aux crimes soviétiques sous le régime stalinien.</p>
<p style="text-align:justify;">D&#8217;autres questionnements ont aussi été soulevés durant l&#8217;<em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Querelle_des_historiens" target="_blank">Historikerstreit</a></em> et en voici quelques-unes : les crimes de l’Allemagne nazie incarnent-ils le mal absolu dans l’Histoire? Les crimes de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Staline" target="_blank">Joseph Staline</a> en Union soviétique sont-ils équivalents, sinon pires, à ceux commis par le régime hitlérien? L’histoire allemande a-t-elle suivi un <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sonderweg" target="_blank">Sonderweg</a></em> (une « voie spéciale ») conduisant inévitablement au nazisme? D’autres génocides, dont le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_des_Hereros" target="_blank">génocide des Hereros</a>, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_arm%C3%A9nien" target="_blank">génocide arménien</a> et le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Khmers_rouges" target="_blank">génocide des Khmers rouges</a> au Cambodge, sont-ils comparables à celui de l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Holocauste" target="_blank">Holocauste</a>? Le peuple allemand devrait-il supporter un fardeau de culpabilité pour les crimes nazis? Les nouvelles générations d’Allemands pourraient-elles trouver des sources de fierté dans leur histoire?</p>
<p style="text-align:justify;">Si vous voulez en apprendre davantage sur ce débat historiographique et sur la période hitlérienne, je vous invite à consulter deux billets que j&#8217;ai publiés sur le sujet, soit <a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2008/02/28/analyse-historiographique/" target="_blank">« Une analyse historiographique »</a> et <a href="http://jean-nicolaslacoste.com/2005/10/29/quest-ce-que-le-nazisme" target="_blank">« Qu’est-ce que le nazisme? »</a>.</p>
<p style="text-align:center;"><strong>La subjectivité</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Les débats historiographiques, comme celui de la querelle des historiens, illustrent bien les multiples interprétations du passé. En soutenant l&#8217;idée que l&#8217;Humain se doit de se libérer de son passé, mon objectif n&#8217;est pas de faire la promotion d&#8217;une<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Contre-utopie" target="_blank"> « philosophie dysutopique »</a>, à l&#8217;instar de celle que l&#8217;on retrouve dans <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_des_Mondes" target="_blank">Le meilleur des mondes</a> d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aldous_Huxley" target="_blank">Aldous Huxley</a>, qui ferait abstraction du passé et interdirait certains ouvrages (dans le roman d&#8217;Huxley, les livres de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Shakespeare" target="_blank">William Shakespeare</a> ont été retirés des bibliothèques), ni que cette remise en question du passé allemand fut inutile. Je suis d&#8217;avis que les débats d&#8217;idées sont nécessaires et qu&#8217;ils témoignent de l&#8217;état de la démocratie au sein d&#8217;une société &#8211; un régime totalitaire ne tolère pas la pluralité des opinions.</p>
<p style="text-align:justify;">Le passé qui m&#8217;intéresse ici est celui qui est propre à chacun d&#8217;entre-nous.</p>
<p style="text-align:justify;">Les diverses interprétations d&#8217;un événement historique nous portent à croire qu&#8217;il est pratiquement impossible d&#8217;arriver à une vision commune du passé. Comme le dit Kierkegaard, père de l’existentialisme, qu’est-ce que la vérité, sinon la subjectivité? La « subjectivité est vérité » et la « vérité est subjectivité ». Ce paradoxe kierkegaardien fait la distinction entre ce qui est objectivement vrai et la relation de subjectivité qu’entretient un individu avec cette vérité. Contrairement à l&#8217;objet d&#8217;étude du spécialiste des sciences naturelles, pour l&#8217;historien ainsi que tous individus qui étudient l&#8217;être humain dans ses agissements particuliers, il n&#8217;existe aucune séparation entre le sujet étudié et le sujet pensant.</p>
<p style="text-align:justify;">Bien que l&#8217;objectivité soit un but vers lequel nous aspirons, dans le domaine des sciences humaines il est impossible de l&#8217;atteindre. En étudiant les Hommes dans le temps, l&#8217;histoire peut éclairer les choix du temps présent, si et seulement si, nous ne lui accordons aucune valeur normative. Selon <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Duhamel" target="_blank">Georges Duhamel</a>, « le romancier est l&#8217;historien du présent, alors que l&#8217;historien est le romancier du passé. »</p>
<p style="text-align:justify;">En plaçant le romancier et l&#8217;historien sur le même niveau, Duhamel introduit l&#8217;idée de subjectivité inhérente à tout intellectuel, et ce, qu&#8217;il soit écrivain ou historien. Le romancier croit posséder la vérité du temps présent. L&#8217;historien croit décrire avec justesse les événements passés, à savoir tels qu&#8217;ils se sont réellement passés.</p>
<p style="text-align:center;"><strong>La présence de l&#8217;absence</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Malgré ces aperçus momentanés d&#8217;une vie, ces toiles et ces matériaux avaient un caractère abstrait, une inexpressivité ultime qui suggérait la précarité de toute chose, l&#8217;idée que même si l&#8217;on pouvait sauver toutes les miettes d&#8217;une existence, en faire un tas géant et puis les passer soigneusement au crible afin d&#8217;en extraire tout le sens possible, le total n&#8217;en ferait pas une vie. »</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait du roman <em><a href="http://www.amazon.fr/Tout-que-jaimais-Siri-Hustvedt/dp/2742755403" target="_blank">Tout ce que j&#8217;aimais</a></em> de l&#8217;écrivaine <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Siri_Hustvedt" target="_blank">Siri Hustvedt</a>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Le regard que les gens posent sur le temps passé est souvent inexact. De nombreuses expressions de la langue française &#8211; à savoir « si le passé est garant de l&#8217;avenir&#8230; », « les leçons du passé », « démystifier le passé », etc. &#8211; devraient être utilisées avec précaution étant donné qu&#8217;elles décrivent une vision téléologique et déterministe du passé, comme si le passé portait en lui les germes de ses aboutissements.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Ricoeur" target="_blank">Paul Ricoeur</a>, philosophe français, a formulé une aporie &#8211; on nomme aporie (en grec <em>aporia</em>, soit une absence de passage, une difficulté ou un embarras) une difficulté à résoudre un problème; pour Aristote, c&#8217;est une question qui place le lecteur ou l&#8217;auditeur dans l&#8217;embarras pour trancher entre deux affirmations &#8211; qui résume bien notre situation face au temps passé en décrivant la mémoire en tant que « présence de l’absence ».</p>
<p style="text-align:justify;">Il faut cesser de se glorifier de ses expériences passées en les quantifiant et en les mesurant par rapport à celles des autres, tout en leur accordant une valeur normative (une expérience heureuse, une expérience malheureuse, une expérience à oublier, une expérience enrichissante, etc.).</p>
<p style="text-align:justify;">Une de mes convictions au sujet de la vie, c&#8217;est que nous ne sommes pas uniquement la somme de nos expériences. Si je supprimais toutes mes expériences, je ne disparaitrais pas pour autant dans le néant; je serais peut-être un être différent, mais je serais toujours moi. J&#8217;ai une série de conditionnements, mais je ne restitue pas la totalité de ce que j&#8217;ai reçu.</p>
<p style="text-align:justify;">Une trace, c&#8217;est la seule chose que vous avez de votre passé. Vous aurez toujours une « présence de l’absence » sommeillant à quelque part au sein des méandres de votre esprit. Mais, votre passé n&#8217;est plus rien; il est un temps mort qui ne compte plus.</p>
<p style="text-align:justify;">Tournez-vous vers l&#8217;avenir, vers ce que vous pourriez devenir! Puisque c&#8217;est lui, l&#8217;avenir, qui donnera un sens à l&#8217;être que vous êtes présentement.</p>
<br />Publié dans Caractéristique humaine, Histoire, Philosophie Tagged: Allemagne, controverse, expérience, futur, Histoire, historien, hollocauste, kierkegaard, mémoire, objectivité, passé, popper, présent, science, subjectivité, vérité <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/635/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/635/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/635/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/635/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/635/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/635/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/635/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/635/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/635/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/635/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=635&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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		<title>Une analyse historiographique</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Feb 2008 00:08:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans l’histoire de l’humanité, tout comme au sein de la mémoire collective, le Troisième Reich (1933-1945) occupe une place spécifique et suscite encore de nos jours des débats animés, comme en fait foi la Historikerstreit ou « querelle des historiens » survenue en 1986. 
Plusieurs questions ont suscité de vifs débats en 1986 et, encore [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=228&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Dans l’histoire de l’humanité, tout comme au sein de la mémoire collective, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nazification" target="_blank">Troisième Reich</a> (1933-1945) occupe une place spécifique et suscite encore de nos jours des débats animés, comme en fait foi la <em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Historikerstreit" target="_blank">Historikerstreit</a></em> ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Historikerstreit" target="_blank">« querelle des historiens »</a> survenue en 1986. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family:Verdana;font-size:x-small;">Plusieurs questions ont suscité de vifs débats en 1986 et, encore aujourd&#8217;hui, la controverse historiographique est toujours d&#8217;actualité.</span></p>
<ol>
<li>
<div><span style="font-family:Verdana;font-size:x-small;">Est-ce que les crimes de l&#8217;Allemagne nazie incarnent le mal absolu dans l&#8217;Histoire, ou est-ce que les crimes de Joseph Staline en Union soviétique sont équivalents, sinon pires?<br />
</span></div>
</li>
<li>
<div><span style="font-family:Verdana;font-size:x-small;">Est-ce que l&#8217;histoire allemande a suivi une « voie spéciale » (<em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Sonderweg" target="_blank">Sonderweg</a></em>) conduisant inévitablement au nazisme?<br />
</span></div>
</li>
<li>
<div><span style="font-family:Verdana;font-size:x-small;">Est-ce que d&#8217;autres génocides, dont le génocide des Hereros, le génocide arménien et le génocide des Khmers rouges au Cambodge, sont comparables à l&#8217;Holocauste ?<br />
</span></div>
</li>
<li>
<div><span style="font-family:Verdana;font-size:x-small;">Est-ce que les crimes commis par les nazis sont une réaction aux crimes soviétiques sous Staline, comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Nolte" target="_blank">Ernst Nolte</a> l&#8217;a soutenu?<br />
</span></div>
</li>
<li>
<div><span style="font-family:Verdana;font-size:x-small;">Le peuple allemand devrait-il supporter un fardeau de culpabilité pour les crimes nazis, ou bien les nouvelles générations d&#8217;Allemands pourraient trouver des sources de fierté dans leur histoire? </span></div>
</li>
</ol>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">L’ouvrage retenu pour cette analyse historiographique, soit <em><a href="http://www.amazon.fr/Quest-ce-nazisme-Probl%C3%A8mes-perspectives-dinterpr%C3%A9tation/dp/2070403513/ref=pd_bbs_4?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1204203973&amp;sr=8-4" target="_blank">Qu’est-ce que le nazisme? Problèmes et perspectives d’interprétation</a></em> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ian_Kershaw" target="_blank">Ian Kershaw</a>, s’inscrit dans le contexte mouvementé des années quatre-vingt : soulignons au passage le cinquantième anniversaire de la prise de pouvoir nazie en 1983, le plaidoyer de Martin Broszat pour une « historicisation » (<em>Historisierung</em>) du national-socialisme en 1985 et l’ouverture du mur de Berlin le 9 novembre 1989. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Publiée en 1985, l’œuvre de Kershaw vient proposer une complémentarité entre les intentions d’Hitler et les structures du Troisième Reich. Toutefois, je défends la thèse que l&#8217;on peut déceler le penchant structuraliste de l&#8217;auteur dès le début des années 80 (qu’il exprime de façon implicite) et qui atteindra son point culminant lors de la parution de sa biographie sur Hitler en 1998.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Articulée autour de trois aspects, cette analyse tentera d&#8217;illustrer certaines hypothèses qui peuvent expliquer les différentes prises de position de Kershaw </span></span><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">: le contexte particulier entourant l’auteur et ses écrits d’avant 1985 est d’abord exposé, puis suivi par la relation entre l’esprit de l’époque et l’ouvrage à l’étude et pour terminer, par l’énoncé d’une hypothèse, celle du hasard ou des circonstances de la vie, quant à l’explication de la perspective adoptée par Kershaw dans l’œuvre analysée.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">D’entrée de jeu, la nationalité de Ian Kershaw est un élément explicatif de sa prise de position en ce qui a trait au débat « intentionnalisme/structuralisme ». </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Britannique et non d’origine allemande, l’auteur n’appartient pas de fait à la « génération des jeunesses hitlériennes » – celle des historiens qui furent adolescents lors de la période nazie – et par conséquent, ne se sent pas concerné par l’âpreté de leurs polémiques. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Ses premiers travaux l’ont exposé aux débats historiographiques des années soixante-dix, cependant comme il le souligne lui-même dans sa biographie de Hitler, « n’étant pas allemand et m’intéressant surtout à la réception de l’image de Hitler […] je suis resté pour l’essentiel étranger à ces débats. » Analyser le IIIe Reich avec une certaine distance permet dès lors à son auteur d’adopter une position conciliante entre les deux approches.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Pour bien mener la mise en contexte historiographique, il importe aussi de prendre en considération les deux ouvrages de Kershaw qui furent rédigés quelques années avant la parution de l’œuvre à l’étude. Bien que toujours à l’écart des débats historiographiques en Allemagne, Kershaw ne se considère cependant plus comme un novice en la matière. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">C’est en 1980 et en langue allemande qu’est publié <em>Der Hitler-Mythos. Volksmeinung und Propaganda in Dritter Reich</em> (<em><a href="http://www.amazon.fr/mythe-Hitler-Image-r%C3%A9alit%C3%A9-Reich/dp/208210365X/ref=pd_bbs_sr_5?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1204205207&amp;sr=8-5" target="_blank">The « Hitler Myth ». Image and Reality in the Third Reich</a></em>), où Kershaw étudie « l’autorité charismatique » du Führer selon le modèle développé par le célèbre sociologue Max Weber. Œuvre proposant une interprétation nouvelle – l’auteur utilise un concept de la sociologie pour expliquer la création du « Mythe du Führer » qui serait à l’origine du ralliement au régime nazi de la grande masse du peuple allemand –, on y découvre cependant une tendance structuraliste.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">De plus, l’historien adopte aussi une approche radicalement nouvelle dans <em><a href="http://www.amazon.com/Popular-Opinion-Political-Dissent-Third/dp/0199251118/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1204205298&amp;sr=8-1" target="_blank">Popular opinions and political dissent in the Third Reich. Bavaria, 1933-1945</a></em>, publié en 1983, dans lequel ouvrage il se distance des études traitant « par le haut » le IIIe Reich en abordant plutôt le système « par le bas », c’est-à-dire en étudiant la conscience politique de « l’Allemand ordinaire » dans une région déterminée.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">En somme, dans les années soixante-dix, la dichotomie entre sa nationalité et son objet d’étude incite Ian Kershaw à se distancer des deux courants qui s’opposent, intentionnaliste pour l’un et structuraliste pour l’autre, puisqu’il ne se sent pas concerné par les polémiques entre des historiens appartenant à la « génération des jeunesses hitlériennes » d’une part et d’autre part, ne se considère pas encore comme un spécialiste de la période &#8211; fait à rappeler, Ian Kershaw a débuté sa carrière d’historien en tant que médiéviste -, toujours en apprentissage avec son mentor, Martin Broszat. (Soulignons que Broszat est reconnu pour sa position structuraliste : faut-il voir dans la relation Broszat-Kershaw des années soixante-dix un signe précurseur de la même tendance pour Kershaw, laquelle est implicitement exprimée dans l’ouvrage étudié et devient une approche clairement définie dans sa biographie de Hitler publiée en 1998?) </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Pour faire suite, il me semble pertinent de mettre en perspective l’esprit de la société allemande à l’époque de la rédaction et de la parution de l’ouvrage à l’étude.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">D’abord, l’œuvre de Kershaw vient répondre à un engouement populaire, celui « d’un public de plus en plus étendu, réclamant des analyses exhaustives et des ouvrages de référence sur l’histoire du nazisme. » La nécessité d’une compréhension de la singularité du IIIe Reich est ravivée entre autres, par les nombreuses manifestations de 1983 que suscite le cinquantième anniversaire de la prise de pouvoir nazie. En proposant une étude – destinée à l’origine aux étudiants – sur les problèmes et les perspectives d’interprétation du nazisme, Ian Kershaw s’applique ainsi à répondre aux préoccupations de l’époque, ce qu’il reconnaît lui même : « [affirmer] que les préoccupations du présent déterminent la manière dont les historiens abordent le passé est une évidence. »</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">C’est aussi en 1985 qu’est utilisé pour la première fois le terme « historicisation » par l’historien <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Martin_Broszat" target="_blank">Martin Broszat</a>, dont j&#8217;ai déjà mentionné les liens professionnels avec Ian Kershaw lors de leur participation commune au « projet bavarois » d’entre 1977 et 1983. Or, le <em>Plaidoyer pour une historicisation</em> du national-socialisme de Broszat présente l’idée d’une « normalisation » des procédés méthodologiques utilisés pour l’étude du IIIe Reich, en appliquant « les principes de rigueur dont fait preuve toute enquête historique minutieuse déployant des hypothèses de « portée intermédiaire » susceptibles d’être soumises à une vérification empirique. » </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Martin Broszat aspire à restituer le passé nazi dans un portrait complexe du régime hitlérien, en ne limitant pas son analyse uniquement au domaine historico-philosophique ou politico-idéologique et en rejetant les a priori moraux. Ian Kershaw, pour sa part, propose lui aussi une perspective innovatrice en voulant rétablir le passé nazi, mais en utilisant cependant la complémentarité de deux approches polémiques et non pas en créant une nouvelle perspective d’étude, comme c’est le cas pour Broszat avec sa « normalisation ».</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Le plaidoyer de Broszat suscite davantage de controverses que l’essai de Kershaw compte tenu que certains historiens, comme Saül Friedländer, perçoivent dans le concept de « normalité » la négation de la spécificité et de la place historique de la politique d’extermination du IIIe Reich.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Quant au « bilan historiographique » sur la période nazie de Ian Kershaw, il est le reflet des points de vue divergents des années soixante-dix entre historiens allemands et celui des débats polarisés du début des années quatre-vingt entre défenseurs d’une approche intentionnaliste et partisans de celle des structures. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Par ailleurs, lorsqu’il affirme que les « [composantes] essentielles d’une explication du IIIe Reich, « intention » et « structure » doivent faire l’objet d’une synthèse, plutôt que d’être mises en opposition […] », Kershaw propose une approche qui attire davantage la louange que la critique puisqu’en s’inscrivant dans une logique atypique, il lui est permis par conséquent d’exposer les thèses en présence avant de trancher dans un sens le plus souvent nuancé.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Dans cette troisième et dernière partie, mon objectif est de présenter d’entrée de jeu l’hypothèse « du hasard » pour expliquer la thèse de la complémentarité défendue par Ian Kershaw. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">D’abord, cette conjecture ne réfère aucunement au hasard de l’histoire &#8211; tout historien sérieux rejette la « théorie du nez de Cléopâtre » qui ne ramène l’histoire qu’à l’accidentel; utiliser le hasard pour comprendre l’histoire est un moyen détourné pour se soustraire à la recherche des causes d’un phénomène ou d’un événement à l’étude -, mais plutôt au hasard de la vie, c’est-à-dire aux circonstances imprévues intervenant dans l’existence d’un individu. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">C’est ainsi que, lors d’une entrevue en octobre 2002, Kershaw se rappelle toujours d’un événement capital survenu il y a quelque trente années : </span></span><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">« […] je suis tombé par hasard, au comptoir d&#8217;un café, sur un ancien nazi. Au milieu de la conversation il me dit : &laquo;&nbsp;Vous les Anglais, vous avez manquez un[e] occasion. Vous auriez dû vous allier avec nous et ensemble nous aurions détruit le bolchevisme et dominé le monde.&nbsp;&raquo; Et toujours pendant cette conversation je me rappelle exactement, mot pour mot, ce propos qu&#8217;il m&#8217;a tenu, affirmant que les Juifs sont des poux. J&#8217;ai été tellement choqué par son comportement que j&#8217;ai ressenti le besoin de savoir ce qui avait pu se passer en Allemagne dans les années trente. Ce fut une autre grande étape. » </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Si Kershaw se souvient encore de cette rencontre, c’est qu’il lui accorde une importance majeure dans son cheminement professionnel. Je peux ainsi extrapoler davantage en supposant que cette circonstance fortuite l’aurait incité à s’écarter des courants univoques – ceux ne privilégiant qu’une seule approche dans l’étude historique – et qui n’avaient pu jusque-là lui fournir une réponse éclairée sur la période nazie.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">La relation entre Kershaw et Broszat constitue le deuxième aspect de notre hypothèse. Encore une fois, Kershaw n’est pas insensible à la part du hasard : « [j’ai] ensuite eu la <em>chance</em>, en 1975, de pouvoir quitter mon emploi de conférencier en histoire médiévale […] [et à] la même époque, Martin Broszat, grand historien allemand de la période nazie, m’a <em>invité</em> à participer au sein de son équipe à un projet d’histoire sociale relatif au nazisme. » (il est à noter que l’italique des mots « chance » et « invité » est une initiative personnelle pour souligner l’importance que Kershaw lui-même semble accorder au hasard pour expliquer sa reconversion à l’étude du IIIe Reich) </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">J&#8217;estime que c’est à l’époque de sa participation au projet de Broszat que Kershaw rejette de façon définitive toutes les théories « hitlérocentristes » et qu’il adopte davantage les thèses structuralistes, en ne considérant toutefois pas le Führer comme le « maître du Reich », mais plutôt en insistant sur son « pouvoir charismatique ».</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Pourquoi Ian Kershaw choisit-il alors de concilier les approches dans son ouvrage <em>Qu’est-ce que le nazisme? Problèmes et perspectives d’interprétation</em> si nous savons qu’à ses débuts, il est plutôt un adepte de l’approche structuraliste – notamment par sa relation avec Broszat et par son écrit <em>The &laquo;&nbsp;Hitler myth&nbsp;&raquo; : image and reality in the Third Reich</em> paru en 1980 – et qu’il se qualifie lui-même comme « historien structuraliste » dans son livre le plus récent (son imposante biographie sur Hitler)? </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">À l’époque de la rédaction et de la parution de son essai sur le nazisme, je considère la position de Kershaw comme étant celle d’un historien qui souhaitait demeurer à l’écart du débat des intellectuels allemands de l’époque d’une part et d’autre part, que le contexte des années quatre-vingt se prêtait davantage à une explication dégageant les problèmes fondamentaux d’interprétation du IIIe Reich dans une perspective dialectique des deux courants polémiques en question.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Peut-on alors avancer que Kershaw fut foncièrement structuraliste durant les trois dernières décennies? S&#8217;il est difficile de discerner les motivations d&#8217;un auteur à travers l&#8217;ensemble de son oeuvre, cette analyse historiographique </span></span><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">démontre à l’évidence que non, même si on y décèle une tendance implicite vers le structuralisme. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">J&#8217;estime plutôt que le contexte de l&#8217;époque, soit l&#8217;âpreté des débat durant les années 80, et son sentiment « d&#8217;étranger »  - le fait qu&#8217;il ne soit pas Allemand et qu&#8217;il ait débuté sa carrière en tant que médiéviste &#8211; font en sorte que de concilier les deux tendances était la seule approche valable pour comprendre cette période historique. Cet ouvrage lui permet de faire le bilan des différentes approches avant de prendre lui-même position.</span></span></p>
<p><span style="font-size:x-small;"></span><span style="font-size:x-small;"></span><span style="font-size:x-small;"></span><span style="font-size:x-small;"></span><span style="font-size:x-small;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;"><span style="font-family:Verdana;font-size:x-small;">Dans les années quatre-vingt-dix, la réunification de l’Allemagne rend accessible les Archives de la RDA (République Démocratique d’Allemagne ou Allemagne de l’Est) permettant une analyse plus complète et détaillée du Troisième Reich et de son Führer ainsi qu’une révision de certaines tendances historiographiques des années quatre-vingt. C&#8217;est dans ce contexte particulier que Kershaw décide de rédiger sa biographie d&#8217;Hitler.</span> </span></span></p>
<p><span style="font-size:x-small;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Il importe de préciser ici que même si sa biographie de Hitler en est une de type stucturaliste, Kershaw ne réduit pas le Führer à un simple rôle de pantin ou de dictateur faible. C&#8217;est la structure <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Polycratie" target="_blank">polycratique</a> du système nazie et « l’autorité charismatique » du chef qui permettent notamment d&#8217;expliquer le fonctionnement du régime. (encore une fois, il ne fait pas abstraction des intentions dans son analyse!)</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">En définitive, il appert que la thèse de l’historien peut être bien synthétisée par cette citation de Marx: « Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas de leur propre mouvement, ni dans des conditions choisies par eux seuls, mais bien dans les conditions qu’ils trouvent directement et qui leur sont données et transmises. »</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Déjà et avant la parution récente de sa colossale biographie de Hitler, d’aucuns considèrent Ian Kershaw comme l’un des plus grands spécialistes de la période nazie et son lumineux essai sur le nazisme à l’étude comme son livre maître. Si la référence à cet ouvrage est fréquente dans l’histoire du phénomène nazi, sa détraction semble y être absente. <span style="font-size:x-small;"><span style="font-family:Verdana;">Lorsque j&#8217;analyse la relation entre le contexte mouvementé des années quatre-vingt, les premiers écrits de Kershaw et l’ouvrage soumis à l’analyse, il est néanmoins possible d’émettre certaines hypothèses quant à l’approche conciliante d’un historien britannique peu concerné par les disputes et les conflits moraux au sein de la confrérie allemande et qui se montre soucieux de contribuer par sa réflexion à la compréhension du Troisième Reich.</span></span></span></span></p>
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		<title>L&#8217;hubris s&#8217;est transformé en némésis</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Apr 2007 21:49:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le nom même de Hitler restera cependant à jamais et de manière tout à fait légitime, celui du principal instigateur du plus profond effondrement de la civilisation dans les temps modernes. La forme extrême de pouvoir personnel qu&#8217;un demi-instruit, un démagogue de brasserie doublé d&#8217;un raciste engagé, un soi-disant sauveur national narcissique et mégalomane, put [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=140&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Le nom même de Hitler restera cependant à jamais et de manière tout à fait légitime, celui du principal instigateur du plus profond effondrement de la civilisation dans les temps modernes. La forme extrême de pouvoir personnel qu&#8217;un demi-instruit, un démagogue de brasserie doublé d&#8217;un raciste engagé, un soi-disant sauveur national narcissique et mégalomane, put acquérir et exercer dans un pays moderne et économiquement avancé, dans une terre de culture connue pour ses philosophes et ses poètes [...].</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Dans son maelström de destruction, le pouvoir hitlérien avait aussi démontré de manière concluante la faillite des ambitions mondiales racistes et ultranationalistes (mais aussi des structures politiques et sociales qui les soutenaient) qui avaient prévalu en Allemagne pendant plus d&#8217;un demi-siècle et qui, par deux fois, avaient plongé l&#8217;Europe et le monde dans une guerre désastreuse. La vieille Allemagne était morte avec Hitler. L&#8217;Allemagne qui avait engendré Adolf Hitler, qui avait reconnu son avenir dans sa vision et l&#8217;avait si volontiers servi, bref qui avait pris part à son hubris, dut aussi partager sa némésis.</font></font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/140/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/140/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/140/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/140/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/140/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/140/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/140/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/140/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/140/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/140/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/140/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/140/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=140&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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		<title>Frères humains&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Mar 2007 07:49:45 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Qu’on le veuille ou non, l’inhumain reste de l’humain. 
C’est ce qu’on doit retenir de l’imposant roman de Jonathan Littell, Les Bienveillantes. Il s&#8217;agit des mémoires d&#8217;un personnage fictif, Maximilien Aue, qui a participé aux massacres de masse nazis comme officier SS.
Durant la guerre totale qu’a connue l’Europe de 1939 à 1945, la distinction entre [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=120&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"><font face="Verdana">Qu’on le veuille ou non, l’inhumain reste de l’humain.</font></font><font size="2"><font face="Verdana"> </font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">C’est ce qu’on doit retenir de l’imposant roman de <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Littell">Jonathan Littell</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Bienveillantes"><em>Les Bienveillantes</em></a>. Il s&#8217;agit des mémoires d&#8217;un personnage fictif, Maximilien Aue, qui a participé aux massacres de masse nazis comme officier <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Schutzstaffel">SS</a>.</p>
<p align="justify">Durant la guerre totale qu’a connue l’Europe de 1939 à 1945, la distinction entre le civil et le militaire a disparu et entre l’enfant juif gazé ou fusillé et l’enfant allemand mort sous les bombes incendiaires, il n’y a qu’une différence de moyens; ces deux morts étaient également vaines, aucune des deux n’a abrégé la guerre même d’une seconde. Dans les deux cas, l’homme ou les hommes qui les ont tués croyaient que c’était juste et nécessaire.</p>
<p align="justify">Qui est donc coupable et qui ne l’est pas? <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Adolph_Eichman">Eichmann</a>, celui que l’on a désigné comme le grand architecte des camps nazis, est-il plus coupable qu’un aiguilleur des voies ferrées qui amenaient les Juifs d’un point A (leur ville natale) vers un point B (le camp de concentration)? Bien entendu, un juriste me répondrait qu’on peut établir des niveaux de responsabilité pénale et d’en condamner certains et de laisser les autres avec leur conscience.</p>
<p align="justify">On oppose trop souvent l’État (totalitaire ou non) à l’homme ordinaire, mais on oublie alors que l’État est composé d’hommes, tous plus ou moins ordinaires, avec leur vie, leur histoire, leur hasard qui fait qu’un jour on se retrouve du côté du fusillé ou du fusilleur. Les victimes ne sont pas torturées parce qu’elles étaient « bonnes » et leurs bourreaux les torturent étant donné qu’ils sont « mauvais ».</p>
<p align="justify">Le vrai danger pour l’homme, c’est moi et c’est vous puisque dans l’inhumain il y a le mot humain. Il aura toujours des raisons bonnes ou mauvaises, mais en tout cas des raisons humaines. Ceux qui tuent sont des hommes, comme ceux qui sont tués, c’est cela qui est terrible.</p>
<p></font></font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/120/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/120/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/120/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/120/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/120/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/120/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/120/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/120/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/120/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/120/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/120/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/120/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=120&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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		<title>Le régime totalitaire</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Nov 2006 22:15:00 +0000</pubDate>
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Les premiers philosophes politiques comme Montesquieu et Aristote ont assimilé le terme totalitarisme avec celui de despotisme ou avec celui de tyrannie. Aujourd’hui, le terme totalitarisme englobe autant le régime communiste de Staline, le régime fasciste de Mussolini et le régime nazi de Hitler, toutefois ils ont certains traits spécifiques qui les distinguent entre eux. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=87&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"><font face="Verdana">
<p align="justify">Les premiers philosophes politiques comme Montesquieu et Aristote ont assimilé le terme totalitarisme avec celui de despotisme ou avec celui de tyrannie. Aujourd’hui, le terme totalitarisme englobe autant le régime communiste de Staline, le régime fasciste de Mussolini et le régime nazi de Hitler, toutefois ils ont certains traits spécifiques qui les distinguent entre eux. Le totalitarisme est l’idéologie utilisée par les régimes politiques non démocratiques dans lesquels <strong>tous les pouvoirs appartiennent à un nombre restreint de dirigeants</strong> et qui ne tolèrent aucune opposition; l’état et la société sont considérés comme un tout indissociable. Le gouvernement a donc toute légitimité pour faire tout ce qui concerne les relations sociales, c’est-à-dire, en pratique, contrôler la vie des individus en ne leur laissant aucune liberté individuelle et surtout aucune liberté d’expression, ni par conséquent de pensée.</font></font><font size="2"><font face="Verdana"> </font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">Pour la philosophe Hannah Arendt, ce type d’idéologie prône une <strong>rénovation totale des institutions de la société</strong> – refaçonner la société –. Le totalitarisme cherche par conséquent à reconstruire la société et l’individu, en créant les conditions idéales d’une utopie (vision d’un monde nouveau – Reich de 1000 ans –). Les sociétés totalitaires se distinguent par la promesse d’un « paradis », la fin de l’histoire ou la pureté de la race par exemple, et fédèrent la masse contre un ennemi objectif.</p>
<p align="justify">Ces régimes apparaissent munis d’un <strong>« parti unique »</strong> et de ce fait il n’y a pas de pluralisme politique, la dissidence n’étant pas tolérée. Ils créent souvent un Parti de masse, qui s’installe en parallèle de l’État, pour mobiliser les gens afin qu’ils adhèrent aux objectifs du régime. Le totalitarisme tel qu’il est décrit par Hannah Arendt n’est pas tant un régime politique qu’une dynamique autodestructive reposant sur une dissolution des structures sociales. Les fondements des structures sociales ont été volontairement sabotés ou détruits : les camps pour la jeunesse ont par exemple contribué à saboter l’institution familiale en instillant la peur de la délation à l’intérieur même des foyers; la religion est interdite et remplacée par de nouveaux mythes inventés de toutes pièces ou recomposés à partir de mythes plus anciens, la culture est également une cible privilégiée.</p>
<p align="justify">Dans tout régime totalitaire, on retrouve aussi un <strong>leader tout puissant</strong>, traduisant la plupart du temps le concept de « l’autorité charismatique », développé par le célèbre sociologue Max Weber. La création du « Mythe du Führer », en Allemagne, serait à l’origine du ralliement au régime nazi de la grande masse du peuple allemand. Il n’y a pas nécessairement de centralisation du pouvoir, L’État allemand, par exemple, se désintègre progressivement au profit d’une hiérarchie pyramidale dans laquelle les individus, aux compétences mal définies, n’ont à répondre de leurs actes qu’à leur supérieur immédiat. C’est l’aspect « polycratique » du fonctionnement du régime qui est fondamental, chaque centre de décision prenant en ordre dispersé des décisions en fonction d’une conjoncture accidentelle.</p>
<p align="justify">Autres caractéristiques des régimes totalitaires, la gouverne de la société par le « parti unique » se déroule sous des <strong>règles pseudo-démocratiques</strong>; les élections sont maintenues pour préserver l’aspect démocratique du régime. Aussi, par la propagande on prétend que le parti incarne la volonté du peuple. Maître d’un des plus importants État dans l’État, Joseph Goebbels utilise de brillantes tactiques pour convaincre la population allemande que la vie est meilleure à présent, sous le IIIe Reich. Le moyen de prédilection demeure cependant les manifestations de masse, telle la Force par la Joie (K.D.F) qui veut créer un ordre social en favorisant l’épanouissement de la population dans les loisirs.</p>
<p align="justify">Le monopole de la circulation des idées, par le <strong>contrôle des communications</strong>, sert à mobiliser la population et à assurer la stabilité du système – des écoles pour enseigner l’idéologie du Parti sont aussi créées –. On censure les Arts, la musique ou les sciences selon les besoins du moment; en Allemagne durant le IIIe Reich on refuse la théorie de la relativité de Einstein parce qu’il est juif.</p>
<p align="justify">Le régime totalitaire <strong>utilise la terreur</strong> <strong>:</strong> c’est-à-dire qu’il est appuyé par une police politique (Gestapo, KGB) qui infiltre la plupart des organisations pour s’assurer de la loyauté de tous et chacun et de réprimer la dissidence. Les polices et les unités spéciales se multiplient et se concurrencent dans la plus grande confusion. Des purges régulières ordonnées par le chef de l’État, seul point fixe, donnent le tempo d’une société qui élimine par millions sa propre population, se nourrissant en quelque sorte de sa propre chair. Ce programme est appliqué jusqu’à l’absurde, les trains de déportés vers les camps de l’Allemagne Nazie restèrent toujours prioritaires sur les trains de ravitaillement du front alors même que l’armée allemande perdait la guerre.</p>
<p align="justify">Le <strong>droit est subordonné à la raison d’état</strong>, ce qui signifie qu’il n’est plus une façon de limiter le pouvoir de l’État comme c’est le cas dans les démocraties libérales, il sert plutôt à aider les décisions arbitraires des dirigeants. La dévotion au chef et à la nation devient le seul moyen d’exister. Hannah Arendt cite ainsi un rapport russe indiquant qu’au début du stalinisme, quatre soldats étaient nécessaires pour s’assurer d’un prisonnier alors qu’à la fin, un seul soldat pouvait mener vingt prisonniers vers la mort.</p>
<p align="justify">L’État totalitaire aspire finalement à <strong>contrôler l’économie</strong> et à superviser l’entreprise privée pour que l’économie privée soit au service du grand dessin du régime. Ce type d’économie planifiée désire associer la classe ouvrière au régime pour que celle-ci collabore avec l’État.</p>
<p align="justify">Pour plus d&#8217;information : Hannah Arendt : <em><a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/Origines-totalitarisme-SystÃ¨me-totalitaire/dp/2020246589/sr=8-2/qid=1163974049/ref=sr_1_2/402-7011979-3389707?ie=UTF8&amp;s=books">Les Origines du totalitarisme, Le système totalitaire</a></em></p>
<p></font></font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/87/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/87/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/87/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/87/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/87/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/87/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/87/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/87/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/87/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/87/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/87/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/87/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=87&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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		<title>Les expériences humaines</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2006 20:24:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[


En 1938, Neville Chamberlain, Premier ministre britannique, croit avoir apporté une « paix honorable » (peace with honour) et la « paix pour notre temps » en signant un accord avec le chancelier du Troisième Reich Adolf Hitler. Connu sous le nom des accords de Munich de sinistre mémoire, ce traité réglait pacifiquement la question [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=76&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></description>
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<ul>
<li>
<p align="justify">En 1938, Neville Chamberlain, Premier ministre britannique, croit avoir apporté une « paix honorable » (<em>peace with honour</em>) et la « paix pour notre temps » en signant un accord avec le chancelier du Troisième Reich Adolf Hitler. Connu sous le nom des accords de Munich de sinistre mémoire, ce traité réglait pacifiquement la question des Allemands de la région des Sudètes en Tchécoslovaquie et, croyait-on, mettait un terme aux visées expansionnistes de l&#8217;Allemagne. L&#8217;histoire démontre que Chamberlain a eu tort et plusieurs hommes politiques se souviendront de Munich et de l&#8217;impossibilité de négocier avec des dictateurs.</p>
</li>
</ul>
<ul>
<li>
<p align="justify">Lors de la mise en place progressive d&#8217;une intervention militaire au Viêt-nam entre 1961-1963, John Fitzgerald Kennedy, trente-cinquième président des États-Unis, ne veut pas répéter les erreurs de Neville Chamberlain, alors Premier ministre du Royaume-Uni, lors de la conférence de Munich. Kennedy perçoit une similitude entre la force totalitaire qui s&#8217;installe au Viêt-nam, c&#8217;est-à-dire le communisme, et le nazisme de l&#8217;époque de Chamberlain. Ainsi croit-il « [qu'il] est indispensable, pour éviter une catastrophe ultérieure, de ne chercher aucun compromis avec l&#8217;agresseur et de s&#8217;opposer sans faiblesse à ses initiatives. » (Portes, p. 67)</p>
</li>
</ul>
<ul>
<li>
<p align="justify">La leçon de Munich ayant été appliquée auparavant en Europe occidentale et en Corée, le Président croit donc qu&#8217;elle est valable aussi pour le Viêt-nam puisque le même scénario semble se répéter. De plus, à sa politique de la « nouvelle frontière », Kennedy jumelle le slogan « Remettons le pays en marche » et promet d&#8217;appliquer une politique étrangère plus agressive que celle de ses prédécesseurs. Profondément marqué par une vision manichéenne du monde, Kennedy perçoit le conflit vietnamien comme l&#8217;affrontement de deux idéologies, cependant l&#8217;erreur commise est d&#8217;ignorer par le fait même d&#8217;autres aspects qu&#8217;ils soient nationaux, traditionnels ou économiques.</p>
</li>
</ul>
<p align="justify">Je n&#8217;attribue pas l&#8217;entière responsabilité du « bourbier » vietnamien à la seule personne de Kennedy, mais je crois que c&#8217;est sous sa présidence que l&#8217;engrenage de la mise en place d&#8217;une intervention militaire est déclenché. Doit-on uniquement juger du présent à la lumière des événements passés? L&#8217;exemple ci-dessus y répond par la négative : Kennedy s&#8217;est trompé, l&#8217;analogie entre le Troisième Reich hitlérien et la force communiste au Viêt-nam s&#8217;est avérée erronée. Mais un exemple ne fait pas une théorie. Réfléchissez quelques instants à vos expériences personnelles ou encore à ceux du monde qui vous entoure. Pour ma part, je vous propose trois exemples qui démontrent que les événements du passé ne sont que rarement utilisés à bon escient :</p>
<ul>
<li>
<p align="justify">Kennedy était un farouche anticommuniste, il utilisa la symbolique de Munich pour démontrer la nécessité d&#8217;intervenir au Viêt-nam.</p>
</li>
<li>
<p align="justify">La Guerre du Kippour s&#8217;est déroulée du 6 octobre 1973 au 24 octobre de la même année entre Israël et une coalition menée par l&#8217;Égypte et la Syrie. Cette quatrième guerre israélo-arabe mena au début de la Crise économique de 1973. Cette crise n&#8217;est pas sans rappeler celle de 1929, c&#8217;est-à-dire que les signes avant-coureurs ont apparu quelques années avant le crash. Entre 1971 et 1973, les marchés sont en voie de saturation, on observe un ralentissement de la production, un progrès du chômage et une augmentation de l&#8217;inflation. Malgré l&#8217;expérience de 1929, les économistes et les hommes politiques n&#8217;ont pas su prévenir la crise de 1973</p>
</li>
<li>
<p align="justify">En paraphrasant le général Dallaire, le génocide rwandais raconte l&#8217;incapacité de l&#8217;humanité à entendre l&#8217;appel à l&#8217;aide lancé par un peuple en danger. Pourtant, en 1945 les grandes puissances mondiales avaient conclu qu&#8217;aucun peuple ne devait subir le même sort que celui des Juifs. Il y a eu le génocide de Pol Pot et des Kmers Rouges, le Rwanda&#8230;</p>
</li>
</ul>
<p align="justify">L&#8217;être humain oublie vite et il utilise souvent les événements du passé uniquement lorsqu&#8217;il en retire des bénéfices notables. La sagesse s&#8217;acquiert notamment lorsqu&#8217;un individu apprend de ses expériences (bonnes ou mauvaises) et lorsqu&#8217;ils les utilisent pour améliorer son présent (dans le cas d&#8217;un individu ordinaire) ou celui des autres (hommes politiques par exemple). Être sage s&#8217;est aussi savoir interpréter les événements non pas à notre avantage, mais bien le plus objectivement possible. Il faut aussi savoir relativiser l&#8217;événement en le mettant en relation avec quelque chose du même genre ou en le plaçant dans un contexte. Finalement, il est primordial de savoir user de la <strong>dialectique</strong>, soit l&#8217;art de raisonner, de discourir en utilisant une méthode d&#8217;analyse de la réalité qui met en évidence ses contradictions et cherche à les dépasser et d&#8217;utiliser parfois le processus <strong>dialogique</strong>, c&#8217;est-à-dire recourir au dialogue lorsqu&#8217;une situation implique plus d&#8217;un protagoniste</p>
<p align="justify">Pour compléter cette réflexion sur les expériences humaines, peut-on dire que nous sommes uniquement la somme de nos expériences? Est-ce que ce que je suis présentement est directement relié à ce que j&#8217;ai vécu durant les premières années de ma vie? Je suis ce que je suis. Point. Mes expériences passées m&#8217;ont certes influencé et amené vers quelque chose, mais il ne sont pas MOI. Si je soustraits mes pensées, ma personnalité, mon intellect, mon vécu, je suis tout de même moi. Si j&#8217;avais eu un passé différent, mon présent ne serait pas le même. Je veux bien accepter de porter des fringues, mais qu&#8217;on ne vienne pas tenter de me convaincre qu&#8217;elles sont moi.</p>
<p>Kershaw, Ian. <em>Hitler</em>. Paris, Flammarion, 1999-2000. 2 volumes.</p>
<p align="justify">Portes, Jacques. <em>Les Américains et la guerre du Vietnam</em>. Bruxelles, Éditions Complexe, 1993. 358 pages.</p>
<p></font></font></p>
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		<title>Qu&#8217;est-ce que le nazisme?</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Oct 2005 19:28:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compte rendu]]></category>
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Résumé critique : Qu&#8217;est-ce que le nazisme? de Ian Kershaw
D&#8217;origine britannique et sommité du Troisième Reich mondialement reconnue, c&#8217;est cependant en tant que spécialiste du Moyen Âge que Ian Kershaw débute sa carrière d&#8217;historien. En 1975, il obtient un poste comme professeur d&#8217;histoire contemporaine et délaisse définitivement sa fonction de médiéviste lorsqu&#8217;il est invité par [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=66&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="center"><strong>Résumé critique : <em>Qu&#8217;est-ce que le nazisme?</em> de Ian Kershaw</strong></p>
<p align="justify">D&#8217;origine britannique et sommité du Troisième Reich mondialement reconnue, c&#8217;est cependant en tant que spécialiste du Moyen Âge que Ian Kershaw débute sa carrière d&#8217;historien. En 1975, il obtient un poste comme professeur d&#8217;histoire contemporaine et délaisse définitivement sa fonction de médiéviste lorsqu&#8217;il est invité par Martin Broszat – grand historien allemand de la période nazie – à participer à un projet d&#8217;histoire sociale relatif au nazisme. Après avoir publié en 1983 <em>Popular opinions and political dissent in the Third Reich. Bavaria, 1933-1945</em> et qui amène un regard nouveau sur l&#8217;opinion publique durant le régime hitlérien, I. Kershaw termine en 1985 la première édition de l&#8217;œuvre retenue pour ce résumé critique, soit <em>Qu&#8217;est-ce que le nazisme? Problèmes et perspectives d&#8217;interprétation</em>.</p>
<p align="justify">Le présent travail comporte trois volets : d&#8217;abord, les intentions et la thèse de Ian Kershaw sont exposées, lesquelles sont suivies d&#8217;un résumé de chacun des chapitres du livre et pour terminer, d&#8217;une évaluation de la nouveauté de l&#8217;ouvrage et de la cohérence de l&#8217;ensemble de l&#8217;œuvre.</p>
<p align="justify">Dans un premier temps, présentons les grandes lignes des intentions de l&#8217;auteur. Comme l&#8217;énonce le titre de l&#8217;ouvrage, Ian Kershaw s&#8217;applique à dégager les problèmes fondamentaux d&#8217;interprétation du IIIe Reich, à exposer de façon précise les aspects controversés, à présenter les divergences de point de vue entre les historiens et finalement à évaluer leurs positions. De plus, cet ouvrage ne traite que des thèmes jugés les plus importants par l&#8217;auteur et se limitant tous à la période hitlérienne, ce qui fait que, par exemple, l&#8217;évaluation d&#8217;un <em>Sonderweg</em> allemand (c&#8217;est-à-dire la « voie particulière ») ou le lien entre le « grand capital » et le nazisme ne sont abordés que succinctement. En ce qui a trait à l&#8217;édition française en particulier, Kershaw espère apporter une contribution à l&#8217;historiographie en langue française sur la période nazie puisque le nombre de travaux dans ce domaine n&#8217;y abonde pas.</p>
<p align="justify">À maintes reprises dans son ouvrage, Ian Kershaw avance des indices qui nous renseignent sur sa thèse, cependant un passage la formule explicitement : « Composantes essentielles d&#8217;une explication du IIIe Reich, « intention » et « structure » doivent faire l&#8217;objet d&#8217;une synthèse, plutôt que d&#8217;être mises en opposition. Il semble que les « intentions » de Hitler aient surtout contribué à créer le climat général dans lequel la dynamique du régime pouvait se transformer en une prophétie autoréalisée. » [1] Ce passage est aussi cité dans l&#8217;ouvrage <em>L&#8217;État hitlérien et la société allemande : 1933-1945</em> de Norbert Frei qui déclare que de nombreux auteurs, et non les moindres, ont souligné la complémentarité de l&#8217;approche « intentionnaliste » et celle « structuraliste ». Qui plus est, Kershaw fait remarquer lors d&#8217;un entretien : « En affirmant que je n&#8217;ai pas une démarche hitléro-centriste, je n&#8217;enlève rien à l&#8217;importance du Führer. Mais je pense qu&#8217;il fut lui-même emporté par des forces, par ce processus, plus qu&#8217;il ne le contrôla. » [2]</p>
<p align="justify">Par ses propos, l&#8217;auteur laisse sous-entendre qu&#8217;il penche davantage du côté « structuraliste » et qu&#8217;il rejette de fait toutes les analyses « hitléro-centristes ». Même s&#8217;il déclare vouloir établir le pont entre les intentions et les structures et malgré le fait qu&#8217;il ne nie pas que l&#8217;Holocauste, sans Hitler, ne se serait probablement pas produit, Ian Kershaw est d&#8217;avis qu&#8217;avec le temps, le IIIe Reich se développa progressivement en un régime « polycratique » où le Führer perdit peu à peu le contrôle.</p>
<p align="justify">Il nous apparaît pertinent à présent de résumer chacun des chapitres de l&#8217;ouvrage en y relevant l&#8217;idée principale. Présenté dès le premier chapitre, l&#8217;objectif poursuivi par Ian Kershaw est celui de proposer une explication du nazisme en y dégageant les principaux problèmes d&#8217;interprétation qui sont liés entre autres, à la récente <em>historikerstreit</em> (« querelle des historiens »). La dimension historico-philosophique divise désormais les historiens entre partisans d&#8217;une interprétation « structuralo-fonctionnaliste » et ceux adoptant l&#8217;approche « intentionnaliste ». En ce qui a trait à l&#8217;aspect politico-idéologique, il implique les divergences d&#8217;explication du nazisme, déterminées notamment par le partage de l&#8217;Allemagne en deux zones durant la Guerre froide. Finalement, Kershaw examine la dimension morale, soit la difficulté d&#8217;analyser le Troisième Reich sans porter un jugement moral sur la compréhension des événements, particulièrement l&#8217;Holocauste. C&#8217;est cette dimension qui a suscité les plus vifs débats lors de la <em>historikerstreit</em>.</p>
<p align="justify">Doit-on analyser le nazisme comme une spécificité allemande ou bien plutôt comme une faiblesse du système capitaliste existant alors en Allemagne? C&#8217;est en quelque sorte l&#8217;idée principale du second chapitre. Ian Kershaw présente sommairement les concepts de totalitarisme et de fascisme selon ou non une interprétation marxiste, évalue par la suite le nazisme en fonction de ces concepts ou d&#8217;un phénomène unique. L&#8217;auteur termine ce chapitre par une conclusion personnelle : le nazisme est un phénomène unique en son genre, mais cette spécificité allemande ne doit pas être uniquement attribuée à la personnalité du Führer.</p>
<p align="justify">Ian Kershaw expose au cours du troisième chapitre les diverses interprétations portant sur le lien entre capitalisme et nazisme, c&#8217;est-à-dire quelle fut l&#8217;influence de l&#8217;industrie allemande sur la politique du régime nazi. Selon Kershaw, il faut prendre en considération la nature « polycratique » du régime afin de replacer le « grand capital » dans l&#8217;ensemble complexe de la structure du pouvoir du IIIe Reich et de rejeter les analyses accordant soit une importance extrême aux facteurs économiques, soit une primauté excessive du politique sur l&#8217;économie.</p>
<p align="justify">Dans le chapitre qui suit, Kershaw évalue tour à tour l&#8217;interprétation accordant la primauté au « facteur Hitler », à savoir celle privilégiant l&#8217;intentionnalité du Führer, de même que celle qui, diamétralement opposée, est qualifiée de « structuraliste », de « fonctionnaliste » ou encore de façon péjorative de « révisionniste ». Pour chacune de ces interprétations, il en analyse l&#8217;évolution et expose la prise de position adoptée par les spécialistes de la période. L&#8217;auteur conclut finalement qu&#8217;Hitler ne fut ni le « maître du IIIe Reich » ni un « dictateur faible » et les intentions de ce dernier, tout comme les structures du régime, ne doivent pas être mises en opposition, mais plutôt utilisées conjointement.</p>
<p align="justify">Après avoir analysé le rôle de Hitler vis-à-vis des structures du régime, Kershaw présente dans le cinquième chapitre les interprétations divergentes – liées à l&#8217;opposition « intentions» et « structures » – quant au rôle du Führer dans le cheminement qui aboutit à l&#8217;Holocauste. Encore une fois, Ian Kershaw adopte une position médiane entre une interprétation « hitlériste » concevant l&#8217;extermination des Juifs comme un plan longuement mûri et une interprétation « structuraliste » insistant sur l&#8217;improvisation des décisions d&#8217;Hitler. Toutefois, sans nier les intentions du Führer, Kershaw est d&#8217;avis que ce n&#8217;est pas banaliser l&#8217;atrocité d&#8217;Auschwitz que de vouloir comprendre la façon dont le pouvoir charismatique d&#8217;Hitler réussit à radicaliser les structures du régime en y imprégnant sa rage envers les Juifs.</p>
<p align="justify">Ian Kershaw poursuit en utilisant le même procédé que dans les chapitres précédents, c&#8217;est-à-dire celui d&#8217;exposer les interprétations pour ensuite les évaluer. L&#8217;auteur en arrive à une conclusion semblable, à savoir que si le rôle d&#8217;Hitler fut plus important en politique étrangère qu&#8217;en politique intérieure ou encore en politique anti-juive et qu&#8217;on peut davantage songer à interpréter un « programme » du Führer, il n&#8217;en demeure pas moins qu&#8217;une interprétation satisfaisante doit autant considérer les intentions d&#8217;Hitler que les facteurs internes et externes du IIIe Reich et ce, même en politique étrangère.</p>
<p align="justify">Se détachant du débat structuralisme/intentionnalisme, Ian Kershaw présente dans son septième chapitre trois interprétations différentes de l&#8217;évaluation du IIIe Reich. D&#8217;abord, les historiens marxistes – pas uniquement, mais dans une forte proportion – refusent l&#8217;idée d&#8217;une « révolution sociale » qu&#8217;aurait engendré l&#8217;établissement du IIIe Reich. Des historiens libéraux, comme Ralf Dahrendorf ou David Schoenbaum, soutiennent que les changements sur les structures de l&#8217;État furent si profonds que l&#8217;idée d&#8217;une « révolution sociale » leur paraît pertinente. Quant à la troisième interprétation, elle insiste sur le fait que certains changements furent modernisateurs et d&#8217;autres réactionnaires et que, par conséquent, on ne peut qualifier le nazisme de « révolution sociale ». Kershaw rejette lui aussi cette idée de révolution, toutefois il est d&#8217;avis que, même s&#8217;il fut négatif, le nazisme entraîna plusieurs conséquences sur la société allemande qu&#8217;on ne peut cependant qualifier de forces modernisatrices, mais de « progrès » ou de « modernité » dans un sens neutre puisque probablement n&#8217;importe quel autre régime aurait produit ces progrès, l&#8217;Allemagne étant déjà une société capitaliste très développée.</p>
<p align="justify">L&#8217;histoire de la résistance au nazisme fut d&#8217;abord interprétée différemment en Allemagne de l&#8217;Ouest qu&#8217;en Allemagne de l&#8217;Est. L&#8217;auteur évalue diverses interprétations du concept de la résistance à partir de toute réaction quotidienne face au nazisme, la résistance organisée par les élites (approche « fondamentaliste »), celle aussi du citoyen ordinaire (approche « sociétale ») et il termine ce chapitre en se demandant s&#8217;il y eut réellement une « résistance sans le peuple » comme l&#8217;a énoncé pour la première fois Hans Mommsen. Ian Kershaw répond par l&#8217;affirmative, c&#8217;est-à-dire que malgré une certaine opposition, le régime hitlérien reçut un soutien populaire plus important en comparaison avec plusieurs régimes autoritaires, ce qu&#8217;il explique par l&#8217;idée que si on pouvait contester plusieurs choses dans l&#8217;Allemagne nazie, on se félicitait aussi des nombreux changements.</p>
<p align="justify">Le neuvième chapitre n&#8217;apparaît pas dans la première édition de 1985 puisqu&#8217;il traite de la « querelle des historiens » de 1986 où l&#8217;idée d&#8217;une « historicisation » du IIIe Reich est débattue, soit celle de déterminer s&#8217;il est possible de traiter la période nazie comme n&#8217;importe quelle autre époque de l&#8217;histoire. Kershaw est d&#8217;avis qu&#8217;il faut appliquer des méthodes historiques dites « normales » à l&#8217;histoire sociale et politique du IIIe Reich, même si un détachement absolu par rapport à cette période est difficile puisqu&#8217;elle appartient encore au passé récent.</p>
<p align="justify">Au chapitre suivant, Ian Kershaw présente les essais de révision de la période nazie par trois éminents historiens, soit respectivement Ernst Nolte, Andreas Hillgruber et Michael Stürmer. Nolte tente d&#8217;insérer l&#8217;Holocauste dans la série de génocides que connut le XXe siècle sans lui accorder une spécificité, Hillgruber s&#8217;intéresse à la poursuite du combat sans relâche même lorsque les défaites s&#8217;accumulaient et Stürmer étudie la nature de l&#8217;identité historique allemande. Selon Kershaw, même si ces théories révisionnistes ne reçurent pas un très grand appui lors de la <em>historikerstreit</em> et qu&#8217;il leur reproche de ne pas respecter la spécificité du IIIe Reich, il est légitime que de nouvelles interprétations du passé nazi se développent en autant qu&#8217;elles servent à améliorer la connaissance historique de cette période.</p>
<p align="justify">À la suite de la réunification de l&#8217;Allemagne en 1990, apparut un nouveau courant historiographique, d&#8217;où l&#8217;intérêt de ce chapitre qui ne faisait pas partie des premières éditions. Kershaw y expose les nouvelles interprétations du nazisme par rapport à l&#8217;identité nationale, à la modernisation et au stalinisme. Il termine ce onzième chapitre et, du même coup, cet ouvrage en posant une question qu&#8217;il croit fondamentale à toute analyse du IIIe Reich : comment le nazisme et l&#8217;Holocauste furent-ils possibles dans une société moderne et industrialisée? Encore de nos jours, c&#8217;est la dimension morale qui soulève la plus grande polémique et Ian Kershaw est d&#8217;avis qu&#8217;il faut laisser de côté l&#8217;idée de l&#8217;impossibilité d&#8217;une compréhension d&#8217;Auschwitz et des politiques antihumanistes du Troisième Reich pour aborder cette période en utilisant conjointement les phénomènes de « normalité » et de génocide dans une perspective intégrant autant l&#8217;approche « intentionnaliste » que celle « structuraliste ».</p>
<p align="justify">Dans la troisième partie du présent travail, les nouveautés de l&#8217;ouvrage qui ont suscité notre attention sont évoquées et la cohérence de l&#8217;ensemble de l&#8217;œuvre est aussi brièvement analysée. En ce qui a trait à la nouveauté de cet ouvrage de Kershaw, c&#8217;est avant tout celle de ne pas donner de réponses définitives aux questions fondamentales soulevées, mais plutôt de permettre au lecteur de se forger une opinion informée sur le régime nazi. À chacun des chapitres, l&#8217;auteur présente les divers courants historiographiques qui ont façonné la compréhension du IIIe Reich et il expose aussi les divergences d&#8217;interprétation entre d&#8217;éminents spécialistes de cette période. En outre, Kershaw ne prétend pas répondre à toutes les questions et il souligne que certains aspects mériteraient une meilleure analyse advenant le cas où il décidait de récrire son ouvrage au complet. Un autre point intéressant à relever est son souci de prendre en considération le développement de la recherche historique sur le IIIe Reich lors de la réédition de l&#8217;ouvrage. Pour la première édition en langue française, par exemple, il a rédigé à nouveau certains passages du chapitre « Hitler et l&#8217;Holocauste » à la suite des suggestions de Philippe Burrin, un auteur d&#8217;origine suisse. Finalement, il faut souligner que la manière dont est bâtie la plupart des chapitres en facilite la compréhension.</p>
<p align="justify">Ainsi, Kershaw présente souvent en premier les interprétations de divers spécialistes sur le sujet pour ensuite évaluer les questions soulevées. De plus, il rejette rarement une théorie dans son entier et si cela se présente, il explique la raison pour laquelle elle n&#8217;est plus valable aujourd&#8217;hui, compte tenu du développement historiographique. Comme nous l&#8217;avons souligné précédemment, Ian Kershaw adopte une approche médiane et il rejette de ce fait l&#8217;idée de prendre totalement position dans le débat structuralisme / intentionnalisme. S&#8217;agit-il alors d&#8217;un défaut de l&#8217;œuvre ou d&#8217;un manque de cohérence? C&#8217;est l&#8217;aspect dont traite le chapitre suivant.</p>
<p align="justify">Lors de la première lecture du livre, l&#8217;harmonie générale nous semble sans équivoque, c&#8217;est-à-dire que le lien entre les diverses idées est mené de façon logique et l&#8217;ouvrage est écrit dans un style clair et concis. Selon notre première impression, il est effectivement de propos de lui accorder ces qualificatifs, auxquels il faudrait rajouter notamment un enchaînement cohérent entre les différents chapitres, une explication simple mais précise de certaines subtilités (comme le concept de <em>Resitenz</em>, introduit par Martin Broszat) et le développement cohérent des intentions de l&#8217;auteur énoncées en début de livre. Cependant, par suite d&#8217;une analyse plus poussée, la position « entre deux eaux » de l&#8217;auteur nous cause quelque irritation. À trop vouloir concilier les deux approches, celle « intentionnaliste » et celle « structuraliste », l&#8217;œuvre semble perdre un peu de sa cohérence puisque l&#8217;on a rarement une réponse précise et définitive de l&#8217;auteur aux questions fondamentales présentées. Le reproche que l&#8217;on peut porter à cet ouvrage est celui de ne pas toujours s&#8217;en tenir à sa thèse principale, celle d&#8217;une synthèse des approches, et d&#8217;être à l&#8217;occasion davantage structuraliste même s&#8217;il n&#8217;est pas toujours facile de déceler si l&#8217;auteur adopte réellement un point de vue précis sur un aspect à l&#8217;étude. Il nous apparaît tout de même difficile de reprocher à Ian Kershaw sa position plutôt conciliante ou médiane à partir du moment où notre réflexion sur les divers aspects traités par l&#8217;auteur nous porte à croire qu&#8217;il s&#8217;agit de la meilleure façon d&#8217;aborder l&#8217;étude du IIIe Reich.</p>
<p align="justify">En conclusion de ce résumé critique, et après avoir apprécié l&#8217;ouvrage selon trois éléments, soit les intentions et la thèse de l&#8217;auteur, un abrégé des chapitres et la présentation de ce qui nous semble être la nouveauté du livre et l&#8217;évaluation de sa cohérence, il nous est possible d&#8217;avancer qu&#8217;au-delà d&#8217;une simple lecture, une analyse plus en profondeur s&#8217;impose à ceux qui désirent perfectionner leurs connaissances sur le Troisième Reich. Cet ouvrage répond aux principales questions fondamentales de la période nazie tout en laissant au lecteur le soin de se forger une opinion personnelle puisqu&#8217;il dispose d&#8217;un vaste éventail d&#8217;interprétations divergentes sur le sujet, d&#8217;une imposante bibliographie d&#8217;ouvrages récents et pour chaque chapitre, d&#8217;un renvoi de notes comportant souvent des débats historiographiques. Finalement, une analyse historiographique de cette œuvre de Ian Kershaw mérite d&#8217;être rédigée, notamment pour tenter de comprendre les raisons qui ont amené l&#8217;éminent historien à adopter cette perspective particulière.</p>
<p align="center"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p align="justify">Frei, Norbert. <em><a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2020134063/qid=1130612026/402-3781498-8560944">L&#8217;État hitlérien et la société allemande : 1933-1945</a></em>. Paris, Éditions du Seuil, 1994. 368 pages. (Coll. « XXe siècle »).</p>
<p align="justify">Kershaw, Ian. <em><a target="_blank" href="http://www.amazon.com/exec/obidos/tg/detail/-/0199251118/qid=1130612087/sr=1-8/ref=sr_1_8/104-2295299-8954337?v=glance&amp;s=books">Popular opinions and political dissent in the Third Reich. Bavaria, 1933-1945</a></em>. Oxford, Clarendon Press, 1983. 425 pages.</p>
<p align="justify">Kershaw Ian. <em><a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070403513/qid=1130612165/sr=8-5/ref=sr_8_xs_ap_i5_xgl14/402-3781498-8560944">Qu&#8217;est-ce que le nazisme? Problèmes et perspectives d&#8217;interprétation</a></em>. Paris, Gallimard, 1997 [1985]. 536 pages.</p>
<p align="justify">Roman, Thomas. « Eurozine – article – Entretien : Ian Kershaw ». <a target="_blank" href="http://www.eurozine.com/article/2002-10-24-roman-fr.html">http://www.eurozine.com/article/2002-10-24-roman-fr.html</a>. octobre 2002. Consulté le 2 mars 2004.</p>
<p align="justify">[1] Ian Kershaw, <em><a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070403513/qid=1130612165/sr=8-5/ref=sr_8_xs_ap_i5_xgl14/402-3781498-8560944">Qu&#8217;est-ce que le nazisme? Problèmes et perspectives d&#8217;interprétation</a></em>, Paris, Gallimard, 1997 [1985], page. 162.</p>
<p align="justify">[2] Thomas Roman, « Eurozine – article – Entretien : Ian Kershaw », <a target="_blank" href="http://www.eurozine.com/article/2002-10-24-roman-fr.html">http://www.eurozine.com/article/2002-10-24-roman-fr.html</a> octobre 2002, Consulté le 2 mars 2004.</p>
<p></font></font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/66/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/66/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/66/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/66/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/66/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/66/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/66/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/66/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/66/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/66/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/66/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/66/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=66&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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		<title>Que se serait-il passé si&#8230;?</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Aug 2005 01:25:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>njl</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">À maintes reprises durant notre vie, nous nous interrogeons sur ce qui se serait passé si&#8230; « Vivre au présent », « il fallait bien que tu choisisses », « tu ne peux vivre toute ta vie avec des si », voilà des aphorismes qui traduisent bien un idéal de sagesse. Cependant, dans notre réalité quotidienne, nous cohabitons avec <a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2226126600/qid=1124154685/sr=8-4/ref=sr_8_xs_ap_i4_xgl74/402-5351657-4784949">la part de l&#8217;autre</a> (comme le titre de l&#8217;excellent roman d&#8217;Eric-Emmanuel Schmitt). La part de l&#8217;autre, c&#8217;est la personne que nous aurions pu devenir si tel événement avait été différent.</p>
<p align="justify">Le 8 octobre 1908, Adolf Hitler est recalé de l&#8217;École des Beaux-arts de Vienne. Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Hitler. Cette minute-là aurait changé le cours d&#8217;une vie mais aussi celle du monde.</p>
<p align="justify">[...]<br />
« Les yeux rougis, ses parents lui expliquent avec douceur qu&#8217;ils savaient que ce film serait dur à supporter mais qu&#8217;ils tenaient à ce que l&#8217;enfant le voie.</p>
<p align="justify">- Ça c&#8217;est réellement passé. C&#8217;est notre histoire politique.</p>
<p align="justify">- « Alors, c&#8217;est donc ça, la politique, pensa l&#8217;enfant, le pouvoir qu&#8217;ont les hommes de se faire autant de mal? »</p>
<p align="justify">- Mais cet Hitler, il était fou, n&#8217;est-ce pas?</p>
<p align="justify">- Non. Pas plus que toi ou moi&#8230;</p>
<p align="justify">- Et les Allemands, derrière, il n&#8217;étaient pas fous non plus?</p>
<p align="justify">- Des hommes comme toi et moi.</p>
<p align="justify">Bonne nouvelle! C&#8217;est donc une rude saloperie d&#8217;être un homme.</p>
<p align="justify">- Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un homme? reprit le père. Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n&#8217;a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix.</p>
<p align="justify">Depuis ce jour, les nuits de l&#8217;enfant sont difficiles, et ses journées encore plus. Il veut comprendre. Comprendre que le monstre n&#8217;est pas un être différent de lui, hors de l&#8217;humanité, mais un être comme lui qui prend des décisions différentes. Depuis ce jour, l&#8217;enfant a peur de lui-même, il sait qu&#8217;il cohabite avec une bête violente et sanguinaire, il souhaite la tenir toute sa vie dans sa cage.</p>
<p align="justify">L&#8217;enfant c&#8217;était l&#8217;auteur du livre.</p>
<p align="justify">Je ne suis pas juif, je ne suis pas Allemand, je ne suis pas japonais et je suis né plus tard; mais Auschwitz, la destruction de Berlin et le feu de Hiroshima font désormais partie de ma vie. »</p>
<p align="justify">Eric-Emmanuel Schmitt, <em><a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2226126600/qid=1124154685/sr=8-4/ref=sr_8_xs_ap_i4_xgl74/402-5351657-4784949">La part de l&#8217;autre</a></em>.</p>
<p align="justify">N&#8217;oubliez jamais que vous pouvez contrôler vos choix. Pour une existence heureuse, oubliez cette interrogation : « que se serait-il passé si ». Personne ne peut le savoir sur le moment, puisque cette réflexion n&#8217;est menée qu&#8217;a posteriori.</p>
<p></font></font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/insomniaque.wordpress.com/46/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/insomniaque.wordpress.com/46/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/insomniaque.wordpress.com/46/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/insomniaque.wordpress.com/46/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/insomniaque.wordpress.com/46/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/insomniaque.wordpress.com/46/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/insomniaque.wordpress.com/46/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/insomniaque.wordpress.com/46/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/insomniaque.wordpress.com/46/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/insomniaque.wordpress.com/46/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/insomniaque.wordpress.com/46/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/insomniaque.wordpress.com/46/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jean-nicolaslacoste.com&blog=741093&post=46&subd=insomniaque&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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