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Les victimes innocentes

Mercredi, 14 septembre 2011

 

À peine la poussière du 11 septembre 2001 était-elle retombée que certains observateurs osaient déclarer que c’était « bien fait pour les Américains » puisqu’ils l’avaient « bien cherché ». L’utilisation d’un « ils » indéfini était très commode pour ceux qui ne prenaient pas la peine d’analyser la situation, faisant en sorte que ce type d’affirmation ne condamna pas les actes terroristes, mais considéra plutôt les victimes comme ayant mérité leur sort, allant même à le provoquer.

Dix ans plus tard, cet anti-américanisme est encore présent, lequel est souvent utilisé pour démoniser cette nation − dont nous oublions trop souvent qu’elle est à la fois berceau et pays phare de la liberté − et de l’accuser par le fait même de tous les torts, même celui d’avoir mené une politique étrangère sans nuance et beaucoup trop agressive, suscitant la haine parmi bons nombres de pays étrangers, préparant ainsi la voie aux attaques terroristes.

Le devoir de réflexion

Les critiques que nous pouvons formuler à l’égard de la politique étrangère des derniers gouvernements américains sont souvent fondées : leurs interventions militaires ont entraîné la mort de milliers d’êtres humains qui méritent notre empathie. Néanmoins, ces interventions n’avaient jamais comme objectif initial d’attaquer délibérément une cible civile. Contrairement aux civils qui décèdent lors d’une guerre entre deux pays, les victimes des attentats terroristes du 11 septembre sont les « sacrifiés » du djihad, cette « guerre sainte » que Ben Laden exhortait ses troupes à mener contre les « méchants Américains ».

Avec raison, nous pouvions reprocher plusieurs choses au gouvernement de George W. Bush et de ses sbires néo-conservateurs, notamment leur vision manichéenne du monde : « qui n’est pas avec nous est contre nous. » Quelques jours après le 11 septembre, Bush utilisa même l’idée de « croisade contre le terrorisme », formule rapidement abandonnée à l’instigation de ses conseillers.

Si l’intervention en Afghanistan était légitime, la guerre en Irak, elle, ne l’était probablement pas. Dans un monde idéal, la démocratie ne s’imposerait pas à une autre nation, elle devrait venir de l’intérieur, par un soulèvement populaire, à l’instar des récents événements en Libye. Malgré tout, est-ce que le Monde se porte mieux depuis que Saddam Hussein n’est plus au pouvoir? Les Iraquiens ont-ils, aujourd’hui, une meilleure qualité de vie?

Les hommes politiques doivent prendre d’importantes décisions sans qu’ils aient la possibilité de connaître à l’avance le dénouement final de leurs actions. Certes, tout être humain vit avec cette contrainte, mais les choix présidentiels influencent l’existence de millions d’individus. A posteriori, les analystes ont le beau rôle en rédigeant leurs savantes réflexions. Mais l’histoire ne se refait pas à rebours.

La liberté

Depuis quelques décennies, il existe une incompréhension majeure entre l’Occident et les pays émergents, notamment ceux du Moyen-Orient. Bien que je n’approuve pas toutes ces commémorations et ces « festivités », le 11 septembre est néanmoins une date importante dans l’histoire : c’est un moment clé où nous avons constaté que la « fin de l’histoire », au sens de la victoire de la démocratie, était une utopie, mais que le « choc des civilisations » était une réalité, dont cette journée en aura été, jusqu’à maintenant, la démonstration la plus virulente.

En tant que pays, les États-Unis, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, c’est une étrange mosaïque où les idées les plus différentes se côtoient quotidiennement. Entre New York, la Californie, le Texas et l’Ohio, les divergences sont parfois plus nombreuses que les ressemblances et, parfois, peu de choses unissent ces états entre eux. Un fil conducteur est tout de même toujours présent, une richesse qu’ils nous ont léguée avec les siècles, depuis leur indépendance de 1776, que l’on appelle la liberté, la liberté dans sa forme la plus noble, la liberté d’être ce que nous voulons être.

Au-delà du pétrole et des richesses économiques, c’est cette liberté que les États-Unis veulent transmettre à tous les peuples opprimés de la Terre où des régimes dictatoriaux empêchent encore les Hommes de disposer par eux-mêmes de leur propre existence.

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