Vivre à reculons

Le 25 décembre prochain sortira sur nos écrans L’Étrange histoire de Benjamin Button. Ce long-métrage réalisé par David Fincher – reconnu notamment grâce à la réalisation des films Se7en et Fight Club – et librement adapté d’une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald raconte l’histoire de Benjamin (Brad Pitt) né dans des circonstances mystérieuses le 11 novembre 1918, soit le dernier jour de la Première Guerre mondiale. Le nouveau-né possède les caractéristiques d’un vieillard de 80 ans! Pourtant, Benjamin ne meurt pas, mais il rajeunit. Enfant dans le corps d’un vieil homme, il apprend à jouer du piano et rencontre une petite fille, Daisy Fuller (Elle Fanning), qui sera l’amour de sa vie.

Je vais rarement au cinéma, mais ce film me donne le goût d’y retourner. D’autant plus que je viens d’écouter la bande-annonce et une phrase m’a particulièrement accroché  : « life can only be understood backward, but it must be lived forward. » Après quelques recherches, j’ai trouvé la source de cette citation, elle se retrouve dans le journal du philosophe danois Søren Kierkegaard :

« « Life, he says elsewhere, « must be lived forward, but understood backwards » so that there never can be a complete, all-embracing and systematic explanation of life, since man cannot stand still outside its movement in order to grasp and explain it. Existence can only be understood in that movement which no static scheme can hold fast. Decision and faith are in that movement, and then action qualifies and enriches thought, and thought elucidates action simultaneously. »

Le roman philosophique Tous les hommes sont mortels rédigé par Simone de Beauvoir nous présente la vie d’un homme condamné à vivre éternellement. En 1311, Raymond Fosca boit un élixir d’immortalité et vivra ainsi à travers les âges. Progressivement, il réalisera qu’il est inhumain de vivre ainsi quand la durée de la vie des autres hommes est comptée; une vie humaine perd de son sens lorsqu’elle ne peut pas être mesurée par rapport à un espace-temps.

J’ai bien hâte de voir quel va être le message de ce film. Rarement, dans les dernières années, le cinéma hollywoodien nous a livré des longs-métrages traitant des sujets de la vieillesse, de la mort et du temps qui fuit.

À 40 ans (âge de corps et d’esprit), Benjamin retrouve Daisy et ils vivront quelque années uniques, magiques, privilégiées, mais éphémères. Le temps refuse de se tenir tranquille…

Si les histoires de Raymond Fosca et de Benjamin Button sont différentes puisque l’un vit éternellement et l’autre est à la mercie du temps qui lui fait subir un décalage entre son âge physique et réel, le message philosophique qui transparaît de leur quête est le même : rien n’est à espérer d’une vie où la mesure de toute chose est perdue et l’inévitabilité de la mort nous force à tout donner à la vie que nous vivons quotidiennement!

* Il est à noter que pour ce qui est du film de David Fincher, cette réflexion est basée sur le peu de chose que je connais de l’histoire et peut-être vais-je changer d’idée après le visionnement.

~ par njl le Dimanche, 7 décembre 2008.

4 réponses to “Vivre à reculons”

  1. Comment j’ai pu oublier que P. Roth est un auteur américain! Tous les livres que j’ai lus, je les ai adorés : Pastorale américaine, la tache et la bête qui meurt. En tout cas, il aurait mon vote pour le prix Nobel! C’est sûr que je vais lire un jour ses autres romans.

    J. D. Salinger paraît que c’est un auteur américain à lire.

    Le roman le plus connu de B. E. Ellis c’est probablement American Psycho a cause du film… Je te conseillerais Moins que Zéro son premier roman (il l’a publié à l’âge de 20 ans). J’ai aussi bien aimé Lunar Park
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Moins_que_z%C3%A9ro
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Lunar_Park

    Un des prochains livres que je vais acheter c’est La Route de Cormac McCarthy.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/La_route

  2. Oui, moi aussi j’ai bien aimé « Joyeux Noël » ! J’avais été le voir au cinéma, et je me suis même acheté le DVD pour voir les suppléments. Finalement, je ne les ai même pas écoutés encore…
    J’ai lu beaucoup d’Hemingway moi aussi, j’adore. C’était d’ailleurs un ami de Scott Fitzgerald un temps.
    J’ai moi aussi commencé par The Great Gatsby, mais après coup, je te dirait que je regrette un peu! Je ne suis pas sûr que c’est la meilleure entrée en matière pour Scott Fitzgerald. Les recueils de nouvelles « La fêlure » et « Les enfants du Jazz » par contre… J’ai bien aimé aussi « Tendre est la nuit ».
    Si tu te cherches un autre écrivain américain majeur, je te conseille très fortement Philip Roth, je ne comprends pas pourquoi il n’a pas gagné le prix Nobel encore…

    Il faut que j’essaye Bret Easton Ellis un jour… un conseil pour commencer ?

    Merci !

  3. Merci pour le commentaire!

    Je n’ai jamais lu de livres de F.S. Fitzgerald. En fait, à part Hemingway et Bret Easton Ellis, je connais très peu la littérature américaine. Mais j’ai acheté Gatsby le Magnifique (The Great Gatsby) de Fitzgerald. Il paraît que c’est un classique!

    En tout cas, j’ai bien hâte de voir ce film!
    Le film sur « Noël » qui m’a vraiment fait tripper c’est Joyeux Noël.
    http://www.imdb.com/title/tt0424205/

  4. La nouvelle de Scott Fitzgerald est bonne, sans être sa plus remarquable non plus cependant. Il faut dire qu’il a écrit plusieurs excellentes nouvelles… J’attends moi aussi ce film avec impatience, parce que j’aime non seulement Fincher, mais aussi Scott Fitzgerald. Ton texte et les références que tu y fais sont vraiment intéressants. Espérons maintenant que ce film sera un beau cadeau de Noël !

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