Feeling 2.

Le bonheur pour moi c’est

Me mettre au lit et me réjouir de la journée que je viens de vivre : nul besoin d’avoir vécu une journée marquée par de multiples péripéties pour se réjouir de l’existence; un bon repas, une partie de hockey ou une conversation avec des gens que l’on apprécie sont des choses qui me réjouissent amplement.

Me réveiller, avoir le goût de rester coucher, chialer contre la température et contre le livreur de journaux qui n’est pas encore passé : ces désagréments m’apportent du bonheur puisque je sais qu’ils sont passagers et banals comparés à la réelle souffrance.

Me lever tôt un lundi matin d’hiver et prendre une bonne douche chaude : c’est mon premier contact avec la réalité; la douche nettoie les particules des songes restées collées à la peau de mon corps et, peu importe ce qui s’est passé la veille, tout ceci est maintenant terminé. C’est comme si ma vie recommençait chaque jour!

Marcher dans le corridor d’une station de métro et entendre la mélodie du Canon de Pachelbel : dans certains pays, les gens entendent le son des bombes en se levant ou en se rendant au travail; d’autres n’ont même pas la chance de travailler et nous, on ose se plaindre de notre travail? Malgré le froid, la fatigue et les déprimes, le fait d’entendre un morceau de musique classique me fait réaliser à quel point notre vie est facile et qu’on ne se rend pas compte de la chance que l’on a d’être né au Canada et non dans un pays du tiers-monde.

Manger du tartare de saumon pour dîner : apprécier chacune des bouchées et être heureux simplement parce je suis en santé et que mes possibilités d’actions sont infinies.

Revenir du travail et regarder la neige tomber : les gens qui disent aimer le Québec et qui chialent sur la température me font penser à ceux qui critiquent le niveau de français de la nouvelle génération en écrivant un message rempli de faute! Aimer le Québec, c’est en aimer ses contrastes. Il m’arrive, moi aussi, de chialer sur l’hiver, surtout lorsqu’il se poursuit jusqu’à la mi-avril, mais, cet hiver, au lieu de me dépêcher pour me rendre à la maison lors de la première tempête de neige, je me suis assis sur un banc et j’ai observé le paysage. Quelle beauté! Certaines personnes dépensent des fortunes pour faire le tour du monde. Mais, parfois, les plus beaux trésors se trouvent tout près de nous.

Sentir le parfum d’une jolie demoiselle qui vient tout juste de passer devant moi : si une fille veut me charmer, c’est par son odeur qu’elle peut y arriver.

Revenir tard dans la nuit et marcher vers notre demeure et écouter le silence de la nuit. Certes, il peut être dangereux de se promener seul la nuit. Mais, quelle sensation! J’habite près du bord du fleuve et parfois j’y vais tard le soir avant de rentrer. Quel spectacle! Tout est calme, paisible; c’est comme si la vie s’était arrêtée.

Et tout ceci peut se vivre en une seule journée! N’attendez pas un événement soi-disant extraordinaire pour apprécier votre existence. L’extraordinaire se vit chaque jour, chaque heure et chaque seconde! Bien sûr, la vie est aussi faite de moments de déprime, de tristesse et d’épreuves à surmonter. Mais tout ceci est nécessaire, pas essentiel, mais nécessaire puisqu’ils nous définissent comme être humain.

Il faudrait que je fasse une liste intitulée “Le bonheur c’est aussi…” et donner des exemples d’événements malheureux qui ont été nécessaires pour en faire en sorte que je sois aujourd’hui l’être que je suis. Les larmes sont parfois salutaires. Il faut réclamer le droit d’être malheureux! Les larmes sont nécessaires, disait John, le sauvage, dans le récit dystopique d’Aldous Huxley, puisqu’elles démontrent que nous ne subissons pas les épreuves de la vie sans réagir. C’est souvent lorsque quelque chose nous manque que nous nous rendons compte de toute son importance.

Tout est important.

La neige peut déclencher une avalanche

L’amour amène la tristesse

Dans l’humain il y a aussi de l’inhumain

Mais, tout est à construire…

Allez, saisissez chacun des instants de votre vie. Un instant qui s’envole, c’est un instant qui ne se récupère jamais.

~ par njl le Vendredi, 22 février 2008.

Laisser un commentaire