Sauter au contenu

In the good old days…

Lundi, 18 février 2008

Faire preuve de condescendance : Se dit d’une personne hautaine, arrogante et qui, dans la communication sociale, marque la distance à l’égard d’un être ou d’un groupe en jugeant leurs agissements ou leurs attitudes comme étant inférieurs à son mode de pensée. Personne imbue d’elle-même qui croit posséder la vérité et qui considère ses valeurs exemptes de tout reproche. Denise Bombardier fait souvent preuve de condescendance dans ses écrits ou dans ses interventions à la télévision, surtout lorsqu’elle parle des jeunes.

Être condescendant, c’est, en quelques mots, regarder quelqu’un de haut; se positionner sur un piédestal vis-à-vis un individu que l’on juge souvent inférieur à nous. C’est une manière d’être que l’on retrouve souvent dans les milieux intellectuels. En voici un exemple tiré d’un article du journal La Presse.

Dans un article intitulé Sexe académie à McGill et publié le 31 janvier dernier, le journaliste Hugo Meunier nous apprend que l’Association des étudiants des 2e et 3e cycles de l’Université McGill a organisé une semaine où  des activités et des ateliers sont consacrés au sexe. Selon la sexologue Jocelyne Robert, ces activités sont à l’image de la société : « Ça prouve combien le sexe et le corps sont désormais des produits, des objets de consommation comme tant d’autres. » Cette spécialiste se défend par contre d’être puritaine et elle poursuit son argumentation avec une phrase clichée : « C’est une manifestation parmi tant d’autres d’une société hypersexualisée où le sexe envahit toutes les sphères. »

Ce n’est pas tant la condescendance qui m’agace que le syndrome qu’elle véhicule dans ce cas présent. Ce qui m’horripile profondément c’est la nostalgie du « good old day » ou en français du « bon vieux temps » où certaines personnes jugent qu’hier était mieux qu’aujourd’hui. Paradoxalement, ces propos sont souvent transmis  à des individus qui n’ont même pas connu hier et qui n’en ont rien à foutre! Comment hier peut être meilleur que le temps présent lorsque cet hier n’existe même plus? Je n’en ai rien à foutre moi de vos familles de 12 enfants, de votre religion catholique, de votre société monoethnique, de votre matriarcat… Ce qui m’importe, c’est d’épuiser les possibilités que la vie me présente et ne venez pas me taxer de nihilisme puisque je ne désire pas détruire le passé; mais mon champ d’action c’est le présent. Point.

Connaître le passé nous permet de comprendre où nous en sommes présentement. L’histoire ne donne pas de leçon, mais elle en éclaire les choix. Je ne suis pas de ceux qui croient que tout ce qui nous a précédés doit être détruit : je crois à plusieurs valeurs que mes parents m’ont transmises et plusieurs projets sociaux instaurés pas les différents gouvernements canadiens (assurance-maladie, CSST, assurance-emploi, etc.) me semblent encore utiles aujourd’hui.

J’imagine que les personnes qui tiennent ce genre de discours sur l’hypersexualisation de la société sont les mêmes qui s’extasient devant la sculpture du David de Michel-Ange réalisée au 16e siècle (merci Mllv!) ou devant une représentation de danse french cancan popularisée au Moulin Rouge à Paris au début du 20e siècle. À ce que je sache, les mini-jupes n’ont pas été inventées durant la dernière décennie!

Avoir une vision historique des choses nous permet souvent de relativiser nos propos. Nul besoin d’un doctorat pour savoir que la prostitution est l’un des plus vieux métiers au monde, que les jeunes adolescents de la Grèce antique recevaient leur formation professionnelle auprès d’un maître qui les formait aussi sur le plan sexuel, que le néologisme sadisme du nom du Marquis de Sade, auteur et philosophe qui traitait de thèmes tels que l’érotisme, la violence, la cruauté, l’inceste, le viol et la sodomie, est apparu dans les dictionnaires au 19e siècle et qui était synonyme de débauche. Finalement, notre époque n’a rien inventé en terme de violence ou de sexualité!

Aujourd’hui, grâce à la diffusion de l’information, nous avons davantage accès à des contenus visuels violents ou à caractère sexuel. Mais ne venez pas me dire que les scènes de violence sont omniprésentes de nos jours! Lorsque votre adolescent de 16 ans écoutera le dernier Rambo, dites-vous que s’il était né quelques siècles plus tôt, il aurait assisté à une pendaison publique durant le Moyen-Âge ou à un combat entre gladiateurs à l’époque de la Rome antique.

Un commentaire
  1. J’ai l’impression que toute cette réflexion s’articule beaucoup autour du conflit des générations. Un réflexe vieux comme la terre. Ton texte est très articulé, comme toujours, je ne voudrais surtout pas être condescendante, mais un petit détail m’agace (déformation professionnelle), le David du Michel-Ange, c’est au 16e siècle :P

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.