L’Énigme
J’aime remettre en question ce qui semble aller de soi selon les normes établies par notre société, mais qui ne fonctionne pas avec ma personnalité et selon ma philosophie de vie. Je ne m’acharne pas à aller toujours à contre-courant ou d’être marginal pour le simple plaisir de l’être. Je fais plein de choses courantes comme jouer à des jeux vidéo, écouter des films américains, manger du fast-food et abuser de l’alcool et en payer le prix le lendemain et je ne pense pas spécifiquement en dehors des normes établies : je suis un partisan des Canadiens de Montréal, je chiale contre les politiciens ou contre le fait que l’on paie trop d’impôt. Mais, à mon avis, il est fondamental de remettre en question les choses qui ne vont pas de paires avec notre mode de pensée, au lieu de dire, sans cesse, « je fais ceci ou cela puisque de toute façon, tout le monde fait ou pense ainsi. »
Voici certaines de mes idées qui peuvent être qualifiées de marginales par certains : le Bien ne triomphe pas toujours du Mal puisque dans le mot inhumain il y a celui d’humain; les religions vont un jour s’effacer au profit d’une éthique de vie; le réalisme moral doit être adopté mondialement; les partis politiques n’ont pas à l’esprit le bien commun des gens qu’ils gouvernent.
« Est-ce que tu sais c’est quoi ton problème? Tu as plus peur de l’amour que de la mort. » Depuis quelque temps, cette phrase circule dans ma tête. Cette idée n’est peut-être pas répandue, mais, pour ma part, je crois qu’il est plus logique de craindre l’amour que d’appréhender la mort. Craindre l’amour ne signifie pas que l’on veuille l’éviter. Je crois simplement qu’on ne peut pas éviter l’amour et c’est tout l’inconnu qui en découle qui nous fait peur : l’amour est invariablement, constamment et inévitablement une nouveauté puisqu’il n’y a jamais deux amours pareils.
Il n’est pas certain que tout soit certain, disait Pascal. Nous avons par contre la certitude que nous allons tous mourir et c’est à nous de décider de ce que nous allons faire de ce temps qui nous est alloué. En vieillissant, plusieurs personnes appréhendent la mort : ils regardent leur vie avec amertume, ils se disent qu’ils n’ont rien accompli d’extraordinaire et que leurs meilleures années, celles de leur jeunesse, sont derrière eux. Pour ma part, j’ai toujours eu une vision stoïcienne de la mort : l’homme est un animal rationnel et mortel et ce n’est pas la mort qui nous effraie, mais bien l’image qu’on s’en fait. Sénèque disait que la vie nous a été donnée avec la mort pour condition et que grâce à elle, on n’a plus rien à craindre puisque nous possédons cette certitude plus qu’elle nous possède.
Pour être heureux et atteindre le bonheur, nous avons besoin de certitudes et de stabilité, soit une assurance pleine et entière en quelque chose : l’inévitabilité de la mort nous force à tout donner à la vie que nous vivons quotidiennement. La mort, qui est traditionnellement considérée comme une source de douleur, peut se transformer en source de bonheur si on l’analyse sous cet angle.
Il y a quelque chose de paradoxal avec la vie que menons : si la plupart d’entre nous craignent la mort, nous recherchons tous l’amour où l’absence de certitude est reine. Au contraire du bonheur, l’amour se nourrit de doute, d’inquiétude et d’insécurité. Pour être heureux en amour, il faut donc accepter de délaisser un peu de nos certitudes et de notre liberté. Mais en délaissant nos certitudes, nous perdons aussi une certaine partie de notre bonheur. Est-ce que l’incertitude peut être une source de bonheur?
Lorsque j’aime, je me sens près du néant puisque je me retrouve en face d’un être humain comme moi, mais étrangement différent. En fait, le néant c’est plutôt l’inconnu; et si c’est la même chose que nous ressentons avec tous les gens que nous côtoyons, le caractère spécifique à l’amour c’est que nous voulons transformer cet inconnu en concret; on veut transposer notre mode de pensée en l’Autre pour en faire un être qui nous ressemble.
Mais, entre nos désirs et ce que l’on désire de l’autre et entre l’image de l’Autre idéalisée et celle perçue réellement par nos sens, il y a des niveaux de perception complètement différents. Pour reprendre l’idée freudienne de désir, le problème repose sur la construction de notre identité qui se bâtie à la fois en fonction de notre désir d’être différent de l’Autre et par le fait que nous partageons un bagage commun qui fait en sorte que nous nous ressemblons : l’Autre est à la fois le modèle du désir et l’obstacle à son accomplissement.
Aimer, c’est partager un moment privilégié, c’est une preuve que nous avons vécu et c’est un moment qui ne se vit pas pareillement une seconde fois. Mais, qui sait : si l’Amour, comme le Bien, ne peut triompher de tout, ne serait-elle pas par contre la réponse à l’Énigme de la vie humaine? Ce que les religions appellent le paradis n’est peut-être que l’« amourosphère », c’est-à-dire un endroit où toutes les traces des amours passés seraient encore vivantes, flottant éternellement, s’entrechoquant l’une contre l’autre et laissant parfois échapper certaines poussières qui viendraient heurter l’inconscient des êtres humains, permettant ainsi à l’Amour et aux amours de chacun d’entre nous de ne jamais mourir et d’être éternel.

Ce site me permet de me sentir moins seul et surtout moins incompris! De plus, c’est moins cher qu’une séance de psychanalyse! Merci pour les commentaires qui enrichissent ma réflexion
Hercule a raison dans son commentaire, nous l’avons compris en partie “l’amour”.
C’est d’ailleur pour cela que nous sommes à la recherche de personne avec qui pouvoir partager nos pensées et ressentis a ce sujet.
J’irai même plus loin, avec des personnes qui ne se rappele pas encore de qui ils sont en réaliter.
De plus, si nous pouvons en partagant nos expérience aider à leur rappel, alors ça serait quelque chose de merveilleux pour nous.
Bien à vous
Junior
Avoir peur de l’Amour et ne pas appréhender la mort est chose naturelle (à mes yeux) dés que le “Moi” -> le “Nous” commence à se rappeler de qui nous sommes.
Car dans ce cas, la mort est une offrande … la fin des expériences de l’Amour …
Mais (je te rassure) la peur de l’amour se dissipe avec la maturité de celle-ci. Et à ce moment là, ton Amour peut s’épanouir et faire des “malheurs” …
Sauf que, pour que cela arrive; L’homme n’a pas reçu les règles du jeu … et donc souffre et fait souffrir par Amour pour en découvrir le bonheur et sa “magnificence”.
Et puis alors ceux qui pensent autrement … en plus de tous ces ressentis sont marginalisés voir montré du doigt et surtout incompris … jusqu’au jour où l’on se sent moins seuls avec la découverte d’autres incompris qui se rappellent eux aussi de ce que nous sommes …
En réalité, il faut savoir en parler pour découvrir -> pour se découvrir => L’oeuvre existe déjà … il suffit de la dégager.