Feeling 1.
De par mon vécu et de l’observation que je fais régulièrement des gens qui m’entourent, j’ai remarqué que lorsque nous sommes célibataires, nous avons l’habitude d’utiliser, en alternance et même parfois dans un cours laps de temps, deux discours complètement différents et divergents.
D’abord, le discours de « l’apitoiement » : on utilise alors abondamment la carte de la dépression en répétant sans cesse que nous sommes tannés d’être seuls et on fait preuve de charisme (ou on agit comme un lécheux de cul) afin d’exercer un certain ascendant sur notre groupe d’amis pour que ceux-ci soient portés à nous présenter de nouvelles personnes.
Il y a aussi un discours diamétralement opposé à celui de l’apitoiement, soit celui du « stoïque » : on dissimule ou ne laisse pas paraître aucune émotion de tristesse après une séparation amoureuse ou lors d’une longue période en tant que célibataire. On déclare alors aux autres que la vie de célibataire n’est pas la fin du monde et que cela peut même être envisagée de manière positive. Nous allons afin pouvoire entreprendre toutes les activités et projets qui nous plaisent et on va aussi se placer dans une situation propice pour rencontrer notre future idylle, soit notre amour idéalisé.
Vous aurez compris que ce que je viens de décrire est une caricature. Ces deux discours comportent chacun leur part de vérité. Nous avons tous besoin de tendresse, d’affection et d’être auprès de quelqu’un avec qui nous nous sentons en confiance pour partager notre intimité physique et psychologique, mais, malgré le fait que nous recherchons constamment la sociabilité, nous recherchons tout autant des moments de solitude. Par contre, je crois que nous sommes aussi en état perpétuel d’insatisfaction : l’individu qui est en relation de couple envie le célibataire et vice versa.
Ce que nous voulons rejoindre pour être heureux n’est jamais pleinement atteint puisque ce qui fait notre bonheur ne consiste pas seulement à la façon dont nous planifions nos propres actions. Nous ne pouvons modifier ce qui nous entoure par notre simple volonté, car nous sommes sans cesse en interaction avec des individus ayant des visées divergentes des nôtres et partageant une vision différente de laquelle nous envisageons.
Présentement, je suis heureux : je suis en santé, j’ai des amies et une famille que j’adore, des passe-temps qui me passionnent et un emploi qui me permet d’en apprendre un peu plus chaque jour. Finalement, je me sens bien. Mais je ne refuserais pas pour autant un peu de tendresse et d’affection.
Lorsque le coït vient de se terminer, mon besoin d’affection est annulé. En fait, je ne crois pas que cette réaction soit égoïste, mais plutôt biologique : la partie reptilienne de notre cerveau, celle qui agit sur nos instincts les plus primitifs comme la survie de l’espèce et la reproduction, nous indique alors que nous avons terminé notre devoir et que nous pouvons nous reposer. Par contre peu de temps après le coït, en tout cas en ce qui me concerne, je vais rechercher l’affection et celle-ci ne sera pas nécessairement de type sexuel.
Tout ça pour dire que même si je ne suis pas malheureux en tant que célibataire, je suis tout de même en quête d’affection. Par contre, mon but ultime est bien évidemment de trouver tout ce que je désire au sein de la même personne, mais est-ce vraiment possible? Hercule, qui écrit sur le blogue « Je pense donc je suis », a eu la réflexion suivante « Personne n’appartient à personne. Aimer n’est pas synonyme d’appartenance. Mais bon, le monde conditionné ne le perçoit pas de cet œil. Tous les plaisirs relationnels de la vie ne peuvent pas être remplis par et chez une seule personne! »
J’aimerais rencontrer quelqu’un avec qui je me sens simplement bien dans tous les aspects que comporte la vie de couple : une femme qui me permettrait de conjuguer aisément amour et liberté et avec laquelle j’aurais une connivence absolue! Je suis parfaitement conscient qu’il ne faut pas avoir une vision trop idéalisée de l’amour.
À mon avis, être lucide ne rime pas avec être en amour. Si l’amour nous promet que nous allons sortir de notre solitude et que nous ne serons plus jamais seuls, la lucidité, elle, nous dit que l’être humain naît, vit et meurt seul. Comme le dit daviel : « […] de rester seul, irrémédiablement seul, c’est une condition si difficile à accepter, être seul, de savoir que toute sa vie durant l’on devra rester seul, et pourtant c’est l’unique chose à faire. » Ou cette phrase du film de Donnie Darko qui me résonne sans cesse dans ma tête : « Toute créature terrestre est appelée à mourir seule. »
Je ne suis pas malheureux, mais je me sens terriblement seul lorsque je me retrouve étendu sur mon lit à regarder le plafonnier. Et même si nous sommes, en fin de compte, toujours seuls, je crois que c’est la réciprocité qui permet de mieux nous connaître nous-mêmes et qui se résume bien dans les mots de Sartre : « Nous ne sommes nous qu’aux yeux des autres et c’est à partir du regard des autres que nous nous assumons comme nous-mêmes. »
J’ai besoin des autres, les autres ont besoin de moi et le reflet miroitant de nos âmes réciproques permet de vivre et de faire vivre le nous sommes. Alors, avant de trouver cette connivence absolue, on consomme les amours passagers et on accepte de jouer le jeu. Aimer, c’est de croire que tout n’est peut-être pas certain, que la vie vaut la peine d’être vécue parce que des gens nous apprécient pour qui nous sommes réellement et que les moments d’amour nous permettent de ressentir cette étincelle de vie : on vit parce que l’on aime et on aime parce que l’on veut être en vie!

Amen. J’ai pour mon dire : Trouve une personne qui te paraisse le plus près possible de la perfection et le reste, comble-le ailleurs, toi-même (passions, loisirs, amitié, connaissance, …
Tout à fait d’accord, quel belle façon de penser (Ensevelie).
Pour ma part c’est comme cela que ça marche dans mon couple et je vous l’assure, c’est une belle manière de voir la vie en couple.
Mais pour cela, il faut aimer le conjoint inconditionnelent (notre liberté dépand de celle que l’on donne à l’autre).
Car dans le cas contraire, des sentiments comme la (jalousie, l’appartenance, ou autres sentiments venant de la peur) empêche l’épanouissement de la relation.
Ceci étant dit, il est vrai que dans le monde actuel, il est difficile de trouver de la tendresse platonnique ou ininteressées, car souvent l’attirance sexuel prend le dessus.
Je trouve cela dommage, cela empêche de connaitre pour certain la vrai amitié entre sexe opposés.
Jean-Nicolas, ton texte est trés parlant, car souvent les gens se trahissent eux-même sur leurs manière manière de penser (cela pour divers raison).