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Pensées

En cette dernière journée de l’année, il est difficile d’écrire quelque chose sans tomber dans les clichés habituels. Alors, au lieu de parler de résolutions, je vais écrire quelques pensées facilement applicables tous les jours de l’année.

N’oublie jamais que tu es le seul responsable de tes actions. L’homme n’a aucune emprise sur les circonstances, mais il en a sur ses choix. Tu contrôles tes choix, tu contrôles donc ta destinée. Rien n’est déterminé à l’avance et bien que les conditions initiales influencent grandement le développement futur d’un individu, rien n’est joué à l’avance.

Réfléchis toujours avant de parler ou d’agir : « l’effet papillon » est puissant et peut se révéler être très dévastateur. Ce n’est pas seulement sur le Web que l’information est permanente. Tu ne sauras jamais quelles seront toutes les conséquences que telle parole ou tel acte auront sur la vie future de tes semblables.

Sache que la quantité n’engendre pas nécessairement la qualité. Nous sommes à l’ère de la surabondance de l’information. La prolifération des médias de masse ne garantit pas une meilleure qualité d’information. Les bons amis se comptent souvent sur les doigts d’une seule main.

Lis du Sartre, du Beckett, du Jean de la Fontaine ou n’importe quels autres auteurs qui te plaisent. La sagesse n’est pas apparue instantanément et il est parfois utile de lire ces textes pour relativiser son existence, pour mieux comprendre ce que l’on vit et ainsi d’aller puiser la sagesse au sein d’écrits du passé. « Scientia potentia est » : le savoir, c’est le pouvoir.

Bâtis ta propre éthique de vie. Si le savoir c’est le pouvoir, il faut s’en servir comme guide et non pas comme doctrine. L’homme est libre d’agir et c’est par ses choix que l’homme se définit, lui permettant ainsi d’exercer sa liberté.

Engage-toi sur la voie de la responsabilité. Puisque si nous sommes libres d’agir, nos choix ne se prennent pas en vase clos. Nous choisissons nos valeurs en toute liberté, mais une fois que ce choix est engagé, nous avons une responsabilité envers autrui puisque nous avons choisi une certaine façon de penser l’homme.

Commence dès aujourd’hui à construire ton projet de vie. Ce qui compte c’est ce que je fais de ce que ce passé a fait de moi. Ce qui compte, pour citer Sartre, c’est « ce petit mouvement qui fait d’un être social totalement conditionné une personne qui ne restitue pas la totalité de ce qu’elle a reçu. » Il n’y a rien de prédéterminé, pas de nécessité, tout est à construire. Nous sommes un « projet », toujours en quête de dépassement.

Ne crains pas les questionnements existentiels qui t’assaillent chaque jour; doute une fois, doute deux fois et doute toujours puisque le doute méthodique permet de se forger une pensée unique.

Pense au « nous sommes » lorsque tu te sens seul au monde. Prendre conscience de sa liberté et de sa révolte face à un monde qui semble parfois dépourvu de sens est la première étape pour élever notre niveau de conscience collective. Les remises en question comme « qu’est-ce que je vais faire de ma vie » et « ai-je fait le bon choix » ne sont pas à craindre. Nous ne sommes pas seuls à chercher des réponses à ces questions.

Camus disait ceci par rapport au « nous sommes » : « J’ai besoin des autres qui ont besoin de moi et de chacun. Chaque action collective, chaque société supposent une discipline et l’individu, sans cette loi, n’est qu’un étranger ployant sous le poids d’une collectivité ennemie. Mais société et discipline perdent leur direction si elles nient le « Nous sommes ». À moi seul, dans un sens, je supporte la dignité commune que je ne puis laisser ravaler en moi, ni dans les autres. Cet individualisme n’est pas jouissance, il est lutte, toujours, et joie sans égale, quelquefois, au sommet de la fièvre compassion. »

Prie Bouddha, Mahomet, Jésus ou le Dieu de ton choix si cela te permet de donner un sens à ta vie. Mais aime la vie dans son ensemble pour le meilleur et pour le pire. Sois fier de pouvoir fouler la terre jour après jour. Vivre c’est un privilège. Ce privilège peut t’être enlevé sans préavis. N’attend pas à demain pour influencer positivement l’existence de tes semblables.

~ par njl sur Lundi, 31 décembre 2007.

Une réponse to “Pensées”

  1. Tu as écris et je viens de lire tes pensées qui auraient pu être les miennes … Mais je n’aurais pas pu les écrires aussi bien.
    C’est un plaisir de lire tes textes!

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