Lettre à Marjolaine


Dans quelques mois, tout commencera par un cri… mais avant de songer au temps à venir, laisse-moi retourner dans le passé, notre passé commun.

Je ne crois pas me tromper en disant que je suis cartésien et toi émotionnelle. Tu es aussi plus impulsive que moi, étant quelqu’un de plus posé. On ne pourrait pas non plus mentir et dire aux gens que nous sommes jumeaux et certaines personnes ne pourraient pas se douter que nous avons un lien de sang. Tu as les yeux et les cheveux de couleur foncée et dans mon cas ils sont plutôt de couleur pâle.

En fait, si l’on regarde plusieurs aspects qui nous définissent en tant qu’être, on ne se ressemble pas beaucoup. Tu te rappelles que je pouvais facilement me faire passer pour ton chum lorsque j’étais adolescent!

Par contre, on a toujours été très proche l’un de l’autre même si l’on n’utilisait pas nécessairement des mots pour le démontrer. Les paroles s’envolent, mais les gestes et les attentions demeurent gravés dans notre mémoire. 

Enfant, tu m’apportas de la soupe lipton et me donnas un bain d’eau froide lorsque j’étais malade et que je faisais de la fièvre; tu me consolas aussi lorsque je fus retranché de l’équipe régionale de baseball; et, adolescent, tu ne te mêlais pas trop de mes histoires, même si, toi, tu n’avais pas passé par les mêmes épreuves.

Tu m’as toujours laissé vivre ma vie tout en étant là pour moi lorsque j’en ai eu besoin. C’est ça aimer quelqu’un pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il fait ou pour ce qu’il peut nous apporter.

Un de tes projets arrive à sa conclusion ou plutôt à son éclosion… et je sais que tu en prendras soin et que tu sauras y donner ton amour. Tu n’as pas à t’inquiéter tu as trouvé ton île, un endroit où tu te sens bien. 

Arrivé aux abords de la trentaine, le trépas n’est pas le premier de tes soucis. Je te souhaite tout de même de savourer chaque instant de ta vie, puisqu’un instant qui s’envole ne peut jamais être récupéré. La vie c’est maintenant!

Je crois que tu le sais autant que moi, on n’a pas besoin de se dire CE mot. Pour nous, les mots ne sont pas importants; on les laisse aux autres personnes qui les utilisent afin de se rassurer. Nous on le sait.

Mais aujourd’hui, je vais le dire CE mot : je t’aime ma sœur et je suis très heureux pour le futur Samuel, Laurence, Rémi ou quel que soit son nom… parce que je sais que tu feras une très bonne maman.

Jn, le pit et futur mo’oncle

~ par njl le Jeudi, 27 septembre 2007.

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