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Vodka

Parce qu’il n’y a pas que la téquila dans la vie.

La vie est remplie « d’actes manqués ».

On en retrouve de deux catégories. D’abord, des situations qui s’apparentent à une erreur, un raté dans une action aisée; ou ne pas avoir saisi une opportunité et de se rendre compte que celle-ci ne se représentera plus jamais avec les mêmes paramètres.

Puis, il y a les « actes psychopathologiques » comme Freud aimait les appeler. L’acte manqué s’avère un acte réussi. Il s’agit en fait de la réalisation d’un désir inconscient. Le sujet croit échouer, mais éprouve une satisfaction pulsionnelle inconsciente.

Deux scénarios. Deux actes manqués où la réalité est parfois quelque peu déformée et d’autres fois plus près que l’on pourrait le croire…

Montréal tu es tellement froide

C’était en février dernier. J’avais commencé la soirée en ingurgitant plusieurs rhum & coke à la maison en écoutant les Canadiens se faire malmener par les Sabres de Buffalo. Après dix minutes de jeu, c’était déjà 3 ou 4 à 0.

Je l’avais fixé durant toute la soirée et vers deux heures je me suis finalement décidé à aller danser avec elle. Nous dansons pendant une dizaine de minutes jusqu’au moment où son copain apparaît devant elle. Maudite agace. Je me retourne et une fille m’agrippe par le cou. Second best… ce n’est peut-être pas la fin du monde après tout.

« Tu aimes la vodka? »

Vers 2h45 nous sortons du bar dans l’espoir de trouver un coin sombre pour nous amuser un peu plus intimement.

3h00

« Je te laisse mon numéro? » me dit elle.

« Non, ça ne vaut pas la peine je ne veux pas te donner de faux espoirs. »

« Au moins, tu es honnête. »

« Ce n’est pas de l’honnêteté. J’aime me torturer en me disant qu’au milieu de ce ramassis de contingences, soit la vie humaine, peut-être nos chemins vont se recroiser un jour. »

Nous nous embrassions une dernière fois avant qu’elle ne disparaisse dans un taxi.

Je dois partir

« Je peux goûter? »

« Bien sûr! »

« Ça ne goûte pas beaucoup la vodka. »

« Non, le mélange avec le red bull camoufle le goût de l’alcool. Au fait, c’est quoi ton nom. »

« Laurence. »

« Enchanté! »

« Tu es venu seul. »

« Non, avec M. et K. mais on dirait qu’elles m’ont abandonné… Je ne passerai pas par quatre chemins. »

Je la fixai pendant quelques secondes et je sus que je pouvais tenter ma chance et je l’embrassai.

« Ça t’arrive souvent de flirter avec les inconnus. »

« Souvent, non. Mais j’aime mieux le faire avec des inconnus. Encore plus lorsqu’elles sont jolies. »

« Charmant! »

« C’est mon deuxième nom. Mais, je pourrais aussi te dire que je suis un salaud et que je veux rendre M. jalouse. »

« C’est ta copine? »

« Non, mais nous avons eu quelques aventures. »

« Alors, tu veux simplement m’utiliser? »

« J’aurais pu flirter avec la grosse fille assise au bar… »

« Qu’est-ce que tu veux dire? »

« Tu me plais. »

« Tu ne me connais pas. »

« Et alors? »

Il y eut un silence qui sembla durer une éternité.

« Viens danser » me lances t-elle subitement.

Elle se met sur la pointe des pieds et me souffle à l’oreille « je ne te connais pas, peut-être que tu es un salaud, mais je m’en fou. Je suis bien présentement auprès de toi. »

Lastcall!

« Merde je dois partir. Mes amies vont m’attendre et je ne veux pas manquer mon lift. »

« Bonne nuit. »

« C’est tout? Pas un à la prochaine ou un on pourrait se revoir. »

Mais je n’eus pas le temps de lui répondre puisque j’avais tourné le dos et je titubais sur le boulevard Saint-Laurent. J’entendis tout de même au loin une voix qui me criait : « je serai ici jeudi prochain… »

~ par njl sur Lundi, 6 août 2007.

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