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Toujours plus

Mardi, 19 juin 2007

Il y a des gens qui disent être heureux en tant que célibataire, mais dès qu’ils se retrouvent seuls dans leur lit vide, ils se mettent à déprimer. D’autres encore s’inscrivent à des sites de rencontre en proclamant haut et fort qu’ils n’ont aucune espérance particulière. Il y a aussi des gens en couple qui s’ennuient de leur vie de célibataire et des gens heureux en couple, mais qui regardent avec mélancolie le temps qui passe.

On veut toujours « plus » et nous sommes toujours insatisfaits de notre condition présente. Plus d’argent, plus d’amour, plus de passion, plus de temps… Nous vivons en perpétuel état d’insatisfaction. L’ambition est une belle qualité; mais être toujours en attente de quelque chose nous condamne à vivre dans un temps qui ne nous appartient pas : entre un présent qui nous déplaît et un futur qui nous est incertain.

Vous serez toujours insatisfait si vous êtes de ceux qui sont en « amour avec l’amour » ou encore qui focalisent leur attention sur un individu et qui attendent tout de lui, qu’il soit la source de votre bonheur et de votre bien-être. Aimez votre amoureux non pas pour ce qu’il peut vous apporter, mais pour ce qu’il vous procure comme parcelles quotidiennes de bonheur. Aimez ce qu’il est, son être en entier avec sa beauté et ses imperfections, et non pas l’image idéalisée que vous vous en faites. Établissez vous-même les règles de votre amour.

Cessez d’errer dans un temps qui ne vous appartient pas, vous êtes toujours en « état de vivre » : si vous êtes heureux, vous regrettez le temps qui fuit et si au contraire le temps vous afflige, vous tentez de le soutenir par un avenir où vous n’avez aucune certitude d’arriver. N’essayez pas de retenir le temps qui passe et de vivre en ayant constamment des regrets sur le passé et sur les choses que vous auriez pu faire ou que vous auriez pu faire autrement, mais réjouissez-vous plutôt de ce que la vie vous apporte chaque jour.

Je ne m’oppose pas à la création de projets de vie, au contraire. Mais à toujours vouloir plus et en étant constamment insatisfait de notre condition, on en oublie de revenir aux choses simples, que l’on qualifie parfois péjorativement de banales, qui sont à notre portée quotidiennement et qui constituent une source beaucoup plus stable de joie de vivre; celle-ci se répercutant par la suite aux gens de notre entourage.

2 Commentaires
  1. “Il y a deux manières d’être riche: posséder beaucoup, ou désirer moins.”
    Le diable si je parviens à remettre un nom derrière cette citation, mais ça doit être en relation avec le Dao De Jing.

  2. Oui mais à partir de quel point faut-il arrête de vouloir plus ? Car on peut très bien être parfaitement heureux dès lors qu’on satisfait nos instincts primaires.

    Ne suffit-il pas de toujours vouloir plus tout en sachant revenir sur Terre quand il le faut ?

    Mais vous avez raison, dans les sociétés actuelles nous sommes tellement conditionnés que nous ne voyons plus les choses à porté de main. On ne sait plus trop penser par nous-même, on sait plus trop vivre ? De nos jours, les choix de vie semblent être de plus en plus étroites alors qu’ils n’ont cessé de s’élargir.

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