« Souhaitons qu’ils m’accueillent avec des cris de haine »
Nous ne pouvons pas tous être comme Meursault et avoir ce flegme, ce calme imperturbable, devant la mort qui nous est annoncée.
« Mourir, c’est mourir. » Détrompez-vous, je n’ai pas décidé de me lancer dans la tautologie. Il faut tout de même reconnaître que mourir subitement ou après une longue convalescence, ça revient à la même chose : nous n’existons plus et la conséquence est la même pour tout le monde. C’est un des personnages de Marcel Proust qui disait : « Devant la mort nous sommes tous égaux. »
Mais, laquelle de ces souffrances psychologiques serait pour vous la plus grande : être assassiné ou recevoir une sentence de peine de mort? Loin de moi de diminuer la violence du crime et je ne veux pas embarquer dans un débat sur le bien fondé de la peine de mort.
Cependant, à mon avis, il n’y a pas plus grande souffrance que de savoir à l’avance l’heure de sa mort. Après plusieurs requêtes en Cour suprême, le condamné reçoit le verdict ultime : vous allez mourir, à telle date et à telle heure. Il n’y a plus d’espoir. Il ne lui reste plus qu’à compter les jours qui le séparent de sa mort.
Peut-on dire la même chose de quelqu’un qui a le cancer et que son médecin lui annonce qu’il est maintenant en phase terminale? Même si plus aucun espoir ne semble possible, la médecine n’est pas infaillible. On a déjà entendu des cas où la médecine ne peut expliquer les raisons derrière cette miraculeuse guérison.
La chose terrible, c’est la certitude : la certitude que dans un quart de seconde le couperet va descendre et terminer ainsi, sans appel, notre existence. Ce qui est merveilleux, dans la vie, c’est que rien n’est joué d’avance; rien n’est prédéterminé.

Même dans les cas de sentences de peine de mort, il peut toujours y avoir une grâce d’accordée. Par exemple, l’écrivain Dostoïevski a été condamné à mort, puis gracié à une 1/2 heure de l’exécution de la peine alors même lorsque tout semble prédéterminé, rien ne l’est vraiment. Je suis bien d’accord, c’est ce qui rend la vie merveilleuse (sauf quand ta maison est vendue et que soudaimement, elle ne l’est plus!).