Présentisme et futurisme

« L’état du temps présent »

Nous définissons le « presentism » par un mode d’analyse qui se base sur l’état du temps présent pour juger des événements passés. Répandu dans les débats télévisés et parmi une certaine classe de soi-disant intellectuels, ce discours se veut moralisateur du fait qu’il juge en des termes « bons » et « mauvais » les actions antérieures. Par exemple, je fais du « presentism » si je dis que puisque les pères fondateurs des États-Unis (dont Jefferson et Washington) étaient tous des propriétaires d’esclaves et étant donné que l’esclavage est une pratique jugée comme étant scandaleuse aujourd’hui, nous devrions réévaluer leurs réussites.

L’histoire « whig »

On qualifie d’histoire whig les travaux menés par certains historiens britanniques des dix-huitièmes et dix-neuvièmes siècles qui utilisaient le passé pour valider leur idéologie. C’est faire preuve de « presentism » puisqu’ils utilisaient uniquement les événements passés qui satisfaisaient et confortaient leur vision actuelle.

« L’état du temps futur »

Si ce type de « presentism » est surtout présent dans les débats historiques, en tant qu’être humain nous créons souvent un « presentism » dans le sens inverse : nous analysons le futur avec notre vision du présent; mais, le futur moi ne verra pas le monde comme je le vois en ce moment. On oublie souvent de se contenter de la vie que nous vivons actuellement et on vient à vivre avec l’idée d’une vie imaginaire, puisque future. Nous travaillons quotidiennement pour embellir un être et pour devenir quelqu’un que nous allons peut-être détester.

Nous tâchons de soutenir [le présent] par l’avenir et pensons à disposer les choses pour un temps où nous n’avons aucune assurance d’arriver. [...] Nous ne pensons presque point au présent et si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre des lumières, pour disposer l’avenir. Le présent n’est jamais notre but. Le passé et le présent sont nos moyens, le seul avenir est notre objet. Ainsi, nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre; et nous disposant toujours à être heureux, il est indubitable que nous ne le serons jamais. (Blaise Pascal)

~ par njl sur Jeudi, 10 mai 2007.

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