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La modernité et Dieu

Mardi, 1 mai 2007

Un penseur aussi convenable et mesuré qu’Emmanuel Kant pouvait continuer de croire sérieusement que la guerre servait les desseins de la Providence. Après Hiroshima, nous savons désormais que toute guerre est, au mieux, un enfer nécessaire. Un théologien aussi pénétré que saint Thomas d’Aquin pouvait très sérieusement soutenir que les tyrans servaient les fins de la Providence, parce que s’il n’y avait pas eu de tyrans, il n’y aurait pas eu de martyrs. Après Auschwitz, celui qui utiliserait cet argument se rendrait coupable de blasphème.

Après ces événements épouvantables, qui se sont déroulés au coeur même du monde moderne éclairé et techniquement avancé, peut-on continuer de croire en un Dieu qui est nécessairement progrès ou encore en un Dieu qui manifeste Sa puissance sous la forme d’une Providence infiniment clairvoyante?

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