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L’hubris s’est transformé en némésis

Le nom même de Hitler restera cependant à jamais et de manière tout à fait légitime, celui du principal instigateur du plus profond effondrement de la civilisation dans les temps modernes. La forme extrême de pouvoir personnel qu’un demi-instruit, un démagogue de brasserie doublé d’un raciste engagé, un soi-disant sauveur national narcissique et mégalomane, put acquérir et exercer dans un pays moderne et économiquement avancé, dans une terre de culture connue pour ses philosophes et ses poètes [...].

Dans son maelström de destruction, le pouvoir hitlérien avait aussi démontré de manière concluante la faillite des ambitions mondiales racistes et ultranationalistes (mais aussi des structures politiques et sociales qui les soutenaient) qui avaient prévalu en Allemagne pendant plus d’un demi-siècle et qui, par deux fois, avaient plongé l’Europe et le monde dans une guerre désastreuse. La vieille Allemagne était morte avec Hitler. L’Allemagne qui avait engendré Adolf Hitler, qui avait reconnu son avenir dans sa vision et l’avait si volontiers servi, bref qui avait pris part à son hubris, dut aussi partager sa némésis.

~ par njl sur Lundi, 30 avril 2007.

3 Réponses to “L’hubris s’est transformé en némésis”

  1. J’imagine que tout ça s’écrirait mieux sous la forme d’un mail, parce que ça n’a pas grand-chose à voir avec l’Allemagne et Hitler, mais bon, à défaut de pouvoir te l’adresser personnellement, je me suis dit qu’il fallait tout de même l’écrire.

    J’ai lu ton commentaire, et c’est la première fois que je viens ici. J’ai lu, pas tout, parce que je veux m’en garder pour plus tard, distiller lentement chacun de tes mots, même si j’ai envie de tout commenter, parce que ton écriture me semble magnifique et lucide, brillante, avec ce regard, cette distance que je ne sais absolument pas avoir, à force de publier de longs cris qui résonnent creux. Enfin, voilà, j’aime beaucoup. Merci, pour ton commentaire, et puis pour tout.

    J’aime cette définition de “philosophe affectif”, je pense qu’elle résume très bien ce que l’on ressent, la manière dont on voit les choses. Le problème, et c’est peut-être ça le plus terrible, c’est que je ne vois pas d’issue. Et la phrase de Tolstoï, tirée d’Anna Karénine, fait écho en moi sans que pourtant je puisse y changer quoi que ce soit : “Mais lorsque la vérité nous crève les yeux, que nous restera-t-il à faire ?” Que nous restera-t-il à faire ? Lire, écrire, boire, voir, écouter, sans doute, voyager, tenter de faire du mieux que l’on peut pour faire passer le mal, se rendre léthargique, soigner la plaie béante qui nous habite. C’est ce que j’ai trouvé à faire, en attendant de disparaître.

    Très belle citation de Camus, en passant.

  2. Salut!

    Si tes longs cris te paraissent creux, sache que c’est aussi l’impression que me laissent les miens. Il y a quelques mois, je suis tombé sur ton blogue et j’ai lu un texte intitulé les films de Bergman que j’ai adoré. Je m’étais dit que c’était le genre d’écriture que j’aimerais avoir puisqu’elle me semble plus naturelle, plus personnelle et moins détachée que la mienne.

    Merci pour ces mots qui me démontrent encore une fois que nous sommes rarement de bon juge de nous-même et que mes mots, tes mots et nos mots ne sont peut-être pas aussi creux que nous le croyons.

    “et le sentiment de ne jamais être à ma place, et de tout faire de travers, d’accumuler les échecs, et de rester seul, irrémédiablement seul, c’est une condition si difficile à accepter, être seul, de savoir que toute sa vie durant l’on devra rester seul, et pourtant c’est l’unique chose à faire.”

    Il m’est arrivé et il m’arrive encore d’avoir ce sentiment et de me demander ce que je fais ici; de ne pas me sentir à ma place, de me sentir étranger parmi l’humanité… Ce sentiment n’est pas facile à vaincre et je ne crois pas l’avoir totalement vaincu. Mais comme Sisyphe, je crois qu’il faut continuer de lutter.

    “L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde.” (Camus - Encore lui, mon auteur favori)

    Que nous restera-t-il à faire?

    VIVRE, d’avoir conscience de sa vie, de sa révolte et de sa liberté. Le premier progrès d’un esprit saisi d’étrangeté est de reconnaître qu’il partage cette étrangeté avec tous les hommes et que la réalité humaine souffre de cette distance par rapport à soi et au monde. Si le “cogito” nous confirme notre existence individuelle, la révolte au sens “absurde” tire l’homme de sa solitude.

    Mieux vaut se questionner que de se résigner.

    Si on choisit d’être lucide, il faut accepter la souffrance et notre désarroi qui paraît parfois insurmontable face à cet appel et à ce cri sans réponse qui se répercute dans notre esprit.

  3. Simple Question: etes-vous Nietzschéen ?

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