I want it painted black
Il est 3h30 du matin. Je viens de débarquer de l’autobus de nuit et je m’en retourne vers mon chez-moi. Paint in black joue dans mes oreilles et je suis encore enivré par l’alcool que j’ai absorbé en grande quantité. Je déambule difficilement sur la chaussée glacée. Mars, c’est le mois des amours, dit-on. Une autre soirée qui se termine et un amour passager qui s’envole; et encore une nuit à dormir seul.
Je suis le seul à blâmer me dira-t-on. Ou, on me sortira le cliché du « tu préfères sans doute la légèreté de l’être ».
Comme si tout pouvait se résumer en une seule phrase. Je suis tanné des gens qui me disent ne pas comprendre que je ne suis plus avec M., que l’on formait un si beau couple; des mots vides de sens. Et s’ils m’ont vu avec deux filles différentes ces derniers mois, ils se croient permis de me demander comment ça je suis seul ce soir.
Arrivé enfin devant la porte de ma maison. Je cherche les clefs dans mes poches et j’ouvre la porte de mon domicile. Je me déshabille, je ferme la lumière et je me couche sur le dos. Les yeux grands ouverts qui tentent de trouver une réponse dans ce ciel emmuré. Je me tourne sur le côté, je me mets en position fœtale et je pleure.
Dur qu’est la vie d’un philosophe affectif. Dur qu’est l’idée qu’il se fait parfois de n’être pas à sa place et de vouloir « disparaître d’ici ». Mais, malgré les pleurs et malgré les souffrances, il persiste à croire que sa lucidité va lui servir et que ce cri dans la nuit, cet appel sans réponse va un jour trouver sa rédemption.

C’est fou, c’est fou et c’est fou …
Tu me donne l’impression, dans certains passages, de me lire moi-même …
C’est fou!