Néant – 1.1

Épisodes précédents 

Entre rêve et réalité.

Un bruit aigu me fait sursauter et me délivre de mon sommeil. J’étais de nouveau endormi ou plutôt inconscient; c’est probablement dû au fait que je n’ai rien mangé depuis fort longtemps. Fort longtemps… cette expression ne veut rien dire, quand hier n’existe plus.

Je n’arrive pas à définir ce qui m’est réel de ce qui m’est imaginé. La réalité m’apparaît sous un voile embrumé provoqué par la dispersion de mon esprit dans le monde des songes. Les certitudes auxquelles notre existence se rattache afin d’y donner un sens, un but et une orientation se sont évaporées. Je dois trouver une chose, UNE seule chose qui puisse me guider et me permettre de retrouver un sens à ma vie. Si seulement je me souvenais de quelque chose…

C’est la mémoire, soit la présence de l’absence, qui nous permet d’emmagasiner des souvenirs. Si les représentations sont subjectives, la mémoire donne tout de même la trace présente de ce qui est absent, puisque passé. Mais, j’ai perdu cette trace. Que suis-je sans ma mémoire?

Cette paume de main que je parcoure à l’aide de mes doigts, je… je la sens!; elle n’est pas le fruit de mon imagination. Et cet air que je le sens entrer et sortir de mes poumons, je le respire; et cette douleur je la ressens et ce bruit qui m’a fait sursauter lors de mon réveil, c’était le bruit d’un, d’un…

Je crie : un oiseau! C’est son sifflement aigu qui m’a réveillé. Je soulève la tête et je l’aperçois perché sur une branche d’un arbre. Cette structure difforme que je n’arrivais pas à distinguer auparavant et à laquelle je me suis appuyé et endormi, c’est un arbre! Une deuxième forme de vie… tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. J’existe, je ne suis pas mort. Je parcours les poches de mon pantalon et ma main y ressort vide. Ce mot n’existe pas; une seule certitude suffit à celui qui cherche.

Il y a quelques instants, je croyais que je n’avais plus de souvenir, ni repère et ni mémoire, mais je n’ai pas tout perdu : je viens de raisonner et j’ai trouvé une certitude, mon existence, et une forme vivante, un oiseau.

Je n’ai peut-être pas totalement perdu mes facultés mémorielles, mais il n’en demeure pas moins que je n’ai pas la moindre idée de ce qui m’a amené à cet endroit que je ne reconnais pas.

Concentre-toi, ferme tes yeux et trouve autre chose… je vois, je vois des formes floues qui semblent être vêtues des mêmes habits que moi, des murs blancs m’entourent et des gens viennent me toucher, m’examiner puis plus rien. Un autre flash d’images apparaît : je vois des gens qui courent dans tous les sens. Quelqu’un me force à me lever, puis survient une explosion qui me projette violemment sur le sol, face contre terre. J’entends le battement de mon coeur, puis plus rien.

~ par njl le Samedi, 17 mars 2007.

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