Vous savez, je vous ai menti.
Il y a un mois, je disais que j’écrierais davantage sur des sujets qui me touchent directement. Je viens de relire ce que j’ai écris récemment, et, bien que j’aime plusieurs de ces textes, Camus, Dostoïevski, la mondialisation, la politique, c’est bien beau, mais ça ne me permet pas d’évacuer ma rage intérieure.
Quelle est donc ma rage du moment?
J’en ai contre le hasard. Ce petit mot d’à peine six lettres que l’on réprouve souvent, que l’on cache aisément à notre esprit et que l’on préfère croire qu’il ne joue qu’un rôle secondaire dans notre vie.
Nous ne voulons pas l’admettre, nous préférons dire à une femme « je t’ai choisi » plutôt que « ça aurait pu être toi ou une autre », mais c’est souvent la deuxième réponse qui est le plus proche de la réalité. Et après? Bien, j’ai de la difficulté avec le fait que je ne suis qu’un parmi un ensemble de possibilités, que les éléments se ressemblent sensiblement et qui équivalent tous au même résultat.
Je veux être unique. Je veux faire la différence… Mais je sais que ce n’est pas le cas lorsque je réfléchis moi-même à la question. Dans un bar, s’il y a dix filles que je trouve de mon goût et que je finis la soirée avec une d’entre elles, ce n’est pas le destin, le coup de foudre ou les affinités qui nous ont réunis, mais bien le hasard.
Et après deux ans de relation avec une fille, je me suis rendu compte que rien d’extraordinaire n’avait abouti et j’ai donc rompu la relation. Ce n’est pas ce que je lui ai dit, mais maintenant je le sais et j’essaie de le comprendre. Je ne suis pas un artiste ni un connaisseur et ni un amateur d’art, mais j’aime une œuvre artistique lorsqu’elle « vient me chercher », comme on dit communément. Un exemple qui me vient à l’esprit est la photo du jeune chinois debout devant les tanks sur la place Tiananmen; c’est-à-dire que tu n’es pas capable de l’exprimer, mais elle ne te laisse pas indifférent.
C’est la même chose pour une relation. Il ne faut pas qu’elle me laisse indifférent, que je me dise dans mon for intérieur « bah, c’est toi, mais ça aurait pu être une autre ». Paradoxalement, même si je suis un être indépendant, j’ai besoin de vivre en osmose, dans une influence réciproque. Peut-être je pense trop et que je m’apitoie sur mon sort…

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