Entre connaissance et expérience vécue
Le concept de connaissance renvoie à la capacité de disposer d’une représentation mentale d’une réalité plus ou moins bien circonscrite, soit simplement informative, soit intégrant des modèles de compréhension ou de comportement plus ou moins élaborés. On peut dire qu’il y a connaissance lorsqu’on dispose face à un objet ou à une situation, de concepts pertinents et d’un minimum d’éléments sur les valeurs des grandeurs en cause ou sur leurs relations.
On distingue traditionnellement trois types de connaissance. La connaissance propositionnelle est le fait de savoir qu’une certaine proposition est vraie, par exemple, savoir que la Terre est ronde. La connaissance objectuelle, aussi appelée acquaintance, est le fait de connaître une chose, par exemple, connaître Paris. La connaissance du « savoir-faire » est le fait d’être capable de réussir une action, par exemple, savoir lire.
L’ensemble des événements passés susceptibles d’influencer un sujet dans ses choix et conduites peut être regroupé sous l’expression « expérience vécue ».
Tous les évènements de la vie du sujet peuvent être considérés comme ayant un impact sur le présent, mais une importance souvent prédominante sera accordée aux premières expériences postnatales, celles-ci pouvant avoir orienté davantage la perception des évènements suivants, notamment de par l’incapacité du sujet à prendre du recul face à celles-ci en raison de son très jeune âge.
Après avoir défini les deux termes en question, doit-on dire que nous sommes la somme de nos expériences vécues ou bien la somme de nos connaissances? La plupart des gens répondront par « un peu des deux ». Pour ma part, j’estime que nous valorisons outre mesure le monde des expériences vécues et rejetons (et dévalorisons) trop souvent le monde des connaissances ou des savoirs, c’est-à-dire la raison humaine.
Certains diront que ce sont les expériences vécues qui façonnent l’homme. Mais, en êtes-vous certain? À mon avis, ce ne sont pas tant la somme des expériences qui importe, mais la manière dont on s’en sert pour apprendre quelque chose ou comme on dit communément « apprendre de ses expériences ». Donc, c’est lorsqu’on se sert de nos connaissances que nous augmentons la valeur de nos expériences et en les rendant utiles pour améliorer notre présent.
Plusieurs diront qu’on ne peut pas connaître quelque chose sans l’avoir expérimenté : je peux bien lire les poèmes de Shakespeare ou Guerre et Paix de Tolstoï, mais je n’ai aucune idée des souffrances que la guerre peut causer sur la vie d’un soldat; je n’ai jamais tenu mon compagnon d’armes pendant qu’il relâchait son dernier souffle. J’ai lu quelques bouquins qui traitent de l’amour comme Le Rouge et le Noir de Stendhal ou les écrits de Musset, j’ai eu plusieurs copines, mais je ne me suis jamais réveillé à côté de quelqu’un et d’être totalement heureux, de l’aimer plus que l’on s’aime soi-même.
Mais, un sage n’est pas nécessairement un homme âgé qui a vécu beaucoup d’expériences durant sa vie. Être sage c’est savoir interpréter les événements non pas à notre avantage, mais bien le plus objectivement possible. Il faut savoir relativiser l’événement en le mettant en relation avec quelque chose du même genre ou en le plaçant dans un contexte. Il est aussi primordial de savoir user de la dialectique, soit l’art de raisonner, de discourir en utilisant une méthode d’analyse de la réalité qui met en évidence ses contradictions et cherche à les dépasser et d’utiliser parfois le processus dialogique, c’est-à-dire recourir au dialogue lorsqu’une situation implique plus d’un protagoniste.
À quoi ça sert de se confier à quelqu’un ou de demander de l’aide si nous estimons que la personne ne pourra nous comprendre parce que nous n’avons pas vécu les mêmes expériences? Certes, je ne pourrai jamais savoir ce que c’est que d’être victime de racisme puisque je suis un blanc, de sexisme étant un homme ou de vivre le rejet ou l’exclusion vis-à-vis mon physique puisque je n’ai aucun défaut apparent.
Demande-t-on au médecin d’avoir eu beaucoup d’expériences, c’est-à-dire d’avoir eu toutes les maladies ou bien d’avoir toutes les connaissances requises pour les soigner? Je crois que la réponse va de soi! Mais, j’ai entendu à maintes reprises « tu ne peux pas me comprendre, tu n’as pas vécu cet événement… ».
Nous sommes cependant tous dotés d’une faculté psychique intellectuelle qui permet de saisir les problèmes et les situations. Je m’en remets dont à mon entendement pour comprendre à analyser les événements de mon vécu et faire la synthèse du chaos de choses qui nous entourent.

Merci pour cet article qui vient de m’éclairer pour mon devoir de philosophie dont le sujet est ” Faut-il avoir vécu un événement pour le comprendre “