La mondialisation : un phénomène récent?
On croit souvent à tort que la mondialisation et l’éclatement du commerce sont des phénomènes récents. Pourtant, elle existe depuis les premières explorations européennes débutées par Christophe Colomb en 1492. À mon avis, elle apparaît véritablement au 17e et 18e siècle et elle s’observe au sein de plusieurs facettes de la vie humaine.
Tout d’abord, sur le plan économique, l’apparition des premières industries du textile en Angleterre incite les propriétaires à modifier l’utilisation qu’ils font de leurs terres. Plusieurs parmi eux les clôturent. Ce phénomène, appelé enclosure en anglais, permet aux propriétaires de fermer des espaces auparavant utilisés comme champs communs. Le commerce se transforme peu à peu, les fermiers deviennent de plus en plus individualistes et les petits fermiers habitués à cultiver la terre là où elle est disponible sont soudain réduits à l’état de locataires ou d’ouvriers agricoles travaillant pour les grands propriétaires terriens.
La transformation de terres agricoles en pâturages et la diminution du nombre d’agriculteurs créent une raréfaction des denrées alimentaires, qui se traduit par une augmentation du prix des aliments. D’autre part, les paysans chassés des campagnes émigrent dans les villes. Ce surplus d’ouvriers provoque une chute des salaires et, par conséquent, l’appauvrissement de la classe ouvrière. Avec la hausse des prix des aliments, les propriétaires de terres agricoles développent davantage de pâturages, rendant encore plus aigu le problème.
Entre 1500 et 1800, un autre phénomène économique, le mercantilisme, devient la principale politique économique de l’Europe. Il est fondé sur la croyance voulant que la puissance d’un pays dépende de sa richesse en or et en argent. Les Européens font de leurs colonies des fournisseurs de matières premières et des marchés pour écouler les biens européens. Maintenant, le commerce ne se situe plus uniquement en Europe, mais bien mondialement.
Ensuite, sur le plan politique, l’absolutisme a quelques répercussions sur la mondialisation du commerce. Les tsars se servent de l’absolutisme pour contrôler la noblesse, étendre leur empire et, sous Pierre le Grand, occidentaliser la Russie. Louis XIV invite certains membres de la classe des marchands à venir servir le gouvernement et les anoblit. Il nomme aussi Jean-Baptiste Colbert, homme d’affaires et membre de la classe marchande, ministre des Finances. Colbert parvient à diminuer la dette de l’État et réussit même à simplifier le régime fiscal. Par contre, il ne réussit pas à abolir les tarifs douaniers intérieurs qui rendent dispendieux le transport des biens d’une région de la France à une autre.
Finalement, sur le plan sociologique, la classe des marchands composée des membres des guildes et des hanses, se met à croître considérablement. Elle amène de nouvelles richesses ainsi qu’un grand potentiel commercial dans les villes. Les monarques et les nobles deviennent donc de plus en plus dépendants de la richesse de cette classe moyenne grandissante pour financer leurs armées et faire du commerce. Ainsi, la classe moyenne gagne en influence dans la prise de décisions à l’échelle des gouvernements locaux et devient un des pôles majeurs dans les structures politiques et sociales des gouvernements européens.

La mondialisation et le Tiers-Monde, cocktail puissamment explosif…
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/01/le-capitalisme-se-deploie-sur-une-sphere-finie/
Paul Laurendeau