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La poursuite du bonheur 1.

Depuis l’Antiquité, plusieurs philosophes se sont penchés sur la question de la fin morale et ont tenté de trouver des réponses conformes à l’éthique. Dans cette optique, peut-on dire que la poursuite du bonheur est une fin morale acceptable? 

Tout d’abord, remontons dans le temps, et tournons-nous vers les premiers philosophes de l’Antiquité. Selon Épicure, le plaisir constitue le principe et la finalité de la vie bienheureuse, il est ainsi relié au souverain bien et doit, par conséquent, nous amener au bonheur. Il est facile de vivre selon ce que la nature nous dicte car elle demande peu à l’homme; par contre, celui qui agit à l’encontre de ce principe est prédisposé à être malheureux et insatisfait de ce qu’il a. 

De ce fait, la nature exige l’accomplissement des désirs naturels et nécessaires – comme se nourrir, se reposer, se protéger du froid etc. – et c’est la satisfaction de ces désirs que le sage recherche pour atteindre l’ataraxie car, selon l’approche épicurienne, l’absence de douleur ou une souffrance qui disparaît, est une source de bonheur. Cependant, la nature n’exige pas que l’homme satisfasse des désirs naturels non nécessaires tels que les désirs sexuels, ceux des plaisirs de l’ouïe, de l’odorat ou encore des désirs vains (désirs des richesses, des honneurs, de la gloire etc.), tous ces derniers pouvant procurer de l’insatisfaction et rendre l’homme malheureux.

Outre les désirs insatisfaits, l’âme doit aussi se détacher de certaines douleurs pour atteindre le bonheur. Ainsi, il ne faut pas craindre ni les dieux, qui n’ont aucun contrôle sur notre destin et nous causent un souci inutile troublant notre bonheur, ni la mort non plus, car notre âme ne subsistant pas, nous n’aurons alors aucune conscience de cette mort. Qui plus est, le plaisir est facile à obtenir lorsqu’on limite les désirs qui conduisent à l’ataraxie et si des douleurs insurmontables nous affligent, la mort, absence de sensation, nous enlèvera toute souffrance. Si nous suivons ces principes épicuriens de la vie, nous pouvons atteindre facilement le bonheur et mener une existence moralement acceptable.

Ensuite, tout comme pour Épicure, les stoïciens ont comme souverain bien le bonheur. Cependant, le bonheur réside, selon eux, non pas dans le plaisir que nous procure la satisfaction de nos désirs, mais bien dans la force de l’âme de l’individu qui est apathique et imperturbable afin que les aléas de la vie ne l’affectent pas et qu’il ait ainsi le contrôle sur son bonheur. Les stoïciens définissent un homme de bien comme étant celui qui, en utilisant sa raison, fait son devoir pour bien se conduire et ainsi tendre vers le bonheur. 

Cet homme est heureux car il a le sentiment d’avoir rempli son rôle au sein de la société. Dans ce but, les stoïciens sont en faveur des vertus, mais rejettent les passions parce qu’elles ne sont pas naturelles, étant en quelque sorte des maladies qui envahissent l’âme humaine. 

Les vertus telles la sagesse, la justice ou le courage, dominent les choix que fait l’individu par la raison tandis que les passions comme la crainte, le désir ou le plaisir, contrôlent les décisions de ce dernier, à l’image d’un animal qui agit par instinct. Ainsi, les stoïciens croient qu’il faut seulement se soucier des choses qui dépendent de nous tout en menant une existence vertueuse et, en misant sur la force de sa raison, l’homme peut accéder au bonheur et qualifier ce dernier de moralement acceptable.

Dans une seconde partie, nous aborderons la poursuite du bonheur selon la pensée de deux philosophes modernes soit l’utilitarisme de John Stuart Mill et la morale kantienne d’Emmanuel Kant.

~ par njl sur Mercredi, 7 février 2007.

Une réponse to “La poursuite du bonheur 1.”

  1. Oh Mon Dieu !!! J’adore vos explications qui sont vraiment claires pour un sujet aussi complexe !!!!

    Merci de vos eclaicissement sur un sujet aussi ardu

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