Une série mortelle

Créée par le scénariste d’American Beauty, Alan Ball, la série télévisée Six pieds sous terre (Six Feet Under) raconte le quotidien de la famille Fisher qui possède une entreprise de pompes funèbres à Los Angeles, Fisher & Sons.

Présentement, je suis en train de terminer le visionnement de la deuxième saison et j’en suis complètement accro! Pour les films c’est différent, mais, en règle générale, les séries télévisées qui traitent du train-train quotidien ne m’intéressent pas. Au Québec, j’ai aimé les téléséries Scoop, Urgence et Lance et Compte étant donné qu’elles abordaient des sujets qui m’étaient inconnus. Aussi, je ne manque jamais un épisode de la populaire série américaine 24 heures chrono.

Pour revenir à Six Feet Under, malgré le fait que nous suivons les péripéties quotidiennes de la famille Fisher celles-ci ne sont pas lassantes ou répétitives; les sujets sociétaux abordés tels que l’amour, l’homosexualité, l’infidélité, les relations familiales, la religion et le sens de culpabilité le sont sous l’angle de l’humour noir. Si le contexte semble d’office lugubre et sinistre, la réussite de Six Feet Under réside sans doute dans son humour décapant et cynique. Car c’est une série très drôle : dans l’épisode pilote, on assiste à des pubs hilarantes; ainsi, on peut voir de belles filles présenter un corbillard!

La mort n’est pas vécue et abordée de la même façon par les différents protagonistes de la famille Fisher et de leurs nombreux clients. Chaque épisode démarre par une scène où l’on assiste à la mort d’une personne qui sera « prise en main » par Rico, le « réparateur de cadavres » de la maison funéraire. On suit alors les évènements qui suivent la mort du personnage, son histoire personnelle et sa famille. Parallèlement, on suit les tourments et les interrogations de la famille Fisher. Là où l’anticonformisme est manifeste, c’est dans le choix des victimes : on assiste à la mort d’un enfant de 6 ans ou bien celle d’un bébé (ce qui se fait rarement dans les autres séries), d’une ex-star du porno, etc. Tout cela étant montré sans l’ombre de voyeurisme et sans climat malsain.

Alan Ball le scénariste, ouvertement gay, a décidé de montrer des scènes d’amour entre hommes très explicites. Comme il l’expliquait lors d’une interview, contrairement aux autres séries où il y a le gay de « service »  joyeux et épanoui, il a choisi de montrer l’indécision, les doutes et la culpabilité qui assaillent David tout au long de la série.

Il s’agit d’une série résolument anticonformiste qui brise plusieurs tabous. Si par ces soirées glaciales de février, vous recherchez une série télévisée qui réchauffera votre coeur et apaisera les douleurs de votre âme, allez voir ailleurs! Mais, si vous recherchez une émission différente, qui vous fera réfléchir sur la vie et sur la mort ainsi que sur plusieurs autres sujets sociétaux, n’hésitez pas un instant pour débuter le visionnement de cette savoureuse série télévisée.

~ par njl le Lundi, 5 février 2007.

Une réponse to “Une série mortelle”

  1. Je vous conseille également sex and the city. Non moins piquante et savoureuse sur l’univers des trentenaires celibataires célibattantes:) les dialogues sont hilarants et la lutte pour l’amour est sans merci:)
    Il y a beaucoup d’ironie et de cynisme dans le regard de ces jeunes dames…et pour cause:)
    …Et maintenant, je vais me mettre à travailler un peu:) en decouvrant votre blog, j’i fait une pause “mortelle” dans mes corrections de copies, pause que je ne manquerai pas de payer au centuple demain:) CV’est pour vous dire à quel point votre univers est reellement passionnant!

    Bravo!

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