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Philosophe affectif

Après l’enfoirée affective, voici le philosophe affectif :

Jeune homme bien dans sa peau, ayant des traits physiques plaisants et intelligent de surcroît. Mais, ses relations intimes se terminent toujours par un échec puisqu’il a une propension, qu’il pousse à l’extrême, de vouloir tout analyser et rationaliser. Il veut toujours distinguer le vrai d’avec le faux pour voir clair en ses actions et marcher avec assurance dans sa vie. Disciple de Descartes, il ne rejette pas a priori les passions, mais il faut selon lui s’en rendre tellement maître et de les ménager avec tant d’adresse, que les maux qu’elles causent sont fort supportable, et même qu’on en tire de la joie de tous.

Il sait qu’il utilise de façon abusive la pensée froide et désincarnée qu’est la raison, qu’elle ne parvient pas à rendre compte de tous les phénomènes et qu’elle ne peut que saisir la nécessité. Mais, il ne peut s’empêcher de toujours s’y référer. Contrairement à l’enfoirée affective, il a choisi son camp entre la tête et le coeur.

Il a peur d’avouer son amour à la personne qu’il aime, il craint que les choses deviennent différentes lorsque la relation devient plus sérieuse; et il préfère mettre un terme à la relation de peur de se faire un jour rejeter. Il manque de confiance en lui, il se sent vulnérable lorsque le sujet est axé sur la sentimentalité. Il semble avoir un besoin démesuré de toujours peser le pour et le contre, il ne se lance jamais la tête première sans réfléchir et comme Will Hunting devant Scylar, il a peur de ruiner le moment magique des premiers instants; et que celle-ci découvre un jour qu’il n’est pas parfait.

Il ne vit pas l’instant présent, même s’il sait que c’est le seul qui lui appartient. En réfléchissant toujours à ce qui pourrait arriver et en décortiquant la relation dans ses moindres détails, il vit toujours en fonction de ce qui adviendra et non à ce qui advient réellement.

Inondée par des pensées oniriques d’une princesse déchue ou plongé dans des réflexions et des analyses d’un Descartes qui n’est plus, l’enfoirée affective et le philosophe affectif terminent pourtant leur périple de la même manière : seul au monde.

~ par njl sur Dimanche, 4 février 2007.

4 Réponses to “Philosophe affectif”

  1. ah pas mal, pas mal :)

  2. je suis émue et touchée par ce texte, et je connais si bien cette fuite de peur du rejet et cette tentation de l’analyse au lieu de vivre tout simplement l’amour tel qu’il est.
    Mais nous sommes prisonniers de notre mémoire…Il faudrait trouver le moyen terme entre la rumination des echecs passé&s qui nous font avoir peur de l’avenir, et l’innocence trop naive qui nous entraine vers le déclin et la déconfiture.
    Vivre est un art, aimer l’est de même. Ceux qui estiment que rien ne doit poser problème n’ont pas compris nio effleuré la complexité des relations humaines.

  3. Voulez-vous être ma muse? Vous traduisez à merveille le sentiment que tente d’exprimer le “philosophe affectif”.

  4. Par la date du texte, je réponds un peu tard… mais;

    J’avais et j’ai toujours, aussi ce comportement vis à vis de ce sentiment qu’est l’amour “relationnel”, je n’ai d’ailleur pas d’amis “suivis” mais j’ai un mari qui par audace et par complète opposition comportementale est resté et reste toujours lié à ma vie. Même que parfois je ne comprends pas comment cela est possible, je lui lance des àdieux monstrueux depuis le début de notre relation et il ne les prend pas …
    Et Dieu-merci il a raison! Car ce n’est pas que je ne l’aime pas ou plus, c’est simplement que ce sentiment “passionel” dépasse mon contrôle et que ma raison le ramène en me forçant à tout stoper net.
    A croire qu’on est masochiste…
    Car par défaut de vivre et de revivre ces ressentis avec lui, je me les “organise” avec des amitiers …

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